‹ Catéchism d'agriculture ou La science agricole mise à la portée des enfants [microforme]Chapitre 33 sur 56 · ET · texte numérisé non relu

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R. On entend par prairies naturelles celles qui présentent un engazonnement permanent et spontané; ou, en d'autres termes, celles dont l'herbe se multiplie et se perpétue d'elle-même, Les prairies naturelles n’exigent que des travaux d'entretien. On se borne, en général; 1° À les irréguer toutes les fois que leur situation le permet; 2° À les assainir quand elles en ont besoin. L’assainissement d’une prairie consiste à en détourner les eaux stagnantes au moyerf de fossés d'écoulement ; 3° À arracher les plantes nuisibles ou inutiles, surtout celles qui sont à racines pivotantes; 4° À les herser de temps à autres au printemps, pour détruire les mousses ; 5° À les engraisser à l'automne avec un compost ou avec du purin mêlé à de l’eau de pluie ou de rivière ; 6° à couvrir de cendres celles qui sont couvertes de mousses ; 7° À ensemencer les places vides avec des graines de graminées bien choisies,

D. Pourquoi les prairies artificielles sont elles ainsi appelées ?

R. Les prairies artificielles sont ainsi appelées, parce qu’elles sont dues au travail de l’homme, tandis que les prairies naturelles sont le plus souvent uniquement l’œuvre de la nature. On peut aussi, à la vérité, créer des prairies naturelles ; mais ce qui caractérise surtout les prairies artificielles, c'est qu’elles ne sont pas permanentes, et qu’elles doivent, au contraire, faire place, au bout d’un certain temps, à d’autres cultures.

D. Quels sont les avantages que présentent les prairies artificielles ?

R. Les prairies artificielles offrent une ressource précieuse au cultivateur, en lui permettant d'augmenter à sa volonté, la masse de ses fourrages, et par conséquent, de ses engrais, mais

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elles sont encore d’une haute utilité, en ce sens, qu'elles améliorent le sol. En ellet, la plupart des plantes qu'on emploie pour les former, loin d'épuiser la terre comme les plantes sarclées, prennent leur principale nourriture dans l’atmosphère par leurs feuilles et par leurs tiges; de plus, elles laissent dans le sol, par leurs nombreuses racines, plus de principes fertiliants qu'elles n’en ont emprunté.

D. Quelles sont les principales plantes cultivées en prairies artificielles ?

R. Les principales plantes cultivées en prairies artificielles sont, le mil, le trèfle, la luzerne, la vesce, &c. In Canada, le mil occupe une place importante dans les prairies, mais comme cette plante est déjà bien connue nous n’en dirons rien.

D. Quelle est l'importance du trèfle comme plante fourragère ?

R. Le trèfle a une grande importance, tant, » sous le rapport de la qualité de son produit, que sous celui de ses propriétés comme plante améliorante. On le sème ordinairement en mai, avec une céréale. La dose de la semence varie entre 8 à 10 livres par arpent, suivant la qualité du terrain. Il est bon de donner à la terre ensemencée en trèfle, un léger hersage et même d’y passer le rouleau. Comme nous avons déjà parlé des merveilleux effet du plâtre répandu sur le trèfle, nous n’en dirons rien ici.

D. Qu'estce-que la luzerne ?

R. La luzerne est, de toutes les plantes fourragères, la plus productive et la plus vivace. Les prairies artificielles qu’on forme avec cette plante, et qui prennent le nom de /uzernières, peuvent durer de douze à quinze ans. On sème la luzerne comme le trèfle, avec une céréale. La quantité

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| de semence est d'environ vingt quatre livres par : arpent,

Le terrain que l'on veut convertir en /uzernière,

‘ doit-être de moyenne consistance, profondément s labouré, exempt de mauvaises herbes et fortee ment engraissé. Dans ces conditions, la luzerne

peut donner, en Canada, deux et même trois ré- 4 coltes par année.

D. Qu'estce que la vesce ?

8 R. La vesce est une plante qui, sans donner des

résultats aussi importants que les précédentes, es fournit un excellent fourrage. Na culture ainsi la que celle de la lentille est très avantageuse pour ce remplacer le trèfle, quand ce dernier n’a pas te réussi, Il est indispensable de mélanger à la se-

N. mence de la vesce un cinquième d'avoine ou

ne d'orge; les tiges de ces céréales servent de sup

port à celles des vesces, qui se développent ainsi nt, " plus facilement,

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é- RECOLTE DES PLANTES FOURRAGERES, OU rec FENAISON.

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du Combien d'opérations comprend Ja fenaison ?

Lse- R. La fenaison comprend deux opérations ; le

d'y fauchage et le fanage. 4

rlé D. Quelle époque faut-il choisir pour la fanaison ?

L le t. Pour obtenir des foins de bonne qualité, il l indispensable que la fenaison soit faite dans bonnes conditions. Ces conditions peuvent

ra- se résumer ainsi: 1° Il faut choisir un temps

Les chaud et sec, et l’époque ou les fourrages sont en

te, pleine fleure. Si l’on fauche avant cette époque, ent on perd ar la qualité du foin. 2° On doit avoir mme som de acher aussi près de terre que possible, tité parceq c'est près du sol que l'herbe est la

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plus épaisse. Un fauchage imcomplet et inégal ogcasionne une perte sensible sur le rendement. Le talent de bien faucher est donc un des plus utiles que puisse posséder un cultivateur ; 5° Il faut travailler le foin presqu'aussitôt après qu 1l a été coupé, et le rentrer aussitôt qu'il est sec

D. En a consiste le fanage ?

KR. Le fanage consiste à 6 tendre et à retourner Pherbe le plus souvent possible, à laide d’une fourche de bois; si l'herbe n'est pas complétement séchée le premier jour, on la réunit, vers le soir, en petits tas qu'on étend de nouveau le lendem: in, comme le premier jour.

D. Le fan age se fait-11 de la même manière dans les prairies artilicielles que dans les prairies naturelles ?

R. Le fanage, dans les prairies artificielles, doit être fait avec plus de ménagemert, parcequ ’ordinarement lesfeuillesdes plantes qui iles composent, sedttachent,quand ellessont vivement secouées, et que le foin perd ainsi la plus grande partie de ses propriétés alimentaires. Dans ce cas, au lieu d'étendre les andains, st le fourrage n’est pas trop abondant, on se borne à les retourner doucement, lorsque le dessus se trouve séché, et on les rassemble ensuite en tas jusqu'à complète dessicc: tion. On donne le nom de regain à la dot de et à la troisième coupe que donnent les prairies naturelles.

GHAPITRE IIT.

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