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I. — CATARACTES PAR CONTUSION

.Il est d'autant plus intéressant de revenir sur le mécanisme de ces cataractes, que les différents auteurs, qui se sont. occupés de cette question, n’ont guère eu en vue que Paction du traumatisme au centre de la cornée. Cependant il est indéniable, qu'une distinction fondamentale doit être établie suivant: que le traumatisme agit sûr la portion centrale ou paracentrale du cristallin, ou qu’au contraire le choc porte ou à sa répercussion sur le pourtour de la lentille. Il y a là des conséquences très différentes, aussi bien dans le mode de production des. lésions que dans la nature de celles-ci.

Prélat, en exposant que tout traumatisme oculaire ne peut. provoquer la rupture de la cristalloïde que par trois processus :

Puis tout

\ l’écrasement, l'éclatement ou l'arrachement, arrive aux déductions suivantes. ;

a) Processus d'écrasement. — « Sous l'influence de la contusion, la cornée est aplatie et l'humeur aqueuse refoulée vers

la cn, le pôle antérieur de la lentille, venu presque au

contact de la cornée, subit directement la violence du choc, qui l’écrasera, puisque le cristallin, retenu qu’il est par le vitré, ne

peut fuir en arrière. »

… Ainsi, la déchirure de la capsule au niveau de deux pôles

est due à son écrasement par l’action de deux forces contraires, | choc et résistance du vitré comprimé. Ces lésions donnent

ainsi naissance à des cataractes polaires, susceptibles de se compléter.

b) Processus d'éclatement. — « Lés fibres cristalliniennes, prises entre les deux forces contraires indiquées précédemment,

‘sont violemment refoulées à la périphérie, où elles distendent la capsule. Celle‘ci, très mince dans cette région, ne peut opposer

une grande force de résistance et cédant à la pression, qu'elle subit vers l'équateur, éclate brusquement en ce point. C'est ce qui explique l'existence des opacités périphériques, parfois difficiles à voir à cause de leur situation même et de leur localisation fréquente en un ‘point très limité de la cristalloïde. » c) Processus d’afrachement. — II agit tour à tour sur la zonule et la capsule par l'action de trois forces convergentes, combinant leur action, au moment même où se produit le choc : 1° refoulement He masse cristallinienne ; 2° rétropulsion du cristallin qui, tôt ou tard, aura raison de la résistance

de la zonule, quise rompra et arrachera la capsule, sur laquelle

elle se fixe; 3° refoulement en avant du vitré, contenu dans une loge résistante, sauf au point zonulaire. La clinique, conclut Prélat, fournit à cette hypothèse un argument sérieux : la grande fréquence des subluxations, associées aux cataractes par contusions. |

Aussi séduisante is puisse paraître au premier abord sem blable théorie, elle n’en échappe pas moins, à notre avis, à de nombreuses critiques. En premier lieu, par Le processus d’écrasement, il est dit, ce qu’il est parfaitement logique d’admettre,

que le cristallin s'écrase par l’action de deux forces contraires,

D LE en

éhoe et résistance du vitré. Par le processus d'éclatement, le cristallin pris entre deux forces contraires, ne s'écrase plus, | mais voit ses fibres violemment refoulées à la périphérie. 1 Ainsi, pour une même action deux résultats totalement diffé-. rents, sans qu'à aucun moment il nows soit parlé de modifications de structure du cristallin, pouvant peut-être faire comprendre ces divergences dans les résultats. L’explication de lésions anatomiques, centrales ou périphériques, est, du reste,

la seule base, sur laquelle repose : l'interprétation de ces deux 7 processus d’écrasement ou d’ éclatement.. ?

En réalité, les expériences, que nous avons pratiquées sur des

- veux de lapin fraichement énucléés, sont formelles à ce sujet : le cristallin se présente comme une masse transparente, Dans. quelque peu la ‘tonsistance de la graisse prise en masse Quant à la capsule, inutile de rappeler qu’elle ne forme qu’une très faible membrane, toujours. prête à se laisser rompre sous un choc, En conséquence, ce qui détermine les lésions de la cataracte par contusions, c’est la résistance même du cris-. tallin au traumatisme. Or celle-ci est minime, et la lentille ‘ se laisse facilement écraser, tandis que l'aplatissement de ses faces provoque en même temps un léger refoulement des fibres cristalliniennes à la périphérie. Dès lors, il ne peut plus être question d'incriminer tour à tour l'écrasement ou le refoulement; il faut admettre, que le cristallin subit conjointement l’action de ces deux processus.

D'autre part intervient un facteur, sur lequel nous avons, dès le début de ce chapitre, attiré l’attention : il va jouer un rôle très important dans la pathogénie de semblables cataractes : c’est le siège même du traumatisme, ou du moins de son point. d’ application sur le cristallin.

Jusqu'ici nous avons vu le cristallin dans RE de fuir le traumatisme, tout mouvement de rétro-pulsion lui étant interdit par la présence même du vitré incompressible. Semblable condition n’est réalisée qu’autant que le choc agit sur le cristallin dans ses portions centrales ou paracentrales. Mais qu’au contraire le choc se produise sur la périphérie du cristallin, les lésions constatées seronttrès ditférentes.Lazonule, comme le dit lui-même Prélat, se laissera rompre tôt ou tard,

PRE RS Ar

et le vitré, qui ne présente plus à ce niveau une loge à tissu résistant, se laissera refouler en avant sous Peffort du trauma: tisme, qui pousse le cristallin en arrière,

En somme, la commotion du cristallin se ramène à deux

ordres de faits et de lésions parallèles :

ra Aou centrale où paracentrale du choc sur le cristallin: Lésions dela lentille : avant tout écrasement, refoulement concomitant de ses fibres ; Lésions de la capsule : simon 2% Action périphérique du choc ; ,Lésions de la lentille : rétro-pulsion associée à déchirure de la zonule et refoulement en avant du vitré. Lésions de la capsule : arrachement limité en ol

Il nous faut maintenant revenir sur les lésions anatomiques, que produit le traumatisme sur la capsule, surtout en ce qui concerne l'action centrale ou paracentrale du choc sur le cris: tallin. 44 |

Dans cet ordre d'idées, Prélat incrimine le processus d'écrasement comme le point de départ de cataractes polaires, et Le processus d'éclatement comme étant la çause des opacités périphériques du cristallin. Cette argumentation nous semble quelque peu artificielle. En tous cas elle n’a nullement été vérifiée par les nombreux faits cliniques, qu'il nous a été permis

d'observer.

En réalité, un fait domine la pathogénie de ces cataractes :

pris entre la force agissante du choc et celle latente du vitré,

la capsule se lézarde plus ou moins complètement, tantôt en

un point localisé, partie polaire ou périphérique de la capsule, tantôt au contraire sur toute la hauteur du cristallin.

Pour affirmer le peu d’étendue des lésions capsulaires, nous avons une raison de première importance : l’évolution même

- des lésions anatomiques du cristallin cataracté.

La résorption de la cataracte traumatique a été prouvée depuis de nombreuses années par un grand nombre d’observations: Est-ce à dire qu'elle soit fréquente dans les cataractes par commolions ? Nous ne le pensons pas, nous la No même exceptionnelle, puisque, sur toutes les observations 'de

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