‹ Catéchisme de controverse [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 11 · CATÉCHISME DE C0NTB0VER8B · texte numérisé non relu

CATÉCHISME DE C0NTB0VER8B

Le même apôtre « saint Pau! enseigne que let vertus qui ont fleuri sur la terre, se sont toutes réunies dans le ciel et se sont comme fondues en une seule, la charité. La foi et l'espérance n'existent plus ; elles ont fait place à l'amour qui est devenu comme l'essence de cette , .e bienheureuse. Il est consolant de penser que l'enfant continue à aimer au ciel la mère qu'il a laissée ici-bas et que les liens de l'amitié ne se brisent pas avec la vie terrestre ! 11 eèt admirable de penser que la charité devenue là-haut beaucoup plus ardente doit être aussi beaucoup plus pu'ssanle et doit agir plus vivement sur les amis que nous avons dans le ciel et qui voient les dangers sans nombre, les violentes tentations auxquelles nous sommes exposés ! Il n'y a que le catholicisme qui nous montre ces âmes pures, ces esprits bienheureux ayant à la fois le pouvoir et la volonté de nous secourir et adressant à Dieu de ferventes prières en faveur de ceux qu'ils ainietit sur la terre. » Conférences sur les doctrines, par le Card. Wiseman).

« Trouver bon, disait Mgr Ge'rbet, qu'on se recommande aux prières de saints terrestres, et interdire cette dévotion envers les saints célestes, c'est absolument comme si l'or disait à un pauvre ; Tu peux demander l'aumône à ..-eux qui ont seulement quelques mille francs de rente qu'ils peuvent perdre, mais il t'est défendu de la deiTian-

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der à ceux qui ont des millions dont la propriété est assurée. »

OiijECTioN. — Le culte n'est dû qu'à Dieu seul. Or, rendre un culte aux suints, c'est ravir à Dieu un honneur (jui lui appartient exclusivement.

RÉi'ONSK. — Il est vrai que le culte de îa/rie — ou l'adoration proprement dite — n'est dû qu'à Dieu seul, mais il est faux de dire que le culte de dulie, c'est-à-dire l'honneur, la vénération qu'on a pour les vertus, pour l'excellence surnatur 'lie d'uiTi ..re ne peut convenir qu'à Dieu. Toute la difficulté vient de la confusion que les protestants ne cessent de mettre en re les deux espèces de culte • Ils ne veulent pas comprendre que le même mot est souvent pris dans des sens différents. Lorsque, par exemple, les catholiques parlent du atiu d^^ reliques ou de Vadoration de la croix, pas un seul ne croit qu'il soit permis de rendre aux reliques, ou à la croix les mêmes honneurs suprêmes qu'à Dieu. De la même manière, lorsque l'acte extérieur du culte est ider.lique pour les saints et pour Dieu, Il ne s'ensuit pas que nous y attachion<i le même sens dans les deux cas. Ainsi je m'agnouille devant le Saint-Sacrement et ensuite dtvant le corps d'un saint; cependant j'ai adoré Dieu dans le premier cas, tandis que dans le second, je n'ai fait que vénérer un saint et recourir k .on inter cession pour moi. Quand donc les protestants

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pourront-ils comprendre et faire cette distinction qui est pourtant si simple ?

:Non seulement la vénération que nous avons pour les saints ne ravit pas l'honneur qui n'est dû qu'à Dieu, mais elle est, au contraire, une évidente glorification de Dieu lui-même. En effet, lorsque nous proclamons que les saints ont reçu de Jésus-Christ toutes les vertus qui font notre légitime admiration, nous honorons par là même la miséricorde infinie de Dieu, les trésors inépuisables de sa grâce dont il est la source, la cause première. La bonté divine est toujours admirable, soit qu'on la considère en Dieu lui-même, et en ses attributs, soit qu'on l'étudié dans ses manifestations extérieures. — D'ailleurs lorsqu'un roi défend à ses sujets de se faire passer pour roi, il serait insensé d'en conclure qu'il défend d'honorer €t de respecter ses magistrats. Ainsi en est-il de Dieu ; il veut que l'adoration proprement dite ne soit rendue qu'à lui seul, mais il ne nous défend pas d'honorer ses plus grands serviteurs, ni d'avoir recours à leur puissance d'intercession auprès de

lui.

Le culte bks reliques des saints n'est qu'une conséquence de ce qui vient d'être exposé.

'uther, qui avait perdu, en se séparant de l'Eglise catholique, tout sentiment de pudeur et d'honnêteté naturelle, déclarait ne pas faire plus

de cas des ossements d'un saint que de ceux d'un pendu, et le furibond Calvin ne voyait qu'une source d'idolâtrie dans la vénération des reliques. Ces déclamations insensées se sont transmises de génération en génération jusqu'à notre époque dans toutes les sectes protestantes, excepté chez les Anglicans qui, par le dogme et la liturgie, tendent à se rapprocher de l'Eglise catholique.

Rien de plus facile que de démontrer combien ce culte est rationnel et bien fondé. — Le corps est uni, pendant sa vie, à l'âme, à une substance immatérielle qui l'anime, le vivifie, et projette, pour ainsi dire, jusque sur cette enve'oppe visible un reflet de l'image de Dieu ; il est le compagnon assidu des travaux, des douleurs et des joies de l'âme; il est l'instrument de ses œuvres. Sans doute la mort vient briser ce fragile édifice et détruit les liens qui unissent ces deux substances. Mais ces ossements sont encore la propriété de l'âme qui les a ennoblis par sa présence et par ses œuvres. Plus tard, ils se joindront de nouveau à l'âme qui leur communiqua autrefois sa dignité • ils se revêtiront de gloire et d'immortalité. Plus cette âme aura eu de vraie noblesse, de cette grandeur surnaturelle qui fait les saints, qui se trouve dans l'union intime avec Dieu, et qui a pour base toutes les vertus chrétiennes, plus aussi

iif!

les restes du corps qu'elle animait seront dignes d'honneur et de vénération.

« Ce que nous honorons dans les reliques des saints, dit Mgr Freppel, ce ne sont pas les œuvres humaines, mais des œuvres divines, les œuvres de la foi, des œuvres auxquelles la grâce divine a prêté un caractère de sainteté, de divinité. Ce caractère surnaturel survit aux œuvres des saints, se transmet à leurs reliques, s'y grave, s'y imprime. De là vient que . . . le miracle s'échappe par intervalles de cette poussière féconde, qu'au contact de ces restes d'un corps sanctifié par la grâce, parfois nos forces se raniment, nos infirmités disparaissent, la vigueur revient à notre corps, la paix, le calme renaissent dans notre âme. Et qu'y a-t-il d'étonnant à ce que Dieu prête ainsi une vertu merveilleuse aux reliques des saints, qu'il glorifie après leur mort ceux qui l'ont glorifié pendant leurvij? Est-ce que la grâce sanctifiante n'a p.is imprimé à ces membres un caractèie surnaturel et divin ? Est-ce que l'humanité sainte du Verbe de Dieu n'a point pénétré dans ce corps sous les voiles mystérieux du Sacrement ? Est-ce que l'esprit de Dieu, cet esprit de puissance et de fécondité, n'a pas répandu dans ces membres une vigueur célesti;, une sève divine ? Ces membres n'ont-ils pas été les membres vivants, les membres glorieux du Fils de Dieu ? Donc, il était naturel.

il était logique, que le corps des saints tirât sa vertu et son efficacité de ce <iui faisait son excellence et sa grandeur, et qu'après avoir participé à la vie et à la perfection de Dieu, il eût part également à sa puissance et à sa fécondité. » (Sermon sur les reliqii. des saints.)

Cette vénération que nous avons pour les reliques des saints n'est pas plus opposée à la loi de Dieu que le culte des saints en général. Ouvrons la Sainte Ecriture et nous y voyons Moïse emportant avec respect les ossements du patriarche Joseph (Exod. XIII), Elisée recueillant avec respect le manteau d'Elie (iv Reg. ii ), un mort ressuscité par le simple attouchement des reliques du prophète Elisée (iv Reg. xiii), etc. Dans le Nouveau Testament, nous lisons que la frange de la robe du divin Sauveur devint pour l'hémorrhoisse l'instrument du salut (Matth. ix, 20), que l'ombre même de saint Pierre guérit les malades (Act. v, 15), que les linges et la ceinture de l'Apôtre saint Paul éloignaient les maladies et chassaient les démons (Act. xix, 12) etc. N'y a-t-il pas là une éclatante confirmation de la doctrine et de la pratique de l'Eglise de nos jours au sujet des reliques des saints ?

Les premiers chrétiens ne faisaient pas autre chose : ils considéraient les ossements des martyrs, des confesseurs de la foi comme des trésors

plus précieux que l'or et les pierreries ; ils les déposaient dans des châsses très riches ; ils trempaient des linges dans leur sang ; ils les vénéraient comme les membres du Christ, comme les temples du Saint-Esprit; ils les recueillaient avec soin, employaient quelque signe caractéristique qui pût les faire distinguer des ossements ordinaires, tenaiept leurs assemblées religieuses aux lieux de leurs sépultures et plaçaient de ces reliques sous les autels où l'on devait offrir le saint sacrifice de la messe. Cette vénération profonde de la primitive Eglise pour les reliques des saints est démontrée par d'innombrables témoignages, tous aussi clairs que la lumière du soleil : qu'on relise les Actes du martyre de saint Polycarpe, évêquede Smyrne, de saint Ignace, évêque d'Antioche, les écrits admirables de saint Cyprien, de TertuUien, de saint Basile, de saint Ambroise, de saint Cyrille de Jérusalem et d'une foule d'autres et l'on demeurera parfaitement convaincu que les catholiques ont conservé fidèlement la tradition biblique et que les protestants ont innové encore sur ce point.

D'ailleurs pourquoi ne pourrait-on pas faire pour les héros de la religion et de la vertu ce que le monde fait pour ses grands hommes ? Ne conserve-t-on pas soigneusement l'épée d'un conquérant, la plume d'un illustre écrivain, le tombeau

d un puissant monarque, tout ce qui nous rappelle le souvenir d'un père, d'une mère, d'un bienfaiteur? C'est dans le même esprit que l'Eglise honore les reliques des saints : esprit d'attachement à la foi qu'ils ont confessée par l'effusion de leur sang ou illustrée par leurs vertus, esprit d'amour pour Notre-Seigneur dont la grâce les a sanctifiés et conduits à la gloire du ciel.

Ne sait-on pas que le protestantisme, si fanatique contre le culte des reliques des saints, a transporté sa vénération sur les pots à bière de Luther, sur sa bible, sa montre, sa chaise, son lit nuptial dont les parcelles étaient censées guérir les maux de dents ? Ne s'est-on pas mis à vénérer également la chaire de Wiclef, son pupitre et une partie de son manteau ? Pour nous catholiques, i.ous n'hésitons pas à déclarer que nous préférons i ces reliques si suspectes celles de nos martyrs et de nos saints qui ont brillé par leurs vertus.

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