‹ Catéchisme de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 8 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les origines du protestantisme

SOMMAIRE ants avant le seizième siècle, — fut Luther; sa vie,

ses opisa doctrine

VANT le seizième siècle le protestantisme était inconnu, Dans le

ne actuellement, Allemagne,

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ati- Ca-

2 CATÉCHISME DE CONTROVBRSE

général de l'Eglise il y a trois cent cinquante ans.

Sans doute bien des misères affligeaient le cœur maternel de l’'Epouse du Christ ; le grand schisme d'Occident avait légué à l'Europe de profondes blessures ; des guerres fréquentes avaient semé et fomenté l'esprit de révolte et bien des désordres ; mais enfin l'unité de foi et de communion était intacte et ressemblait aux arbres gigantesques de la forêt qui n’ont pas encore vu une seule branche se détacher de leurs troncs vigoureux.

Martin Luther fut le premier à détruire cette bienheureuse harmonie. Né de parents pauvres,

dans la Saxe, en 1483, il fit ses études d’abord au moyen d’aumônes qu'on lui faisait et ensuite par la protection toute particulière que lui accorda une veuve catholique. Il était doué de talents remarquables et s’appliquait au travail avec une ardeur prodigieuse: aussi remportatil de beaux succès. Son imagination ardente pouvait l’entrainer à tous les excès ; l’orgeuil qui ne cessa de le dominer, joint à une très grande opiniâtreté de caractère, le rendit le fléau de l'Eglise.

On rapporte qu’en 1505, le tonnerre ayant tué à ses côtés un de ses intimes amis, il fut saisi d’é- Pouvante, rentra sérieusement en lui-même et résolut de se consacrer à Dieu. Admis dans l'Ordre

religieux des Augustins, il Prononça ses vœux solennels et fut ordonné prêtre,

Les premières années de sa vie sacerdotale se passèrent, à ce qu’il nous apprend lui-même, dans les veilles, les jeûnes et toutes les austérités de la pénitence ; souvent son âme était en proie à la torture des scrupules. Bientôt son penchant pour les doctrines nouvelles se manifesta au grand jour. En 1517, vivement blessé de ce que le Pape Léon X avait confié la prédication des indulgen- Ces aux Dominicains et non Pas aux Augustins, il commença à attaquer publiquement Ja doctrine catholique sur les indulgences. L'autorité du Souverain Pontife, Pour laquelle il avait eu auparavant un profond respect, fut dès lors foulée aux Pieds : ce dernier frein étant rompu, l’orgueil et les mauvaises passions, la Corruption de son esprit et de son cœur l’entrainèrent dans les erreurs les plus grossières et jusqu’au fond de l’abime, Les vérités apportées au monde par le Sauveur et que les siècles avaient entourées de leur respect furent tour à tour sacrifiées ; on vit disparaître loblation du saint sacnifice ; il rejeta la plupart des Sacrements, la nécessité des bonnes œuvres Pour le salut, le culte des saints et de la bienheureuse Vierge, les Pratiques de la mortification chrétienne, l'existence du libre arbitre, etc. Semblable à l’engrenage d’une machine qui finit par

à CATÉCHISME DE CONTROVERSE

broyer les objets qu’elle saisit, semblable encore au serpent fascinateur qui attire sous sa dent meurtrière ct met en pièces la proie qu'il ccavoitait, la doctrine du libre examen et de l'interprétation privée de la Bible devait être le tombeau de la révélation tout entière, C'est ce qui se réalisa dans l’espace de quelques années.

Luther, condamné par le souverain Pontife Léon X, brûla publiquement la bulle qui le frappait. Il en appela du Pape mal informé au Pape mieux informé, et de là au concile général. Son langage devint des plus injurieux envers tous ceux qui ne partageaient pas ses idées : prêtres, religieux, évêques, cardinaux, Papes, Pères, et Docteurs de l'Eglise furent mis au même rang, Chargés d’anathèmes et accablés de grossières i-.vectives. Une plume honnête se refuse à reproduire le Janguage ordurier du chef de la Réforme; on croirait entendre Satan déchainé sur la terre et couvrant de sa bave immonde tous ceux Gui ont échappé à sc. embâûches.

Sa conscience était cependant en proie à des remords cuisants ; la miséricorde infinie de Dieu offrait à cette âme égarée un moyen de revenir à la vérité. Il nous apprend lui-même qu'il eut À lutter beaucoup contre ses propres convictions Pour arriver à nier l’autorité de l'Eglise. Le malheureux demeura sourd À la voix de Dieu ; il

CATÉCHISME DE CONTROVERSE > rejeta toute autorité religieuse et proclama la doctrine du libre examen.

C'était ouvrir la porte À toutes les erreurs ; donner à chaque individu Je droit de se faire une religion d’après la Bible interprétée à sa guise, n'est-ce pas vouloir multiplier les religions et n’en avoir aucune qui soit celle du Christ? L'arbre a produit ses fruits ; les sectes se sont multipliées à l'infini; il yen a Presque autant que de protestants, attendu que chacun croit ce que bon lui semble et rejette toute doctrine qui ne convient Pas à la tournure de son esprit et de son caractère, ou à ses préjugés et à ses Passions.

Luther s’enfonçait de Plus en plus dans les abimes de liniquité. Peu d'années auparavant, il était dans son monastère, en proie aux scrupules, absorbé dans le travail et la prière ; Mais cette réserve prudente et religieuse avait disparu avec le temps. Ses doctrines Empoisonnée: ivaient mis le feu aux quatre coins de l'Allemagne ; les paysans étaient sous les armes et ravigeaient les églises et les couvents ; le Sang Couiait à flots. C’est pendant cette effroyable tragédie que Luther contracta mariage ; il avait alors au delà de Quarante ans. S'abandonnant de plus en plus à la fougue de Ses Mauvaises passions, il alla jusqu’à fouler aux Pieds les vœux solennels qu'il avait faits à'Dieu, Oublia la sainteté de Son sacerdoce et préluda aux

grands et nombreux scandales dont l'Eglise allait être témoin. Après avoir séduit Catherine Bora, jeune religieuse bernardine, âgée de vingt-cinq ans, il la fit conduire chez lui et l’épousa secrètement. Malgré tout le soin qu'il prit de cacher au monde son union sacrilège, elle fut bientôt connue du public. Ses amis en furent profondément désolés, Parce que la cause de leur réforme devait en souffrir beaucoup ; d’autres se moqgvèrent amèrement de ce mariage monacal, accablèrent les nouveaux époux de leurs épigrammes et de leurs mordantes satires: Luther lui-même ne put su mpêcher, malgré son audace, de rougir d'un acte qui lui avait attiré le mépris de tout le monde,

La plus grande partie de sa carrière se consuma à fabriquer son système religieux, à le modifier suivant les circonstances, à déclamer contre les Papes et le clergé, à faire bonne chère et à tenir des propos extrêmement licencieux. Ses lettres familières ainsi que ses conversatioi:, de table sont tellement outrageantes pour la morale chrétienne, que le libertinage seul a pu ne pas en être épouvanté. Lorsqu'il vous raconte ses entretiens nocturnes avec le diable, il semble avoir eu toute sa vie des relations intimes avec les esprits infernaux.

Le réformateur était rempli de basses adulations pour les princes qui pouvaient lui être utiles

dans son œuvre de réforme ; il prodiguait les éloges à Henri VIII d’Angieicrre et aux petits princes d'Allemagne; dans son désir de ne pas froisser, ilalla jus qu’à Permettre au landgrave de Hesse d’avoir simultanément deux femmes. Avec une morale si accomodante, il était sûr de trouver Protection chez tous les princes dépravés de l’'époque,

Luther est le grand prédicateur de la réforme ; il savait manier Parfaitement la langue du peuple, le vieil idiome allemand des artisans ; il avait une voix rétentissante, un regard enflammé, un geste ample,

Ces talents Oratoires, qui faisaient du moine défroqué un véritable tribun populaire, expliquent la propagation rapide des nouvelles doctrines au milieu des masses Corrompues ; les désordres de l'époque étaient comme un amas de matières combustibles que la parole ardente de Luther enflammait à chaque instant. De là, la célèbre guerre des paysans ; de ]à aussi ces luttes intestines qui déchirèrent l'Allemagne pendant plus d’un siècle et dont les tristes suites se font encore sentir de nos jours.

Luther mourut le 20 février 1546, laissant après lui sa femme et plusieurs enfants. Il est considéré à juste titre comme Je père du protestantisme, Deux mois avant la mort de l’hérésiarque, le

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concile de Trente avait Ouvert ses séances et commencé l’œuvre d'une véritable réforme (13 décembre 1545). Mère prudente et dévouée, l'Eglise travailla avec ardeur à remédier aux maux qui la désolaient et à cicatriser les blessures profondes que lui avaient faites les novateurs: Ja foi, les mœurs, la discipline furent l’objet de sa plus tendre soliicitude pendant les dix-huit années que

dura, sauf différentes interruptions, le saint concile de Trente,

Les doctrines pernicieuses de Luther ne s’arrétèrent pas aux frontières de l'Allemagne : elles débordèrent comme un torrent impétueux sur les Pays voisins et sur l’Europe entière, La France n’en fut pas exempte. Calvin, natif de Noyon, en Picardie, défendit avec ardeur ces nouveautés sacrilèges et les répandit dans le Public. Les sa- Vants catholiques poussèrent le cri d'alarme ; Cal. vin, condamné à l'exil, alla se réfugier à Bâle, Puis à Genève, en Suisse, répandant Partout sur Son passage le venin de ses Monstrueuses erreurs.

Ses opinions en matière religieuse différaient peu de celles te Luther. D’après lui, la Bible seule contient la Parole de Dieu ou la révélation ; chaque fidèle doit Ja iire et l’interpréter à sa guise ; la foi 'stifie sans les œuvres ; il nya que deux

€ que Dieu est l’auteur réel du péché

aussi bien que de Ja vertu au sein de l'humanité, Cette dernière doctrine, comme on le voit facile. ment, contenait non seulement un blasphème contre Dieu, mais un attentat contre l’ordre social, attendu que l’homme ne se trouvait plus responsable de ses forfaits.

L'autorité de Calvi il y régnait en maître.

Plu à vanter le calme, siarque ainsi que ses e tion religieuse :

mation. A voi

appelle #5ons,

bêtes, Évrognes, m

Caractère étaient t partisans ; ils le trou hant, impérieux ; ils lui reprochaïient ses loi

avec du sang et du feu, Pour un homme qui parlait d'émancipation religieuse, il était Curieux de

voir son code parler d’anathèmes, de verges, de plomb fondu, de tenailles, de cordes pour suspendre par les aisselles, de potence, de bûcher et de mille autres choses de ce genre. — Qu'on veuille bien se rappeler encore que Calvin fit exiler le médecin Bolsec qui avait osé parler contre sa doctrine de la prédestination : qu’il soumit à une pénitence publique le conseiller Ameaux qui s'était moqué de lui pendant un diner ; qu'il fit décapiter, par le bourreau, Jacques Gruët, auteur prétendu d’un placard injurieux pour le tyran ; qu'il poursuivit de sa haine et de sa froide cruauté Gentilis et le médecin espagnol Michel Servet, jusqu’à faire chasser le premier de Genève et à faire brûler le second avec le livre qu’il avait écrit sur la Trinité, Voilà quelques exemples de a modération et de la bénignité du réformateur génevois. Oh! si jamais un Pape se fût permis la dixième partie des atrocités de Calvin, on aurait crié à l'infamie, au despotisme, à l'arbitraire. Mais Calvin n'était pas un pape ; il était le plus mortel ennemi du Pape, qu'il appelait l'Antéchrist, et voilà pourquoi le protestantisme a proclamé Calvin l’un des grands émancipateurs de l'humanité réduite auparavant à l'esclavage. Il mourut en 1564, à l’âge de 5s4ans.

Ce furent les doctrines de Calvin qui se propagèrent en France, dans une partie de la Suisse, dans les Pays-Bas et en Ecosse. Elles y

NT

CATÉCHISNE DE CONTROVERSE 11

Produisirent des effets désastreux. Le pillage, l'incendie, la Buerre civile dévastèrent la France Pendant plus d’un siècle : le royaume de Charlemagne et de saint Louis fut à deux doigts de sa ruine,

En Angleterre, le roi Henri VIII, d’abord zélé défenseur de l'Eglise Romaine, entraina plus tard Son peuple dans la voie du schisme et de l’hérésie. Il y avait dix-huit ans qu'il avait épousé Catherine d'Aragon et qu'il vivait en paix avec elle, lorsqu'il s’éprit des charmes d'une dame de la Cour, nommée Anne Boleyn. Il mit tout en œuvre pour faire annuler son mariage avec Catherine Sous prétexte de parenté. Le Pape ne voulut pas accéder à sa demande, Henri, entrant en fureur, se décida à briser tous les obstacles et à passer outre. Il fit casser son mariage par quelques courtisans, épousa Anne Boleyn et se proclama cher Suprême de l'Eglise d'Angleterre. Tous ceux qui refusèrent de lui reconnaître cette suprématie usurpée furent exilés, ou écartelés, ou condamnés à mourir sur un gibet. Il fut aidé dans l'exécution de ses infâmes desseins par Cranmer, archevêque apostat de Cantorbéry, et par le célèb- Thomas Cromwell qu’il éleva au Poste de vicaire général.

Henri VIII épousa Successivement six femmes,

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divorça avec trois d’entre elles et en fit périr deux autres sur l'échafaud; la sixième lui surv”cut, mais elle avait failli un jour subir le sort des au. tres. Le nombre des victimes immolées à sa rage de domination religieuse fut immense. Il était devenu d’une humeur noire : la moindre contradiction l'irritait et pouvait avoir les suites les plus désastreuses pour celui qui avait la témérité de la proférer. Cardinaux, évêques, prêtres, laïques de la haute noblesse, personne n’était épargné, pas mêmes ses parents : il suffisait d'une parole équivoque, d’une démarche un peu suspecte pour être envoyé à l’échafaud. Sous ce règne de terreur, l'Angleterre tomba dans le schisme ; toute relation avec le souverain Pontife fut sévèrement interdite, pendant que les doctrines luthériennes, importées d’Allemagne, recevaient un accueil des plus bienveillants. Celui qui, dans les commencements de son règne, avait mérité le titre glorieux de défenseur de La Joi, était devenu, sous l'influence de ses mauvaises passions, l’un des plus violents oppresseurs que l'Eglise ait eu à subir

La persécution des catholiques continua sous Edouard VI, qui fut moissonné à la fleur de l’âge ; ses ministres se montrèrent constamment hostiles

àtous ceux qui demeuraient attachés au Saint. Siège. Les religieux furent chassés, les monastè. res pillés et livrés aux flammes, les églises indi. Bnement profanées, Jes vases sacrés et tous les objets destinés au culte, employés à des usages Profanes, On trouva dans le Parlement un instrument docile ; les Jois les plus iniques reçurent son approbation et la sanction du roi, Les Courtisans les plus en faveur eurent aussi leurs revers de for. tune ; un grand nombre payèrent de leur tête les crimes dont ils s'étaient re jus Coupables envers les individus et envers la société,

La reine Marie, qui succéda à Edouard VI, ré. tablit le catholicisme dans le royaume ; mais les discordes, les haines, les luttes intestines ne pouvaient s’apaiser tout d’un coup. La soc me la mer aux jours d

sans aveu, des scélé.

nt aucun crime. On rité ExCessive ; on Jui uinaire : Je Protestanmes contre cette malé l’encens aux victimes.

détruire ces affirmations.

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Ces prétendues victimes n'étaient, pour la plupart, que des hommes chargés d’iniquités, coupables de tous les méfaits, des hommes que notre législation si radoucie du dix-neuvième siècle punirait encore de mort. — Mais, en admettant méme que la s ‘vérité ait parfois dépassé les bornes de la stricte justice, il faut bien reconnaître qu’elle est bien peu de chose en comparaison des rigueurs exercées sur les catholiques par Henri VIII, Edouard VI et surtout par Elisabeth.

Elisabeth succéda à Marie sur le trône d’Angleterre et régna de 1558 jusqu'en 1603. Elle était née de l'union illégitime de Henri VIII avec Anne Boleyn. "Revenue à l'Eglise catholique sous le règne de Marie, elle se jeta de nouveau dans les bras du protestantisme, afin d’accaparer la couronne qu’elle ne pouvait posséder légitimement. Naturellement il fallut défaire l'œuvre de restauration qui venait de s’opérer, et la persécution recommença contre les catholiques plus violente que jamais. A l'exemple de son père, elle se proclama chef de l'Eglise d'Angleterre et exigea sous peine de mort qu’on prétât le serment de suprématie ; ce futla première papesse. Le Pape saint Pie V prononça contre cutte reine audacieuse la sentence d'excommunication ; mais rien ne

Pouvait désormais la où elle s'était engagée.

Venant de l'étranger, raient l'hospitalité, c laient à confesse ou

le supplice ou qui expiaient de réclusion la mar attachement ;

n lui donne géné.

on les surnoms de

reine-vierge, où de bonne Elisabeth, qui ne lui conviennent guère. Elle ne voulut jamais se marier, mais l’histoire a conservé les noms de ses principaux favoris. Après avoir atteint sa soixanteet-dixième année, après avoir fait mourir sa cousine Marie Stuart, le jeune comte d’Essex et une foule de nobles personnages, après avoir tyrannisé les malheureux Irlandais et les puritains d'Angleterre, elle était devenue odieuse à tout le monde, même aux protestants. Elle avait survécu à sa popularité, elle s’en apercevait et cela la jetait dans une profonde mélancolie ou dans une irritation qu’elle ne pouvait pas toujours contenir.

Son règne a sans doute un côté brillant ; la fondation de nouvelles colonies, les victoires remportées sur terre et sur mer donnent. à la figure de cette reine les traits d’une majestueuse grandeur. Beaucoup d'écrivains protestants se sont attachés presque exclusivement à nous peindre la gloire de la éonne Elisabeth ; mais ils ont eu soin de jeter un voile sur les turpitudes et les injustices qui ont souillé sa mémoire. Il était opportun de rétablir la vérité sur ce sujet.

11 semble inutile de rappeler ici les scènes de violence qui eurent lieu dans le Royaume-uni de la Grande-Bretagne pour le maintien de l’anglicanisme, ainsi que dans la Suède, le Danemark, la Pologne, etc. pour l'introduction des doctrines

Protestantes : ce serait une répétition de ce quia déjà été dit de l'Allemagne, de la Suisse, de la France et de l'Angleterre,

De cet aperçu historique on peut ti: r les quelques conclusions suivantes qui paraissent toutes naturelles :

1° Le protestantisme s’est propagé en Europe,

PaS par des moyens de d

catholicisme.

2° La diffusion rapide du Protestantisme s’ex. Plique facilement si lon considère qu'il faisait disparaître l'autorité religieuse, la confession, le célibat des prêtres, les jeûnes et les abstinences, la nécessité des bonnes œuvres, le libre arbitre de l’homme, et n’exigeait pour le salut que la foi dans les mérites du Christ et la lecture de la Bi-

Ivin lui-même n’h

mer que « parmi cent évan

re motif que pour pouus de liberté À toutes voluptés et d’incontinences. » Ajoutons

encore les paroles remarquables de Frédéric-le- Grand: « Si l'on veut réduire les causes du progrès de la réforme (protestante) à des principes simples, on verra qu’en Allemagne ce fut l’ouvrage de l'intérêt, en Angleterre celui de l'amour, et en France celui de la nouveauté, »

3° Si l’on examine un peu le caractère et la vie certainement peu édifiante des chefs du protestantisme, tels que Luther, Calvin, Zwingle, Bucer, Mélanchton, Henri VIII, Elisabeth, etc., on arrive facilement à la conclusion que Dieu n’a pas dû se servir de pareils instruments pour opérer une réforme dans son Eglise. Sans aucun doute, Dieu peut absolument se servir de pécheurs pour produire quelque bien, mais ce n'est pas là le moyen qu’il emploie ordinairement : l'Esprit de Dieu n’a pas coutume de choisir des hommes orgueilleux, charnels, abandonnés à toutes les mauvaises passions, Pour en faire ses organes et ses interprètes.

4° Les résultats désastreux produits par la fausse Réforme nous amènent à la même conclusion, Il y eut dans toute l'Europe, autour du berceau du rotestantisme, une recrudescence d’immoralité, d'insubordination et de désordres, que les Premiers Réformateurs ne purent s'empêcher de Constater et de déplorer bien souvent. Or tout ceci ne peut être l’œuvre de Dieu.

5" Ces prétendus réformateurs n'avaient reçu aucune mission, divine ou humaine, de réformer PEglise ;: leur langage n’est pas celui de l'autorité ; ils exposent leurs Opinions et laissent à chacun le soin de les adopter, de les modifier, ou de les rejeter. Ils n’ont aucune unité de doctrine ; les uns croient telle chose, les autres la répudient ; leurs adeptes sont luthériens, calvinistes, anglicans, méthodistes, baptistes, presbytériens, etc., etc, jusqu'à ce qu'ils se fractionnent de nouveau et forment des milliers de sectes : d’ailleurs, pas de miracles pour confirmer leur enseignement, rien qui démontre la divinité de la religion nouvelle qu’ils apportent aux hommes. I] faudrait être crédule jusqu’à lextravagance pour ajouter foi aux doctrines que colporte le premier venu ; s’il prétend enseigner une religion divine, qu’il prouve Sa mission d’une manière convaincante et de manière que personne n’en puisse douter. Or c’est ce que n’ont jamais fait les premiers chefs du protestantisme, non plus que leurs successeurs. De là, il est facile de conclure que la réforme de Luther, Calvin et autres n’était qu’une fausse réforme, et que leur doctrine, aussi variée que les individus, ne peut pas être la doctrine chrétienne qui est nécessairement la même partout et pour tous les hommes.

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