‹ Cataractes traumatiques de guerreChapitre 9 sur 54 · SOU · texte numérisé non relu

SOU

‘même des.-masses cristalliniennes faire hernie dans la chambre

antérieure. Dès lors, la résorption se fait à la fois en dehors de

la capsule et dans i capsule même.

En somme, il résulte de ces différentes données qu'il ne

suffit pas que l’humeur ‘aqueuse pénètre au milieu des fibres

cristalliniennes, chez un sujet jeune, pour que la résorption s’ensuive. Il faut encore un apport fréquemment renouvelé, pour que la désagrégation des fibres se produise; si l': âge peut

jouer un rôle dans cette évolulion, l’étendue des lésions tient

la première place. C'est ce qui explique sans nul doute. que chez de jeunes soldats la résorption ne se soit pas toujours produite, alors qu’elle a eu lieu chez d’autres plus âgés, ayant

dépassé la trentaine, parfois même la soixantaine. À

ve III. — CATARACTES PAR COMMOTIONS.

Le nombre considérable d’ hommes, ayant eu à subir des commotions de toutes sortes en temps de guerre, ne devait pas manquer d’avoir sa répercussion sur l’ophtalmologie de guerre, et de permettre ainsi l'étude de nouveaux cas de commotions

du globe et du cristallin en particulier.

d Malheureusement, si semblables observations existent, elles n’ont fait le sujet, encore, que des rares Rire Cependant Franckel, dans un des rapports ldu centre qu’il dirigeait, a pu faire les remarques cliniques suivantes :

« Depuis longtemps, on parle de cataractes par ébranlement. Les hasards de la clinique nous ont montré quatre cas, dans lesquels nous avons été frappé par in forme de l'opacitieation et par la marche.

« Dans ces quatre cas, tous survenus à la suite d’un éclatement de bombe à proximité, sans aucune plaie de l’œil, nous avons pu constater.que le cristallin était cataracté uniquement à sa périphérie. L’opacification se fait très lentement et

même, dans deux cas, datant de plusieurs mois, elle paraissait

fixée sous forme d’une collerette, donnant au noyau central transparent l’aspect d'une pupille Li Pinecnis Chez l’un de nos malades, l’acuité était assez bonne et la lésion cachée der-

rière Hi ne put être décelée 4e par la AHARAR atropi- ) nique. ; RE UD.

« Nous ne pouvons nous ‘empêcher de OP ces cas, où les troubles trophiques du cristallin ont commencé par la périphérie, de plusieurs cas d’iridodialyse" incomplète, sans plaie de l’œil, causés par l’ébranlement d’un éclatement de bombe Tous ces cas s’accompagnaient de peu, de réaction d’irido- Léa et d’hyphéma très peu abondant. »

Nous avons tenu à citer nr ce résumé, malheu reusement trop bref, d'observations présentant un grand inté-

: rêt au point de vue pathogénique. PA En Jusqu'i ici, on a voulu trop souvent confondre commotion et contusion. Le moment est peut-être venu de rendre à ces deux. variétés de traumatismes la part qui leur appartient en propre. Il est ainsi admis que, comme dans la contusion, le facteur essentiel de la production de la cataracte dans la commotion, peut être l’arrachement capsulaire. Faute d'examen anatomopathologique on n’a. pu encore sortir du domaine deg hypo- thèses sur la cause de semblables lésions.

Tout en reconnaissant que le rôle de l’arrachement est indé-

niable dans nombre de cas, il nous faut mettre en avant un.

tout autre mécanisme. Les faits apportés cette fois par Franckel

montrent qu’à la suite d'un ébranlement du globe, il peut se produire au niveau du cristallin des troubles atrophiques tels. que de véritables opacités s’ensuivent. | | Quant à la nature de ces troubles elle demeure encore très hypothétique. Néanmoins, il y a là un fait nouveau dans la pathogénie des cataractes par commotion, c’est pourquoi nous avons tenu à le rapporter. Il aura au moins le mérite d’attirer l'attention du Spécialiste sur la possibilité de la lésion périphérique du cristallin à la suite de commotions, nécessitant même au besoin la dilatation de l’atropine.

Page 1