‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 17 sur 83 · CA · texte numérisé non relu

CA

DE MARiE DE L'INCARNATION. 73

» dès le commencement pour vous sauver par la sanctif- » cation de l'Esprit, et par la foi de la vérité. »

Or, le Saint-Esprit est tellement Dieu, qu'il est néanmoins une personne réellement distincte des de1x autres. Les passages que nous avons apportés pour montrer qu'il procède du Père et du Fils prouvent cette vérité : car ce qui procède et ce qui est produit, est nécessairement distinct du principe d'où il procède, et qui le produit. Et de plus saint Jean que nous avons déjà cité, dit (I. Joan. 5. 7.) : « Qu'il y en a trois qui rendent témoignage dans le » ciel, le Père, le Verbe, et le Saint-Esprit; et que ces trois » ne sont qu'une seule chose. » Quand il dit que les trois personnes sont une même chose, il entend qu’elles sont un même Dieu; et quand il dit qu'il y a trois personnes, il montre qu’elles sont distinctes ; car le nombre les multiplie, et où il y a mvltiplication, il y a aussi distinction.

CONTINUATION DU MÊME ARTICLE

Le Saint-Esprit produit des effets merveilleux dans les âmes et leur fait des dons excellents, qui découlent de sa bonté comme J'une source de biens qui ne peut tarir. Car encore que les opérations et les grâces que Dieu fait extérieurement soient communes aux trois personnes, plusieurs néanmoins sont attribuées au Saint-Esprit, comme nous avons dit ailleurs qu'il y en a d’autres qui sont attribuées au Père, et d’autres qui le sont au Fils.

Le premier présent que le Saint-Esprit aous fait, c'est de lui-même ; car il est amour, et le premier présent que nous faisons à une personne que nous aimons, c'est l'amour

CAT. M, INC. 7

que nous lui portons; les autres présents que nous lui faisons étant plutôt des marques et des indices de ce premier présent, que des présents véritables. De là vient que cet Esprit divin est particulièrement appelé Ze don de Dieu, le don du Très-Haut. Ce don avait été promis aux hommes par l'organe du prophète Ezéchiel (37. 6.) : « Je vous » donnerai mon Esprit et vous vivrez. » Et par le prophète Joel (2. 28.) : « Lo temps viendra que je répandrai mon » Esprit sur toute chair : vos fils et vos filles prophéti- » seront, les vieillards auront des songes mystérieux, et » les jeunes auront des visions. Et de plus, en ce temps-

» là, je donnerai mon Esprit à mes serviteurs et à mes

» servantes. »

Cet Esprit saint nous fait encore d’autres dons que l'on appelle par excellence les dons du Saint-Esprit. Ils sont sept en nombre, et voici les noms et l'ordre que le prophète Isaïe leur donne {11. 2.). « L'Esprit de sagesse et d'enten- » dement, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de » science et de piété, l'Esprit de la crainte du Seigneur. » Il est de conséquence de bien connaître la nature et les effets de ces dons, car c’est de là que nous connaîtrons si le Saint-Esprit habite em nous, ce qui est la plus grande consolation que nous saurior : avoir en cette vie.

Le don de sagesse est una connaissance lumineuse et savoureuse tout ensemble des choses de Dieu, qui nous en donne du goût et nous y fait trouver du plaisir. Ce don est le ::.ractère des prédestinés, parce qu'il dispose tellement le cœur, qu’il prend plus de goût et de plaisir dans les vérités divines, et dans le plus petit degré de grâce et de vertu, que dans toutes les créatures.

Le don d'entendement, de pénétration, ou d'intelligence, est une lumière surnaturell: ‘ui nous découvre et nous fait pénétrer les vérités du cel, les saints mystères, et quelquefois les Ecritures saintes avec une merveilleuse facilité. De là vient qu'il se trouve des personnes simples

sont l notre |

Le relles :

et de] et pou entend au bier

Le d et mêm culière, de la r.

les con vœux, bles, q

gagné à

ai faiemier ue cet Dieu, homà VOUS Jphète i mon >phétiux, et temps-

à mes

ue l’on ls sont rophète l'entenprit de eur. »

et les ons si grande

puse et ous en don est lement s vérivertu,

qui ont des connaissances surnaturelles que Dieu ne donne pas aux plus savants docteurs qui ne recherchent la vérité que par le travail de l'étude et par l'effort d'un esprit naturel.

Le don de conseil est une lumière qui nous fait voir ce que nous devons faire pour plaire à Dieu, surtout quand le secours humain nous manque ; et, qui de plusieurs moyens, nous découvre ceux que nous devons choisir. Encore que le Saint-Esprit donne pour l'ordinaire cette lumière dans les choses qui regardent la gloire de Dieu et notre salut, il la donne néanmoins quelquefois aux justes dans la conduite même des choses humaines, à cause de la droiture de leurs intentions.

Le don de force est une vigueur spirituelle et un courage surnaturel que le Saint-Esprit donne pour accomplir ses volontés, et pour surmonier tous les obstacles qui se présentent dans son service et dans l'ouvrage de notre salut, soit de la part des hommes, soit de là par: des démons, soit enfin de la part de nos passions 2t de notre cupidité, qui sont les plus grands empêchements de notre salut et de notre perfection. ,

Le don de science est une connaissance des choses naturelles et des créatures selon le rapport qu'elles ont à Dieu, et de la manière que nous en devons user pour sa gloire et pour notre sanctification. C'est en ce sens qu'il faut entendre saint Paul, quand il dit que toutes choses tournent au bien de ceux qui aiment Dieu (Rom. 8. 28.).

Le don de piété est une promptitude de cœur et d'esprii, et même de corps à tout ce qui peut glorifier Dieu; particulièrement en ce qui regarde son culte dans les pratiques de la religion ; comme sont les adorations, les sacrifices, les communions, les louanges de Dieu, les pèlerinages, les vœux, la prière, l’invocation des saints, et autres semblables, qui montrent que le cœur est piqué de dévotion et gagné à Dieu.

Le don de crainte est une tendresse de conscience qui nous retient et nous empêche de commettre aucun péché, ni de rien faire qui soit désagréable à Dieu. Comme l'œil ne peut souffrir aucune ordure à cause de sa délicatesse, de même l'âme qui est attendrie et pénétrée de cette sainte crainte, ne peut souffrir aucun péché, si petit qu'il soit. Cette crainte n'est point inquiète ni scrupuleuse, parce que le Saint-Esprit qui la donne, est ennemi du trouble et ami de la liberté et de la paix, selon ces paroles de saint Paul : « Où est l'Esprit de Dieu, là est la liberté (II. Cor. 3. » 17.); » mais plutôt elle est douce et tranquille, parce qu'elle regarde Dieu non comme juge, mais comme Pèére. Elle est crainte, parce qu’elle fait craindre le péché; mais elle est en quelque façon amour, parce qu’elle aime Dieu et qu'elle craint de lui déplaire, et c’est pour cela qu’elle est justement appelée filiale et amoureuse.

Outre ces dons précieux, il y en a encore d'autres à qui néanmoins l’on doit plutôt donner le nom de fruits du Saint- Esprit, que dons du Saint-Esprit. Et en effet, saint Paul les nor.me ainsi écrivant aux Galates (5. 22.) : « Les fruits du * Saint-Esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, » l'humanité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, » la modestie, la tempérance, la chasteté. » L'on donne à ces vertus plutôt le nom de fruits, que celui de dons, parce qu'ils sont des effets des véritables dons. Les dons du Saint-Esprit nous sont donnés par la pure grâce et libéralité de Dieu; mais pour avoir ces fruits, outre la grâce, il nous faut agir de notre part, et les acquérir par notre travail.

L'on peut joindre à ces fruits du Saint-Esprit, celui de la prière, comme témoigne le même apôtre : « Le Saint- » Esprit, dit-il (Rom. 8. 26.), nous soulage et nous fortifie » dans nos faiblesses; car nous ne savons ce que nous

» devons demander, et ne saurions prier comme ii faut;

» mais le Saint-Esprit prie lui-même pour nous, c'est-à-

» di plus il no que dans » dit ” gn( » eni Pier » Ch n grâ » de prév « Le » de Ï "” dit » enfa Si c'est u que le pourqi » sont » Car » enCo » d'ad » hard » rend » enfa » S0MI » cohé » AVEC même d'Ephé » Chri

:e qui péché, à l'œil se, de sainte 1 soit.

Je que et ami Paul :

or. 3.

parce y Père.

; mais e Dieu qu'elle

ss à qui | Saint-

» dire, il nous fait prier par-des guwaissements ineffables. »

Mais le plus admirable des dons du Saint-Esprit, et le plus utile pour nous, est la grâce sanctifiante, par laquelle il nous rend justes et saints. C’est per ce don incomparable que nous sommes faits onfants de Dieu, et que nous entrons dans la participation de la nature du Père céleste. « Voyez, » dit saint Jean (I. Joan. 3. 4.), quel amour nous a témoi- » gné le Père céleste, de vouloir que nous soyons appelés » enfants de Dieu, et que mous le soyons en effet. » Saint Pierre dit aussi (II. Pet. 4. 4.) : « Notre-Seigneur Jésus- » Christ nous a communiqué les grandes et précieuses » grâces qu’il avait promises, pour vous rendre participants » de la nature divine. » Le prophète Osée (1. 10.) avait prévu cette génération sainte et divine, lorsqu'il disait : “« Le nombre des enfants d'Israël sera comme celui du sable » de la mer, qui ne se peut compter. Et dans le lieu où l’on » dit : Vous n'êtes pas mor euple, on dira : Vous êtes les » enfants du Dieu vivant. » .

Si la grâce du Saint-Esprit nous fait enfants de Dieu, c'est une conséquence qu'elle nous fasse ses héritiers, parce que les enfants ont droit à l'héritage de leur père. C'est pourquoi saint Paul dit (Rom. 8. 45.) : « Tous ceux qui » sont conduits de l'esprit de Dieu, sont enfants de Dieu. » Car vous n'avez pas reçu l'esprit de servitude pour vivre » encore dans la crainte; mais vous avez reçu l'esprit » d'adoption des enfants de Dieu, par lequel nous lui disons » hardiment : Vous êtes mon Père. Car l'esprit de Dieu » rend lui-même témoignage à notre âme, que nous sommes » enfants de Dieu. Si donc nous sommes enfants, nous » Sommes par conséquent héritiers; héritiers de Dieu, et » cohéritiers de Jésus-Christ, pourvu que nous souffrions » avec lui, afin que nous soyons glorifiés avec lui. » Le même apôtre confirme cette vérité, écrivant aux fidèles d'Ephèse (1. 10.) : « Dieu a réuni touses choses en Jésus- » Christ comme dans le chef, tant ce qui est dans le ciel,

» que ce qui est sur la terre. C'est en lui que l'héritage » nous est échu, comme par sort, ayant été prédestinés » par le décret de Celui qui fait toutes choses selon le » dessein de sa volonté, afin que nous soyons la gloire et » le sujet des louanges de Jésus-Christ, nous qui avons les » premiers espéré en lui. Vous y avez aussi espéré, vous »# qui avez entendu la parole de la vérité, l'Evangile de » votre salut, et qui ayant cru en lui, avez été scellés du » sceau du Saint-Esprit, qui avait été promis, et qui est le » gage et les arrhes de notre héritage, jusqu'à ce que nous * en ayons l'acquisition parfaite, qui sera l'achèvement de » notre rédemption, à la louange et à la gloire de Dieu. »

Outre les dons et les grâces du Saint-Esprit, desquels je viens de parler, il en fait encore d'autres à son Eglise, dont saint Paul fait le dénombrement, quand il dit (I. Cor. 49. 8.) : « L'un reçoit par le Saint-Esprit le don de parler » de Dieu avec sagesse ; un autre reçoit du même Esprit » le don de parler avec science; un autre reçoit par le » même Esprit le don de la foi; un autre reçoit du même » Esprit le don de guérir les maladies; un autre le don de » faire des miracles; un autre, le don de prophétie; un » autre, le don de discernement des esprits; un autre, le » don de parler diverses langues; un autre, le don d'inter- » prêter les langues. Or, c'est un seul et même Esprit qui » opère toutes ces choses, distribuant à chacun ses dons * selon qu'il lui plaît. » |

Ces derniers dons sont admirables, et ont de merveilleux effets. Mais le Saint-Esprit ne les donne, pour l'ordinaire, qu'aux apô'res, aux docteurs, aux pasteurs, et à ceux qui sont appelés à la conduite ou à la conversion des âmes, comme saint Paul le remarque au même lieu, quand il dit : « Dieu opère tout.en tous : mais les dons du Saint-Esprit, » qui 8e font connaître au dehors, sont donnés à chacun » pour l'utilité de l'Eglise. » Ces dons célestes étant donc plutôt donnés pour l’utilité des autres, que pour la sanctifi-

le pre quand » c'est prenn

ritage stinés lon le ire et ns les , VOUS ile de lés du est le nous ent de ieu. »

1els je Dglise,

. Cor.

cation de ceux à qui ils sont donnés, je ne m'étendrai pas davantage à les expliquer.

Nous sommes obligés de croire par cet article : 4. Qu'il 7 a un Saint-Esprit. 2. Que cet Esprit saint est une personne de la très-sainte Trinité. 3. Que cette personne procède du Père et du Fils, comme d'un seul principe. 4. Qu'elle est réellement distincte des deux personnes d'où elle procède. 5. Que cet Esprit est vraiment Dieu et adorable comme le Père et le Fils. 6. Que toutes les grâces et tous les dons surnaturels que nous avons, c'est le Saint-Esprit qui les opère en nous.

Page 1