CHAPITRE SIXIÈME Des Indulgences
SOMMAIRE
Nature el fondement des indulgences ; conditions requis^pour les gagner. - Tradition des premier, siècles de 1 Egl.se sur les mdulgences. - Elles ne sont pas un encou- «sement au mal, comme le disent certains Protestants. - Elles ne peuvent être vendues.
LES Indulgences délivrent l'homme de la peine due à ses péchés, non seulement devant 1 Eglise, mais encore devant Dieu, comme le prouvent ces paroles du Sauveur à ses Apôtres • " Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (i). »Ces paroles em[K,rtent avec elles une plénitude de puissance pour délier lésâmes de tous les liens spirituels qui les tiennent captives sous la loi du péché ; elles ne peuvent avoir d'autres bornes que celles que leur opposerait le droit divm ou la nature des choses. Or les peines encourues par le péché sont de véritables liens (I) Matth. XVI!!, îS.
CATÉCHI8MB ns CONTROVERSE
spirituels qui retiennent l'âme captive et doivent la priver de la vue du Dieu aussi longtemps qu'elle n'aura [las pleinement satisfait. Donc Notre-Seigneur, en conférant le pouvoir de délier ou de remettre les péchés, a conféré en même temps celui de remettre les peines du péché.
Au moyen de ces indulgences, l'Eglise peut nous affranchir de toute la peine temporelle due à nos péchés ou bien ne nous remettre qu'une partie de cf tte peine : d'où résultent deux sortes d'indulgences, les unes plénières, les autres partielles. Disons de suite que pour gagner les indulgences, il faut être en état de grâce et accomplir pieusement les œuvres prescrites par le Pape ou l'Evêque qui les accorde. Ajoutons encore que l'indulgence ne remet pas le péché, mais seulement la peine temi>orelle : elle présuppose la rémission du péché et de la peine étemelle, et par conséquent le repentir des fautes commises.
Dans les premiers siècles de l'Eglise, il arrivait souvent que les pasteurs usassent d'indulgence envers les pénitents pour lesquels les martyrs avaient sollicité un pardon. Sans doute on n'avait pas l'intention de leur accorder une faveur qui ne leur servît de rien devant Dieu et qui leur fît croire faussement qu'ils n'avaient plus de pénitence à faire pour leurs péchés ; on était persuadé que Dieu accepterait les souffrances des martyrs
CATÉCHI8IH DE CONTBOVBRSE 73
que ces pénitents auraient dû faire C'est l'n,; tous les temps Dieu s'est montré disposé à par-
aZ7«rV°"'"''" " ^''^^"^ desTnnocem; ayant égard au mente des uns pour traiter les amres avec indulgence. Cet ordre'de p ovde„ce n est pas changé, et l'Eglise y a trouvé la rlo„
trésor des mérites surabondants de Notre-Sei gneur.dela Sainte Vierge et des Saints nu'Se pu^it es satisfactions qu'elle présentait à'S ^u 1 expiation de nos péchés. Elle seule pou vait le faire, puisque seule elle a reçu la p^s «ince des clefs, et que d'ailleurs c'est à l'aÛtS uprême seule qu'il appartient de dispose" del trésors communs d'une société.
Le comte de Maistre justifiait les indulgences en
dans 1 ordre religieux d'une loi universelle du •»onde.Ul„.yapas,ditW,, depéredeflî:
protestant qui n'ait accordé des indulgences chez H qui n'ait pardonné à un enfant punS et" A«/.^««.«,/^«,/„ ^,,v„d'un autre enfent dont ,1a heu d'être content. I. n'y a pas de sou
ZZZTT ''"'- "'" ^'«"^ '^-q-nte indl gences pendant son règne en accordant un emploi.
CATtCHISMB DB COMTXOTSnSB
-Pf,
en remettant ou commuant une peine /ar /« mtrilts des pères, des frères, des fils, des parents ou des ancêtres. Ce principe est si général et si naturel qu'il se montre à tout moment dans les moindres actes de la justice humaine . . . Nos frères séparés nous ont contesté ce principe, comme si la Rédemption qu'ils aiortnt avec nous était autre chose qu'«« grandt indulgente accordée au genre humain far lis mérites infinis de l'Jnnocente par excellence, volontairement immolée pour lui (i). »
Les protestants accusent encore les catholiques de vendre les indulgences.
RÉPONSE. — L'indulgence étant une grâce, un bien spirituel et divin, ne peut être ni vendue ni achetée, attendu qu'il n'y a aucun rapport de valeur entre l'or et l'argent qui sont des biens matériels, et les biens spirituels. On ne peut pas accorder une indulgence p)our des choses simplement temporelles ; il faut au moins qu'elles se rapportent aux biens spirituels. La plupart des objections qu'on fait contre la foi catholique viennent de l'ignorance ou de la mauvaise foi.
Des protestants ont osé écrire que les indulgences n'étaient qu'un encouragement au crime, qu'une permission accordée à l'avance pour des péchés à commettre.
(0 Soirées, x* Entretien.
CATiCHWMB 01 CONTHOTBRgI 75
RÉPONSE. -C'est là une inflme «lomnie. En «ffet, les indulgences ne peuvent étrf ; qnëes par ceux qui sont en état de péché mou ., elles mr>. posent toujours l'étot de grâce, e» , a .s.iaucnf e regret sincère et le pardon de., .,v, hés ..„m',ais ■ la rémission de la peine ne peL as avoir lîeu avant la rémission de la faute, I ' ail^, u, , ;■;',', . ne dispense jamais de l'expi^f..:, p, r o.,.i.H," .„ de la satisfaction qui est une partie .., •■„; ,-lle ,lu sacrement de pénitence; et maigre c.,- ; les ii^ dulgences, les voleurs sont toujours .,i i^jés de restituer et les calomniateurs obligés de se rétracter. Puis elle impose toujours une bonne œuvre comme condition nécessaire pour gagner linduU gence et, sous ce rapport, l'indulgence produit Ip. plus heureux effets dans l'ordre mcralet social
Oonclnsion
Nous croyons avoir répondu suffisamment à toutes les principales objections des protestants contre la doctrine catholique. Il nous a été facile de démontrer que toutes ces objections proviennent de l'Ignorance ou d'une fausse interprétation des enseignements de l'Eglise. Aussi les hommes Jesplus distingués de l'anglicanisme, -comme
CATÉCRISIIB DE CONTROTBRSB
Newman, Manning, Faber et autres, — qui ont étudié sérieusement la Sainte Ecriture, les Conciles, les Pères et les Docteurs de l'Eglise, se sont vus obligés en conscience de se séparer de l'Eglise d'Angleterre et de st faire catholiques. Esprits droits, cherchant avant tout la lumière, la vérité religieuse, ils n'ont pas hésité à faire d'immense» sacrifices pour rentrerdansle vrai bercaildu Christ Fasse le Ciel que tous ceux qui sont en dehors de la vraie Eglise et qui liront ce petit Catéchisme de controverse, marchant sur de si nobles traces, et répondant aux vœux du divin Sauveur, ne forment plus avec nous qu'un seul troupeau, sous la houlette d'un seul pasteur, le Se iverain Pontife, le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre !
Fin