‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 63 sur 135 · I. — L'amour des frères et sœurs · texte numérisé non relu

I. — L'amour des frères et sœurs

Rien ne remplace l'amitié d'un frère et d'une sœur : c'est la moitié de nous-mêmes.

Comment peut-on former les enfants à l'amour de leurs « frères et sœurs » ?

1° En leur faisant remarquer que les frères et sœurs portent le même nom; ont le même père et la même mère; gran-

Xiçolay, op. cit., pp. 30o, 36i, 363, 3&J.

M*r Baunard, Dieu dans l'école, t. Ier, p 450.

dissent dans la même maison : partagent la même table et les mêmes jeux; reçoivent la même éducation; ont, généralement du moins, les mêmes idées, les mêmes goûts, et sensiblement les mêmes inclinations; que, par conséquent, la sympathie est instinctive, et l'amour doit être naturel.

Et qui donc aimerez-vous. si vous n'aimez pas votre frère ? C'est presque vous aimer vous-même, si j*en crois l'étymologie, qui veut que le nom de frater se compose de ces deux mots : fere dlter, c'està-dire presque un autre vous-même (1).

Le vicomte de Melun écrit dans ses Mémoires ; « II m'est doux, en

rappelant les premières années de mon existence, d'avoir à parler au

pluriel. Un frère jumeau me fut donné, qui ne m'a point quitté d'un

pas dans la carrière. Ma vie est sa vie: mes joies ont été les siennes,

succès les miens. Ce n'est pas Anatole et Armand, lui et moi,

Quelle est la condition nécessaire de cet amour? C'est le respect.

I" Ce respect interdit d'abord toute parole et toute action qui. de près ou de loin, porterait atteinte à l'honneur et a la réputation; '

2" 11 interdit ensuite, au nom de la justice, tout ce qui pourrait léser les droits des uns ou des autres : chacun doit se contenter de sa part dans les biens de famille, et aucun ne doit user de flatterie ou de fraude pour s'attribuer ce qui ne lui revient pas (2>.

3° Il met en garde contre l'envie,

Ce monstre hideux, toujours de nuire avide (3).

La fraternité est un vase dans lequel la nature avait versé pour vous la douceur du miel ; vous y versez a la place le fiel et le vinaigre, et vous en empoisonnez toute votre existence (4).

Quels seront les fruits de cet amour ?

1° C'est l'édification.

Car les frères doivent être frères pour toujours ; et la « fraternité n'aboutirait qu'à la tristesse et au désespoir, si sa durée finale, ou mieux sa durée sans fin, n'était l'éternité(4).

L'antiquité classique cite deux frères célèbres. Castor et Pollux, inséparables sur la terre, et dont la fable a l'ait ensuite deux étoiles qu'elle a placées dans le ciel : la constellation des Gémeaux. Voilà

II) M«r Baunard, Dieu dans l'école, t. Ier, p. 458-45g.

i2i J Guibert, Cours de morale théorique et pratique, p. 2o3.

i. Corneille, Les métamorphoses d'Ovide 1. II, 76. [4J M'- Bau.nard, Dieu dans l'école, t. Ier, p. 462-464.

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l'image des frères : les Gémeaux: voilà leur place : le ciel; non pas le ciel des astres, mais le ciel des saints 1 1 ).

L'édification se donne par le bon conseil et par le bon exemple.

2° C'est l'assistance.

Les aînés peuvent se faire, au sein de la famille, les précepteurs et les instituteurs de leurs frères plus jeunes.

Ce sont là des spectacles à réjouir les chœurs des anges il».

Leur lâche deviendra plus importante si le père ou la mère viennent à disparaître : les grands frères ou grandes sœurs assument alors le rôle de chefs de famille.

La serviabilité doit, jusque dans l*àge mùr. caractériser les relations entre frères et sœurs ['2\ :

Ils s'aident de leurs lumières, de leurs biens, quand c'est nécessaire, de leurs prières toujours.

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