‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 48 sur 135 · H. MOREAU · texte numérisé non relu

H. MOREAU

Est-il vrai qu'il y ait danger pour la vertu des enfants dans le milieu même de. la famille?

Les parents me croiront-ils? demande MBr Dupanloup Ui. C'est souvent sous leur toit et presque sous leurs yeux, qu'une malheureuse et fausse sécurité tient fermés, c'est là souvent que le mal se fait dans leurs enfants. Et comment l'empêcheraienl-ils? Ils ne le soupçonnent même pas.

« Le père » peut-il être un danger pour ses enfants?

Nous nous hâtons de le dire : le danger est très rare, mais, héias! il n'est pas chimérique; voilà pourquoi nous sommes obligés d'en faire mention; qu'on nous le pardonne!

Quand le père est-il un danger pour ses enfants?

Quand il méprise la religion et la morale au point de ne les respecter ni en lui-même ni dans les autres.

La mère, qui lui a été mariée ou qui l'a accepté, le jour où il a voulu se ranger et faire une fin, et cela parce qu'il avait une belle situation ou parce qu'elle avait laissé prendre son cœur, la mère, imprudente ou sacrifiée, sera obligée, si elle veut préserver ses enfants, de les défendre contre la malfaisante influence de leur père!

(i) De l'Education, t. III, p. 446.

Quelle situation! grand Dieu!

Si elle ne le faisait pas, ces pauvres petits, qui sont la chair de sa chair et l'os de ses os, qu'elle voudrait sincèrement conduire au ciel, comme c'est son devoir, d'ailleurs, perdraient au contact de leur père leur foi et leur vertu.

Il est des hommes assez dégradés pour ne respecter ni la foi de leurs fils ni la vertu de leurs filles.

En quoi consiste le danger qui vient des « grands frères » et des « grandes sœurs » ?

11 est quintuple.

1° Le mal peut venir d'une action mutuelle: l'un se moquant de l'autre ou corrompant l'autre, ou entraînant l'autre.

Est-ce possible?

C'est presque fréquent. (1)

2° Le mal peut venir de Faction des aines sur les plus jeunes. Les premiers abusent de cette autorité que donnent la taille et l'âge, et quand ils sont les uns et les autres, seuls et sans surveillance, le diable joue de pair avec eux son horrible jeu de lentation et de péché.

3° Le mal peut venir du seul mauvais exemple.

D'instinct, les petits enfants imitent les plus grands, et ils fout beaucoup plus vite ce qu'ils voient faire par leurs frères et sœurs que ce qu'ils entendent recommander par leurs parents. .

4° Le mal peut venir de la complicité ignorante. des plus jeunes; leur timidité en fait des instruments dociles, et leur ingénuité sert de couverture aux pratiques les plus inavouables.

5° Le mal peut venir de l'affection mal ordonnée des aînés qui gâtent et contribuent à déformer ceux qui sont venus après eux.

Que faut-il penser de cette excuse : Mon enfant n'a pas de camarades; il ne sort jamais; il ne joue qu'avec ses frères et sœurs?

D.ins la grande majorité des cas, elle sera suffisante pour calmer les inquiétudes des plus délicats; mais ce serait man-

(i) Jean et Féli de Lamennais : « Féli a été ordonné prêtre... Il lui en a coûté singulier meni. M. Carron d'un côté, moi de l'autre, nous l'avons entraîné; maissa f>au^re â ne est encore ébranlée de ce coup. » Paul Janbt. La philosophie de Lumennais, p. 7.)

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quer de sagesse et de prudence que d'en faire le point d'appui d'une sécante absolue. Dès là qu'il y a possibilité de mal, il y a obligation de surveillance.

Quel serait le remède ?

Le remède serait de si bien appliquer, dés le principe, les lois et les méthodes de la bonne éducation, que la conduite des aînés fût toujours une leçon de choses illustrant, de la plus attrayante manière, les recommandations et les conseils des pères et mères.

Le danger n'est-it pas plus grand quani il s'agit des « cousins » et des « cousines » ?

Au moins, il apparaît tel aux yeux de tous ceux qui savent regarder et qui veulent voir.

Ici, les chutes sont innombrables.

Un bon père de famille nous racontait, un jour, en pleurant, la honteuse aventure arrivée à ses enfanls de par leur fréquentation avec un cousin. Dms l'espace, ce n'était qu'un accident, car les pauvres viclimes ne se doutaient de rien : le séducteur leur avait endormi la conscience.

Un domestique avait été chargé, par son jeune maître, d'acheter un livre licencieux. Il n'osa pas désobéir ; puis, honteux de sa lâche complaisance, il s'en ouvrit au précepteur des enfants, qui s'efforça de savoir comment le jeune homme, bien élevé, avait pu connaître même le titre de l'ouvrage. Un cousin venu du collège avait parlé de ce livre et l'avait déclaré fort amusant. Le cousin ne fut plus invité. N'était-il pas déjà trop tard? (i)

§2. — Le personnel.

« Sans la vigilance, l'amour du père et de la mère n'est p us qu'un aveulie instinct et un sentiment stérile. » (\)

Quel est le personnel qu'il faut surveiller dans ses rapports avec les enfants?

Ce sont :

i° Les ouvriers qui passent ;

(i) Depoisier, l'Education, p. 22-23.

2° Les fournisseurs qui vont et viennent ; 3° Les professeurs qui séjournent; 4° Les employés; 5° Surtout les domestiques.

Pourquoi faut-il surveiller les «ouvriers » et les « fournisseurs » f

Eh ! mon Dieu ! tout simplement parce qu'ils sont des hommes, et qu'ils ne sont pas tous, par conséquent, des saints ni des héros de vertu.

Pourquoi faut-il surveiller les « professeurs» ?

Parce qu'ils séjournent et remplissent leurs fonctions en tête-à-tête prolongé. (2)

Combien de maîtres de solfège, de chant ou de piano ont dépassé la mesure, détruit l'harmonie des cœurs ou jeté le désaccord dans les familles !

Une jeune fille désire apprendre l'anglais; mais, comme par hasard, le professeur qui réalise les meilleures conditions se trouve être justement un jeune officier de l'armée britannique !

Pourquoi faut-il plus spécialement surveiller les « employés » ?

Parce que les relations sont plus fréquentes et deviennent facilement plus intimes.

La jeune fille, par exemple, travaille au bureau ; le jeune

homme est en contact journalier avec des dactylographes

Oh ! ils sont tous sérieux ! Ils n'ont pas besoin de surveillance, dit-on; on ne surveille pas, et les catastrophes se produisent.

Pourquoi faut-il, par-dessus tout, surveiller les « domestiques » ?

Parce que : 1° Us jouent un rôle quelquefois important dans l'éducation des enfants de leurs maîtres ;

2° Ils n'ont pas toujours les qualités voulues pour s'acquitter, comme il serait convenable, des délicates fonctions qui leur sont réservées.

d) M«r Gibier, La désorganisation de la famille, p. 275.

(2) Peut-être convient-il de se défier plus encore des institutrices de nationalité étrangère : le cynique roman de Marcel Prévost, Les Anges gardiens, n'est pas

Comment les domestiques sont-ils amenés à exercer une part d'influence sur l'éducation des enfants ?

• 1° Volontairement, ou nécessairement, les parents se déchargent sur eux du soin de l'éducation : quand les enfants sont petits d'abord; plus tard aussi, quand Madame reçoit, quand Madame sort, quand Madame est à sa toilette; quand Madame est occupée, fatiguée, etc. Les enfants sont alors à la cuisine ou avec quelque domestique.

2° Les enfants recherchent la société des personnes de service, parce qu'ils y ont moins de contrainte à s'imposer et qu'ils y trouvent, ordinairement, quelque satisfaction de vanité/

Les domestiques ont-ils généralement les qualités voulues pour remplir ces délicates fonctions ?

Il en est dont la société ne saurait en rien causer préjudice à l'enfant : nous en avons connu qui étaient meilleurs éducateurs que leurs maîtres eux-mêmes.

Mais, hommage rendu à ces admirables et trop rares exceptions, il faut bien reconnaître que, le plus souvent, le milieu de la cuisine, de l'office ou du garage constitue une triste école de formation et de vertu :

La femme de chambre donne des motifs de suspecter sa régularité. La bonne d'enfants promène Bébé dans la direction de ses petites rencontres. Le chauffeur sacre comme un charretier, et fête quelquefois plus que de raison la « dive bouteille ».

Et voilà cependant les premiers éducateurs habituels de certains enfants.

Et cette

Suprême beauté de l'enfant innocent (1), on la laisse entre les mains de gens à qui on n3 confierait peut-être pas un billet de cent francs !

Les parents s'entourent-ils de toutes les précautions possibles pour n'avoir qu'un personnel de choix ?

Il ne s'agit pas ici des pères et des mères qui se font les artisans de la démoralisation de leurs enfants. (Nous en con-

(i) V. Hugo, L'art d'être grand-père.

naissons qui avaient promis à leur fils grandissant, s'il travaillait bien, de lui donner, pendant les vacances, une petite bonne pour lui tout seul.) Nous ne nous occupons, en ce chapitre, <|ue des gens sérieux, qui ont au moins la notion de leur devoir et une certaine volonté de le remplir. Eh bien! ceux-là ne prennent pas toujours toutes les précautions possibles pour éviter les surprises. Quand il s'agit de gager un domestique, ils se munissent de renseignements et en exigent d'excellents, mais ils ne considèrent pas assez que ces renseignements sont, trop souvent, sujets à caution, et qu'en aucun cas ils ne sauraient dispenser de la surveillance; d'autres attachent plus d'importance aux aptitudes professionnelles et techniques qu'à la distinction et à la vertu.

Une mère, raconte M* Dupanloup (1) au désespoir de ce que son fils était renvoyé d'une maison d'éducation, pour une faute honteuse, s'emporta et dft au supérieur :

— Si mon fils sait le mal, Monsieur, c'est chez vous qu'il l'a appris; je vous l'avais confié pur.

Mais le supérieur, malheureusement, était fondé à lui répondre :

— Non, Madame, ce n'est pas ici que votre fils a appris le mal. Vous avez encore chez vous, à l'heure qu'il est, un domestique qui

a toute votre confiance; c'est lui qui a perdu votre fils Interrogez

vous-même votre enfant !

§ 3. — Les camarades.

Il suffit qu'un oiseau vienne sur une rive Pour qu'un deuxième oiseau tout en hâte l'y suive

(V. Hugo.)

Pourquoi faut-il surveiller les camarades ?

1° Parce qu'ils sont très influents.

2° Parce que leur influence est souvent pernicieuse.

Les camarades sont-ils donc si « influents » ?

Trop souvent ils prennent sur les enfants une autorité supérieure à celle dont jouissent les parents, les maîtres e le prêtre lui-même.

Voici trois exemples :

1° Pourquoi cette fillette, d'ordinaire si docile, fait-elle de; difficultés pour porter tel objet de toilette?

(i) De l'Education, t. III, p. 44i-

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Parce qu'une de ses compagnes s'est moquée d'elle; ou on lui a simplement dit que cela n'était plus de mode.

Et à détruire l'impression produite par ce jugement, si précipité et si faux qu'il soit, l'autorité des parents s'est épuisée; ils vaincront peut-être, mais nous doutons qu'ils puissent jamais convaincre.

2° Nous avons connu -un jeune pensionnaire de quatorze ou quinze ans, à qui ses parents donnaient peu d'argent — ce en quoi, à notre avis, ils avaient parfaitement raison, — et qui s'en procurait par des moyens dont l'honnêteté était douteuse.

Et comme nous lui manifestions un certain étonnement, il nous répondit :

— Les élèves se moquent de ceux qui n'ont pas d'argent. Et dans l'esprit de ce jeune homme, les camarades avaient

raison : il lui fallait donc de l'argent ; ses parents, qui ne lui en donnaient pas assez, avaient évidemment tort.

3° En question surnaturelle, qui donc forme la conscience des enfants*?

Les parents? — Presque jamais.

Le prêtre? — Il arrive trop tard et il connait trop peu.

Le plus souvent, ce sont les camarades et les compagnes.

— Tu dis cela à confesse? Moi, je ne le dis pas.

— Tu te confesses à M. X... ? Moi. je n'y vais plus, il est trop difficile; il pose des questions. Je vais à M. Y... : il ne dit jamais rien.

— Moi, je n'aime pas de me confesser à quelqu'un qui me connaît

CVsl fait.

L'éducation, en matière de confession, est faussée.

Et il faudra des mois, et des années peut-être, pour arriver à corriger, par des prodiges de lumière et d'amour, la fâcheuse impression produite clans les consciences, par ces imprudences de paroles, d'appréciations et de conseils.

D'où vient l'influence des camarades ?

Elle vient de la fréquence et de la prolongation des rencomres.

Elle vient de l'entraînement de l'exemple. Elle vient de l'amour-propre qui engendre l'émulation.

Pourquoi l'influence des camarades est-elle souvent pernicieuse? \° Parce qu'il y a beaucoup de mauvais camarades. 2° Parce qu'ilssont plus intéressants que les autres. 3° Parce que les parents ne se défient pas assez.

Est-il vrai qu'il y ait « beaucoup » de mauvais camarades ?

Hélas!

Qui dira le nombre d'enfants qui ont été perdus par eux? Dieu seul peut le connaître.

Mais l'expérience nous apprend qu'il est considérable, très considérable.

Pourquoi les mauvais camarades sont-ils plus « intéressants » que les autres ?

i° Parce qu'ils exploitent le désir d'indépendance qui sommeille au fond de tout cœur d'enfant;

i° Parce qu'ils enseignent les moyens de se procurer de l'a rirent ;

3° Parce qu'ils expliquent certaines choses, sur lesquelles l'esprit travaillait depuis longtemps peut-être, sans arriver à comprendre.

i° Parce qu'ils parent leurs vices d'un vernis d'élégance, tundis que les autres peuvent conserver quelquefois des ridicules qui rejaillissent jusque sur la vertu (1).

Aussi l'attachement est profond : et les parents qui veulent le briser, après l'avoir laissé se produire, se heurtent à des résistances parfois insurmontables.

Est-il vrai que les parents r ne se défient pas assez » ?

S'ils étaient sagement défiants, ils n'accepteraient pour leurs enfants qu? des camarades choisis, triés sur le volet, dont l'influence pût favoriser la vertu et aider à l'éducation.

Au lieu de cela, ils s'en remettent, pour la désignation à intervenir, au hasard des circonstances : les enfants suivent les mêmes cours, auprès d'un même professeur; ils sont de

(i) Que fait-on, du reste, pour rendre la vertu attrayante? Combien se perdent même parmi les plus intelligents, à cause de l'odeur de moisi d'intérieurs qu'on n'égaie pas.

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la même classe, dans un même collège ; ils prennent la même route, pour se rendre aux mêmes buts; ils se voient, ils se fréquentent, ils deviennent amis.

C'est de ces amis de hasard que l'on peut dire qu'ils sont souvent funestes. Au moins doivent-ils être l'objet d'une sérieuse surveillance.

Quels sont les principes qui doivent guider les parents dans la surveillance de leurs enfants?

Premier principe. — Dans toute camaraderie prolongée ou intime, c'est presque toujours le pire qui entraine les autres et les façonne à son image.

Deuxième principe. — Quand deux petits jeunes gens qui ne sont que légers se réunissent, ils deviennent des gamins; si un troisième et un quatrième s'y adjoignent, la « gaminerie » du groupe suit une progression ascendante géométrique, c'est-à-dire répondant à 2, 4, 8.

Troisième principe. — Si les enfants, jeunes gens, fillettes qui se fréquentent sont bons, le danger n'a pas disparu.

« Toutes les fois que j'ai été dans la compagnie des hommes, j'en suis revenu moins homme que je n'étais », a dit Sénèque (1).

C'est exagéré.

Mais il est d'expérience que, généralement, les hommes deviennent moins bons en se fréquentant, en se groupant, en s'associant. Ceux qui ont écrit de la « psychologie des foules » l'ont surabondamment démontré.

Considérez les assemblées politiques, les ouvriers dans les usines, les émeutiers dans la rue (2).

Que faudrait-il pour que le danger fût écarté ?

Il faudrait le sel de la sagesse, c'est-à-dire la prudence, chacun se défiant de soi et des autres, et la volonté positive du bien et de la vertu, chacun se servant, pour devenir meilleur, de l'appui que donne l'affection.

(i) Ep. VIII.

(3) Quand les hommes s'unissent, les oreilles s'allongent, dit un proverbe anglais — « Le postulat de toute recherche proprement sociologique, c'est l'idée que le tout social est quelque chose d'autre que la somme de ses parties. « (Congrès de philosophie d'Heidelberg-, marxisme et sociologie, C Bougie, p. 723.)

Uuand vous êtes deux dans quelque intimité, dit un saint, il y a toujours un troisième qui s'adjoint à vous : c'est Dieu ou le démon.

Cette pensée résume tout ce que nous voulions faire entendre.

S 4. — Les frères et sœurs des amis que les enfants se sont faits.

Si vous croyez que je vais dire qui j*ose aimer! »

lA. DE Ml .SSET.Ï

Pourquoi faut-il pousser la surveillance jusqu'aux frères et sœurs des amis des enfants?

Parce qu'il peut y avoir un véritable et grand danger.

Certain jeune homme. a choisi un tel et un tel pour amis, parce qu'ils ont une sœur.

Certaine fillette a choisi une telle et une telle pour amies, parce qu'elles ont un frère.

Et cette prétendue amitié sert de couverture à des démarches sensuelles, à des rencontres non avouées, à des démonstrations qui seraient heurtantes, si elles étaient sorties du cadre dans lequel on est habitué de les voir.

§ 5. — Les personnes qu'on invite.

Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point]

(La Fontaine.)

Quel est le danger que présentent ces invitations ?

Les invités ont des enfants : à table, on les place à côté des vôtres, pères et mères. Regardez : ne remarquez-vous pas ces sourires de mauvais aloi, ces coups d'ceil furtifs et comme inquiets, ces subites rougeurs qui montent au front

et aux joues , puis, après le repas, cet empressement

d'échapper à toute surveillance?

Il y a là vraiment de quoi vous inspirer de l'inquiétude.

Et, loin de favoriser une amitié de ce genre, vous devriez profiter, pour rompre, de la première occasion, ou la faire naître, cette occasion, si elle tardait à se présenter naturellement (l).

(i) D'après Charruau, Aux mères, p. i33.

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§ 6. — Les voisinages des villes d'eaux.

« Veillez, parce que le démon, votre éternel ennemi, semblable à un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il dévorera. » (1)

Quel est le danger spécial des plages, villes d'eaux, etc.?

Il est le produit quintessencié de trois défauts qui y régnent en maîtres : l'oisiveté, mère de tous les vices; le laisser-aller des jours de canicule; la mondanité du milieu (2).

En général, l^s habitués des stations balnéaires ne sont pas des gens sérieux.

Ils y vont pour se reposer et s'amuser.

Ce n'est donc pas pour se mettre chaîne au cou ou martel en tète, à propos des enfants et de leur surveillance.

Aussi, ce que les plages perdent de petits jeunes gens, de petites jeunes filles (ou même de personnes plus âgées) nous parait être en nombre incalculable.

Et que nous comprenons les parents qui ne veulent pas passer leurs vacances, sur le bord de la mer, à cause du trop grand danger qu'y courraient leurs enfants!

§ 7. — Les rencontres fortuites.

« La méfiance est mère de la sûreté. » (La Fontaine.)

Qu'entendez-vous par rencontres fortuites?

Te sont es relations créées par le lnsard des voyages. voire m^me des pèlerinages, qui ne sont, pour certains, que du tourisme en bannière, etc.

Quel est le danger de ces sortes de rencontres ?

Il est double :

1° On est, inconnus, en face d'inconnus; il convient donc de se défier de soi-même et d^s autres.

2° La communauté d'oi>je<tif engendre lacilement une intimité qui peut être dangereuse.

(i) / Petr. v, 8.

(2) Ajoutons : le fait de n'être pas chez soi et de pouvoir se débrider loin des regards curieux. La femme d'un journaliste dis ut à so ■ fils : F*is la noce à la campagne, en Suisse, à la mer; mais pas ici : le journal en souffrirait!

Article II. — Les choses.

Je t'ai dit : « Chasse Satan, s'il entre.

Tous les crimes hideux rôdant hors de leur antre

Guettant l'homme éprouvé, Te trouveront debout sur leur route » (1)

Quelles sont les choses qui doivent être l'objet d'une spéciale surveillance?

Ce sont :

1° Les récréations; 2° L'argent; 3° Les lectures; 4° Les exercices de piété.

§ 1. — Les récréations.

« Celui qui aura voulu s'amuser avec le diable ne pourra se réjouir avec le Christ. » (2

Que doivent être les récréations ?

Pour mériter leur nom, les récréations doivent être une nouvelle création des forces et des facultés; elles ne doivent jamais tourner au détriment de la santé ou à la démolition de la moralité et de la religion.

Pourquoi faut-il surveiller les « jeux des enfants » ?

Parce que les enfants, inexpérimentés et naturellement imprudents, pourraient se livrer à des jeux dangereux pour leur santé, leur vie ou leur vertu. (Nous avons vu, au livre deuxième, ce qui intéresse la santé dans les récréations, nous n'y revenons pas.)

N'y a-t-il pas encore un autre avantage attaché à la surveillance des jeux ?

Oui.

C'est pendant le jeu que les enfants se montrent le plus naturellement ce qu'ils sont, et qu'ils fournissent à l'éducateur intelligent la meilleure part de ses renseignements et la plus pure lumière de son expérience. (3)

V. Hugo, La légende des siècles, « La vision de Dante ». (2j Sai>t Pierre Crrtsologue.

(3; Dans les collèges, les mieux renseignés sont les plus jeunes professeurs qui se mêlent aux jeux des élèves.

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Qu'arrive-t-il quand les éducateurs ne comprennent pas l'importance de cette surveillance?

Les enfants se livrent à des jeux déplacés, à des jeux de mains, à des jeux dangereux, à des jeux d'argent.

Souvent même ils sont exposés au principal ennemi de toute la famille : la rue.

Pourquoi faut-il surveiller les « divertissements des adolescents » ?

Parce qu'il en est qui constituent un danger pour la santé, d'autres qui exposent la foi, d'autres enfin qui compromettent la vertu.

Quels sont les divertissements qui exposent la foi?

1° Ce sont les sociétés, les soirées, les réunions, où les impies se donnent rendez-vous et dans lesquelles on érige « des chaires de pestilence » (1 .

2° Ce sont les fêtes, les séances, les clubs qui occupent toute la journée ou au moins toute la matinée du dimanche.

Un des articles du programme arrêté dans les Loges maçonniques est d'établir des fêtes civiles et des concours, de donner des spectacles et des conférences surtout le dimanche, de multiplier les clubs dont les expéditions et les parties de plaisir se font aussi le dimanche; tout cela dans le but avoué de faire abandonner l'église, de détourner les chrétiens des cérémonies religieuses, par l'appât des divertissements profanes (2).

Que feront donc les parents qui veulent remplir sur ce point leur devoir de surveillance ?

Ils ne permettront jamais à leurs jeunes gens ou à leurs jeunes filles de s'engager dans des sociétés douteuses.

Il est facile de se tenir à l'écart, et il faudrait presque de l'héroïsme pour s'arracher à l'engrenage, quand on y a laissé prendre ne fût-ce que l'extrémité de la main.

Quels sont les divertissements qui compromettent la vertu?

Ce sont les bals, les spectacles, les concerls, les cafés, etc., et généralement tous les plaisirs qui entraînent à des rentrées démesurément tardives.

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