‹ Cataracte ZonulaireChapitre 8 sur 29 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Ce n'est le plus souvent que vers l’âge de 2 ou 3 ans, époque à laquelle l'intelligence des enfants s’éveille, ou un peu plus tard, lorsqu'ils commencent à fréquenter l’école et que les troubles visuels attirent l'attention des parents, que la cataracte zonulaire est reconnue.

Parfois, mais moins fréquemment, la mère a remarqué dès les premières semaines après la naissance, comme « une goutte grise » dans l'œil de son enfant et l’apporte pour le faire examiner. Mais, ces cas reconnus dès la naissance sont exceptionnels : les enfants, pendant les premières semaines dorment presquent continuellement, en dehors de l’état de sommeil. 1ls conservent les yeux fermés, et leur pupille contractée laisse difficilement voir le cristallin.

Dans d’autres cas, la vision chez certains malades est tout d’abord peu gênée, mais plus tard à une période plus avancée de la vie, surtout quand ces malades sont appelés à produire un travail plus attentif et plus minutieux ils se rendent compte qu'ils y voient mal ; ils viennent alors demander à l’oculiste d'améliorer leur vue par le port de verres.

Ou bien certains autres malades dont la vue a toujours été mauvaise constatent qu’elle diminue progressivement

Her fie depuis quelque temps, ils accusent des symptômes d'opacités cristalliniennes apparues récemment et disséminées dans la périphérie du cristallin.

Cette variété de cataracte présente une symptomatologie qui mérite d'être exposée brièvement.

La cataracte zonulaire est caractérisée par l’opacification d’une zone située entre le noyau et l'écorce.

À la lumière du jour, on remarque dans le champ pupillaire un globe grisâtre de trois à six millimètres de diamètre encadré d’une zone noire.

Un des caractères de cette opacité est de diminuer d'intensité de la périphérie au centre.

Le centre offre une coloration moins grisâtre d'un blanc plus éclatant.

À l'éclairage oblique les signes changent et se complètent : le disque apparaît convexe en avant et éloigné de la capsule antérieure cristallinienne et de l'équateur.

L’opacité est rarement uniforme et examinée avec une loupe assez forte, on décèle la présence de grains assez fins.

À la périphérie de la zone opaque, on perçoit dans certains cas de petites opacités situées dans la partie transparente disposées en sens radiaire et à calfourchon sur la zone cataractée. Ce sont les cavaliers.

À l'examen ophtalmoscopique : le disque opaque apparaît rouge brunâtre, plus foncé sur ses bords.

Si on fait diriger le regard du malade obliquement, l'opacité prend une teinte uniformément rouge.

À travers la périphérie restée transparente on peut voir nettement le fond de l'œil.

Certains malades, sous l'influence de l'atropine, perçoivent une image entoptique de l’opacité sous l'aspect d'un disque arrondi, moins foncé au centre qu’à la périphérie.

La présence de cette opacité située autour du noyau et cette zone périphérique restée translucide expliquent en partie les troubles visuels.

La diminution de l'acuité visuelle est relativement moins en rapport avec l'étendue de la zone cataractée qu'avec le degré de saturation de la cataracte. Faut-il encore tenir compte de la dilatation plus ou moins grande de l'iris.

Aussi les malades porteurs de cataractes zonulaires préfèrent-ils le demi jour pour leurs travaux et se trouvent-ils améliorés par l’instillation d’atropine ; ou bien la vision des objets n’est nette que lorsqu'ils sont fortement éclairés.

Les rayons lumineux passent au travers de la partie périphérique de la lentille et se projettent sous forme de taches sur la rétine, car le cristallin est surtout astigmate à sa périphérie.

Cette mauvaise acuité visuelle fait considérer les enfants qui sont porteurs d’une cataracte zonulaire comme myopes.

Ces malades se trouvent dans l'obligation de faire des efforts considérables d’accommodation pour examiner un objet, et ces efforts peuvent occasionner une myopie vraie.

Dans différents cas, on a justement noté un certain degré d'hypermétropie (O0. Becker).

La myopie serait moins fréquente et Schliep trouve

Les Mes

dans 170 cas de cataractes zonulaires 22,6 de myopes et 11,2 p. 100 d'hypermétropes. |

La cataracte zonulaire dans la grande majorité des cas reste stationnaire, c’est un de ses caractères fondamentaux. En tous les cas, elle se développe lentement.

L'examen clinique nous permet de déceler les signes qui nous renseigneront sur la variété des cataractes et de reconnaître si nous sommes en présence d’une cataracte zonulaire stationnaire ou d’une cataracte zonulaire progressive,

Haddæus cite le premier cas de cataracte zonulaire progressive, Hess, Peters ont publié des cas analogues, Schrieber en rapporte 7 cas : l'un était âgé de 12 ans, deux de 22 ans, 1 de 26 ans et 2 de 28 ans.

Lorsque la zone périphérique transparente qui enveloppe la zone opaque présente un certain nombre de stries grisâtres ou un fin pomntillé, on est en droit de soupçonner la présence d'une cataracte progressive.

Mais dans la plupart du temps, la zone transparente demeurera d'une diaphanéité parfaite, nous aurons la forme de cataracte zonulaire stationnaire.

ETIOLOGIE

Tout au début on regarde la cataracte zonulaire comme le résultat des convulsions. Arlt, le premier, relève la très grande fréquence des convulsions dans les antécédents des malades. Arlt édifie sa théorie pathogénique : les petits malades porteurs de caractères zonulaires ont eu autrefois dans la majorité des cas des convulsions, ce sont ces convulsions qui ont provoqué mécaniquement l'apparition de la cataracte zonulaire. L'opinion d’Arlt reste juste dans sa première partie : Von Arx note 66 °/, de cas où les convulsions ont précédé la cataracte zonulaire. Mais là où Arlt est dans l'erreur, c’est lorsqu'il veut expliquer l’étiologie de la cataracte zonulaire par le fait mécanique perturbateur des convulsions dans les éléments cristalliniens.

Hôrner et son élève Von Arx font intervenir un nouveau facteur étiologique. Von Arx présente 189 cas de cataracte zonuläire et estime que cette cataracte se présente surlout chez les individus qui ont souffert du rachitisme, et admet la proportion de 80 °/,, Bähr, 88, 15 °/, et Schliep dans un travail plus récent (1902) abaisse le rapport numérique à 59 °/..

La relation étroite du rachitisme et de la cataracte zonulaire se trouve encore affirmée par les recherches des stigmates rachitiques dans les autres tissus d’origine épithéliale. Arnold a démontré que le développement du

ÉRNNT

cristallin chez les mammifères est le même que celui de l'émail et Otto Becker écrit : « L'opinion de Hôrner a reçu un appui inattendu des recherches d’Arnold. » La coexistence de la cataracte zonulaire et des malforma: tions dentaires ne sont pas une simple coïncidence, l'une comme l’autre semble liée à une cause commune, le rachitisme, et Von Arx allait même Jusqu'à regarder la cataracte zonulaire comme un symptôme de rachitisme.

Les malformations dentaires bien étudiées par Hôürner se présentent, pour lui, et Von Arx dans 70 °/, des cas et pour Bähr 58 °/..

Ces malformations frappent surtout les incisives supérieures à la seconde dentition, puis les canines supérieures et les premières molaires. Hôrner décrit minutieusement ces altéralions qui frappent surtout l'émail : « Au lieu de dents élégantes, en biseau, nous avons des maillets cubiques et difformes... ce qu'il y a de plus intéressant, c'est l'écart de la surface de la dent : l'émail, au leu de se perdre progressivement vers le col, s'arrête le plus souvent sur un bord boursoufilé et les rainures dentaires se trouvent accentuées de la façon la plus marquante. Quelquefois nous avons rencontré particulèrement vers le tranchant de la dent, au lieu d’une ranure, une série de trous arrondis, rangés dans une même ligne et ayant l'air d'avoir été faits au burin. Le corps de la dent même se termine vers son tranchant par un bord arrondi. La réunion de la plaque d’émail lingual et labial se continue au delà du corps dentaire par une ligne irrégulière et dentelée. Dans quelques cas extrémes, l'émail manque sur des parties mêmes étendues d'une manière complète et cela généralement de telle

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