In Marcellino, t. 1, p
qu’il est nommé dans les actes des martyrs, luminare cryptæ*
Les luminaires sont sans doute aussi anciens que les Cata-
combes. Ils étaient nécessaires, moins encore pour donner
un peu de jour dans l'obscurité de ces immenses souterrai
que pour y renouveler l'air et l'empêcher d’être vicié par les miasmes de leurs innombrables sépultures. Au surplus, deux anciennes inscriptions que nous donnons dans notre 1“ vol, pl. xxxur, n° 7, et dans notre v° vol., pl. sxxmt, n°5, ne laissent aucun doute sur l'antiquité des luminaires qui y sont
mentionnés
La prudence exigeait que les luminaires ne fussent pas trop maultipliés, qu'ils fussent pratiqués obliquement, et qu'on les entourät de certaines précautions pour en prévenir les dégrada tions et pour en assurer la solidité, Trop nombreux, ils n°
raient guère permis aux chrétiens réfugiés dans les Catacombes
d'échapper aux recherches des persécuteurs; aussi, saint Jérôme remarque-t-il, dans le récit qu'il nous a laissé des visites qu'il y avait faites dans son enfance, que bien rarement un peu
de jour en tempérait les effrayantes ténèbre
Et raro desuper lumen admissum horrorem lemperel tenebrarum*. Ce ne fut seu— lement qu'après les persécutions qu’on ouvrit d’autres soupiraux, dont le nombre étonna Bosio quand il découvrit une partie du cimetière de Saint-Calixte
L’obliquité de l'ouverture avait pour objet d'empêcher la pluie, les pierres, la terre, ou tout autre objet de tomber d’aplomb dans le cubiculum, de manière à endommager ou à blesser les fidèles; cette forme oblique est, en effet, cell
de presque tous les anciens luminaires. On n'avait pas non
plus négligé deux autres précautions également nécessaires
pet
l'ouverture supérieure était entourée d’une sorte de pa
qui avait pour objet d'empêcher l’eau et les pierres de se précipiter dans le soupirail et d’y occasionner des dégradations enfin, quand le soupirail traversait des couches de pouzzolanc
on avait soin d'en soutenir les parois par une maconnerie en
pierres ou en briques, ce qui n'avait pas lieu dans les couches
de tuf g
anulaire ou lithoïde qui présentaient une solidité
suflisante, et dans lesquelles ce revêtement était inutile. 11
pe
de peinture
raît que les parois des soupiraux étaient quelquefois décorées
Bottari en cite un exempl Les luminaires avaient en outre une destination particulière pendant les persécutions. On pense qu’ils servaient alors
à descendre aux chrétiens réfugiés dans les Catacombes des
vivres et peut-être même les corps encore sanglants des marty lorsque la crainte d’être découvert ne permettait pas de servir pour cela des entrées ordinaires. Enfin, un souvenir cruel et glorieux que nous devons rappeler ici, c'est qu'ils servirent
tvivants.
encore au supplice des martyrs, qu'on y précipitait tot Ainsi furent précipitées, sous Dioclétien, dans les Catacombes
de la voie Aurélienne, sainte Candide et sainte Pauline
e pittur., t. M, tav. CXXI
+ S. Petr. et S. Cecil.
DE ROME, 39
DEUX ARCOSOLIA
Prancne ziv. PLAN ET COUPE LONGITUDINALE SUR LA LIGNE AB*.
tiqués dans une galerie. L'un de ces arcosolia est double; la
Le plan représente deux arcosolia pra-
partie postérieure forme un de ces sépulcres, retro sanclos, qu'une dévotion indiscrète et peu respectueuse pour les sépultures plus anciennes et, même pour celles des martyrs, avait multipliés lorsque la paix fut rendue à l'Église.
Dans la coupe, on voit au milieu la
irlandes de fleurs; à droite, le d
galerie : à gauche, un
arcosolium dont le sépulere est év r le bas et la voûte
ornée € ible arcosolium
avec ses deux sépulcres également évasés par le bas. On peut
supposer que les sépulcres avaient cette larg
eur pour former
chacun un bisomum, c'est-à-dire pour recevoir deux corps.
Cette dénomination se lit dans plusieurs inscriptions”.
Praxcne Lv. ARCOSOLIUM DE GAUCHE VU DE FACE*. En donnant ce dessin géométral, nous avons voulu montrer
galerie.
la disposition d’un arcosolium et des loculi dans une La décoration, qui se compose en grande partie de ligne
bel effet, La peinture du fond représente, entre deux
colombes entourées de feuill e de la ï
ix, qu'on
sur les monuments chrétiens
ne rencontre pas fréquemmer de cette époque. La voüte est ornée de guirlandes de fleurs. A droite de l'arcosolium, dans la galerie, sur la tablette d’un
loculus, est représentée une colombe posée sur un rameau.
n là l’image de l’âme chrétienne retournant à Jésus-
Christ après avoir vaincu dans les combats de la vie