‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 2 sur 73 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

But de rÉconomie politique y Richesse y Propriété y Liberté du commerce*

Qu’est-ce que Véconomie politique ?

C’est la science qui nous enseigne comment les richesses doivent être produites, distri-

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buées et consommées, pour le plus grand bien des individus ou des sociétés.

Qu* appelle-t-on une richesse?

Toute chose susceptible d’être possédée et qui, d’une façon ou d’une autre, au moral comme au physique , répond aux désirs , aux besoins d’une personne, d’une société, quelles que soient la dimension, la forme, la nature, la qualité de cette chose. — Ainsi, un habit est une richesse, la force corporelle est une richesse ; l’aptitude à écrire un livre , comme la faculté de le lire, de le comprendre, sont des richesses. La lumière, la chaleur, l’air, le soleil, sont des richesses L

Quelles sont les bases fondamentales de Véconomie politique ?

La propriété incontestée et la liberté du commerce , qui , toutes deux , permettent à l’homme de disposer, de la manière la plus large possible, des richesses qui lui appartiennent légitimement, sans toutefois que l’exer-

^ Voyez note A,

cice de cette faculté puisse porter atteinte aux droits imprescriptibles de la société*.

Wa-t~on pas , dans ces derniers temps, prétendu que la propriété ne résultait que d*une convention sociale , que l on pouvait modifier ?

Oui , mais à tort. Gomme il importe de détruire toute incertitude à cet égard, et pour annihiler les arguments du socialisme , et pour que les doctrines économiques, qui déjà reposent sur le droit sacré de l’homme à la liberté , soient également inattaquables au point de vue de son droit à la propriété , sur lequel elles se fondent encore , nous allons démontrer que la propriété est de droit naturel.

Déjà les richesses dues à un travail musculaire comme à un travail intellectuel , sans contredit, sont possédées à titre de droit naturel par celui qui les a produites , ainsi que par ses héritiers consanguins ou autres.

* L’économie politique se fonde sur la liberté commerciale , comme une bonne politique sur le libre arbitre de l’homme , libre arbitre qui doit être réglé de telle manière qu’il ne dégénère pas en licence.

Quant aux terres , qui au premier aspect semblent être des richesses gratuites , nous allons établir qu’elles sont encore possédées au même titre. — En effet, si, dans tous les pays du monde, on additionne les valeurs actuelles des divers travaux que leur mise en culture a exigés : maisons d’exploitation, défrichement, fossés, routes, etc., le total est toujours supérieur au prix de ces mêmes terres. Elles n’ont donc pas été données à l'homme; elles sont le fruit de son travail ; elles ont été acquises par ses sueurs ^

Les terres dont les détenteurs ont été spoliés en divers temps sont -elles actuellement occupées au même titre que ci-dessus?

Oui sans doute , bien que tout d’abord leur possession à titre de droit naturel paraisse hypothétique. Mais, comme c’est aux spoliés seuls qu’il appartient de réclamer, déjà les masses n’ont aucune revendication à exercer sur ces terres. Or nous ferons observer au’il

est tellement difficile d’établir d’une façon absolue les titres de propriété, lorsque la spoliation remonte à une époque reculée, que, par force majeure et dans l’intérêt social meme, on a été obligé de consacrer la légitimité de toute possession qui n’a éprouvé aucun trouble pendant une période de trente années consécutives. — Les droits du propriétaire actuel ne relèvent donc pas d’un décret, d’une ordonnance , d’un arrêté légal , mais de la règle qui a paru la plus convenable , la plus naturelle à • suivre, pour reconnaître le véritable héritier de ceux qui primitivement ont défriché le sol et l’ont mis en rapport.

La pr'opr'iété individuelle, en même temps qu'elle est de toute justice , n'a-t-elle pas encore une autre raison d'être ?

Elle puise sa raison d’être non-seulement dans la justice , mais encore dans l’utilité générale. Chacun le sait, lorsque l’homme travaille pour lui-même, son courage, ses forces, sa persévérance, se décuplent, et, conséquence rigoureuse, ses productions se décuplent éga-

lement. D’où il résulte que toute propriété individuelle tend invinciblement à accroître le bien-être de tous.

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