‹ Catéchisme de controverse [microforme] (volume 3)Chapitre 10 sur 11 · CHAPITRE CINQUIÈME Le Purgatoire · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME Le Purgatoire

SOMMAIRE

Le dogme du purgatoire démontré par la Sainte Ecriure - paroles Pères de l'Eglise - parles Conciles - par la raison elle-même. - Pratique .les Anglicans.

T E purgatoire, d'après la doctrine catholique L^ est un heu de souffrances où doivent achever de se purifier les justes qui sont morts avant d avoir entièrement expié leurs péchés.

Objection. - Les protestants nous disent : Le Purgatoire n'est pas dans la Bible ; c'est une invention de l'Eglise Romaine qui spécule sur la crédulité du peuple.

RÉPON.SK.- Cette affirmation protestante est complètement fausse. En effet, n'est-il pas dit au second livre des Machabées (xii, 43) que ,, fudas ayant lait une collecte envoya douze mille drachmes d'argent à Jérusalem, afin d'y faire offrir un sacrifice pour les péchés des morts?,. — N'v est .1 IXis ajouté : « C'est donc une sainte et salutaire

pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient d 1 vres de leurs péchés. . Or. d'après ces pardes du texte sacré, il est évident que les restes ïupé! chêne sont pas toujours expiés avant la mort qtron peut mourir dans la piété et la sainteté sans avmr exp.é toutes ses dettes envers Dieu; et qu après cette vie on peut encore les acquitte^

1 est vrai que beaucoup de protestants prétendent que les deux premiers livres des Machabées ne sont pas canoniques, ne sont pas inspirés de U.eu Mais qu'en savent-ils, puisqu'il leur est imposs.be déformer le canon des Ecritures? t^n effet .Is rejettent la tradition ; or sans la tradition cathodique on ne peut savoir si un livre est inspire. Bailleurs, en supposant même que ces deux hvres ne fussent pas canoniques, ils ont au moins une grande valeur historique et proclament bien clairement la croyance du peuple juif à l'efficacité de la prière pour les morts et par suite l'existence du purgatoire.

Notre-Seigneur ne dit-il pas lui-même : « Quiconque aura parié contre le Fils de l'homme,1on péché ui sera remis; mais si quelqu'un parle contre le Samt-Esprit, son péché ne lui sera remis m dans ce siècle, ni dans le siècle futur (,);>» D où nous pouvons conclure qu'il y a des péchés (I) Mïtth. XII, 32.

H IIBI

rémissibles dans l'autre vie et un lieu où ils peuvent s'expier. Comme l'a bien fait observer saint Augustin : "On ne pourrait pas affirmer avec vérité que certains péchés ne seront remis ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir, s'il n'y en avait pas qui, n'ayant pas été remis dans cette vie, pourront l'être dans la vie future. »

Saint Grégoire de Nazianze, — commebien d'autres Pères et Docteurs de l'Eglise, — pénétré de la croyance au purgatoire, écrivait ; « L'âme, qui échappe aux liens du corps, ne peut s'unir immédiatement à Dieu avant que le feu du purgatoire n'ait effacé les derniers vestiges des taches que le péché a faites en elle. »

Puis l'histoire nous montre sainte Monique sollicitant pour son âme les suffrages de l'Eglise ; saint Jérôme conduisant sainte Paule au tombeau en récitant des prières analogues à celles que nous récitons aujourd'hui ; saint Ephrem ordonnant, par sa dernière disposition, des offrandes et des sacrifices ; la catholicité entière acclamant en chœur le dogme d'un état intermédiaire entre le ciel et l'enfer.

Les Conciles de Florence et de Lyon ont enseigné, comme une règle de foi, que si les vrais pénitents meurent dans la charité de Dieu, avant d'avoir pleinement satisfait pour leurs péchas par de dignes fruits de pénitence pour leurs fautes

S la'rt'r'^r '^"^ '"" ^°"' p""fi-

-près la mort dans les peines du nureatoir^ ■ .,-

aeli-glise, peuvent <!prviV ^ u ■ . ""'-""''»•

ces peines tZTIT , '^^'' '* ^"^^« ^e--

ciledeTrlnJx ^"'"'^ doctrine du Con.

t-ue ae l rente dans son décret <!nr i» d

" Pour moi, disait Luther ele^ '''°"'tisme. -je crois m .,;. 7 ^^ '^'^ Protestan-

niels Ppc y.^^^ 't^geres, de péchés vé-

Dieudansies^^ser^^^^^^^^^^^^^

scé.érat.-Seront-i,sVlacé;d ?:îj ;™"^ le ciel est le séjour d'un Die,, nfi "' "^^

rien de souillé ni peut^enS A " '7'"' "'"' ^' qu'à être placés dans un I ""'"'^'^''"^

Places dans un heu intermédiaire, dans

CATÉCHISME DE CONTROVBnSE

le purgatoire. — Ft certes, si la justice humaine, <dit Berseaux, admet les degrés dans les châtiments ■qu'elle inflige, si elle ne punit pas tous les crimes de la peine capitale, pourquoi la justice divine, qui est la source et la règle de toute justice, n'admettrait-elle pas, elle aussi, des circonstances atténuantes et punirait-elle indistirictement tous les crimes de la peine capitale qui est l'enfer ?

a" Il y a d'autres hommes qui ne se convertissent qu'à la' mort, qui reçoivent l'absolution de leurs péchés, mais n'ont pas le temps de les expier. Seront-ils condamnés à l'enfer? Non, puisque leurs péchés sont remis. Iront-ils immédiatement AU ciel ? Non encore, puisqu'ils ont. des fautes à «xpier et que l'idée du ciel, qui implique l'idée <l"un bonheur parfait, exclut l'idée d'expiation. Alors ne faut-il pas qu'ils aillent dans un lieu intermédiaire où ne régnent ni la félicité du paradis ni les tourments de l'enfer ? La raison ellemême démontre donc la nécessité du purgatoire.

Enfin le comte de Maistre a dit : « Un des .grands motifs de la brouillerie du xvi' siècle fut le purgatoire. Les insurgés ne voulaient rien rabattre de l'enfer pur et simple. Cependant, lorsqu'ils sont devenus philosophes, ils se sont mis à nier l'éternité des peines, laissant néanmoins subsister un tnftr à temps, uniquement pour la bonne police et de peur de faire monter au ciel tout d'un

CATÉCHI8ME DE C0NTR0VEI.8E 69

de safnf "tk!! ^''"'''"' ' "^"'^ ^^ ««'"» Louis et

aut e ctsi :t"i '"''' "" ^"^- '-P-'- n'e s'ê ehrn ni" P^'-gatoire, en sorte qu'après

La croyance à l'utilité de nos prières de no,

le Ztr"" " ""°"' -^^ -in'sacrifi'cf p: les morts nous vient Hoc a„a. . ^

(0 Soirées de St-Petersbourg, v„x. Entretien.

CATÉCHISME DE CONTHOVEHSB

théoriquement et pratiquement la sainte Eglise romaine.

Les Anglicans, sur ce point comme sur bien d'autres, se rapprochent de l'Eglise catholique. Chez eux, en effet, se généralise de plus en plus la pratique de prier pour les morts, surtout le a novembre.

Page 1