‹ Catéchisme de controverse [microforme]Chapitre 12 sur 13 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Du Mariage

SOMMAIRE

Le mariage est un véritable sacrement. — Les Protestants l'ont réduit à un simple contrat civil. — Unité et indissolubilité du mariage. — Conséquences déplorables du divorce. — Mariages mixtes.

| D sm la doctrine catholique, le Mariage n’est pas seulement un contrat civil, mais c’est un véritable sacrement, institué par Jésus- Christ pour sanctifier l'alliance des époux et leur donner les secours nécessaires à l’accomplissement fidèle de leurs devoirs envers eux-mêmes et envers leurs enfants qu’ils doivent élever dans la crainte et l'amour de Dieu.

Nous trouvons dans le mariage toutes les conditions requises pour un sacrement : le signe sensible existe dans le consentement mutuel des époux, manifesté extérieurement et représentant

l'union mystérieuse de Jésus avec son Eglise ; la grâce intérieure se trouve dans le secours qui leur est conféré pour remplir leurs devoirs et se Conserver une fidélité inviolable ; /’#nstitution divine est évidente dans ces paroles proférées par Dieu à l’origine du monde : « C'est pourquoi homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme etils seront deux dans une seule chair. » Ces paroles ont été rappelées et confirmées par Jésus-Christ, qui ajoute les sui. vantes : «Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni (1)». Saint Paul reprend à son tour: « Ce sacrement est grand, je dis dans le Christ et dans l'Eglise. » Certains protestants ont voulu remplacer le mot sacrement par le mot mysfère ; mais, je le demande, ouel grand mystère y at-il dans le mariage? Les anciens Pères de l'Eglise ont traduit comme nous, et saint Augustin, en particulier, attribue au mariage, chez les chrétiens, la sainteté d’un sacrement. Tertullien, saint Cyrille d’Aiexandrie et autres enseignent absolument la même doctrine. Le protestantisme a donc fait une innovation en mettant le mariage au rang des simples contrats civils ; en cela, il a contredit l’enseignement des Livres Saints et de la tradition constante et universelle.

(4) Gen. 11, 24; Ep, v, 31, 32: Mt. XI 6

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La loi divine concernant l'unité et l'indissolubilité du mariage se trouve déjà énoncée dans les : témoignages bibliques cités plus haut et renferme une condamnation formelle du divorce, si facilement autorisé dans les pays protestants. « Quiconque abandonne son épouse, dit le Sauveur, Pour en prendre une autre, commet un adultère, et toute femme qui quitte son époux pour s'attacher à un autre, se rend aussi coupable d’adultère. » L’Apôtre saint Paul enseigne la même doctrine : « L'épouse, dit-il, est sous la loi (qui la soumet à son époux), tant que celui-ci vit ; si, de son vivant, elle s’unit à un autre, elle est adultère ; quand il est mort, elle est libre et peut épouser un second mari sans être adultère, » — « Voici ce que le Seigneur ordonne aux fidèles engagés dans le mariage: que l'épouse ne se sépare point de son mari ; si elle l’a quitté, qu’elle se réconcilie avec lui ou qu’elle reste sans époux ; que le mari de son côté n’abandonne pas son épouse. » — Jésus-Christ rappelle, il est vrai, que Moïse a permis le divorce, à cause de la dureté de cœur des Juifs ; mais il a le soin de nous apprendre qu'au commencement il n’en était pas ainsi, et que maintenant celui qui renverra son épouse, même dans le cas où elle aurait été infidèle, et en épousera une autre, sera coupable d’adultère : même culpabilité pour celui qui épousera une

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CATÉCHISME DE CONTROVERSE 9t

femme renvoyée Par son mari. Le Sauveur n’autorise donc qu’à se séparer de l'épouse infidèle et nullement à contracter un autre mariage : c’est ce qui est évident, si l’on considère les paroles de Jésus-Christ, telles que rapportées par saint Luc, saint Marc et saint Paul ; elles énoncent formellement l'indissolubilité absolue du mariage.

Encore sur ce sujet, les Protestants ont fait violence au texte sacré et à la. doctrine de tous les siècles chrétiens. Ils prétendent que, dans le cas d’un adultère prouvé, la partie lésée a le droit de contracter un nouveau mariage. Les résultats de cette erreur ont été déplorables ; le divorce s’est prodigieusement multiplié, car les moindres discordes de ménage ont provoqué l'adultère, afin d’avoir par là une raison légale de rompre une alliance malheureuse. On comprend facilement que, dans cette manière de procéder, c’est toujours la partie innocente qui souffre davantage, : qui se trouve parfois réduite à la mendicité, tandis que le coupable sait fort bien se mettre à l'abri de la plupart des inconvénients du divorce. Lorsque Notre Seigneur dit: « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni, » il enseigne clairement que c’est Dieu qui unit les époux et qu’il cimente leur union de telle sorte que l’homme ne peut la rompre. Pourquoi donc, dans le protestantisme, l’homme — magistrat ou parlement —

prétend il séparer les époux, sinon parce qu'il prétend les avoir unis? Le divorce n’est qu’une conséquence du mariage civil: du moment que Dieu est censé ne plus intervenir au mariage, l’hoïnme croit avoir le droit de légiférer sur le contrat, sur le lien matrimonial, et de modifier tout, quand et comme bon lui semble. C'est ce qui fait qu’en certaines contrées le contrat de mariage a moins de stabilité que n'importe quel contrat ordinaire.

L'Eglise catholique seule, à qui les liens sacrés du mariage ont été confiés, ne les a pas laissé se rompre dans sa main. Elle a fait respecter ce contrat divin dans les villes les plus corrompues, chez les derniers Romains, parmi les peuples barbares et dans tout le moyen âge. Pendant quinze siècles, sa voix fut entendue et obéie ; les hardiesses du libertinage des grands, comme celles du peuple, durent céder devant sa résistance héroïque. « Mais il arriva un jour où l'Angleterre et l’Allemagne furent plus remuées que jamais par les passions qui ont perdu Salomon et tant d’autres rois. Henri VIII veut épouser Anne de Boleyn, du vivant de Catherine d'Aragon ; Philippe de Hesse songe à posséder deux femmes à la fois ; Albert de Brandebourg brise les liens qui l’attachent à l’autel et forme des nœuds adultères autant que sacrilèges. Luther conseille, approuve, ratifie tous ces scandales, et le scandale de son exemple ajoute

à celui de sa doctrine. C'en est donc fait du mariage, le torrent entraine tout : le Danemark, la Suède, la Saxe, tout fléchit; la Suisse se partage, la France s’ébranle ; le monde va retourner à la barlarie et s’abimer dans la corruption d’un nouveau paganisme. Non, soyez sans crainte, l'Eglise veille sur le lit nuptial et elle en sauvera l'honneur. Il en coûte leur tête à l'évêque Jean Fisher et au chancelier Thomas Morus, pour avoir résisté aux caprices tyranniques d'Henri VIII ; mais la tête d’un évêque n’en est que plus belle quand elle tombe pour la vérité; mais le chancelier qui meurt pour la justice n’en est que plus grand. Le Pape Clément VII ira jusqu’à sacrifier l’Allemagne et l'Angleterre plutôt que les lois inviolables du mariage. Il laissera déchirer le sein de l’Eglise et couper ses membres plutôt que de céder ce contrat sacramentel dont il est le gardien. Tombez, branches Pourries, tombeæ, le tronc du grand arbre n’en sera que plus vigou-. reux et plus fort. © Luther, acclamez le divorce, la polygamie, l’adultère, le sacrilège. Appelez toutes ces complaisances du nom de réforme; vous en avez menti, ce n’est pas la réforme, c’est la trahison, c’est la lâcheté, c’est le déshonneur. Seule, au milieu du torrent, l'Eglise est debout ; seule, elle combat pour la vérité, Pour la justice, pour l'Evangile; seule, elle peut ouvrir le livre divin

et répéter, sans crainte d’être démentie, ces paroles de saint Paul : « Le mariage est saint et honorable; le lit nuptial est sans tache. Le mariage est demeuré un grand et auguste sacrement dans l'Eglise et dans le Christ. » Que ces belles et vibrantes paroles de Mgr Besson doivent nous faire aimer et admirer l'Eglise catholique, cette Eglise du Dieu vivant, que saint Paul appelle « la colonne et la base {= la vérité. » (1 Tim. 111, 15). L'Eglise a toujours eu en horreur les mariages mixtes, c’est-à-dire les mariages contractés entre catholiques et hérétiques. La raison en est bien simple: c’est qu'ils compromettent la foi de la paitie catholique, la foi des enfants, la paix et l'union dans la famille. Cependant elle les permet pour des raisons graves, mais alors la partie catholique doit être résolue de faire tout son possible pour retirer son conjoint de l'hérésie et il fautique la partie protestante promette solennellement et par écrit de ne jamais entraver le libre exercice de la religion catholique chez celui qui la professe, et de faire baptiser et instruire dans l'Eglise catholique tous les enfants qui naîtront de ce mariage. Elle ne consent en aucune manière à ces mariages où les garçons devront suivre la religion du père et les filles la religion de la mère, parce que c’est abandonner à l’hérésie une partie des enfants et accoutumer les autres à professer

une grande indifférence en matière religieuse.

Elle réprouve et condanine formellement tout mariage con'racté devant un ministre hérétique ; les parties contractantes qui osent ainsi se présenter au ministre pèchent mortellement, donnent un énorme scandale, renient Pour ainsi dire leur foi et encourent les censures de l'Eglise.

Si deux catholiques, indignes de ce beau nom, tentaient de se marier devant un ministre protestant ou devant un magistrat civil, leur mariage serait absolument nul et invalide.

Conclusion

L'Eglise catholique romaine, revêtue de son autorité infaillible, a été seule fidèle gardienne des enseignements du Sauveur et des sacrements qu'il a institués pour le salut du genre humain ; seule, elle a conservé l'unité doctrinale dans tous les temps et dans tous les lieux. Les sept sacrements qu’elle possédait à son berceau et qu’elle a reçus du Christ, elle les a gardés religieusément, en dépit de toutes les persécutions qu'on luia fait subir. N'est-ce pas là une Preuve irréfragable qu’elle continue à conserver avec soin le depôt de ia foi qui lui a été confié P

Luther, épouvanté des désastres que causait sa prétendue réforme et poussé par l'évidence, ne pouvait s'empêcher de dire: « Oui, c’est dans le papisme qu’on trouve la vraie Ecriture Sainte, le vrai baptême, le vrai sacrement de l'autel, les vraies clefs qui remettent les péchés, la vraie prédication, le vrai catéchisme, les vrais articles de foi. J'ajoute que dans le papisme se trouve le vrai christianisme. » (Oeuvres de Luther, édition prot. d’Iéna, p. 498).

Rendons grâces à Dieu tous les jours de nous avoir fait naître dans la vraie Eglise de Jésus- Christ et de nous avoir donné les sacrements qui

sort pour nous les canaux de la grâce.

qui

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