‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 69 sur 135 · I. — La douce France · texte numérisé non relu

I. — La douce France

Même tombée au fond de la souffrance,

Même dans le sépulcre, elle a l'étoile au front.

(V. Hugo.)

Comment convient-il de parler de la France?

Avec cette ferveur d'admiration émue que nos lointains aïeux mettaient dans toutes leurs paroles, quand il était question de la France.

Ils l'avaient appelée a la douce France ». a vocable magnifique où toute la tendresse de nos pères est enclose

Les trouvères et jongleurs du moyen âge la chantaient : à La France

le gai pays ». — « La France est le plus beau royaume après le

ciel. » — « Quand Dieu fonda cent royaumes, le meilleur fut douce

France. >» — « Quand le doux vent vient a souffler du côté de mon

piys. m'est avisque-je sens une odeur de paradis. ■> (4)

Berte aux grands pies doit quitter sa mère. Elle est dans ses bras, tout en larmes :

Douce mère, il semble que j'aie au cœur comme un coup de couteau !— Fille, ne pleurez pas! Sovez plutôt joyeuse: vous allez en France !

La douceur de la France, elle émeut nos entrailles dans les adieux de Guillaume d'Orange :

Vers douce France il sest retourné, et un vent de France le frappe au visage. Il découvre .sa poitrine pour le laisser entrer plus à plein.

li) R. Bazin, L i doua France, p. i6.

(2) Jean Vaudtn.

(3) R. Bazin, La douce France, Avant-propos, vi.

(4) Bernard de Ventadovr.

Placé contre le vent, il se met à genoux : « 0 doux souffle qui vient de France ! Là sont tous ceux que j'aime. Je te remets entre les mains du Seigneur Dieu. car. pour moi. je ne pense plus te revoir. »

Et les pleurs inondent son visage: son bliaut lui-même en est arrosé (i).

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