‹ Cataractes traumatiques de guerreChapitre 10 sur 54 · ÉTUDES CLINIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDES CLINIQUES

S'il fallait seulement, dans ce e chapitre, décrire les signes essentiels des cataractes, même dans leurs formes les plus diverses, pareille description resterait forcément assez limitée. Cependant, comme nous aurons surtout en vue de grouper les, éléments qui nous permettrontde porter plustard un diagnostic entre les cataractes par commotion ou contusion, et les Cata- ractes par plaies pénétrantes, l'étude clinique, qui va suivre, : englobera non seulement les symptômes communs à toutes les £Cataractes traumatiques, mais encore les symptômes associés : sous ce terme nous entendons ranger des symptômes qui reconnaissent une cause identique à celle de la cataracte, et qui peuvent être relevés sans un examen bien approfondi. Certains auteurs ont pris l’habitude de ranger ceux-ci parmi les complications. C’est une interprétation très équitable, seulement nous avons préféré nous en écarter, jugeant que, si complication il y a, elles modifient très peu le pronostic, sont fréquentes dans leur co-existence avec les cataractes traumatiques et aident quelque peu à porter le diagnostic causal. Autre avantage ; quand nous entreprendrons l'étude même des complications, il nous sera possible de ne mettre en avant que des phénomènes dont l’évolution vient singulièrement assombrir le pronostic, et réclament par là même un traitement spé-

cial.

A [. — CATARAGTES PAR CONTUSION.

Période de début. — Il est exceptionnel, en pathologie de

guerre, que le traumatisme, qui est le point de départ de la. cataracte, puisse être méconnu par le blessé, si léger qu’ait

été Le Eos Sans doute, il a été relevé dans la pratique hospitalière du temps de paix des observations d’opacités du cristallin, survenues à la suite d’une action traumatique si légère,

que le blessé s’en était à peine aperçu. Chez tous les mobilisés,

que nous avons examinés pour cataractes traumatiques, de pareils faits n’ont jamais été relevés, la cause première de la lésion a toujours été très facilement retrouvée.

Le début lui-même est brutal. Il coïncide avec le traumatisme : à la suite par exemple d’un éclatement d’obus ou de grenade,

le soldat ressent un choc plus ou moins violent qui vient

frapper une de ses paupières. Dès ce moment, la vue est gènée, le globe oculaire devient douloureux, l'ouverture des paupières s'accompagne de photophobie et de larmoiement.

S. F. — La douleur spontanée qu’accuse le blessé est assez.

variable dans ses caractères. Parfois elle est facilement sup-.

portée ; parfois aucontraire, elle est extrêmement violente,

s’accompagnant même d'irridiations aux parties avoisinantes

de la face. IL peut même s’y ajouter des phénomènes gastriques,

rappelant quelque peu la crise aiguë glaucomateuse.

La douleur proyoquée a des caractères identiques ; le plus -

souvent, l’écartement même des paupières détermine un “mou-' vement de retrait du blessé.

\La photophobie est elle-même plus ou moins marquée, obligeant à maintenir les paupières fermées, ou ne permettant de les ouvrir qu’un instant.

Le larmoiement est d'habitude peu abondant.

$. P. — L'examen oculaire, quand il peut être pratiqué à cette période, ce qui est assez exceptionnel, montre déjà en un point quelconque du cristallin un trouble diffus plus ou moins accentué. Exceptionnellement, a-t-il été permis d’observer la fêlure de la capsule, qui apparaît dans le champ APRUNLE

comme une raie sombre d’étendue variable. L'examen ophtalmoscopique peut être, par contre, négatif au cas où la lésion capsulaire est périphérique, masquée par l'iris.

Période d'état. — Elle est caractérisée essentiellement par l'apparition dé la cataracte.

S. F.— Les symptômes du début vont avoir une évolution différente. 5)

Baisse de l'acuité visuelle. — Elle est toujours moins rapide

que dans les cataractes par ‘plaies pénétrantes. Elle s'accomso en 2, 4 ou 5 jours. ‘Chaque matin, le blessé lui-mêmé s'aperçoit que la vision disparaît. Rapidement l’acuité visuelle tombe à 1/50, 1/100, finit par être réduite aux simples perceptions lumineuses. Cépendant, si l’opacité cristallinienne vient à siéger à La périphérie, si le centre de la lentille est relativement respecté, on peut voir l’acuité visuelle se maintenir à 3/10, 4/10. UE \ | | Néanmoins, il y a toujours baisse notable de la vision.

La douleur spontanée ou provoquée, la photophobie et le larmoiement ont beaucoup. diminué d'intensité. Par la suite, ils persisteront pendant une ou deux semaines, au plus, facilement tolérés par le blessé ; ils reconnaissent une toute autre Cause que la contusion du globe qui avait déterminé leur appa- . rition. C’est maintenant à l’irritation du globe et principalement

de la région ciliaire qu'il faut rattacher la persistance de ces symptômes.

S. P. — Ils se résument essentiellement à deux caractères :: la lésion cristallinienne, la réaction ciliaire. | Réaction ciliaire. — Si elle est beaucoup moins accusée que dans les plaies pénétrantes du globe, elle n’en existe pas moins dans les contusions, par le fait même que le traumatisme, assez violent pour déterminer une lésion capsulaire, à pourtant lésé la région ciliaire, région essentiellement irritable.

Il en résulte une ‘injection ciliaire doute, formant une collerette très étroite tout autour de la cornée. Il est exceptionnel qu'elle persiste au bout de la deuxième semaine.

Lésion cristallinienne. — L'apparition de la cataracte est lente. Elle se fait sous des modalités différentes. Becker en à

décrit trois formes principales : forme étoile. forme rayonnée, forme dite « en feuille ».

Ces caractères de la cataracte au début vont par Ja suite se transformer suivant l'étendue des lésions capsulaires et l’âge du sujet; l’on aura alors des cataractes, plus ou moins complètes à

et des cataractes localisées.

a) Cataractes diffuses. — Trouble Tete du cristallin, empêchant l'examen du fond d’œil. Persistance, pendant un temps

plus ou moins déterminé d’une ombre portée. La maturité de la cataracte se fait, dans un temps, en général, assez lointain

du traumatisme, plusieurs mois dans la majorité des cas. b) Cataractes partielles. — Elles peuvent revêtir les aspects

les plus divers, et siéger en un point quelconque da cristallin. Elles sont ainsi tantôt es tantôt paracentrales, tantôt périphériques. Leur évolution estassez variable; tantôtla cataracte |

va se compléter très lentement, tantôt au contraire être assez

vite arrêtée; en quelques semaines elle a acquis sa forme.

définitive et, dès lors, elle reste stationnaire pendant des mois ou des années, n'ayant aucune tendance marquée ni à se compléter, ni à se résorber. Le plus grave pour Le blessé c’est

qu’elle n’est susceptible d’aucune intervention, et cela male

l'intégrité absolue du fond d’æil.

Nous allons maintenant passer à l'étude des symptômes associés, sur lesquels nous nous sommes déjà assez large-

ment expliqué. Nous les étudierons dans leur ordre de fréquence, constatant que ces symptômes peuvent exister à l’état

isolé ou groupé.

1. — Iridodialyse. — Se retrouve dans un tiers au moins des calaractes par contusion, permet presque de porter sans erreur

le SR que causal.

— Lésions pälpébrales. — Tantôtils “dbit de plaies presque

po eu étendues ; tantôt, au contraire, il s'agit d'ecchy-

inoses, empiétant Ro un sur les régions avoisinantes. En

cas de plaies palpébrales, il y a grand intérêt à rechercher si un projectile n’est pas resté inclus dans la paupière.

3. — Troubles diffus de la cornée. — Légers et dispataissant. rapidement. Exceptionnellement, il peut se former des taies

cornéennes.

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