‹ Catacombes de RomeChapitre 65 sur 279 · SAINTE-AGNES · texte numérisé non relu

SAINTE-AGNES

NOTICE

Rome fut le théâtre du martyre de sainte Agnès, peu de temps après la persécution que Dioclétien alluma en 303. Tous les peuples, dit saint Jérôme‘, se réunissent pour célébrer dans leurs discours et dans leurs écrits, les louanges d’une jeune fille de treize ans qui sut triompher de la faiblesse de son âge, comme de la cruauté du tyran, et qui couronna la gloire de la chasteté par celle du martyre.

Dans son traité De Virginibus*, saint Ambroise nous a con

servé quelques détails sur ce martyre. « Une jeune épouse, dit

ce père, s’avance vers l'autel avec moins de joie qu’Agnès n'en manifestait en marchant au supplice. Un peuple immense d. Epist., VI

l'accompagne. Spectacle inouï! une jeune enfant est conduite

à la mort! Tous pleurent, parents, amis, ennemis même : elle seule est sans larmes. Le bourreau déploie sous ses yeux l'appareil du supplie, et jette sur elle un regard féroce, espérant par là dompter sa fermeté, En même temps, que de douces paroles le juge ne lui adresse-t-il pas pour la gagner! que de

vœux n’expriment pas autour d'elle une foule de jeunes gens

qui aspirent à

a main ! que de paroles séduisantes rétentissent

à ses oreilles ! Mais elle répond d’un air serein : « Que personne

n’essaie de m’arracher à Jésus-Christ : il est mon premier

« époux; je proteste que nul autre ne me possédera jamais.

Qu'hésites-tu , bourreau ? » Après ces mots elle se recueillit

et présenta sa tête au glaive.

Deux monuments ont été élevés à la gloire de sainte Agnès

l'un a été construit par Innocent X sur la place Navone; on croit que ce fut au lieu même où était situé l’infâme repaire

qu’elle purifia pour toujours par sa présence de quelques instants; l'autre, qui date du siècle de Constantin, s'élève au-dessus de la grotte sépulcrale, où elle fut déposée après sa mort.

IL en est un troisième qui n’honore pas moins l'héroïne chré-

tienne + c’est le cimetière qui porte son nom. L'origine de ce

ne daterait que de l'an 304, époque

cimetière, suivant Bosio',

où y fut ensevelie la jeune martyre.

Constance, fille de l’empereur Constantin, ayant élé guéri

auprès du tombeau de sainte Agnès, d’une maladie incurable,

ce prince, par reconnaissance, éleva sur ce tombeau même la basilique dont nous venons de parler, et qui est une des plus

anciennes de Rome. Dès lors les chrétiens, suivant la pieuse

coutume de l'Église primitive, se firent inhumer près du corps

vénéré de l'illustre vierge : de nouvelles chambres sépulcrales

se creusèrent autour de la sienne; un grand nombre de nobles

familles romaines y choisirent le lieu de leur sépulture et s’y

construisirent de magnifiques sarcophages. Constance se fit

enterrer à son tour auprès de sainte Agnès, et, peu de temps

après, deux autres filles de l'empereur, Hélène, femme d et Constantine, femme de Gallus, décédées, l’une à Vienne dans

les Gaules, l'autre au fond de la Bithynie, vinrent de l'Occident

et de l'Orient rejoindre leur ir endormie auprès de la sainte

ainsi que sc formé, en quelques années, le vaste cimetière de Sainte-Agnès.

Nous devons signaler ici, sur la date du martyre de sainte

ntraire à celle de Bosio : Buonarruoti*,

Agnès, une opinion

ayant de l'autorité de Bollandus, fait remonter cette date

jusqu’au règne de Gallien et de Valérien, c’est-à-dire plus d’un

demi-siècle auparavant; mais nous devons dire que l'opinion di

DI

CRIPTION

MOSAIQUE DE DE

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