‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 64 sur 73 · NOIES. 30.N · texte numérisé non relu

NOIES. 30.N

et l’autre d’agriculteurs. Elles comprennent chacune et les propriétaires de. toute la partie matérielle servant à la production , et les ouvriers qui se livrent au travail spécial à la réunion dont ils font partie. Les produits sont échangés entre ces deux sociétés de telle manière ({U 'un groupe de denrées agricoles d’une valeur de "20 francs et ayant nécessité vingt journées de travail a été échangé contre dix mètres de tissus qui n 'ont exigé que l’emploi d’une seule journée. Les capitaux employés de part et d’autre étant les mêmes, la richesse évaluée des agriculteurs sera représentée par

(1) VK-^dUm (I-Nj-fMm — C

Si nous appelons J le prix de leurs journées de travail, nous aurons pour le produit brut de l’année : Mm.

En substituant cette valeur de Mm dans l’équation.

On a(l) Rnrf. 365. J (I-N)-^365. J ^

Cette équation donne la richesse évaluée de chaque agriculteur.

Pour déterminer la richesse évaluée des industriels , nous prendrons les mêmes lettres, et, pour les différencier des précédentes, nous y ajouterons le signe, en ve-

* Pour plus de simplicité, et sans être moins exact, nous supprimons le terme A donnant la somme des capitaux circulants qui n’ont pas été produits pendant l’année.

NOTES

dette; toutefois d sera supposé le même pour les deux sociétés.

}Vm' étant ég^al à 365. .K. P'

On aura pour la richess<ï évaluée de chaque industriel

Or, en admettant que toutes les journées des travailleurs des deux sociétés ont servi à la fabrication des objets écbanp;és, on aura d’une part .) —20. J Pt d'une autre part I’-^20 P'

Kn substituant dans l’équation (2), nous aurons

De cette équation, comparée à la précédente (1), il résulte (les capitaux employés à la production étant supposés les mêmes] que, si un industriel ne consomme pas plus qu’un agriculteur, il accroît, par suite de l’échange dont il a été parlé, vingt fois plus que ce dernier sa richesse évaluée.

Dans cette démonstration , nous avons supposé que le nombre des journées passées à la fabrication des objets échangés était différent, et que les journées étaient payées le même prix. On arriverait à un résultat identique si leur nombre était le même et qu’elles lussent payées vingt fois aussi cher à l’industriel qu’à l’agriculteur, car on aurait toujours J'=r20 ,1. et Pjh 20 P'.

Bien plus, lorsque le libre échange s’établit entre un

NOTES. 307

peuple agricole et un peuple manufacturier, la différence entre \enrs richesses évaluées peut s'accroître tous les ans.

En effet, pour le même capital employé, la journée des peuples agriculteurs (bien entendu ainsi que nous l’avons considéré) étant toujours d’un prix moins élevé que celle des peuples industriels , à dépenses égales, ces derniers pourront faire des épargnes beaucoup |dus considérables. Et ces épargnes, en s’additionnant d’année en année, accroîtront constamment l’écart entre leurs richesses évaluées.

On ne peut donc plus dire qu’en échangeant une valeur monétaire pour pareille valeur monétaire deux nations retirent un avantage égal d’un échange ainsi pratiqué. Aussi était-ce avec raison que l’on avait mis un bandeau sur les yeux de Plutus, car on ignorait de quelle manière il distribuait ses faveurs.

Note Q, page 115.

Ce bien - être îiu prolétaire ô’eot-il amélioré aoee l’ertrème progrès bc la eioilioation?

Divers passages de Sénèque, d’Epicure et de Charron semblent établir qu’il était plus aisé de satisfaire les be-

NOTES

soins de la vie aux époques où la population était moins considérable.

« Tout ce dont nous avons naturellement besoin est toujours prêt, toujours à notre disposition’. »

« Nous avons sous la main tout ce qui doit nous suffire*. »

« Si vous voulez vivre selon ce qu’exige la nature, jamais vous ne serez pauvre ; si vous voulez vivre selon l’opinion, jamais vous ne; serez riche. La nature ne demande que peu de chose, et l’opinion est insatiable » Ce passage est d’Epicure, au rapport de Sénèque.

« Cette-ci (disette et défaut des choses nécessaires et requises à nature) n’arrive presque jamais, étant nature si équitable et nous ayant formés de cette façon que peu de choses nous soient nécessaires, et icelles, se trouvant partout, ne manquent point. »

(Charron, De la Sagesse.)

* Parabile est quod natura desiderat et expositum.

(SÉNÈQUE, ép. IV.)

^ Ad manum est quod sat est.

(SÉNÈQUE , ép. IV )■

*'Si ad naturam vives, numquam erispauper; si ad opinionem, numquani dives : exiguum aatuia desiderat, opinio immensum.

(SÉNÈQUE, ép. XVI.)

NOTES

Note R, page 120.

U(jmbrf3 statiiJtiqueô evtraite îife borumente offiricle. |

1^52. Agriculteurs ; Produits réels, 5 milliards de francs; 20 millions de travailleurs.

1>51. Réunion de toutes les industries textiles: Produit total, 1,015 millions de francs; matières premières, 1,037 millions de francs; produits réels, 578 millions de francs; travailleurs, 970,000.

1'^56. Industrie des cotonnades : Produit total, 410 millions de francs; matières premières, 261 millions de francs; produits réels, 155 millions; travailleurs, 244,000.

i''’47. Industrie des lainages : Produit total, 473 millions de francs ; matières premières, 335 millions de francs; produit réel, 138 millions de francs; travailleurs, 144,000.

1852. Industrie de la houille : Produit sur le carreau, 47 millions de francs; travailleurs, 35,000.

1852. Industrie de la soie: Produit total, 406 millions de francs; matières premières, 233 millions de francs; produits réels, 173 millions; travailleurs, 165,000.

1854. Orfèvrerie, Joaillerie de Paris: Produits réels, 85 millions de francs; travailleurs, 20,000.

3IU NoTKS.

Note S, page i.

profit que l’on tire ^e rngrirultiire ô égalité î>e fopital rot moinîirc que relui lionné por l’inîmotrie.

( Extrait d’un discours prononcé par l'auteur. )

Entrons, je vous prie, dans le détail d’une houillère qui rend 100,000 francs par an à ses actionnaires, et ouvrons ses livres :

Un gérant appointé annuellement à. . . 20,000 fr.

Un conseil d’administration, id. à. . . 12,000

Un ingénieur, id. à 8,000

Un médecin, id. ;'i 2,000

Un maître d’école, id. à 2,000

Un bureau de correspond, à Paris, id. à. 10,000 Le tout sans y comprendre une quantité de maîtres, contre-maîtres , écrivains , voyageurs , journalistes même, également bien rétribués.

Comparons maintenant cette administration à celle d’une commune entièrement livrée au travail de la terre, et où 1e revenu net s’élève au même taux de 100,000 francs. — Tout d’abord vous constaterez dans cette commune l’absence de ce nombreux et coûteux état-major; et si vous y trouvez un maître d’école, à coup sûr il sera payé par l’État, — De plus, chaque

Notes.

ni 1

ouvrier agricole ne touchera guère que la moitié des salaires affectés aux ouvriers mineurs.

N’en faut-il pas conclure. Messieurs, en faisant la part de chacun des intéressés, que, pour le même revenu net, l’industrie houillère se montre large et généreuse, tandis que l'agriculture est d’une parcimonie et d’une lésinerie incontestables? — Nous ajouterons qu’une exploitation rurale exige une telle assiduité dans les travaux, une telle réserve dans les dépenses, que généralement, si l’on a reçu une éducation libérale, à coup sûr on se ruine quand on veut faire cultiver ses domaines par des journaliers.

Ce que nous avons dit des houillères s’appliquerait à nombre d’autres industries. Ainsi, Messieurs, il n’est pas besoin de recourir aux statistiques officielles pour constater la supériorité de ces industries sur l’agriculture sous le rapport de la rémunération des travailleurs.

M. le baron Dupin , dans son remarquable livre Des forces commerciales et industrielles de la France, à la suite de calculs trop longs à rapporter, conclut dans le même sens. D’après lui, la force de production d’un individu moyen est représentée, en France, dans l’industrie par 8, et par a seulement dans l’agriculture.

NOTES

Note T, page 154.

Cf libre frl)ûii0c fïcepttonnellfment peut biminuer

lu rifl)fÿ9e b’usage.

Il est exceptionnellement certaines circonstances dans lesquelles le libre échange peut faire décroître tout ensemble et le bien-être et la riehesse évaluée ù'iine nation, et, conséquemment doit être remplacé, même lors d’une paix constante et générab;, par la protection. — Ainsi, lorsqu’un peuple prodiuteur de grains (marchandise dont le transport est très-onéreux, en raison du poids, de l’encombrement et de la chance d’avarie) est obligé de les envoyer au loin ])Our obtenir, en retour, des tissus par exemple, dont le déplacement ne modifie que faiblement la valeur première, il est possible qu’il y ait bénéfice pour lui à fabriquer cette dernière espèce de marchandise à un prix supérieur à celui de l’étranger. La raison en est simple : le produit agricole, en se consommant sur place, vu l’accroissement des consommateurs provenant de la nouvelle fabrication, peut fort bien prendre une telle plus-value, qu’avec ce produit on se procure parfoisune plus grande quantité de ces tissus qu’en expédiant forcément (de par le libre échange) son blé à grande distance.

La protection, dans ce cas, qui n’est pas aussi exceptionnel qu’on pourrait peut-être le croire, favoriserait

NOTES

donc en même temps et raccumulation du capital et raccroissement du bien-être.

Note ü, page 155.

iCpinion be Uapolfon 1" sur le libre erljonge entre la iFronee

et l’Angleterre.

( Extrait du Mémorial de Sainte-Hélène par Lascase.)

« Nous avons à présent le secret du traité de commerce de 1786. La France crie encore contre son auteur. Mais les Anglais l’avaient exigé sous peine de recommencer la guerre. Ils voulurent m’en faire autant, mais j’étais puissant et haut de cent coudées, je répondis qu’ils seraient maîtres des hauteurs de Montmartre (fue je m’y refuserais encore, et ces paroles remplirent l’Europe. Ils en imposeront un aujourd’hui, à moins que la clameur publique, toute la masse de la nation, ne les torce à reculer; et ce servage, en effet, serait une infamie de plus aux yeux de cette même nation, qui commence à posséder aujourd’hui de vraies lumières sur ses intérêts. »

Si les temps sont changés, si maintenant notre industrie est plus à même de se défendre, les principes ne se sont pas modifiés.

Note V, page 163.

|)our ûrrroùre la ric[)fôde rooluce îi’itn pape, la pratertiau î>f9 manufaruircô parfais îiait ctrr normale.

( Extrait d’un discours prononcé par l’auteur.)

Nous avons vu, Messieurs, que pour accroître les capitaux d’un pays il était souvent nécessaire de protéger certaines industries ; nous établirons encore que cette protection doit parfois être normale, et non temporaire; et dans cette démonstration nous nous servirons d’exemples puisés en Angleterre et en France.

Le bon marché dans les fabrications tient à nombre de causes. Nous signalerons les principales : l"le faible loyer des capitaux ; la grande quantité des débouchés ouverts aux marchandises fabriquées; 3“ les aptitudes que depuis longtemps les ouvriers ont su acquérir; 4" la proximité des matières qui entrent dans la fabrication d’un objet, et généralement la facilité des transports; 5“ le milieu où les producteurs travaillent, milieu où leurs facultés prennent chaque jour un nouvel essort.

Où trouver. Messieurs, d’aujourd’hui à une époque très-éloignée, une contrée où les capitaux pourront lutter de bon marché avec ceux de l’Angleterre? — Dans cette île, ils sont immenses; et, de par la constitution

NOTES

et les mœurs nationales, ils appartiennent et ils appartiendront pendant nombre d’années encore à un petit nombre de personnes fort riches, non-seulement trèscompétentes |)our juger les grandes entreprises, mais encore capable de les fonder et même de les diriger.

Quelle différence avec la France, pays cependant d’aisance générale, mais où les grands capitalistes sont rares, très-sollicités, et tout à la fois inintelligents, peureux et déliants! — Ensuite, Messieurs, le capital ne doit-il pas longtemps exiger sur le continent, où tout le monde s’effraye de l’avenir, un intérêt plus élevé que chez les Anglais, qui n’ont rien à redouter du volcan qui semble nous menacer?

De cet état de choses il découle qu’en fait de capital obtenu aisément et à bas prix, l’industriel trouve, et trouvera pendant longues années [encore, beaucoup plus de ressources en Angleterre que partout ailleurs.

Quant aux débouchés, est-ce que les innombrables comptoirs que l’Angleterre possède dans tout le monde, est-ce que cet instinct du commerce inné chez ses habitants comme chez les Israélites, ne nous autorisent pas à penser qu’elle fabriquera pendant un siècle et davantage dix fois plus de marchandises que tous les autres peuples, et qu’en conséquence elle aura encore sur eux, sous ce rapport, la suprématie relativement aux prix?

Nous passerons légèrement sur les aptitudes des ouvriers anglais, qui sont proverbiales, aptitudes qui nonseulement se transmettent à leurs descendants, mais encore deviennent de génération en génération de plus en plus grandes, ainsi que le constate la science physiologique dans tous les phénomènes du même ordre.

NOTES

.Mb

Nous n'insisterons pas non plus sur l'heni’euse coopération de la nature, qui a réuni dans les mêmes lieux, sur le sol de la (irande-Mrelagne, les principaux éléments de chacune de ses fabrications, et par suite a assuré à ses travailleurs un privilège perpétuel; ni sur les nombreux moyens de c(»mmunication qu’elle possède, car vous savez tous quelle inthience exercent surles prix la facilité et plus encore la suppression des transports.

Le milieu où les producteurs travaillent doit être particuliérement l’objet de notre attention. Jetez un regard sur ces soieries et maints autres objets de mode, de luxe et d’art que nous avons le privilège de fournir à toutes les nations : pensez-vous qu’il suftira à l’étranger d’embaucher quelques-uns de nos metteurs en œuvre, maîtres ou contre-maîtres, pour s’approprier facilement leurs industries respectives? Qu’on se détrompe : chacun d’eux a besoin de se tremper constamment dans le milieu français, centre du goût, pour conserver et régénérer ses facultés productrices. — Ce bottier renommé, — ce tailleur célébré, — cette couturière à la mode, n’auront pas quitté Paris pendant six mois qu’ils seront devenus des ouvriers presque vulgaires. — Leur savoirfaire ne pourra donc être combattu que par une protection normale.

En fait d’acclimatation, il en est un peu de l’industrie comme des animaux et des végétaux de certaines contrées. — Beaucoup d’entre eux ne sont pas susceptibles d’être naturalisés ailleurs. Quelques-uns, cependant, avec des soins continuels, résistent aux déplacements, et, bien que leur vigueur, leur beauté, en soient altérées, rendent encore de grands services.

NOTES

De ces diverses considérations il résulte que certains pays jouissent et qu’ils jouiront longtemps de monopoics, naturels ou artificiels, éminemment propres à accumuler les capitaux, monopoles qu’on ne peut combattre que par une protection constante, normale.

Nous voici donc bien loin des idées ayant coins, même parmi les protectionnistes, qui en général ne réclament qu’une tutelle temporaire. Mais il faudra tôt ou tard se rendre :i l’évidence.

Note W, page 101.

JJIf la proepcritc rclatioî bcô (États.

Il existe dans le monde deux nations en rivalité depuis des siècles, l’xVngleterre et la France. Est-il suffisant pour cette dernière nation de participer à la prospérité de la première ? Non ; c’est le rapport des richesses évaluées de chacune de ces puissances qui doit fixer les

regards de l’homme d’Éiat.

Si la richesse évaluée de l’Angleterre s accroît chaque année en progression géométrique, tandis que celle de sa rivale ne granditqu’en suivant une proportion arithmétique, la différence entre les richesses évaluées de l’une et de l’autre augmentera incessamment, et en même temps une inégalité dans la force et l’influence politi- (lue de ces deux pays se fera de plus en plus sentir.

NOTES

L’histoire est là qui, par malheur, à ce sujet, nous donne un triste enseignement. Les revenus de la France, qui sont maintenant inférieurs à ceux de l’Angleterre, du temps de Law étaient trois fois plus grands; et cependant les uns et les autres ont été constamment en progrès.

En se reportant à cette dernière époque, le revenu de l’Ecosse, qui était le tiers de celui de la Grande-Bretagne, n’en est plus, après un accroissement incontesté, que la vingtième partie.

En raison de la liberté du commerce maritime, la Hollande, au commencennmt du règne de Louis XIV, possédait vingt mille navires; par suite des édits de Cromwell et de Colbert, la puissance maritime de cette nation s’évanouit comme une ombre.

Ainsi, parfois un peuple devra prélever de fortes taxes sur certaines marchandises étrangères, seulement dans le but de s’opposer au développement par trop rapide de la prospérité d'une nation qu’il redoute.

NoTt: X, PAGE 200.

Ces titrfs ftîturinircô fout arcroître la licljcôsc nialurr

b’unc nation.

Les titres fiduciaires agissent précisément comme de nouveaux outils qui seraient créés dans un pays pour

NOTES

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