CHAPITRE XIV
Les maladies contagieuses
Les maladies contagieuses. —Les microbes.—La contagion.—Le microbe et le sol huüumain.—Pour prévenir une maladie contagieuse. —Le malade contagieux.—La propagation des germes contagieux, L’utilité de la déclaration.—Le but de la désinfection.
Q. Qu'est-ce que les maladies contagieuses ?
À. Sous ce nom, on comprend une classe de maladies qui peuvent se transmettre d’un individu malade à un individu bien portant. Nous n’en nommerons ici que quelques-unes : la diphtérie, la scarlatine, la variole, la fièvre typhoide, la tuberculose.
Q. Que désignons-nous sous le nom de microbes ?
R. Les microbes comprennent toute une série de petits êtres vivants que le microscope seul permet de voir et d'étudier. Ces microbes sont répandus dans la nature et forment deux grandes classes : les uns,
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utiles, parce qu'ils débarrassent la terre d’une foule de matières mortes, inutiles ou nuisibles, en les transformant en éléments chimiques simples ; les autres, microbes dangereux, sont les facteurs de maladies qui frappent l’homme, les animaux et les végétaux.
Q. Qu'est-ce que la contagion ?
À. Le mot contagion exprime Ja propriété qu'ont certaines maladies de se transmettre d’un individu malade à un individu bien portant. Maïs, pour qu’il y ait contagion, il faut l'existence d’un microbe producteur de la maladie, et une prédisposition individuelle pour la réceptivité de cet agent contagieux.
Q. Pourquoi, de deux personnes exposées aux atteintes d’une maladie contagieuse, l’une tombe-t-elle malade et l’autre est-elle épargnée ?
R, C'est que le sol humain, comme la terre que nous habitons, présente des particularités, C’est qu’en un sol humain le microbe de la maladie végète misérablement, et qu’en un autre il exerce sa virulence ; c’est qu’il y a des chairs in-
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en présence d’un malade contagieux ?
corruptibles dans lesquelles le microbe
ne pousse pas, des santés inébranlables
que le microbe ne courbe pas. Ces diffé-
rences chez les individus se trouvent dans leur nature et leur constitutiou respectives. Mais, comme nous ne savons pas si la maladie peut nous atteindre, nous devons toujours nous mettre sur la défensive,
Q. Que devons-nous faire pour prévenir une maladie contagieuse ?
À. Pour prévenir une maladie contagiense, il faut pouvoir réaliser en nous et directement autour de nous, les conditions hygiéniques qui assurent la santé et augmentent la résistance vitale, et qui consistent dans une aération parfaite, une propreté absolue, l’usage d’une alimentation saine et la régularité de tous les actes de la vie. Çar il ne faut pas oublier que nous sommes sans cesse entourés de germes de maladies, et que le moindre défaut de soins de notre part, la moindre négligence ou imprudence peut nous rendre leurs victimes.
Q. Quelles réflexions devons-nous faire
Æ. Nous devons croire qu’un malade contagieux crée autour de lui une atmosphère morbide, qui nécessite l'observance de certaines précautions : précautions pour le malade, au point de vue de son intérêt personnel, c’est-à-dire de la limitation possible de l'infection dans son organisme: précautions pour prémunir des atteintes de la maladie ceux qui sont en contact forcé avec le malade ; précautions sociales, pour empêcher que la maladie passe de l’état isolé à l’état épidémique.
C’est dans une hygiène bien comprise que se trouvent les moyens de lutter contre 1a maladie et de se prémunir contre elle.
Q. Quels sont les préceptes que formule l’hygiène au sujet d’un malade contagieux ?
À, Voici les principaux préceptes : le malade sera placé dans une chambre séparée où les personnes appelées à lui donner leurs soins doivent seules pénétrer. La chambre sera bien ventilée et recevra le plus de lumière solaire possible. Il vaut mieux avoir deux lits, l’un pour ie jour et l’autre pour ia nuit, afin d’ex-
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poser quotidiennement les garnitures du lit vide au grand air pendant plusieurs heures. Le malade sera teuu dans un état constant de propreté. Pour éviter la propagation de la maladie, tous les linges souillés, les objets à l'usage du malade et particulièrement les récipients destinés aux déjections et aux crachats seront lavés à l’eau bouillante. Les personnes en rapport avec le malade se soumettront à des soins minutieux de propreté :
lavages fréquents des mains et du visage, port de vêtements spéciaux et aisément désinfectables. Elles ne mangeront jamais dans la chambre du malade. Pendant la maladie, les poussières du sol de la chambre seront enlevées chaque jour et immédiatement brûlées Avant le balayage on humectera le balai pour éviter de so ‘lever les pousuières. Le malade ne devra sortir de sa chambre qu'après avoir pris un bain savonneux, | Q. De quelle manière les germes d’une maladie contagieuse peuvent-ils nous atteindre ?
R. Les germes des maladies conta-
Loi HE
isuses peuvent nous atteindre de deux manières différentes : 1° par le contact d'individus ou d’objets contaminés ; 2° par la respiration, l'absorption, l’ingestion d’air, d’eau, d’aliments chargés de microbes pathogènes. Voilà pourquoi, quand une épidémie sévit dans une localité, pour empêcher sa propagation aux alentours, la loi oblige la municipalité du lieu à des mesures sanitaires propres à limiter la maladie régnante.
Q. Quelle est l'utilité de la déclaration des cas contagieux ?
À. Pour combattre une maladie contagieuse, il faut, d’abord, savoir où elle règne. Comment le saurait-on, si on ne se faisait pas un devoir de révéler la maladie quand une fois elle a fait son apparition dans une famille? Le pouvoir administratif, qui fait tout ce qu’il peut pour assurer la santé de ses administrés, impose au médecin l'obligation de déclarer les cas de maladies contagieuses. Cette obligätion, qui repose sur le fait que chacun est solidaire de la santé d’autrui comme de 15 sienne propre, est faite dans
l'intérêt public, pour le bien-être de chacun et de tous.
Q. Quel est le but de la désinfection ?
À. La désinfection a pour but de détruire les microbes de la maladie répandus dans l'air, sur les vêtements, sur les objets, dans les habitations. Même quand on est en proie au chagrin, on ne doit pas oublier de prendre en corsidération l’intérêt des autres. Le linge d’une personne morte de maladie contagieuse doit être désinfecté avant d’être livré tel quel à la blanchisseuse. Car celle-ci.ou ceux qu'elle emploie sont susceptibles de prendre la maladie, N'est-il pas honteux et lâche d’en agir autrement ? Faisons pour autrui ce que nous voudrions qu’on fit pour nousmêmes.