CHAPITRE PREMIER
Les Sacrements en général
SOMMAIRE
Définition des sacrements. — Leur nombre : les catholi- Aues en ont toujours admis sept.— Les anciennes sectes de l'Orient ont conservé ce même nombre — Les Protestants les ont réduits à deux, — Ces sept sacrements répondent parfaitement aux diverses phases de notre existence mortelle.
ES sacrements sont des signes sensibles que k- Jésus-Christ a institués pour nous communiquer la grâce et pour produire en nous la justice et la sainteté. Nous n'avons pas d’objection à la définition d'un sacrement, telle qu’elle se trouve dans certains catéchismes protestants : « C’esf un signe visible d'une grâce invisible, » pourvu qu’il soit bien compris que ce signe visible ess efficace et produit réellement la grâce invisible qu'il signifie. Jésus-Christ n’aurait il pas pu nous distribuer ses grâces par d’autres moyens ? Oui, sans aucun
ë CATÉCHISMÉ DE CONTROVERSE
doute, mais il a voulu par là venir en aide à la faiblesse de l’homme, qui est à Ja fois âme et Corps, esprit et matière, composé par conséquent de deux substances différentes, et qui a besoin des choses extérieures Pour s'élever jusqu'aux choses surnaturelles ; ila voulu également nous donner un gage sensible de fidélité à ses promesses en même temps qu’un moyen de manifester notre foi, et nous Communiquer ses dons comme par des canaux visibles.
Nous, catholiques, nous croyons que le Sauveur a institué sept sacrements : telle à été la foi de l'Eglise Romaine depuis Jésus-Christ jusqu’à nos jours.
Telle est encore la croyance actuelle, non seu. lement de l'Eglise grecque qui s’est séparée de nous depuis le neuvième siècle, mais encore de toutes les sectes de l'Orient (Nestoriens, Eutychiens, Monothélites, etc. )qui ont fait schisme avec l'Eglise Romaine depuis plus de quatorze cents ans. Il est bien évident que ces hérétiques ont conservé sur ce point la tradition catholique ; car jamais ils n’auraient consenti à emprunter à l'Eglise Romaine une doctrine que celle-ci aurait inventée après leur séparation, au moyen-âge, par exemple ; la haine qu’ils lui portaient aurait toujours été une barrière infranchissable, I] faut donc admettre que ces hérétiques croyaient déjà, à
l'époque de leur révolte contre l'Eglise, qu'il y avait sept sacrements institués par Jésus-Christ.
Les protestants, au contraire, ne reconnaissent généralement que deux sacrements, le Baptême et la Cène, et encore pour la plupart d’entre eux ce ne sont pas des signes sensibles qui produisent la grâcé, mais qui manifestent seulement notre union avec le Christ et notre foi en lui.
Ce nombre des sept sacrements répond admirablement aux principales époques de notre existence mortelle. A notre naissance corporelle en ce monde correspond la renaissance ou la régénération spirituelle pour le ciel dans le Baptème.
La rechute dans le péché nous fait.elle déchoir de cet heureux état de grâce, nous avons une ressource bien facile dans le sacrement de Pénitence, qui nous purifie de nos fautes et nous soustrait, grâce à l’infinie bonté de Dieu, à la mort éternelle.
Les dangers de se perdre croissant avec les années, et l’homme ayant besoin de secours particuliers pour lutter contre les séductions du monde et du démon, le Sauveur a institué le sacrement de Confirmation, qui communique une force divine à ceux qui le reçoivent.
À la nourriture corporelle destinée à soutenir notre fragile existence terrestre correspond la nourriture divine qui nous est donnée pour fortifier notre âme dans ia sainte Zucharistie.
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Mais le genre humain doit, dans les vues de Dieu, se conserver et se propager par la société conjugale ; aussi Jésus-Christ à voulu sanctifier cet état ordinaire de la vie, en élevant le Mariage à la dignité de sacrement, qui représente l'union indissoluble du Christ avec son Eglise,
Conjointement à la vie terrestre devait subsister la vie chrétienne et Surnaturelle ; des personnes spécialement appelées de Dieu seraient chargées de la maintenir, de la développer dans Je monde, et pour accomplir dignement ces sublimes fonctions il leur fallait des grâces particulières qui leur sont octroyées dans le Sacrement de l’Orgre.
Enfin aux approches de la mort, dans ce mo-, ment décisif où l'âme va rompre les liens qui lunissent au Corps et entrer dans son éternité, l'Extréme-Onction est appliquée au mourant comme un baume salutaire destiné à guérir les plaies de son âme et de son Corps, à le fortifier contre les angoisses de sa dernière heure. et du terrible jugement qu'il va subir.
Cette admirable liaison spirituelle est rompue dans le Protestantisme ; on a commencé par rejeter trois sacrements, Puis quatre, puis cinq, et maintenant on en est arrivé à n’en reconnaître que deux ou même pas du tout. Dans ce dernier Cas, ces rites sacramentels ne sont plus que de simples cérémonies extérieures, qui éveillent dans
l'homme les souvenirs du Sauveur et la foi qui justifie. Rien ne résiste à l’action dévorante du libre examen ; la logique force tôt ou tard à descendre des principes aux conséquences et alors on arrive à un doute universel, à la négation, au pur rationalisme.