LE ESS
Dans les organes profonds, les capillaires, où se produit la multiplication du Piroplasma canis, sont distendus, bourrés d'hématies contenant jusqu'à 15 parasites {BrumeT)
Le sang présente dans ses globules une fragilité particulière, bien étudiée par LAVERAN etNATTAN-LARRIER, par NATTAN-LARRIER et PARVU.
Cette diminution de la résistance de l'hématie ne semble pas avoir de rapport avec l’anémie.
Le nombre et la forme des globules rouges subissent des variations importantes pendant qu'une leucocytose se développe parallèlement et peut atteindre un taux très élevé (40.000 globules blancs au lieu de 7 à 8000 sang normal).
Nous avons su que :
La Piroplasmose canine peut-être provoquée par plusieurs variétés de Piroplasmes.
Le Piroplasma Gibsoni, trouvé chez les chiens de meute de Madras et chez lesChacals par ParTron,en 1910,
est semblable probablement au Piroplasma tropicus ren-
c<ontré par LiNGaRD dans l'Inde.
Ces parasites sont transmis par trois tiques.
L’ Haemaphysalis Leachi dans l'Afrique du Sud (LoxsBurY).
Le Rhipicéphalus sanguineux aux Indes, en Tunisie
et peut-être dans le midi de la Erance.
Le Dermacentor réticulatus en Europe, en France en particulier qui est l'agent directeur ordinaire : Brumpr
en 1919 par des expériences décisives, a étudié les con-
ist
ditions biologiques dans lesquelles se fait la transmission.
Nous rappellerons ici ses principales conclusions :
1° La Piroplasmose canine française est transmise par: les Dermacentor reticulatus adultes, provenant de femelles nourries de sang virulent. L'infection est donc héréditaire.
2° Les Dermacentor adultes provenant de femelles infectées et élevées comme larves et comme nymphes, sur les animaux réfractaires (hérisson, cobaye) peuvent donner l'infection.
3° Les larves et les nymphes ne semblent pas pouvoir transmettre l'infection, même quand elles proviennent de femelles infectées.
4° Les larves et les nymphes nourries de sang virulent ne semblent pas pouvoir transmettre la maladie aw
stade suivant. ‘:
5° La multiplication des parasites s'effectue surtout
dans les capillaires du cerveau, et, aussi, mais avec moins d'intensité, dans le rein et la mœlle osseuse. D'après le même auteur il ne serait pas impossible d'observer dans le midi de la France une Piroplasmose comme transinise par le Rhipicephalus sanguineux (tique domestique) envahissant facilement les chenils. et
capable d’infecter les chiens en dehors de la chasse. Discussion La symptomatologie de la Piroplasmose nous montre
que la plupart des signes peuvent manquer. Dans les an-
nées qui suivirent la découverte de PrANA et GaLLi-VAaLE-
Dent Qi
rl —
RIO cette notion fut rapidement acquise et dès 1902 No- CARD et Moris pouvaient écrire que :
€ Quand on esten présence d'un chien anémique, hémoglobinurique ou ictérique qui est ou a été porteur dé tiques, onest en droit de soupconner l'existence de la maladie : il faut donc procéder à l'examen microscopique du sang ».
À ces indications toujours exactes, Nocarn pouvait au cours de la même année, ajouter la suivante :
«Quand l'état du sujet et les commémoratifs autorisent à supposer l'existence de la maladie, et que l'examen du sang, même répété plusieurs jours de suite, ne donne que des résultats négatifs, on n’a pas encore le droit de conclure qu'il ne s'agit pas de Piroplasmose : en effet, si l'on recueille du sang de l'animal suspect et qu'on l’inocule à la dose de quelques centimètres cubes, sous la peau ou dans les veines d’un tout jeune chien, on provoqüe assez souvent un accès de Piroplasmose aiguë, ordinairement mortel en quelques jours ; le sang de l'animal inoculé montre très vite un grand nombre de parasites endoglobulaires. J'ai déja trois cas de ce genre, où le: diagnostic n’a pu être établi que par l'inoculation au chien.»
C’est par des signes moins pathognomoniques, plus: frustes encore que l'attention doit être éveillée aujourd’hui. En particulier il arrive que des symptômes accessoires. tels que des troubles de l'appareil respiratoire occupent lé premier plan, tandis que les autres : anémie, hémoglobinurie, ictère, signes cardinaux de la Piroplasmose, font complètement défaut.
Ces maniféstations du poumon peuvent être d'ailleurs.
minimes ou prendre au contraire l'allure d'une pneumonie ou d'une pleurésie véritable.
Nous nous proposons de montrer que ces symptômes pulmonaires sont liés à la présence du Piroplasme dans le sang, et que désormais ils doiveñt figurer parmi les signes révélateurs de l'infection parasitaire.
Sans doute, on peut nous faire remarquer que les -chiens atteints de Piroplasmose ne sont pas à l'abri des affections banales du poumon qui apparaissent comme de simples complications au cours d’une infection parasitaire, sans qu'il soit légitime d'établir d'autre lien qu'une action favorisanlte.
La Piroplasmose peut en effet rendre les bronches et le parenchyme pulmonaire moins aptes à lutter contre les infections secondaires.
On peut même concevoir qu'inversement une affection aiguë du poumon peut faire réapparaïtre chez un chien guéri et porteur comme on le sait, pendant de longs mois, de parasites endoglobulaires, une Piroplasmose plus ou moins régulière, voire même atypique.
Des faits de ce genre ont été signalés par NicoLLe et Aoiz Bey(1899)et par de nombreux observateurs chez des bovidés guéris de Piroplasmose.
Une atteinte de peste bovine provoquait une rechute de piroplasmose souvent mortelle.
Il a été reconnu que Theileria parva jouait un rôle identique.
Une trop forte saignée, chez des auimaux immuns, au cours de la préparation du sérum, contre la peste bovine a pu également réactiver une Piroplasmose guérie.
Suivant BrumpT, il conviendrait de rechercher si en de-
pol ei
hors de ces deux causes de rechute, pour ainsi dire spécifiques, il n'existerait pas d’autres facteurs susceptibles de favoriser la réapparition du Piroplasme dans le sang.
€ On a signalé un certain nombre de rechutes mortelles chez des animaux fatigués, surmenés, mal alimentés ou épuisés par de nombreuses tiques.
Ces faits admis par tous les éleveurs demandent à être: étudiés avec toutes les ressources offertes par les laboratoires, afin de déterminer la pathogénie de ces rechutes ».
Le parasitisme latent existe chez les équidés.
Le sang du cheval guéri transmet la Piroplasmose à un cheval neuf.
Sous l'influence d’une cause débilitante, maladie aïgüe, infection, surmenage, l'animal peut présenter à nouveau tous les signes de la Piroplasmose primitive. (Cay- SANO).
Chez les Ovidés, on retrouve également cette immunité consécutive à une première atteinte et pendant longtemps encore, le sang du mouton guéri contient des parasites et peut transmettre l'affection par inoculation.
Paschen a montré que la clavelée pouvait déterminer dans ce cas une nouvelle prolifération du Piroplasma ovis dans les globules rouges du sang.
Il est donc parfaitement rationnel de penser que chez le chien, une infection aigüe de l'appareil pulmonaire,
telle que pneumonie ou broncho-pneumonie, puisse provoquer le réveil d'une Piroplasmose latente. Il y aurait une indépendance d'origine étiologique entre les deux affections qui coexisteraient simplement du même mo-
ment.