CHAPITRE I
La création de la vie surnaturelle: le baptême
« La grâce est la gloire commencée, comme la gloire est la grâce consommée.
Quand faut-il conférer le baptême?
Le plus tôt possible.
D'après le rituel, les prêtres doivent exhorter et presser
[i) Mf Pichenot, Traité pratique de l'éducation, p. i5. (2) Saint Thomas.
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les parents de faire baptiser leurs enfants, le jour même, ou au plus tard le lendemain de leur naissance.
Cette recommandation du rituel est-elle gravement obligatoire?
Non, sans doute.
Mais ce qui est certain, c'est qu'il y aurait faute grave à exposer les enfants, par négligence, à 'mourir avant d'avoir reçu le baptême.
Une mère chrétienne aura soin de rappeler, avant ses couches, aux personnes qui doivent l'assister, qu'il ne faudrait pas attendre le prêtre, si la vie de reniant était menacée. On sait qu'en pareil toute personne peut et doit conférer le baptême. Si l'enfant survit. on avertira le curé de la paroisse qui décidera, s'il y a lieu, de réitérer le baptême sous condition il».
Est-ce que le cœur de la mère, pour peu qu'il ait de foi, ne demande pas ce que l'Eglise impose?
Oui, certainement.
Comment, en effet, pourrait-on, de gaieté de cœur, laisser ce nouveau-né au démon et dans la souillure originelle?
Quand on pourrait embrasser un ange, comment presser contre son cœur un enfant deshérité, maudit? [2
Vn petit frère vient d'arriver.
— Embrasse-le, dit la maman â une blondinette de quatre ans.
— Si cela ne te fait rien, j'aimerais mieux non, tant qu'il a le diable dans le cœur; je l'embrasserai demain, après son baptême, quand le petit Jésus sera venu. {Authentique.
Que font les parents chrétiens par rapport aux parrains et marraines de leurs enfants?
Les parrains et marraines sont les vrais pères et les propres mères, dans Tordre spirituel, des enfants qu'ils ont présentés au baptême.
Aussi, les parents chrétiens les choisissent de telle sorte que le petit garçon, devenu jeune homme, n'ait qu'à regarder son parrain pour connaître ses devoirs, et que la petite enfant, devenue jeune fille, trouve, dans sa marraine,
(i) P. Charruau, Aux mères, p. 33.
(2i M-'r Piche>-ot, op. cit., p. 8j.
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l'exemple de toules les vertus qu'elle doit elle-même pratiquer.
ijuel nom faut-il donner à l'enfant?
1 Un nom de saint < J .
Les parents chrétiens se défendent des entraînements de la mode qui iraient de préférence à des noms étrangers, extraordinaires, défigurés ou méconnaissables.
2° Un nom de grand saint ou de saint connu.
Et cela afin que l'enfant puisse, en grandissant, s'instruire et s'édifier de la vie et des vertus de son patron et modèle.
3° Un nom qui, réuni au nom de famille, ne puisse avoir une signification ou former une consonance ridicules ou peu convenables.
Ce sont les conférences d'Angers qui en font la recommandation, au dire deM*r Pichenot (2).
Quelle est l'importance de ce nom?
Le nom que l'enfant a reçu au baptême est ie seul nom qu'il porte désormais dans l'assemblée des saints.
C'est sous ce nom que l'évêque lui administrera ti Confirmation, que le prêtre lui donnera le sacrement d'Extrème- Onction et recueillera, pour les bénir, les engagements sacrés de son mariage.
C'est sous ce nom qu'il sera recommandé à Dieu, au jour de ses funérailles.
C'est sous ce nom qu'il montera dans les cieux : les anges l'appelleront ainsi dans les siècles des siècles.
Ne convient-il pas dès lors de traiter ce nom avec le plus grand ■respect ?
Oui, avec le plus grand respect.
Et en conséquence :
t II faut le mettre à la première place ; il est le prénom, c'est-à-dire le nom écrit ou prononcé avant le nom de famille. 2° Il faut toujours l'écrire en entier.
il Le P. Deschamps, S J . a publié, à la Maison de la Bonne Presse: Les noms lie sainte ou les noms de baptême et la dévotion aux saints, 200 pages in-i6\ {2) Op. cit., p. 88.
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Le Souverain Pontife Pie IX, de sainte mémoire, achevant un jour la lecture d'un ouvrage important qu'on lui avait communiqué, ne put s'empêcher de faire cette remarque :
— Ce travail contient beaucoup de bonnes choses. Il est regrettable, d'après la signature, que son auteur ne soit pas
baptisé. Cependant, il doit l'être, puisqu'il est prêtre Mais
alors, pourquoi ne met-il pas son nom de baptême ? Pourquoi signe-t-il comme un païen?
Le cardinal Pitra écrivait un jour à M^r de Ségur, au sujet d'une supplique qui avait été adressée au Saint-Siège :
Le nom de baptême du candidat manque. On ne cesse d'être
étonné ici, à Rome, que l'on oublie si aisément, en France, te nom chrétien.....
3° Il faut ne jamais le défigurer dans la conversation.
Les pères et les mères doivent réagir contre la manie trop répandue de défigurer, travestir, ridiculiser le nom donné aux enfants le jour de leur baptême : Marie, par exemple, devient Mimi ou Mio : Maurice. Momo; Suzanne, Zézette; Paul, Poulot, etc.
Et ce qu'il y a de plus désordonné, c'est que le nom de l'enfant ne trouve sa véritable forme, sur les lèvres des parents, que dans les gronderies, réprimandes ou menaces.
Dans une maison d'éducation chrétienne où il est de règle d'appeler les enfants par leur seul nom de baptême — ce qui, à beaucoup d'égards, est digne d'éloges, — on ne trouva rien de mieux, quand il fallut aviser au moyen de prévenir les
confusions, que de défigurer les prénoms qu'on voulait
distinguer. Marie-Thérèse devint, à la deuxième édition : Rithé; à la troisième : Thésa; à la quatrième : Thima, etc. Inutile de dire que la solution ne nous paraît pas heureuse.
Que faut-il faire quand l'enfant a atteint l'âge de raison?
1° Dès que l'enfant est parvenu à l'âge de raison, il est à propos de lui expliquer la nature du sacrement de baptême et des cérémonies qui en accompagnent l'administration, de l'instruire des engagements contractés en son nom, et de lui faire renouveler ses promesses (I),
2° L'enfant doit garder l'acte de son baptême, en retenir la date et en fêter pieusement l'anniversaire.
i) Charruau, Aux mères, p. 36.