‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 32 sur 73 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la fausseté des indications de la balance

du commerce.

Qa est-ce que la balance du commerce?

La balance du commerce est le rapport entre la valeur des produits exportés et celle des produits importés. Les exportations valent-elles plus que les importations? La balance, d’après ses partisans, est favorable, comme elle est défavorable dans le cas contraire. Et pourquoi? Parce que, suivant eux, le numéraire, chez une nation où la balance est favorable, s’y augmente nécessairement de la différence entre l’export et l’import.

Quelle est votre opinion sur la balance du commerce ?

Le plus souvent les indications de cette balance sont fausses , et les conséquences

qu’on en tire n’ont jamais aucune espèce de valeur.

Est-ce que l’abondance du numéraire constitue la richesse publique ? — N’avons-nous pas vu que cette richesse dépend d’une manière toute spéciale des capitaux engagés , capitaux toujours immenses relativement à ceux que représente le numéraire? Nous avons même fait toucher au doigt qu’une trop grande quantité d’espèces était souvent à charge à une nation? Ensuite, est-ce que c*^est à l’excédant de l’exportation sur l’importation qu’il faut uniquement s’attacher pour rendre un pays riche? Mais un pays peut s’enrichir, comme nous l’avons fait voir, avec un excédant continuel de l’importation sur l’exportation. A l’époque où l’on inventa cette défectueuse balance, on ne se rendait pas un compte exact de ce que l’on doit appeler la richesse d’une nation , et dès lors il n’est pas étonnant que, pour apprécier les éléments de cette richesse, des données inexactes aient conduit à imaginer une sorte d’instrument dont les incli-

UE L’ÉCOXOMIE POLITIQUE

cations devaient être, la plupart du temps, erronées. ^

Montrez-noiis, par un exemple, combien est illusoire Vapplication de la balance du commerce lorsqu'il s'agit d’apprécier le mouvement

de la richesse d’un Etat.

Un négociant de Bordeaux envoie aux Etats- Unis 4 00,000 fr. de vins, lesquels, en raison des frais de trans*port, valent, en arrivant, 120,000 fr. Il achète pour cette somme du coton qui , de retour en France, y est évalué 140,000 fr. — D’après la balance du commerce, la France aurait perdu 40,000 fr. ; et cependant , si les transports ont été effectués par les bâtiments nationaux, cette plus-value de 40,000 fr. est due au travail français. Il y a là, comme on le voit , une contradiction flagrante qui dénote la fausseté de cette balance.

La balance du commerce est donc impropre à nous faire apprécier le perte ou le gain d’une nation ?

Certainement ; et pour arriver à une appréciation rigoureuse de cette perle ou de ce gain ,

il faudrait avoir recours à l’équation de la richesse évaluée; mais on peut préjuger, jusqu’à un certain point, les mouvements de la richesse publique, en discutant le chiffre de l’importation et de l’exportation d’après les méthodes que nous avons données dans le chapitre précédent.

li!*;.,

Page 1