II Tim, IV, 8. — 1 Petr.; V. À
#. De coron., 0. 1 s. Tract. De si 6. Hist. de l'Art. Peinture, t. V, p. 20.
clerie., n°417.
DE ROME. 75
les idées chrétiennes se furent établies d’une manière sûre,
on autorisa les représentations de Notre-Seigneur, de la Sainte
Vierge et des saints, surtout dans les lieux où la prudence ne faisait pas une loi de l'interdire momentanément. C'est là un fait que l’histoire ne permet pas de révoquer en doute, et sur lequel la défense portée par le Concile d'Elvire ne
saurait jeter le moindre nuage, ainsi nous lavons
démontré plus haut”, Du reste, comme le dit fort bien
M. Raoul-Rochette, « dans aucun cas cette interdiction n’avait
pu regarder les peintures des Catacombes de Rome : ct d'abord il est clair que des peintures de simple ornement, même avec des sujets bibliques, même avec des figures sym-
boliques, telles que celle du Bon Pasteur, continuaient d’être
aut
ées puisqu'elles n'étaient pas expressément comprises dans la défense; en second lieu, des peintures telles que celles-là, exécutées dans des lieux souterrains, si loin des regards du monde et des atteintes de la persécution, ne souvaient devenir des sujets de scandale ou de profanation, comme celles qui se faisaient dans les églises et qui s’y trou vaient adhérentes aux murailles : conséquemment il n'y avait rucun motif pour proscrire dans les Catacombes ce qu’on
croyait devoir interdire dans les Églises. Le fait vient ici à
l'appui du raisonnement, puisqu'à partir du pontificat de
saint Calixte et du règne d'Alexandre Sévère, nous voyons les
papes décorer envi l'un de l’autre ces cimetières sacrés, et
les orner de peintures où Ja ire du Christ, celle de la
Vierge et celles des apôtres s
souvent reproduites *,
Aussi quand la paix eut été rendue au christianisme, les artistes furent appelés à décorer les basiliques qui s’élevèrent de toutes parts, et la tradition relative aux images se perpétua dans l'Église. Saint Paulin, qui vivait au 1v° siècle, fait en
vers la description d’un tableau qui représentait la Sainte
lrinite
Pleno coruscat Trinitas mysterio
Stat Christus agno; vox Patris cœlo tonat
Et per columbam Spiritus Sanctus fluit Saint Augustin, dans un de ses discours, montre à son peuple une peinture où était représenté le martyre de saint Etienne : Dulcissima pictura est hæc, dit-il, ubi ridelis S.
Stephanum lapidari ; videtis Saulum lapidantium vestimenta ser-
vantem". Enfin les représentations des sujets religieux ont un
tel caractère d’antiquité que les Pères du second concile de
Nicée, pour justifier leurs anathèmes contre les iconocl:
n’ont pas craint de dire : Sic enim sanctorum nostrorum patrum
optima disciplina, et Ecclesiæ catholicæ habet traditio
). Epist. XU, ad S.