De combien de manières peut-on manquer à ces vœux
De trois manières : en pensées, en paroles ou en actions.
110. Pouquoi celui qui ne quitte pas le monde, ne peut-il obtenir le Nirvana?
Parce que, dans le monde, il est impossible de remplir les dix vœux, dans toute leur étendue, de se débarrasser des dix liens et d'atteindre à la vraie connaissance. La vie mondaine ne repose que sur l'égoïsme et sur l'ignorance (Avidya).
1 1 1 . Ainsi, pour arriver à la délivrance, il nous faut devenir Bhikshou et prendre le chemin du renoncement?
Ce n'est pas le chemin du renoncement, c'est le chemin de la délivrance. Celui qui regarde l'abandon des biens terrestres, des joies et des jouissances de ce monde,
comme un renoncement douloureux, est encore bien loin de la vraie connaissance ; celui qui, au contraire, en y renonçant, croit se débarrasser des choses vaines, sans valeur et pesantes et secouer de lourdes chaînes, est seul dans le vrai '.
1. C'est une illusion que l'homme sensuel, tout rempli de la volonté de vivre, du désir d'exister et de jouir, nourrit pour son propre tourment, de croire que la satisfaction de ses
Eenchants et de ses passions lui donnera le onheur. Ses désirs ne sont apaisés qu'un instant, lorsqu'il obtient ce qu'il voulait; ils renaissent bientôt, d'autant plus forts qu'il leur cède davantage. Chaque souhait, qui se trouve accompli, en engendre un autre, et il est impossible que l'on puisse ainsi arriver à la satisfaction finale. Il faut ajouter du reste, que, dans cette voie, il faut s'attendre à des échecs, à des désillusions inévitables. Il faut enfin accepter la lutte avec tous ceux qui poursuivent le même but. Nous ne pouvons livrer ce combat perpétuel qu'aux dépens de nos forces physiques et morales. Moins nous refrénons nos désirs et nos penchants, plusilsprennent ledessuset plusilsdiminuent nos forces, qui sont cependant nos seuls moyens de jouir. Ainsi, accroissement de nos désirs et, en même temps, diminution des moyens de les satisfaire : telle est l'inexorable loi naturelle, à laquelle nous venons nous heurter, si nous prenons cette voie pernicieuse. Tout homme, qui médite sérieusement sur ces questions, doit donc reconnaître combien il est insensé de courir après les jouissances sensuelles, puisque le bonheur que nous cherchons, avec
ii2. Le Bouddha ne peut-il pas nous délivrer des conséquences de nos fautes, par son propre mérite ?
Non; aucun homme ne peut être délivré par un autre. On lit dans les Livres Saints : « Aucun Dieu, aucun saint ne peut sauver un homme des conséquences de ses mauvaises actions. Chacun doit se délivrer lui-même. »
ii 3. Comment peut-on exprimer de la manière la plus brève, l'essence de toute la Doctrine ?
Par le mot : justice.
Une justice immuable règne dans tout le domaine de la nature animée et inanimée. Chaque action bonne ou mauvaise porte nécessairement ses fruits. La grâce d'un Dieu personnel ne peut sauver aucun criminel, tourmenté par le remords,
tant d'efforts, est impossible à atteindre. C'est pour cela que nous trouvons ces paroles dans le Dhammapada : « Comment pouvez-vous rire ?
Comment pouvez-vous vous réjouir dans ce monde, que seule la flamme des vils désirs conserve ? Vous marchez dans les ténèbres, qui ne cesseront jamais, si vous ne cherchez pas la lumière qui les dissipe. »
des suites de sa mauvaise action ' ; de même qu'il n'y a pas de souverain du ciel ou de la terre dont le caprice puisse diminuer la récompense que l'homme .vertueux doit recevoir.
1 14. Comment s'acquiert-on des mérites, au sens moral du mot ?
En accomplissant fidèlement les vœux, en paroles, en pensées et en actions; en s'efforçant avec zèle d'arriver à la connaissance; mais, avant tout, en se montrant juste et bienveillant pour tous les êtres vivants.
1 1 5 . Est-ce seulement l'action extérieur, le fait visible, qui fixe le mérite?
C'est le contraire. Aucune action extérieure n'a de mérite par elle-même. Le mérite ne dépend que de l'intention, de la pureté de la volonté. L'action n'a d'importance que parce qu'elle est le signe visible de la disposition intérieure, de la
1. Ni dans les profondeurs de l'espace incommensurable, ni dans le milieu de l'océan, ni dans les gorges obscures des montagnes, tu ne trouveras une place où tu puisses échapper aux suites de tes mauvaises actions. (Dhammapada).
direction de volonté de celui qui la commet.
ii 6. Pourrait-on rendre cela plus clair
par un exemple ?
Un homme peut dépenser beaucoup d'argent pour secourir la Confrérie, pour adoucir les souffrances des pauvres, ou pour créer des fondations d'utilité générale et cependant ne gagner que peu ou rien pour son salut. En effet, il peut ne faire tout cela que pour obtenir la considération et le respect du monde. Un tel homme a déjà trouvé ici-bas sa récompense dans les égards qu'on a pour lui; il ne s'est acquis aucun mérite. Celui au contraire qui agit avec bonté et douceur dans la seule intention de devenir plus parfait et d'obtenir de renaître dans des conditions favorables, s'acquiert des mérites et il en recevra pleinement les fruits dans sa prochaine existence. Mais celui qui fait le bien aux êtres qui l'entourent, seulement par pitié, par bienveillance pure, qui ne se laisse guider par aucune considération égoïste et ne songe pas à
une récompense dans ce monde ou dans d'autres, s'acquiert le mérite suprême. Il est tout près du Nirvana et sûr de renaître dans un des mondes lumineux les plus élevés.
117. Que devons-nous donc faire pour nous acquérir de vrais mérites ?
Vaincre notre égoïsme, éviter le mal, pratiquer le bien.
1 18. Pourquoi doit-on vaincre l'égoisme?
Parce que c'est l'égoisme qui est la cause principale de toutes nos erreurs, de toutes nos folies et de toutes nos mauvaises actions, en même temps qu'il est le principal obstacle à l'accomplissement du bien.