Gotama désespéra-t-il alors d'attein
son but?
Non, jamais. Abandonné de tous, il reconnut que le salut ne pouvait pas être atteint grâce aux moyens enseignés par
1 . De même que le sublime fondateur du bouddhisme, plusieurs saints chrétiens des premiers siècles arrivèrent à reconnaître, par expérience, que l'ascétisme ne conduit pas au salut, « Si l'on ne fait que se mortifier », dit Nagaséna, le grand apôtre Bouddhiste, « non seulement on n'obtient pas la délivrance, mais on n'arrive même pas à renaître heureusement. »
La doctrine bouddhique rejette donc, comme inutiles et nuisibles, les macérations et la « mortification de la chair » par des moyens violents. Elle cherche à purifier le cœur et la volonté de toutes les passions, de tous les mauvais instincts. Elle veut développer la connaissance et les forces spirituelles de l'homme. Pour y arriver, elle exige, comme condition indispensable, que ses disciples renoncent à rien posséder, et qu'ils vivent dans la chasteté et la pauvreté volontaire, étrangers aux plaisirs des sens et à toute préoccupation mondaine.
LE BOUDDHA
les autres, et il résolut de ne plus suivre que ses propres inspirations. Il avait renoncé aux mortifications violentes ; il se contenta dès lors de s'abstenir de tous les plaisirs des sens. 11 s'efforça en même temps, dans la solitude complète ou .1 vivait, de dégager ce qu'il sentait exister dans la protondeur de son être et de développer complètement les forces supérieures de son esprit. Une nuit, il fut averti, par des rêves prophétiques, qu'il approchait de son but. Lorsqu'il s'éveilla, il se baigna dans le Nirandjara et accepta ensuite,' des mains d'une jeune fille nommée Sudjata, un peu de riz. Après avotr mange, il se sentit fortifié d'une manière merveilleuse. Il passa toute la journée sur les bords du cours d'eau, plongé dans ses méditations.
Vers le soir, il s'étendit au pied d'un grand arbre ', qui n'était pas très loin de
, Cet arbre, appelé par les Bouddhistes bô ou bod'hi c -à.-d. arbre de la connaissance, est le ficus reTiaiosa des naturalistes. In rejet de ce nauier verdit encore près des ruines du temple Se" Bouddhl-Gaya, non loin de Radjg.r. Un autre
mm
LE BOUDDHA
là. Il resta assis, le visage tourné vers l'est, dans un recueillement profond et décidé à ne se lever que lorsqu'il aurait obtenu la connaissance suprême. C'est sous cet arbre qu'il soutint victorieusement son dernier combat, le plus difficile de tous.