‹ Catéchisme bouddhique ou introduction à la doctrine du Bouddha GotamaChapitre 13 sur 64 · Quel était ce but · texte numérisé non relu

Quel était ce but

Il voulut découvrir les causes de la

années. Étonné, il demanda à son cocher Tchanna quel était cet être étrange. Tchanna lui répondit que c'était un vieillard. — Est-il né dans cet état ? demanda encore le prince. — Non, Seigneur, il a été autrefois jeune et florissant comme vous. — Y a-t-il d'autres vieillards comme celui-là? interrogea le prince toujours plus étonné. — Beaucoup, Seigneur. — Et comment est-il tombé dans cette triste situation? continua le prince. — C'est l'ordre de la nature que tous les hommes doivent devenir vieux et infirmes, ' s'ils ne meurent pas jeunes. — Même moi, Tchanna? — Même vous, Seigneur.

Cet incident plongea le prince dans de si profondes réflexions qu'il ordonna de rentrer à son palais, ayant perdu tout plaisir à la promenade. Quelque temps après, dans une autre sortie, il aperçut un malheureux couvert d'ulcères; et, sur les réponses que fit Tchanna à ses questions, il fut si ému qu'il renonça dès lors à tous les plaisirs et commença à méditer sur les souffrances de l'existence. Après un autre lapjs de temps, il fit la troisième rencontre. Il vit, sur le bord du chemin, un cadavre déjà en décomposition. Violemment ému, il rentra aussitôt à son palais en s'écriant : « A quoi servent l'éclat royal, toutes ces jouissances et toutes ces magnificences, s'ils ne peuvent pas me préserver de la vieillesse, de la maladie et de la mort! Que les hommes sont malheureux ! N'y a-t-il donc aucun moyen d'en finir pour toujours avec la douleur et la mort qui se renouvellent chaque fois que nous recommençons une nouvelle existence ? «

Cette question ne cessa plus de l'occuper. Il eut la réponse qu'il cherchait dans une autre promenade. Un moine mendiant lui apparut, revêtu de vêtements jaunes, comme en portent

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souffrance, de la mort et de la nécessité de revivre ', et de trouver le moyen d'y

les frères bouddhistes, et dont les traits vénérables reflétaient la profonde paix intérieure. Cette vision prophétique, car c'est ainsi que nous devons la considérer, montra au prince, tourmenté par les énigmes de l'existence, le chemin sur lequel il devait chercher leur solution. A partir de ce jour, il conçut et mûrit la résolution de renoncer au monde et de prendre la voie que tous ceux qui aspirent à la perfection doivent suivre. — Ce récit allégorique, cette légende nous découvre une vérité profonde : c'est que seule la perception de la fragilité et du néant de la vie peut amener une àrne sensible à renoncer au monde et provoquer ce changement complet d'esprit par lequel sont passés tous les saints, et que celui qui ne s'est pas détaché du monde ne peut même pas comprendre.

i. La doctrine des existences successives, c'est» à dire de l'incarnation répétée de la partie spirituelle de l'homme est la connaissance la plus ancienne et la plus vénérable de la race humaine. C'est une sagesse ou une religion primitive, qui s'impose d'elle-même, à toute intelligence que les erreurs et les préjugés, qui nous assiègent dès notre enfance, n'ont pas troublée. Dans les religions de tous les peuples civilisés, les religions judaeo-chrétienne et islamique exceptées, cette doctrine forme la base sur laquelle reposent toutes les autres. Et même dans les pays chrétiens, beaucoup de grands esprits l'ont professée en secret, à toutes les époques. Elle seule peut nous délivrer de cette illusion, que l'homme soit une créature, que la volonté arbitraire d'un Dieu aurait tirée du néant et qu'il doive encore être reconnaissant pour la vie qui lui a été donnée et qui est pourtant un présent d'une valeur si contestable. La doctrine des existences successives donne à l'homme sa liberté

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mettre un terme. Il résolut de renoncer au monde, comme le vénérable frère mendiant, qui lui était apparu et d'aller au désert.

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