XII. Des Conciles. '5g
Est-ce une raison aux Protestans de rejeter le Concile pour n'y avoir pas été ? Non , car il n'a tenu qu*à eux de s'y trouver.
hes Protestans sont-ils obligés en conscience de se soumettre au Concile de Trente^ Q\x\^ carilâontété jugés par leurs juges légitimes.
Qui a droit déjuger de la doctrine ? Ce sont les évoques.
Pourquoi cela ? Parce que Dieu les a établis pour cela.
Bapportez-nous les paroles de saint Paul aux évéques dans le chap, XX des Actes des Apôtres ? a Prenez garde au troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques pour gouverner l'Eglise de Dieu. »
Quelles remarques faites-vous sur ces paroles ? Les évêques ne pourraient gouverner l'Eglise comme il faut , s'ils n'étaient point en droit d'approuver la bonne doctrine» et de condamner la mauvaise.
XIIL D£ LOBEISSANCE DUE A l'ÉCLISE.
Sommes-nous obligés dC obéir à C Eglise? Oui, parce que Dieu
l'ordonne.
Que dit le Sauveur ( Malihlea xvm, r. 17 ) ? t Celui qui n'écoule
pas l'Eglise, qu'il vous soit comme un païen et un publi-
cain. »
Que dit-il aux pasteurs (Lucx^v. 16.)? « Celui qui vous
écoute m'écoute, et qui vous méprise me méprise. Que dit saint Paul (Hébr. xv , v. 17) ? « Soyez soumis à vos
préposés, car ils veillent comme devant rendre compte
de vos âmes. »
La puissance ecclésiastique est-elle en droit aussi-bien que la
séculière de nous obliger en conscience ? Oui , parce que l'une
et l'autre sont également établies de Dieu.
Que dit l'apôtre ( Rom. xv. , v. 3 ) ? « Ceux qui résistent aux
puissances, résistent à l'ordre de Dieu , et ceux qui y résistent s'acquièrent la damnation. »
Que dit-il de plus ? « Soyez soumis , non-seulement par
crainte , mais aussi par conscience. »
Que sait-il de ces passages ? Qu'on est obligé en conscience
de garder les commandemens de l'Kglise.
Mais les commandemens de l'Eglise ne sont que des commande-
mens des hommes ? On est obligé de garder les commandemens des hommes , quand Dieu l'ordonne.
Donnez-en une comparaison ? Le commandement d'un père
ou d'un magistrat n'est qu'un commandement humaiu ;
néanmoins on est obligé de garder l'un et l'autre , parce
que Dieu l'a ordonné.
6o CiTKCIirSME DE CONTROVERSE.
achevez la comparaison ? De même est-on obligé d'obéir à
l'Eglise , parce que Dieu l'a ordonné. Le Sauveur ne dil-il pas ( Matth. xt , v. 9. ) : « C'est en vain qu*Hs
vie servent, eux qui enseignent des commandemens humains ?
Le Sauveur ne parle ici que des commandemens qui sont
ou contre la loi de Dieu , ou vains et inutiles»
A quoi servent les commandemens de l'Eglise ? A nous faire mieux observer les commandemens de Dieu.
Comment ceia^ Dieu nous ordonne de lui rendre le culle qui lui est dû , de jeûner , de nous confesser et de communier, et l'Eglise nous en fixe le temps et la manière de le faire.
L'Eglise a-t-elle droit d'instiluer des Jours de fêtes ? Elle n'ca a pas moins que l'Eglise judaïque.
Où trouve-t-on dans l'Ancien Testament des fêtes de commun-dément instituées par la synagogue ?Dans le livre d'Estber^ ;Chap. IX ^ et dans le dernier chapitre du livre de Judilb.
Comment prouvez-vous encore que l'Eglise peut instituer des fêtes de commandement ? Si elle n'avait pas ce droit, elle n'aurait pu ordonner de chômer le dimanche au lieu du samedi.
L'Eglise peut-elle aussi instituer des jours de jeûne? Oui, et saint Augustin taxe Aérius d'hérésie pour avoir disputé ce droit à l'Eglise.
L'Eglise peut -elle nous défendre l'usage de certaines nourritures^ Oui , comme elle le fit dès le temps des apôtres.
Quelle nourriture défendit-elle alors ? Le sang et les viandes suffoquées. ( Aet, xzv. )
Les Chrétiens d'alors eussent-ils péché en usant de ces nourritures ? Sans doute , parce qu'ils eussent violé le commandement de l'Eglise.
If eussent-ils pas pu dire que rien de ce qui entre par la bouche ne souillait l'homme ? On leur eût répondu que ce n'était
{)as la nourriture , mais la désobéissance qui rendait 'homme immonde.
Que doivent donc répondre les Catholiques , lorsque les Luthé^ riens leur font aujourd'hui le même reproche ? Que ce n'est t>as la nourriture, mais la désobéissance qui rend l'homme immonde.
De quelle nourriture parle le Seigneur loi*squ'il dit ( Mattk xv , ». 1 1. ) : Ce qui entre par la bouche ne rend pas l homme immonde ? Il parle de celles qu'on prend sans avoir lavé les mains auparavant , et nullement de celles qu'on prend . contre le précepte.