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CHAPITRE II

L'objet du bon exemple

Fille heureuse! Autour d'elle ainsi qu'autour d'un temple. Tout est modeste et doux, tout donne un bon exemple (1).

Quel est V « objet du bon exemple » ?

C'est tout ce qui, dans le sanctuaire du foyer, est susceptible de produire une impression bonne où mauvaise sur l'enfant.

Le foyer doit être respecté (art. I).

Le foyer doit être orné (art. II).

Les parents doivent exercer au foyer un ministère de formation et de sanctification (art. III).

Article I. — Le foyer respecté.

« Oh! que la maison paternelle est souvent fatale à l'innocence. » (2)

Que feront les parents pour offrir à leurs enfants un foyer mpecté?

1° Ils supprimeront tout ce qui offense la morale.

2° Ils interdiront l'entrée de la maison aux livres, revues et journaux qui pourraient être un danger pour la foi ou la vertu des enfants.

i 3° Ils éloigneront les faux amis. (Voir ce que nous en avons dit au chapitre des contre-éducateurs.)

§ 1. — La suppression de ce qui offense la morale.

Pour troubler une vie, il suffit d'un regard :

Le mal peut se montrer même aux clartés d'un cierge,

La curiosité qu'a l'esprit de la vierge,

Fait une plaie au cœur de la femme, plus tard (1)

Quels sont les objets dont on peut dire qu'ils offensent la morale? C'est une statue, qui étale son « débraillé » dans l'escalier, le vestibule ou l'antichambre.

(i) Victor Hugo, Les rayons et les ombrest « Regard jeté dans une mansarde ». (2) Depoisier, De l'Education, p. 4-

C'est une figurine indécente, qui trône dans l'étagère aux bibelots, sur le piano ou la cheminée.

C'est un tableau allégorique ou mythologique, qui représente quelque infamie des temps anciens ou quelque nudité prétendue artistique.

Quels prétextes oppose-t-on généralement à leur disparition?

1° Le prétexte de Vart : pensez donc, ce tableau est signé; et puis, voyez quelle expression, quel coloris, quelle beauté d'ensemble'

2° Le prétexte de la valeur. Ah! si cette figurine n'était qu'en carton, en plâtre ou en stuc, on la jetterait aussitôt! Mais elle est en bel ivoire, en bronze vrai, en vieil érable!

3 Le prétexte du souvenir. C'est un cadeau, un hommage, qui se rattache à quelque gloire ou à quelque bonheur.

Y a-t-il un prétexte qui puisse ou qui doive tenir devant la considération supérieure du bon exemple?

Non, mille fois non.

Aussi ces objets, quelle que soit leur origine, doivent tous disparaître.

N'attendez pas, parents imprudents, que vos enfants, grandis, vous fassent à leur sujet quelque question embarrassante ou quelque réflexion indiscrète, pour comprendre qu'il y a des règles de prudence qu'on ne peut enfreindre impunément! Il serait peut-être trop tard. (1)

Tous les chefs-d'œuvre du monde valent-ils la pureté d'un enfant (2)1 Il n'y a pas d'œuvre au monde qui vaille, aux yeux du croyant,

une âme; aux yeux du sociologue, une génération; aux yeux du

politique/un pays (3).

L'enfant, cependant, ne verra-t-il pas dans la rue, sur la place, au jardin public, des statues ou des tableaux semblables à ceux dont nous disons qu'il faut préserver le foyer ?

Sans doute.

Mais la mère, dans ce cas : 1° n'aura pas à se reprocher d'être la cause des fâcheuses impressions produites dans

(i) D'après Nicolat, op. cit., p. 469-

(2) Depoisier, op. cit., p. 3o.

(3) L. Joubert, Le Correspondant, 25 fév. 191 1

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l'esprit ou le cœur de l'enfant; 2° elle pourra, sans se condamner, répondre en chrétienne aux confidences qui lui seront faites ou aux questions qui lui seront posées.

§ 2. — V interdiction des journaux et des livres dangereux.

« La littérature est sortie de sa voie. Elle a abjuré l'honnête.

Elle a cessé d'être un guide sûr pour vous conduire au temple du beau. » (1)

Quels sont les journaux et livres qu'il faut éloigner?

Tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, de près ou de loin, directement ou indirectement, peuvent porter atteinte à la foi ou à la vertu des enfants.

Pères et mères, vous n'aimez pas les choses indécentes, je le sais, mais vous n'êtes pas ennemis d'une certaine gauloiserie. Prenez garde! vous avez des enfants!

Cet ouvrage est bien écrit, je vous le concède, mais il est risqué. Prenez garde ! vous avez des enfants !

Cette revue est très humoristique, elle vous intéresse, mais l'esprit qui l'anime s'exerce aux dépens des personnes et des choses religieuses. Prenez garde! vous avez des enfants!

Ne soulève-t-on pas des objections contre ces obligations de prudence ?

1° Les enfants ne lisent pas, dit-on. — Ils liront. , 2° Les enfants n'y font pas attention. — Ils remarquent tout.

3° Il n'y a rien de mal dans les journaux que je reçois. — Il y a du mal par le seul fait que ces -journaux sont connus comme des organes d'opposition à l'Eglise et à la religion; leur présence dans la famille, s'il y a des enfants petits ou grands, est un scandale permanent.'

4° Tout est bien renfermé. — Naïfs !

— Il y a longtemps que j'ai tout lu, disait une fillette de

seize ans en parlant des livres avancés que renfermait la

bibliothèque paternelle, toujours fermée à clé.

i) Depoisier, op. cit., p. 27.

A sa mère qui lui reprochait son impiété, un jeune homme répondait :

— Maman, n'ajoutez rien. Le premier doute qui m'est venu en philosophie, je l'ai puisé dans un journal que vous lisiez alors! Oh! vous savez bien, celui que vous cachiez dans votre vide-poche, lorsque j'allais vous embrasser après la classe du soir.

Article II. — Le foyer orné.

Sur la table est ce livre où Dieu se fait visible, La légende des saints, seul et vrai panthéon. Et dans un coin obscur, près de la cheminée, Entre la bonne Vierge et le buis de l'année, Quatre épingles au mur fixent Napoléon (i).

De quoi le foyer doit-il être orné?

On mettra sous les yeux des enfants les objets les plus propres à élever leurs pensées et à former leur cœur : i° Des images de piété; 2° Des tableaux moraux et patriotiques ; 3° Des livres et des journaux catholiques.

§ 1. — Les images de piété.

0 Maître, j'ai placé votre image au foyer , Devant elle j'irai souvent m'agenouiller. Je veux que vous soyez l'ami de la famille, Que le petit garçon et la petite fille Balbutient votre nom avant de s'endormir (2).

Quels -doivent être, au point de vue de l'éducation, les premiers ornements de la maison ?

Le crucifix doit avoir sa place dans toutes les pièces les plus fréquentées de la maison. Que penserait l'enfant qui lé verrait reléguer à la cuisine ou dans la chambre à coucher?

A côté, au moins dans la salle où l'on se réunit le plus souvent, quelques images bien choisies : de la Sainte Vierge, par exemple, de saint Joseph, de la sainte Famille ou des saints patrons .

Quelle précaution faut-il prendre au sujet des images religieuses?

1° Il faut les choisir bien faites, et rejeter sans pitié ces

représentations grotesques, ridicules, laides à plaisir, qu'on

(i) V. Huso, Les rayons et les ombres. Regard .jeté dans une mansarde. (2) Le Noël, 5 oct. 1916.

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multiplie, sous prétexte de bon marché ou de destination spéciale : « C'est pour les enfants ! » dit-on.

On se demande, parfois, si certaines statues et certaines images n'ont pas été mises en circulation par le diable luimême, dans un but de malfaisance surnaturelle.

Il y a des fabriques de saints, comme il y a des fabriques de joujoux et de poupées, avec la différence qu'une poupée est faite avec plus de soin qu'une statuette religieuse (1).

2° Il faut les choisir pieuses.

Si le souffle religieux peut leur manquer, au moins qu'elles gardent le respect des convenances, et qu'elles ne donnent pas aux saints et aux saintes des airs qu'ils auraient répudiés avec horreur !

Voyez-vous, dans l'atelier d'un peintre, une Sainte Cécile, par exemple? C'est une femme quelconque, toujours jolie, bien entendu: elle promène ses doigts sur les cordes d'une harpe, d'une lyre, d'une guitare peut-être, même sur les touches d'un piano ; la bouche entr'ouverte, les yeux levés vers le ciel et la tête environnée d'une auréole lui donnent un air inspiré (car l'auréole est, pour l'artiste, le signe inévitable de la sainteté), et il vous dira le plus sérieusement du monde :

— Voilà la Sainte Cécile que vous voulez.

— Mais, observerez-vous, sainte Cécile était vraisemblablement un peu moins décolletée. Il est probable qu'elle n'a pas souvent exposé a l'air les blanches épaules que vous lui avez faites.

— Je vous assure, répliquera-t-il, que c'est une Sainte Cécile. Personne ne peut le savoir mieux que moi, puisque je l'ai faite.

Que répondre ? On s'incline et l'on croit, par politesse, si l'on veut (2).

§ 2. — Les tableaux moraux et patriotiques.

Venez vers les sommets inondés de lumière, L'extase y descendra sur notre front bruni.

(V. DE LAPRADE.rOHJOWS plllS haut.)

Que faut-il entendre par « tableaux moraux et patriotiques » ?

Il faut comprendre que tout ce qui se présente aux yeux de l'enfant (statues, images, gravures, tableaux, chromos, etc.) doit être empreint de noblesse, de grandeur, de beauté, doit pouvoir servir d'illustration aux conseils du père et de la

(i) Depoisier, De l'Education, p. 77.

(2) Depoisier, op. cit., p. 79-80.

mère, et se graver dans la mémoire de l'enfant comme un souvenir digne d'estime et un stimulant à la vertu.

| 3. — Les livres et les journaux catholiques.

Et je sens, dans la nuit profonde,

De ta robe d'or qui m'inonde,

Les rayons glisser dans mon eœur (l)

La question des livres et des journaux est-elle donc si importante ?

Oui, plus qu'on ne croit généralement.

S'il y a tant de catholiques anémiés et illogiques, c'est parce qu'ils n'éclairent pas leur esprit à la vraie lumière; parce qu'ils n'échauffent pas leur cœur à une flamme saine; parce qu'ils ne nourrissent pas leur âme du pain de vie.

Article III. — Les parents ministres de formation et de sanctification, dans le foyer respecté et orné.

« Le père de famille remplit, dans son foyer, un office sacerdotal, et même, dune certaine façon, épiscopal. » (2)

Quelle idée les parents doivent-ils se faire de leur ministère au foyer?

1° Les parents doivent être la bonne odeur de Jésus-Christ, pour conduire tout à Dieu. C'est la recommandation de saint Paul.

2° Ils doivent être, pour traduire la pensée d'un Père de l'Eglise, « des Christs en fleur : Christi florentes ».

3° Les parents doivent être comme des prêtres.

Le Prince des apôtres enseigne que les chrétiens — et saint Augustin l'explique particulièrement des pères de famille — doivent exercer dans leur maison une sorte de sacrificature spirituelle.

Il enseigne qu'ils sont honorés par Dieu lui-même d'une mystérieuse dignité, qui leur donne les droits et leur impose les devoirs d*un ministère sacré : que Dieu, en un mot, les a élevés à un sacerdoce royal, et qu'en les faisant comme <les rois, il les a faits aussi comme des prêtres dans leurs familles, pour y offrir dés hosties spirituelles, c'est-à-dire les sacrifices de l'adoration, de la louange, de la prière et des bonnes œuvres (3).

(i A. de Musset, La nuit de mai.

(2) Saint Augustin, Trac. LI, in Joan. n' i3.

(3) M** Dupanloup, De l'Education, t. Il, i4l

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Oui, les pères et les mères, conscients de leurs responsabilités en matière d'éducation, devraient se comporter avec leurs enfants, un peu au moins,comme le prêtre se comporte à l'autel; avoir, dans toutes leurs démarches et dans toutes leurs paroles, la même gravité religieuse, la même réserve sainte, le même respect surnaturel.

Leurs enfants ne sont-ils pas des ciboires vivants, des calices qui renferment Dieu?

La délicatesse de leur âme et de leur conscience ne méritet-elle pas des égards célestes ?

Quelles sont les principales fonctions de ce ministère? i° L'union.

2° Le respect envers les grands-parents. 3° La circonspection dans le langage.

4° La dignité dans la tenue.

o° La fidélité aux pratiques religieuses. Pour l'union des époux, voir ce que nous avons dit au livre Ier.

§ 1. — Le respect des vieux parents.

— Pourquoi vos yeux sont-ils cernés de noir, grancTmère ?

— C'est pour avoir versé plus d'une larme amère.

— Et que murmurez-vous toujours, mère chérie,

Même quand votre enfant vous embrasse ? — Je prie ! (i)

Le respect des vieux parents est-il donc difficile ?

Il ne le serait jamais, si on avait la foi, qui fait observer le quatrième commandement, jusqu'à la délicatesse des vertus qu'il impose; si l'on ne perdait jamais de vue que les idées changent avec les années; si l'on n'oubliait pas que les organes et les membres vont s'afïaiblissant avec l'âge.

Alors on ne reprocherait aux vieux parents" ni leurs opinions, ni leurs manières de voir, ni leurs maladresses.

Faut-il attacher mie grande importance à ce respect ?

ASi les enfants voient que « bon-papa » et « bonne-maman » sont traités avec soin, affection et respect :

(i) Ratisbonne, La Comédie enfantine, p. i3a.

1° Ils en seront édifiés ;

2° Ils réprimeront, aussitôt que ressentie, l'envie de rire des tics, des manies, des impuissances qui sont les compagnons assidus du grand âge.

3° Ils puiseront, dans cette constatation, une leçon de piété filiale dont ils se souviendront plus tard, pour la grande consolation de leur père et de leur mère.

§ 2. — La circonspection dans le langage.

« Chez beaucoup, la langue va plus vite que la pensée. »

(Isocraïe.)

En combien de manières peut-on donner le mauvais exemple du langage?

En trois manières :

1° Quand on se met soi-même dans un état qui expose presque fatalement à des paroles déplacées (mali).

2° Quand on parle incorrectement (maie).

3° Quand on dit des choses malfaisantes (mala).

Quand s'expose-t-on à des paroles déplacées par « l'état » dans lequel on se met?

Quand on se laisse aller à la boisson ou à la colère.

Combien, dans ces moments de folie passagère, emploient des expressions triviales, grossières, blasphématoires, dont ils sont responsables au moins dans la cause, et qui produisent sur le moral des enfants des effets désastreux.

Dans ce cas, le mauvais exemple est double : il y a le mauvais exemple de l'ivresse ou de la colère, et celui des paroles défendues.

Quand parle-t-on « incorrectement » ?

1° Quand on emploie des expressions défectueuses.

Un vieux grammairien assurait que, d'après un pointage rigoureux, sur vingt personnes prises dans la société moyenne, dix-sept employaient couramment l'expression vicieuse : « Je m'en rappelle » pour : « Je me le rappelle » (1).

(i) F. Nicolay, op. cit., p. [&■}.

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Et les enfants parlent incorrectement parfois toute leur vie. 2° Quand on prononce mal.

Les enfants s'habituent alors à des défectuosités dont ils auront parfois bien du mal à se corriger.

Quand dit-on des choses « malfaisantes » ?

i° Quand on emploie des expressions de mauvais goût.

2° Quand on se permet des propos qui frisent l'immoralité, ou des critiques contre la religion.

3° Quand on se laisse aller à des boutades que les enfants prennent au pied de la lettre, alors qu'elles ont besoin d'être comprises comme nous les comprenons, pour n'être pas nuisibles.

Quel est le danger des expressions de « mauvais goût » ?

L'enfant relève, retient et répète les mots drôles et communs, bien plus vite et bien mieux que tous les autres.

Le père cultive plus ou moins le « genre charretier », le « genre apache », le genre « gamin de'Paris »; il veut, par exemple, laisser entendre qu'il ne prend nul souci de l'opinion de M. Untel, il dit qu'il peut « s'aller promener »; il l'envoie même « au diable » ni plus ni moins, et s'il n"est pas content, « il s'en f »

L'enfant retient ces expressions et les répète.

Et il y a quelque chose de très spécialement choquant à entendre des mots grossiers sortir de petites lèvres innocentes qui ne devraient connaître que respect, délicatesse et beauté.

Que faut-il penser de ceux qui se permettent des propos « immoraux » ou des critiques contre la religion et l'Eglise?

C'est à ceux-là que l'Évangile s'adresse, quand il dit qu'il aurait mieux valu pour eux qu'on leur eût attaché, à leur naissance, une meule de moulin au cou, et qu'on les eût ensuite précipités au fond de l'abîme.

Faut-il être aussi sévère pour les « boutades imprudentes »?

Non.

H s'en faut, cependant, qu'on puisse impunément se les permettre.

La question n'est pas de savoir ce que nous, grandes personnes, nous en pensons, mais bien ce que les enfants en pensent.

Une mère, par exemple, s'écrie dans un moment d'impatience :

— Ah ! que c'est donc ennuyeux d'avoir des enfants ! Nous savons, nous, ce que cela \eut dire.

Mais l'enfant?

N'en gardera-t-il pas un souvenir malfaisant, qui exercera des ravages dans sa conduite le jour où il sera devenu, dans une certaine mesure, maître de la vie?

Et sur l'instant, déjà, peut-on penser que cette réflexion soit inoffensive?

Une maman, qui avait à se reprocher la faiblesse d'une parole analogue à celle-là, voit son petit garçon de quatre à cinq ans faire tous les jours avec ferveur une prière supplémentaire. Elle s'étonne et interroge. Elle finit par obtenir cette réponse :

— Puisque c'est si ennuyeux d'avoir des enfants, je demande au petit Jésus de me reprendre, ce sera toujours un de moins.

{Authentique.)

§ 3. — La dignité dans la tenue.

Les enfants chancelants sont nos meilleurs appuis (1).

Quelle importance faut-il attacher à la bonne tenue?

Les bonnes manières sont le complément obligé de l'éducation; elles lui donnent ce je ne sais quoi qui plaît, qui attire et qui provoque la sympathie.

Eu quoi les parents doivent-ils la pratiquer?

En tout ce qu'ils veulent pouvoir demander à leurs enfants.

ils pensent et ils disent qu'il n'est pas de bon ton de se croiser les jambes, de bailler bruyamment, de s'accouder, de siffler, de regarder fixement les personnes avec qui l'on se trouve, etc.

Tout cela est très bien.

(i) V. Hcgo, L'art d'être grand-père, « Georges et Jeanne ».

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Mais encore, faut-il qu'ils commencent eux-mêmes par éviter ces incorrections contre lesquelles il est juste de prémunir l'enfant.

§ 4. — La fidélité aux pratiques religieuses.

« Vos enfants feront ce que vous ferez. Vos enfants seront ce que vous serez. » (i)

Quelle est l'importance du bon exemple dans les pratiques religieuses ?

L'importance est capitale.

Si, en effet, le troisième commandement est une sottise, comme disait un malheureux père à son fils, le lendemain de la première Communion, le quatrième commandement et les autres prendront bien vite le même caractère, aux yeux de l'enfant, logique et docile.

Si l'enfant, « en ouvrant les yeux et en scrutant la vie paternelle, peut se dire : « Mon père n'est pas chrétien, pour- » quoi le serais-je moi-même ? » son apostasie est à peu près certaine » (2).

Quelles sont les habitudes dont il convient de donner l'exemple ?

1° On récitera, au moins le soir, la prière en famille. 2° Chaque dimanche, on assistera aux offices du matin, et, autant que possible, de l'après-midi, un livre en mains.

— Je fais comme- papa, disait le P. Nempon enfant, quand on voulait lui faire tenir un livre, au lieu d'avoir les bras croisés.

3° On donnera aux enfants l'exemple d'un grand attachement à l'Eglise et d'une profonde vénération pour les ministres de Jésus-Christ.

4° On prendra la défense de la religion et de l'Eglise, quand elles sont attaquées, et on habituera les enfants à la lutte du bien contre le mal.

5° Le plus souvent possible, on verra les parents s'agenouiller à la Table sainte, avec, à côté d'eux, tous ceux de leurs enfants qui ont atteint l'âge de raison.

(i) M«r Gibier, La désorganisation de la famille, p. 442- (2) Ibid., p. 296.

Les parents qui ont compris l'importance du bon exemple ne devraient-ils pas être fidèles à la communion fréquente ou quotidienne ?

Oui; et pour nous convaincre de la vérité de cette affirmation, il suffit de nous rappeler deux vérités indiscutables.

La première, c'est que, de nos jours, sans la communion fréquente ou quotidienne, un jeune homme et une jeune fille ne peuvent guère avoir de vertu complète.

La deuxième, c'est que les enfants ne suivent généralement leurs parents dans la voie du bien qu'à une distance plus que respectueuse.

Et si les parenls étaient des communiants, on n'aurait pas sous les yeux ce spectacle, souverainement attristant et inquiétant, de jeunes gens et de jeunes filles qui s'approchaient de la sainte Table tous les jours, en pension ou pendant leurs études, et qui, une fois rentrés au foyer, au temps des vacances ou après leurs classes, abandonnent la régularité, tombent dans la négligence et risquent de se perdre.

Il faut que les parents puissent dire de leurs habitudes chrétiennes ce que le bon roi Henri disait de son panache blanc : « Suivez-le, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire. »

Les habitudes religieuses entraient dans le régime de leur maison comme le boire et le manger, disait Mfr Parisis de ses parents (1).

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