‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 44 sur 135 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La nécessité de la surveillance

C'est à moi

De te dire tout bas : Ne crains rien.' Je suis là!

(V. Hcgo.)

La surveillance est-elle « nécessaire » ?

Oui, pour plusieurs raisons.

1° L'enfant, qui ne sait pas, est naturellement imprudent et téméraire.

2° L'enfant porte en lui les suites du péché originel.

3° Il est environné d'ennemis extérieurs.

4° Il subit, au moment de son développement, une crise intérieure redoutable.

Article I. — L'enfant est naturellement imprudent.

Ah ! le petit babouin !

Voyez où l'a mis sa sottise ! (i) L'enfant marche joyeux sans songer au chemin (2).

A quoi tient l'imprudence naturelle de l'enfant?

Le voici: l'animal a l'instinct pour se guider; et, par l'instinct, il évite les choses nuisibles, il s'abrite contre les dangers, il discerne les plantes vénéneuses, il trouve les graminées qui le doivent soulager.

L'homme a, lui aussi, une faculté que les philosophes appellent l'estimative ou l'instinct ; mais elle est peu développée, et elle n'a guère besoin de l'être.

Le véritable guide de l'homme, en effet, c'est sa raison, son jugement et son expérience.

Mais l'enfant ?

Sa raison commence à peine à s'exercer ; son jugement n'est pas formé ; son expérience est nulle. Il lui faut donc un guide, un protecteur, un défenseur, un soutien.

Qui remplira auprès de lui ces fonctions nécessaires?

Les parents, et les parents seuls : ils sont, de par leur nature même, la seconde providence, la providence visible de leurs enfants.

(i) La Fontaine, Fables, I, 19

(2) A. de Musset, Les vœux stériles.

l'éducation morale 155

La surveillance s'impose.

Elle est pour les parents un devoir grave.

Quelle conclusion faut-il tirer de ces constatations ?

C'est qu'il y aurait imprudence à laisser trop tôt l'enfant se conduire seul et à sa guise.

Ce serait d'ailleurs supposer que sa raison et sa volonté sont déjà formées, alors que, dans l'hypothèse, il s'agit précisément de leur formation ; ce serait supposer l'éducation déjà faite, tandis qu'elle est à faire.

Article II. — L'enfant porte en lui les- suites du péché originel.

Péché ! Péché! Le mal est dans les nouveau-nés !

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