OBSERVATION II
({n thèse de Vadon : de l’extirpation du sac lacrymal dans les dacryocystites. Thèse de Lyon, n° 85, 1897).
Diagnostic : Catarrhe muqueux œil droit et œil gauche. Cataracte nucléo-corticale œil droit.
X... (François), 46 ans, cultivateur, entré le 2 mars dans la salle Saint-Charles, lit n° 8, service de M. Rollet.
Aucun renseignement important sur les antécédents héréditaires, la mère aurait été épileptique.
LE a
Le malade à eu une sciatique à l'âge de 25 ans, qu'il garda deux ans. À part cela, sa santé a toujours été bonne.
Deux ans et demi après le début de la cataracte dont le malade est porteur, survint, il y a trois ans, sans cause appréciable, un véritable phlegmon du sac lacrymal, à droite d’abord, puis à gauche. L’angle interne avait énormément gonflé, était devenu rouge et douloureux, puis, au bout de trois ou quatre jours, l’abcès perça au dehors, de chaque côté, et les phénomènes aigus disparurent. Ils se reproduisirent peu de temps après également des deux côtés, et il se fit une nouvelle évacuation de pus au dehors. Les abcès apparurent et disparurent sans qu'on puisse en trouver la raison. Le malade était alors en excellente santé, il n'avait pas eu de maladies infectieuses antérieures, il n'avait pas de larmoiement, pas de conjonctivite, le nez, à son dire, était complètement sain et il n’a pas souvenance qu’il y ait eu alors concomitance avec un coryza quelconque. Il ne toussait pas et rien ne fait croire chez lui à des antécédents tuberculeux.
Quoi qu’il en soit, depuis l'ouverture deux fois répétée de ces: abcès, il persista un larmoiement chronique sans
aucun phénomène aigu. De plus, il se formait constamment
dans la journée et de chaque côté une petite tumeur au niveau du sac lacrymal que le malade vidait par la pression au moins de quinze à vingt fois par jour, chaque fois il sortait un liquide clair analogue aux larmes et parfois aussi, mais plus rarement, quelques débris purulents.
Les phénomènes en sont là depuis trois ans et aujourd’hui il n’y a rien de changé. Une petite tumeur lacrymale se forme et on la vide aisément par la simple pression au niveau du sac. Il n’y a aucune lésion dans le nez ni sur les
Root
os avoisinants, la pression sur eux ne relève aucune douleur.
La sonde de Bowmann ne peut pénétrer dans les voies lacrymales à droite. Une injection pratiquée avec la seringue d’Anel ne passe pas davantage.
Outre ces phénomènes du côté du sac, le malade est porteur d’une cataracte nucléo-corticale complète de l'œil droit. Cette cataracte est blanc terne, elle paraît demi-molle. La sensation lumineuse semble intacte.
16 mars. — Anesthésie. Incision sur le sac lacrymal droit. Pendant la dissection de ses parois, qui d’ailleurs sont minces, le sac crève; il sort un liquide citrin; on extirpe la poche par morcellement après avoir sectionné le tendon de l’orbiculaire. Suture du tendon, puis suture de la peau à l’aide de deux fils métalliques. Pansement.
19 mars. — Les fils sont enlevés, la plaie est en excellente voie de cicatrisation.
24 mars. — Le malade est guéri de sa dacryocystite. Réunion par première intention. Exeat,
20 avril. — M. Rollet pratique l'extraction de la cataracte.
30 avril. —— Réunion parfaite du lambeau cornéen. Guérison normale.
6 juin. — Le malade nous écrit qu'il y a une nouvelle poussée inflammatoire du côté de l'œil gauche non traité. Mais il nous dit que l'œil opéré de cataracte y voit parfaitement bien et qu’il n’est plus incommodé par le larmoiement.
17 décembre. — Dans une seconde lettre il nous donne des renseignements analogues aux précédents : « L'œil droit ne pleure plus, excepté au vent et à la poussière. »
ei SERRE Se ! cer at