ANNÉES GRENOBLE VILLE DU III GROUPE
RATES L'examen de ces tableaux nous fait diviser en deux groupes les maladies dont nous venons de donner la staüistique, d'un côté la scarlatine, la diphtérie, la fièvre typhoïde, de l’autre, la tuberculose et le cancer.
Les trois premières sont classées parmi les maladies transmissibles à déclaration obligatoire. Le chiffre de la mortalité a considérablement diminué depuis l’application de la désinfection: mais nous n'avons pas là la preuve qu'il ne s'agit pas seulement de résultats thérapeutiques. C'est que le chiffre de la mortalité ne nous indique pas quel est le nombre des personnes atteintes.
Pour quelques maladies, telle la rougeole, la déclaration se fait surtout par les écoles, lorsqu'une épidémie éclate. Pour les cas isolés, combien sont soignés sans le secours du médecin, et même parmi ceux auprès desquels le médecin est appelé, combien ne sont pas décla- Tés.\|
La scarlatine, la diphtérie, la fièvre typhoïde présentent, en général, une gravité de phénomènes telle, que toujours le médecin doit prêter son concours, et le plus souvent la déclaration de maladie est faite réguhèrement. La mortalité pour ces maladies étant très faible, ce n’est pas à elle que nous nous adresserons pour rechercher les foyers de contamination, mais bien à la morbidité. C'est pourquoi dans les recherches que nous opérerons pour préciser en quels points de la ville ces maladies se déclarent plus particulièrement, nous nous adresserons à la morbidité et non à la mortalité, en retenant cependant, quelle qu'en soit la cause, que cette dernière a considérablement diminué dans ces dernières années.
La tuberculose et le cancer ne sont pas classés parmi
se C— les maladies contagieuses à déclaration obligatoire. La première est classée parmi celles à déclaration facultalive, la seconde n'est pas classée du tout; l'Académie de médecine n'ayant sans doute pas voulu trancher la question encore fort discutée, à savoir si le cancer est une maladie contagieuse.
Nous ne connaissons, pour ces deux maladies, que les chiffres concernant la mortalité. Ce sont les plus sûrs, si l’on considère que les tuberculeux et les cancéreux sont à peu près fatalement voués à la mort et à échéance toujours assez courte.
Si nous avons constaté pour les trois premières maladies une diminution dans la mortalité, nous n'avons pas le plaisir d'en faire autant pour les deux dernières. La mortalité pour la tuberculose et le cancer n'a pas diminué. Nous retrouvons les mêmes chiffres, et toute diminution d'une année est compensée par une augmentation les années suivantes.
Pour le cancer, rien n'a été fait de spécial. Mais contre la tuberculose, la lutte a été directe. Quoique la désinfection pour elle soit facultative, elle a été pratiquée réguhèrement à Grenoble depuis plusieurs années, et systématiquement, mais sans résultat appréciable.
Dans l'étude que je ferai de ces deux maladies, j'essaleral de montrer pour quelles raisons elles résistent plus que les autres à toute tentative faite pour les combatire,