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CHAPITRE II

L'illumination de la vie surnaturelle

« Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres »

Comment se fait l'illumination de la vie surnaturelle?

1° Par l'instruction religieuse;

2° Par la formation de la conscience.

Article I. — L'instruction religieuse.

Heureux qui tient la route où ma voix le convie ! Les ténèbres, jamais, n'approchent qui me suit, Et partout, sur mes pas, il trouve un jour sans nuit, Qui porte jusqu'au cœur la lumière fie vie il).

Comment se divise cet article de l'instruction religieuse?

En trois paragraphes qui traitent :

i° De diverses circonstances de cette instruction;

2° De l'objet de cette instruction;

3° Du moyen principal de cette instruction.

1 1. — Les diverses circonstances de cette instruction.

« Malheur à la connaissance stérile qui ne tourne pas à aimer et se trahit elle-même. » (2)

Quelle est V « importance » de celte instruction?

1° L'instruction religieuse occupe le premier rang par la dignité de son objet, qui est Dieu.

2° Elle mérite la première place pour sa nécessité.

Benoît XIV affirme qu'une grande partie de ceux qui seront damnés le seront à cause de leur ignorance des principaux mystères delà foi.

3e C'est même, à bien prendre, la seule instruction nécessaire. Elle peut, au besoin, remplacer toutes les autres, et rien ne peut la remplacer jamais. Que servirait à vos enfants de savoir tout le reste, s'ils ne connaissaient pas la religion, s'ils ne savaient pas Jésus-

(i) Corneille, Imitation, I, (2) Bossuet.

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Christ? À quoi bon la science des langues dans celui dont la bouche se fermera bientôt et que la mort va réduire au silence? A quoi bon, dans l'autre monde, la géographie de celui-ci? A quoi bon récriture, la musique, la peinture pour des mains qui vont se dessécher bientôt, et qui seront demain enveloppées d'un suaire? La connaissance de l'histoire du temps pour celui qui doit entrer dans l'éternité? iii.

« Qui » doit d'abord donner cette instruction?

Ce sont les parents, et surtout la mère.

Dans les familles chrétiennes, le père et la mère considèrent comme une de leurs premières obligations celle d'apprendre à leurs enfants la lettre du catéchisme, les principaux faits de l'histoire sainte, les plus belles scènes de l'Evangile; les soirées d'hiver, les longues heures des dimanches et jours fériés sont consacrées en grande partie à ce noble travail.

L'on ne saurait faire trop de vœux pour que cette pratique se généralise.

Parents et enfants seraient mieux instruits et plus facilements préservés.

« Quand » faut-il donner cette instruction?

Il faut donner cette instruction dès que l'enfant manifeste quelques lueurs d'intelligence, par conséquent dés la première année.

La Sainte Ecriture nous le recommande. Le vieux Tobie forma son fils à craindre Dieu et à fuir le mal ah infantia, dès l'âge le plus tendre.

Les saints, les vrais chrétiens en ont toujours agi de la sorte.

La raison et l'expérience confirment la justesse du proverbe : ce que l'on apprend au berceau dure jusqu'au tombeau.

Il va sans dire que les leçons doivent être courtes et fréquentes.

Les enfants sont-ils, à un âge si tendre, capables de comprendra quelque chose aux vérités de la religion ?

Oui, beaucoup plus qu'on ne le croit généralement. Et cela pour trois raisons : ,

(i) PlCHENOT, Op. Cit., p. 123.

i° La grâce est en eux, et il est écrit : Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu.

2e Avec la grâce, ils ont la foi infuse.

Et ce n'est pas un vain mot. cest une réalité puissante et efficace; cest une préparation ineffable, une disposition merveilleuse à croire actuellement (I).

3° Us ont un maître au fond du cœur : le Saint-Esprit.

Car si un homme. cest simplement un corps et une âme; un chrétien, c'est un corps, une âme et le Saint-Esprit, nous disent les Pères il).

« Comment » faut-il donner cette instruction religieuse?

Il faut la donner de façon à en pénétrer l'âme.

Et comment l'éducateur pénétrera-t-il l'âme de ses élèves, s'il n'est pas lui-même pénétré ?

Comment la mère trempera-t-elle l'âme de ses enfants, si elle n'est pas elle-même trempée?

Comment leur communiquera-t-elle la foi, l'amour de Dieu et toutes les autres vertus chrétiennes, si elle ne les sent débordantes de son âme?

C'est ici surtout que se touche du doigt la nécessité fondamentale de la sainteté personnelle.

L'instruction religieuse peut-elle se donner comme une autre instruction?

Non.

L'enseignement des choses humaines, à la rigueur, ne demande que de la clarté dans l'exposition et de la patience dans la répétition.

Tandis que l'enseignement des choses divines exige la clarté, la patience et un ardent amour de Dieu.

Y a-t-il beaucoup de parents et d'éducateurs qui réalisent ces conditions?

Non, malheureusement.

Saint Paul (2) nous dit qu'il y a des milliers de pédagogues, mais peu de pères.

(ij PicaENOT, op. cit., p. I2-; (aj I Cor., iv, i5.

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Combien de parents et d'éducateurs ne sont que des pédagogues, c'est-à-dire des professeurs qui enseignent la religion comme ils expliquent un problème ou une page de grammaire; qui projettent dans l'esprit une lumière sans chaleur: qui ne demandent de leurs élèves que de savoir sans aimer: qui ne traduisent dans leurs paroles et leur contenance ni foi ni amour pour les vérités enseignées.

Lors de l'enquête ouverte par la Croix, il y a quelques années, sur Yignorance religieuse, un prêtre racontait, avec une humilité charmante, qu'il avait un jour rencontré un de ses anciens élèves du catéchisme, devenu depuis franc-maçon militant, et qu'il lui avait demandé la raison de son apostasie.

— Que voulez-vous, je voulais arriver ! Et puis, qu'est-ce

qui aurait pu m'arrêter? En fait d'instruction religieuse, je n'avais guère que ce que vous m'aviez appris au catéchisme, et vous le faisiez si mal !

Etait-ce vrai? Dans le cas particulier dont il est question, nous en doutons. Mais ce qui est certain, c'est que les pédagogues sont absolument incapables de pénétrer l'àme et de donner des convictions.

Quel est le grand moyen de faire pénétrer les vérités de la religion dans l'âme des enfants?

C'est de les leur faire aimer.

C'est par le cœur qu'on croil ; c'est par le cœur qu'on est chrétien: il faut donc aller droit au cœur, si l'on veut réussir; c'est là qu'il faut planter la foi et faire germer les vertus (1).

Comment les parents feront-ils aimer la religion/

1° Par leurs paroles.

Ils diront à leurs enfants que le premier commandement n'est pas : vous tremblerez, mais : vous aimerez.

Ils leur montreront Jésus-Christ prenant la forme d'un petit enfant, devenant réellement notre frère, pour ravir l'amour de nos cœurs.

Ils leur apprendront que Notre-Seigneur a envoyé ses apôtres comme des agneaux au milieu des loups, et que saint Paul ressemblait à une nourrice qui caresse ses petits enfants. Tanquam si nutrix foveat ftlios suos (2).

(i) Pithenot, op. cit., p. i35-i36.

(2) / Thess., il, 7.

Ils leurs répéteront cette parole de saint Augustin : « Tout ce que Jésus-Christ enseigne est vérité; lout ce qu'il commande est charité; tout ce qu'il promet est félicité. »

2 Par leurs actes.

Ils prendront une expression de bonheur quand ils parleront de Dieu et des devoirs de la vie chrétienne.

Aux jours de communion, ils seront plus faciles, plus doux, plus aimables.

Quand ils seront obligés de commencer par la crainte, ils finiront ordinairement par l'amour.

§ 2. — L'objet de cette instruction.

« La manifestation de vos paroles illumine ; elle donne l'intelligence aux petits. » (1)

De quoi faut-il instruire les enfants ?

Il faut instruire les enfants, avec une progression réfléchie, des vérités fondamentales de la religion : 4° de Dieu; 2° de Jésus-Christ; 3° de Tâme; 4° de la grâce; 5° des fins dernières.

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