‹ Casimir Périer, député de l'opposition, 1817-1830Chapitre 146 sur 158 · CANDIDAT A LA PRÉSIDENCE · texte numérisé non relu

CANDIDAT A LA PRÉSIDENCE

action politique qui était une attaque contre le Gouvernement avant que les actes de celui-ci l'eussent justifiée. Les fanfaronnades des journaux du parti ultra ne sont peut-être pas une excuse suffisante aux yeux de l'histoire et no justifient pas des actes qui, sous prétexte d'organiser la défense, n'étaient qu'une provocation.

Le i7 novembre, M. de Polignac prend le titre de président du conseil, M. de la Bourdonnaye quitte le ministère, il est remplacé par M. de Montbel et, par ordonnance du 18, M. de Guernon-Ranville prend le portefeuille des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique.

On a beaucoup épilogue sur cette retraite de M. de la Bourdonnaye, on a rappelé son rôle bruyant dans l'opposition de droite et d'aucuns l'ont accusé d'avoir caché sa nullité comme homme de gouvernement sous une question de rivalité de personnes. Quelle qu'ait pu être la valeur comme ministre du fougueux orateur d'extrême droite, ce que nous ne voulons pas discuter, il eut assez de jugement pourcomprendre l'abîme où le chef du cabinet voulait entraîner la Monarchie et pour dégager sa responsabilité, et ce moins peut-être par opposition aux actes que par manque de confiance dans les capacités de celui qui voulait les entreprendre.

« M. delà Bourdonnaye, auquel on reprochait, écrit quelce qu'un à même d'être bien renseigné, d'avoir quitté le mi- « nistère sur une question puérile de susceptibilité à propos « du titre de président du conseil donné à M. de Polignac, « répondit que si le conseil avait marché dans ses vues il y « serait restéquel qu'eût étéson président : « Mais voyez-vous, « avait-il ajouté, quand on joue sa tête, il faut tenir les car- '( tes. » Ce propos... montre à quel point les ordonnances « étaient préméditées et combien leur résultat probable était « prévu par tous ceux que Dieu, dans sa colère, n'avait pas « frappé, d'une irrémédiable cécité (1)... »

A l'ouverture de la mémorable session de 1830, Casimir

(1) Mémoires inédits.

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Périerfut porto le second sur la liste de présentation pour la présidence de la Chambre. 11 obtint 190 voix sur 301 votants. Le Roi hésita un moment à le désigner, il choisit M. Royer- Collard, qui avait eu 22') voix.

Casimir Périer fut au nombre des 221 députés qui, le 15 mars, votèrent le refus de concours au ministère Polignac.

Le 19, les Chambres sont prorogées jusqu'au premier septembre ; le IG mai la Chambre des députés est dissoute, les nouvelles élections devant avoir lieu le 23 juin et le 3 juillet. Casimir Périer fut réélu par l'arrondissement de Troyes. On sait à la suite de quels événements la Chambre de 1830, nommée pour résister au ministère de Polignac, fut amenée à constituer une nouvelle Monarchie.

Le rôle de Casimir Périer comme député de l'opposition est terminé. Nous essaierons, dans une prochaine étude, de raconter la seconde partie de sa vie, qui, pour être la plus courte, n'est pas la moins glorieuse, et de mettre en lumière le génie de l'homme de gouvernement.

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