Le Bouddha enseignait-il que seuls
ses addherents peuvent arriver à la
délivrance. ?
Non; le Bouddha annonçait le règne de l'ordre moral de l'Univers et de la justice éternelle, qui ne s'inquiète pas de ce qu'on croit ou de ce qu'on ne croit pas.
La disposition morale, la volonté bonne ou mauvaise sont seules en jeu. Chaque être, qu'il soit bouddhiste ou non, reçoit la récompense qu'il mérite. Ceux qui ont d'autres croyances peuvent donc arriver aussi à la délivrance. Mais il leur est bien plus difficile d'y arriver et ils risquent bien plus de manquer le
but. .,
Ils sont comme ceux à qui on a mal»
indiqué leur chemin. Après avoir beaucoup erré en tous sens, après avoir traversé des marais, des déserts, des forêts, des montagnes et des fleuves, ils peuvent pourtant à la tin arriver au terme de leur voyage. Celui au contraire qui prend le bon chemin n'a qu'à aller droit devant lui. et à ne pas s'écarter du sentier tracé, pour arriver au but rapidement et facilement. 11 n'y a que le Bouddha qui indique le bon chemin.
1 44. Le Bouddhisme ordonne-t-il de haïr,
de mépriser et de persécuter ceux qui
ont d'autres croyances ?
Au contraire. Il nous ordonne d'aimer
comme des frères tous les hommes, à quelque race, quelque nationalité ou quelque religion qu'ils appartiennent. Il nous commande de respecter les conditions de ceux qui ont d'autres croyances que nous et même d'éviter toute disputation sur les questions religieuses. Le Bouddhisme est pénétré de l'esprit de tolérande le plus pur. Jamais et nulle part il n'a fait couler le sang pour s'étendre; jamais, lorsqu'il est arrivé à dominer dans une contrée, il n'a persécuté ou opprimé ceux qui ne l'acceptaient pas '. Celui qui ne reconnaît pas la vérité ou qui ne veut
i. Lorsqu'il y a environ trente ans, la mission catholique française pria le roi de Siara de lui donner la permission de s'établir dans le pays, celui-ci la lui accorda immédiatement et donna même aux missionnaires des terres en leur souhaitant de réussir. Le succès cependant ne vint pas. Les missionnaires cherchèrent alors à montrer leur zèle d'une autre manière, en souillant les images d'un temple bouddhiste voisin. Lorsque les habitants du village, auquel le temple appartenait, vinrent se plaindre au roi, celuici leur conseilla de céder, comme étant les plus raisonnables, et de transporter ailleurs les images du Bouddha, puisqu'elles n'étaient là que comme des marques de souvenir. Il les pria d'éviter toute lutte, leur représentant que la religion s'occupait de choses plus importantes que de
pas l'entendre ne nuit qu'à lui-même ; il excite donc la pitié et non la haine du Bouddhiste.
145. Les prières, les sacrifices, l'observation d'usages religieux sont-ils nécessaires pour arriver au Nirvana?
Non; il n'y a pas, à proprement parler, de prières et de sacrifices dans la religion bouddhiste. Il est excellent cependant de réciter des sentences ou de lire les écritures saintes, ainsi que d'écouter les prédications, quand on le fait avec une vraie piété. En effet l'adhérent puise ainsi un
pareilles et misérables querelles avec des barbares.
Lorsque le missionnaire protestant anglais Edkins visita en Chine un cloître bouddhiste, le supérieur le reçut amicalement et s'offrit même à lui céder gratuitement un emplacement sur les terres du couvent, pour y bâtir une église chrétienne.
On pourrait trouver des exemples semblables, aussi bien dans les temps anciens que dans les temps modernes. Les prédicateurs chrétiens regardent une telle conduite comme une preuve d'indifférence et d'une coupable tiédeur religieuse. Les Bouddhistes, au contraire, sont persuadés que seule cette manière d'agir répond à la tolérance et à la bienveillance que le sublime fondateur de leur religion leur prescrit d'observer a l'égard de tout être vivant.
nouveau courage, aux heures de la tentation. Sa foi est affermie et il arrive plus facilement au recueillement. Tous les exercices religieux ont le môme but. Ils sont importants et mêmes indispensables pour l'adhérent laïque, à qui ils rappellent continuellement la vraie signification de la vie. Ils détournent son esprit des tentations du monde et lui placent sans cesse devant les yeux le but suprême, qu'il doit chercher à atteindre.
Mais celui, qui a pris le chemin de la délivrance, qui s'est fait Bhikshou et ne vit plus que pour son développement moral et son propre perfectionnement, n'a plus besoin de ce secours.
146. La Doctrine recommande-t-elle de vénérer les images, les statues et les reliques du Bouddha et de ses disciples ?
Non; le Bouddha enseignait que ces usages ne contribuent pas à la délivrance et qu'ils peuvent conduire au contraire à la superstition et à l'erreur.