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CHAPITRE IV

Certains maîtres et professeurs

« La règle de l'abbaye de Thé lème n'éiait que cette clause:

Fais ce que voudras. »

(Rabelais.)

Quels sont les maîtres et maîtresses de classe qui font de la contre-éducation?

Ce sont ceux qui se rabaissent jusqu'à devenir mendiants d'élèves. Pour les avoir et pour les garder, ils passent par

(i) Nicolay, op. cit., p. ^75. — Montaierne dit qu'il faut « se limer la cervelle contre la cervelle d'autrui »; mais ce conseil suppose des enfanls déjà quelque peu grand, s.

les caprices des parents et des enfants, et ferment les yeux sur les défauts ou les torts des uns et des autres; ils ne les contrarient en rien; ils abandonnent les principe?; ils fonl de l'éducation à rebours.

Une maîtresse de pension visite; pendant les vacances, les familles de ses è.eves.

— Je ne veux plus retourner en classe, dit une fillette de dix ans.

— Mais, ma petite, pourquoi donc? Je vous aime tant! N'est-ce pas que vous allez revenir?

— Non.

— Dites oui! Voyons, que vous faut-il pour que vous reveniez?

— Je veux, au dortoir, être à côté de telle élevé

— Vous serez à coté d'elle.

— Et puis, au réfectoire, quand je n'aimerai pas ce qu'on servira, je veux qu'on me donne autre chose.

— Vous aurez autre chose.

Et cette conversation était tenue par une éducatrice '.'. devant les parents de l'enfant qui retourna au pensionnat. {Authentique.)

Celte maîtresse n'était qu'une « marchande de soupe », et au-dessus de la porte d'entrée de sa maison, elle aurait pu écrire : Ici, Von gâte les enfants.

Quelle conclusion s'impose, après cette petite étude, sur tes contreéducateurs?

Une seule. Elle tient en trois mots. Et elle s'adresse aux mères : Restez chez vous. Oui, mères, restez chez vous; occupez-vous vous-mêmes, le plus possible, de vos enfants.

Quand vous vous en dispensez, par devoir, vous avez le droit de compter que les anges gardiens de vos enfants vous remplaceront auprès d'eux.

Mais vous n'avez plus ce droit, quand vous vous déchargez, sans raison avouable, quand vous vous absentez uniquement par plaisir.

Alors le démon se servirait peut-être de l'un ou de l'autre des contre-éducateurs dont nous avons parlé, pour détruire ou rendre impossible l'œuvre de l'éducation sérieuse et chrétienne.

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