I. Immaculée Conception de Marie
Dieu créa le premier homme dans Vétat d'innocence ou de pistice originelle. Dans cet état de sainteté et de bonheur, il ne connaissait ni le travail pénible, ni la souffrance, ni la malaaie ; il ne devait pas même connaître la mort. Son âme était enrichie de tous les dons naturels — intelligence parfaite, volonté dirigée vers le bien, cœur spontanément attaché à Dieu et ignorant les tristes entraînements de la concupiscence —et la bonté divine y avait surajouté les dons stirnaturels ^t la grâce, principe de sainteté, de charité et de gloire pour lui.
Dieu le plaça dans le paradis terrestre et lui défendit de manger d'un certain fruit. Il succomba à la tentation du démon : la punition ne se fit pas attendre.
Cette chute a été mortelle à son corps et à son âme. Mortelle à son corps, car Dieu l'a condamné aux souffrances et à la mort. Funeste à son âme, car depuis ce moment elle a été sujette à l'igno^
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rance, à l'erreur, à la corruption, à la faiblesse de son libre arbitre, à la révolte des sens contre la raison et ds la raison contre Dieu. Mortelle not» seulement pour lui, mais pour toute sa race ; elle a souillé non seulement sa personne, mais encore :a nature, et c'est de cette nature viciée qu'hériteront tous ses descendants. C'est cette privation de la grâ''e sanctifiante, — que nous devions posséder, — c'est cette mort de Pâme qui constitue l'essence du péché originel, péché inhérent à notre nature humaine viciée en Adam, péché particulier à chacun de nous et aussi universel ,je la mort qui en est une des suites.
L'apôtre saint Paul nous enseigne que la souillure originelle atteint tous les hommes, que ce funeste héritage, que cette nature viciée en nos premiers parents se transmet à toute créature raisonnable. Il en est pourtant une qui fait exception et que Dieu a soustraite, par un privilège tout spécial, à la malédiction universelle ; c'est Marie, J'auguste mère de Dieu. Elle seule, comme le lys au milieu des épines, a toujours été revêtue d'une éclatante pureté et n'a jamais porté sur son front la flétrissure originelle.
Objection. — Cette croyance des catholiques, nous disent les protestants, n'est-elle pas une invention récente ? N'est-ce pas un dogme absolument nouveaii, créé par Pie IX en 1S54 ?
RÉPONSE. — L'Eglise n'a jamais créé de dog-
dog-
mes et elle n'en créera jamais. Elle n'invente pai de doctrines; elle ne fait qu'en constater l'existence et les conserver intactes. Elle a été préposée par Jésus-Christ à la garde du dépôt de la révélation, dépôt consigné tout ei.tier dans la Sainte Ecriture et la Tradition. Elle ne peut rien y ajouter, ni en rien retrancher. Assistée de l'Esprit de vérité, elle explique, quand il en est besoin, la doctrine révélée en vertu de l'autorité infaillible dont Jé.",us-Christ l'a revêtue. Quand le Concile de Nicée, tenu en 323, condamna la doctrine d'Arius qui niait la divinité de Jésus-Christ, est-ce qu'il imposa un dogme nouveau à la croyance des catholiques ? Non évidemment, il ne fit que confirmer la foi antique ; il enseigna d'une manière plus explicite ce que la sainte Eglise avait toujours cru. Ainsi en a-t-il été de l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge qui a été définie par Pie IX et qui est devenue un dogme de notre foi.
Avant d'être défini il a été laissé à la libre discussion des théologiens ; les uns, en plus grand nombre, défendirent avec talent et parfaite exactitude cette doctrine de l'Immaculée-Conception ; d'autres, même de grands Docteurs, la rejetèrent. Peu à peu la lumière jaillit de cette sérieuse et solennelle controverse, la tradition fut de mieux en mieux comprise et la croyance en Marie Immaculée se généralisa dans l'Eglise.
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Examinons brièvement sur quelles bases repose cette croyance. Dieu, voyant la chute de l'homme et ses malheurs, se détermine à créer, à côté de ce monde de péché et de misère, le monde de la rédemption et de la grâce. Le Verbe incarné en sera l'Adam nouveau : ce Verbe aura une Mère et cette Mère sera Marie, et c'est ainsi qu'avant tous les siècles Marie est choisie de Dieu pour être l'Eve véritable, l'Eve du monde racheté et renouvelé. Aussi déjà dans le paradis terrestre Dieu dit au démon : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne ; elle t'écrasera la tête, et tu dirigeras ton dard contre son talon» (Gen. m, 15). Ces paroles, de l'aveu de tous, concernent le Messie et sa sainte Mère. Evidemment Dieu n'a pas voulu que Marie fût atteinte de la morsure du serpent, ni qu'elle fût un seul instant sous la domination du tentateur. Mais si le péché eût pénétré dans son âme, comment se vérifieraient cette perpétuelle inimitié entre elle et le serpent, et ce triomphe éclatant qu'elle devait remporter sur son ennemi en lui écrasant la tête ? Telle a été l'interprétation constante de tous les Pères de l'Eglise.
D'ailleurs comment Dieu eût il pu consentir à habiter dans un temple déjà souillé par le démon, à prendre son humanité sainte d'une chair flétrie par le péché ? Cela répugne à l'infinie sainteté de
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Dieu et l'on comprend aisément que la Mère dun r),eu devaa être exempte de toute souillure, même de la tache oi iginelle.
Après quatre mille ans d'attente, le Messie, prédit et figuré dans tout l'Ancien Testament, va enfinpara.tre. Kcoutonslerécit évangélique: «L'Ange Gabr.el fut envoyé de Dieu dans la vill.de Gal.lce, appelée Nazareth, à une vierge qu'avait épousée un homme nommé Joseph, de la maison de Dav.d; le nom de la Vierge était Marie. Or lange, étant venu vers elle, lui dit: Je vous salue. P eme de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes benie entre toutes les femmes. Lorsque Mane eut entendu, elle fut troublée de ses paroles, et elle se demandait quelle pouvait être cette sa- Uitafon. Mais l'Ange lui dit: Ne craignes point. Mar,e, car vous avez trouvé grâce devant Dieu • vo.là que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très- Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de Uav,d son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'Ange : Comment cela se fera-t-il ? t-ar je ne connais point d'homme. Et l'Ange ré pondant : L'Esprit-Saint surviendra en -ous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C est pourquoi la chose sainte qui nattra de
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VOUS sera appelée le Kils de Dieu. Et voilà qu'Eli- Mbeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixièmf rie celle qu'on appelle stérile, car rien n'est im|)ossible à Dieu. Alors Marie reprit : Voici la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole. Et l'Ange s'éloigna d'elle (Luc, i, 26-38). »
Voilà une salutation sublime, bien extraordinaire : elle vient de Dieu, elle est apportée par un archange, par un messager céleste, elle est absolument unique dans la Sainte Ecriture. Aucune créature n'avait encore été appelée pttine de grâce, aucune ne re^ut jamais un message aussi honorable. Elle n'est pas appelée Marie, mais fieine ^t grâce, et par là se trouvait énoncé le privilège unique en vertu duquel elle avait été prévenue de la grâce, comblée de la grâce, formée en grâce, contrairement aux autres enfants d'Adam qui sont tous formés dans le péché : te' est le véritable sens de cette salutation et de cette bénédiction particulière qui distinguent Marie entre toutes les femmes.
Cette croyance catholique, basée sur les Saintes Ecritures, a passé dans le domaine de la tradition et est devenue de plus en plus explicite. Les plus anciens Pères et les plus grands Docteurs de l'Eglise de tous les temps nous enseignent que Marie a toujours été pure comme un lys sans tache, plus
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lue touie autre criature, toujours nn^ntlZ jour, immaculée, toujours eLpte ^leTaû'Z' * toute t,uAe, menu ongi..e/le rZ HZ ^ '
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naît d'une t.ge épineuse, mai, qui es't ceoen dant sans épints, etc. P*""
Les plus anciennes liturgies, les Ordres religieux et les plus célèbres Universités de l'Europe e„
e,gnent la même doctrine. Sansdoute cetfed^ tnne n'étau pas encore u„ dogme de notre S ..^d^medér-ni. mai. eue était universellemem
Pjclie en Adam (,), que Jésus-Christ a racheté tous les hommes et les a délivrés du péché
RÉPONSK. Si la Sainte Vierge a été pure immaculée dans sa Conception, elle nel-apas Té 'I) Kom. V, 12
par nature, mais par privilège spécial, et ce pririlège, elle le doit aux mérites de Jésus-Christ, son divin Kils, notre Rédempteur. La rédemption et la mort du Sauveur ont été pour le genre humain un remède contre le péché déjà commis, tandis que pour la Sainte Vierge elles l'ont empêchée de recevoir l'empreinte de la souillure originelle et l'ont soustraite à cette mort de l'âme.