POUR CETTE TROISIÈME ÉDITION
Tous ceux qui ont lu la Vie de la Révérende Mère Marie de l’Incarnation, déclarée VÉNÉRABLE le 20 septembre 1877 par décret de l'illustre Pontife Pie IX, savent que cette admirable religieuse fut comblée de grâces extraordinaires durant tout le cours de sa vie, à partir même de sa première enfance. Durant son noviciat, après une «vision du mystère de la sainte Trinité, elle reçut, comme par infusion, l'intelligence des saintes Ecritures et de la langue latine. Voici comment elle-même s'exprime à ce sujet dans une de ses lettres :
« Mon esprit conservant toujours l'onction de la grande grâce dont je viens de parler (la vision de la sainte Trinité), fut plus éloigné que jamais des choses d'ici-bas, et plus porté aux vertus religieuses et au service divin, où Notre-Seigneur me donnait l'intelligence de l’Ecriture sainte. J’entendais en français ce que je disais en latiü ; mon esprit était alors transporté au point que si je ne me
VI AVERTISSEMENT
fusse fait violence, j'aurais éclaté au dehors... Mon esprit était si rempli de ce qui se chantait au chœur, que jour et nuit c'était le sujet de mon entretien avec mon céleste Epoux. Le psaume xvirr, Cœli enarrant, avait des attraits qui me ravissaient le cœur : Oui, disais-je, oui, mon Amour, vos témoignages sont véritables, ils se justifient d'eux-mêmes, ils donnent la sagesse auæ petits enfants.
» Une fois, dans un de ces transports que me causait la psalmodie, je dis le Laudate en français au lieu du latin. En marchant je ne me sentais pas toucher la terre ; et en regardant mon habit religieux, je mettais la main sur ma tête pour toucher mon voile, et voir si je ne me trom-
pais point en pensant posséder le bonheur d'être dans la
maison de Dieu. »
On serait dans une grande erreur si l'on attribuait ces sentiments et ce langage à l'enthousiasme irréfléchi d’une jeune fille. C'était à l'âge de 33 ans que Marie de l'Incarnation parlait ainsi : car elle n'était plus jeune quad elle entra en religion. Par une humble et timide déférence
.pour ses parents, elle s'était mariée à 17 ans. Deux ans |
plus tard, elle demeura veuve avec un enfant de six mois. Elle résolut aussitôt de réaliser le dessein qu'elle avait eu, dès son enfance, d'embrasser l'état religieux ; mais elle se crut obligée de s'occuper de la première éducation de son fils jusqu’à ce qu'il eût atteint l'âge de 13 ans : en sorte qu'elle en avait elle-même 32 quand elle entra au noviciat des Ursulines de Tours, et 33 quand elle prit l’habit (1).
(1) Le fils de la Servante de Dieu, connu sous le nom de Dom Claude Martin, embrassa lui-même l'état religieux dans la suite. Il se fit Bénédictin et mourut prieur de Marmoutiers, près Tours. Sa vie a été écrite par Dom Martène, son disciple et son ami. ;
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AVERTISSEMENT
Au reste, le prodige dont elle parle a paru tellement incontestable aux avocats de la cause de béatification, que l'un d'eux n’a pas craint de l'exposer dans les termes suivants à la S. Congrégation des Rites : « La Servante de »* Dieu ne pénétrait pas seulement le sens caché des saintes » Ecritures, don qui lui fut accordé d'une manière per-
» manente durant tout le cours de sa vie; mais, sans le
».secours d'aucune version et sans interprète, elle com- » prenait ce qu'elle chantait ou récitait en latin, quoiquelle n n'eût jamais étudié cette langue. Ces lumières jaillis- » sSaient de son esprit en toute occasion. Les passages de » la sainte Ecriture lui venaient si à propos, qu'il semblait »* que l'Esprit qui les a dictés les exprimait par sa bouche. » (Pièce du procès intitulée : Swmmarium, imprimée à » Rome en 1877, page 185). »
Quoique dans sa communauté on ne connût pas tout ce qui se passait dans son âme, ni toutes les grâces que Dieu lui accordait, sa conduite si édifiante, son intelligence si élevée, les éclairs de lumière surnaturelle qu'elle laissait échapper dans ses conversations, même sans s’en apercevoir, la faisaient regarder comme un esprit supérieur et une âme que Dieu mettait en réserve pour des desseins particuliers. Toutes croyaient voir en elle l’un des plus riches présents que Dieu puisse faire à une communauté : aussi fut-elle admise à la profession avec tout l'empressement possible, puisqu'elle prononça ses vœux le jour
même où finissaient les deux années de noviciat exigés par
la règle. \
Ce ne fut pas tout néanmoins : car l'opinion que l'on avait de sa vertu et de son intelligence des choses surnsturelles, la fit presque aussitôt regarder comme la plus
VIII AVERTISSEMENT
capabletqu'il y eût dans la maison, pour diriger les novices, les instruire et les former à l'esprit religieux. On ne pouvait, il est vrai, l'investir de cette charge, les Constitutions de l'Ordre ne permettant pas de mettre une religieuse à la tête d'un office avant ses quatre années de profession révolues; mais on eut recours à une voie détournée : on l'établit sous-maîtresse du noviciat et on la chargea de l'instruction ‘en cette qualité. Voici comme elle-même raconte le fait :
« Je fus mise au noviciat pour aider la maîtresse des novices. Mon office était de leur enseigner la doctrine chrétienne. Je le faisais avec un grand zèle, que Dieu me donnait, joint à la facilité qe j'avais de m'énoncer sur les mystères de notre sainte foi. J'avais beaucoup de lumières là-dessus, et je portais en mon âme une grâce de science qui me faisait quelquefois dire ce que je n'eusse pas voulu ni osé avancer de moi-même. :
» Avant de commencer, je faisais quelque lecture en mon particulier dans le Catéchisme du Concile de Trente et dans celui de Bellarmin, mais fort peu de temps. Lorsque je venais à la moralité, après avoir parlé des mystères de la foi, j'étais moi-même étonnée du grand nombre de passages de l'Ecriture sainte qui me venaient à propos. Je ne me pouvais taire, et il fallait que j'obéisse à l'Esprit qui me possédait pour lors.
» Je fis cela deux fois la semaine à vingt ou trente Sœurs (jeunes professes, novices et autres), qui se rendaient au noviciat à cet effet, l'espace de trois ans, que je fus continuée en cet emploi. Elles me pressaient de plus en plus de continuer, et je voyais aussi que Dieu demandait cela de moi : parce que j'expérimentais en mon intérieur que c'était le Saint-Esprit qui m'avait donné la clef des trésors
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AVERTISSEMENT. IX
du sacré Verbe incarné, et qu'il me les avait ouverts par l'intelligence qu'il me donnait de l'Ecriture sainte, surtout des passages qui se rapportaient à ce Verbe adorable, sans qu'auparavant je les eusse ni médités ni étudiés. Ce que je lisais ou entendais çà et là m'inspirait de bons sentiments, mais qui n'approchaient point des impressions qui m'étaient données quand je parlais aux novices... Il me venait alors à la mémoire quelques paroles de l'Ecriture sainte, que j'avais lues ou entendues ; le sens m'en était découvert, et de là je voyais pulluler une suite d’autres passages, dont j'avais une telle intelligence qu'il me semblait qu'on me préchait et qu'on me découvrait les secrets qui y sont cachés. »
Il paraît bien par ce langage de la vénérable Mère, qu'elle donnait ces instructions en parlant d'abondance,
par écrit, et ce sont ces pages précieuses, trouvées dans ses papiers après sa mort, que son fils livra à l'impression dans l'année 1684. Il en parut une deuxième édition en 1691. Le Père Charlevoix, jésuite, dans sa Vie de la vénérable Mère, et Moréri, dans son Dictionnaire hislorique, ne craignent pas de dire que cet ouvrage est l'un des meilleurs catéchismes qui existent en français (1).
Le Summarium que nous avons déjà cité,”ajoute : « Le » choix et l'application des passages de la sainte Ecriture
(1) La Mère Marie de l'Incarnation, qui n'avait probablement pas supposé que son travail dût jamais être rendu public, ne lui avait pas donné de titre; son fils, après avoir hésité pour en choisir un, adopta celui d'Ecole sainte; mais on a généralement appelé Catéchisme l'ouvrage de la Servante de Dieu, ce qui nous a décidé à l'intituler ainsi en publiant cette troisième édition,
x AVERTISSEMENT.
» font voir que la Mère de l'Incarnation doit étre mise au » nombre de ceux qui ont le mieux possédé les Livres » Saints. Elle ne se borne pas à éclairer l'esprit; mais » elle y ajoute une onction qui fait naître au fond du cœur » le désir de se sanctifier. »
Notre vénérable Mère ne se sert pas de raisonnements, surtout de raisonnements subtils ; elle expose chaque point de doctrine d'une manière simple, naturelle, et avec une grande clarté. Elle ie développe, elle le montre sous ses principales faces et en indique toutes les conséquences importantes à connaître.
Avant de terminer cet Avertissement, nous croyons devoir aller âu-devant d'une objection. Il viendra peutêtre à la pensée de quelques personnes de dire que Dom Claude Martin étant un savant théologien, a pu perfec- .tionner et embellir le travail de sa mère; mais il est facile de prouver que cette supposition est de tout point inaümissible.
D'abord on voit par la Vie et les Lettres de la vénérable Mère, qu'elle était parfaitement capable de composer des instructions comme celles qui font la matière de ce volume, et que sa science de la sainte Ecriture était bien telle qu'elle apparaît dans ce catéchisme. En second lieu, le caractère de Claude Martin et la vénération qu'il avait pour sa mère ne permettent pas de supposer qu'il pût avoir recours à une pareille tromperie. Mais nous avons de sa sincérité une preuve encora plus convaincante. Parlant à de jeunes novices, la sage et prudente religieuse avait cru devoir omettre l'explication du sixième commandement de Dieu. Il en résultait une lacune que Claude Martin jugea à propos de combler; or, il ne 86 conténte
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AVERTISSEMENT. XI
pas d'avertir qu'il fait cette addition, il prend encore deux autres précautions pour que personne ne puisse s’y tromper, et confondre son travail avec celui de sa mère.
1° Quoiqu'il l'intercalle dans le volume, après la X° Instruction sur les Commandements de Dieu, il lui donne le titre de SUPPLÉMENT, au lieu de mettre XI° Instruction.
2° Par une bizarrerie dont nous ne nous rappelons pas avoir jamais vu d'exemple, et qui montre combien il tenait à donner pure et intègre l'œuvre de sa mère, il suspend la pagination, et il se contente de marquer par des astérisques les pages qui contiennent son supplément, lequel est ainsi présenté en quelque sorte comme un LP onne et un travail à part.
Nous avons cru devoir retrancher cette addition de Claude Martin, et donner uniquement l'œuvre de la vénérable Mère.
L'édition de 1684 porte les approbations de trois docteurs de la Sorbonne, dont un grand-vicaire de l’archevêque de Tours, qui s'exprime de la manière suivante : « Comme la Mère Marie de l'Incarnation a entièrement » fondé cet ouvrage sur l'Ecriture sainte; que les prin- » cipes qu'elle avance et les conséquences qu'elle tire sont » autant de ruisseaux sacrés qui coulent de cette source » divine, je n’y ai rien lu qui ne soit conforme à la foi et » aux bonnes mœurs. »
Les autres font une déclaration semblable, et l’un des deux ajoute :
« De plus, j'ai vu que, dans cet ouvrage, les vérités » chrétiennes sont expliquées d'une manière si claire et si » familière, quoique avec bien de la solidité et de l’érudi- » tion, que l'on doit espérer qu'il sera très-avantageux
AVERTISSEMENT
» pour le salut des âmes, et très- » en prennent soin. »
Telle est aussi notre espérance, tel notre ardent désir, aujourd'hui surtout qu'il est plus nécessaire que jamais de
posséder une connaissance étendue et solide des vérités de la religion.
utile aux personnes qui
personnes qui ardent désir,
que jamais de le des vérités
DE
ou
INSTRUCTION PRÉAMBULAIRE.
Explication du signe de la Croix.
La croix est le signe de la milice chrétieune, à l'ombre duquel les fidèles se retirent comme des soldats sous l'étendard de leur chef, quand ils sont attaqués de leurs ennemis, ou qu'ils se trouvent engagés en quelque péril.
Ce signe salutaire nous fait ressouvenir des deux principaux points de notre foi, qui sont les mystères sacrés de la très-sainte Trinité et de l'Incarnation du Sauveur.
Ce que c'est que Dieu.
Avant d'expliquer ces deux grands mystères, il faut supposer une autre vérité qui est le fondement de ces L deux-là, et de toutes les autres vérités de la religion chrétienne; savoir qu’outre les choses créées, tant visibles qu'invisibles, il y en a une incréée, c’est-à-dire, qui n’a point eu de commencement, mais qui a toujours été, et qui sera
CAT. M. INC. 1
éternellement. Car l'Ecriture dit : « Que les vingt-quatre » vieillards se prosternèrent devant Celui qui était assis » sur le trône, qu'ils l’adorèrent comme vivant dans tous » les siècles des siècles ; et qu'ils mirent leurs couronnes
» devant le trône, disant : Vous êtes digne, Seigneur, de ; À
» recevoir gloire, honneur et puissance, vous avez fait |! ”
| » toutes choses, et c'est par votre volonté qu'elles ont été ! ”
nl » créées, et qu'elles sont. (Apoc. 5, 14). » C'est cet être | à
| incréé, cette Majesté souveraine et maîtresse de toutes L »
H | choses, que l'on appelle Dieu. Ë
fl | F cé | | da Du mystère de la Trinité. 4 ne Dans ce grand Dieu, il y a deux choses qui sont le # mystère de la Trinité, savoir : l'unité de la divinité, c'est. 4 ,. | à-dire de la nature de Dieu, et la pluralité des personnes. (44 ,; fl L'unité de la divinité nous apprend qu'il n'y a qu'un Æ ,, Dieu, et qu'il ne peut y en avoir plusieurs. Ce Dieu est 4 ,, | infiniment puissant et juste; car c'est lui qui dit dans V1 ,: | l'Apocalypse : « Que tous sachent que c'est moi qui examine V4 » les reins et les cœurs, et que je donnerai à chacun selon (% ,; | » ses œuvres (Apoc. 2. 23.). » D __ Il est sage, parce qu'il gouverne toutes choses selon son Æ .,n | bon plaisir, conservant par sa sagesse le bel ordre que 1 ”p | | nous voyons dans le monde. Il est bon, n'étant porté âse x | | .communiquer que par l'inclination de sa seule bonté. Æ -« Cette divinité néanmoins ou nature divine se trouve en Æ ,4 | trois personnes, que l'on appelle Père, Fils, et Saint: = ,4 Il Esprit, lesquelles ne sont qu'un seul Dieu, puisqu'elles Æ , q | n'ont qu'une même divinité, comme saint Athanase l'expli- 1 , nc (Il que dans son symbole : « La foi catholique, dit-il, consiste ÆÆ ,s, | | » à croire et à adorer üun Dieu en Trinité, et une Trinité (1% Sair } » en unité; sans confondre les personnes dans la substance, Æ moi » ni diviser la substance dans les personnes. Autre est la Esp:
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ouve en pt Saintisqu'elles e l’expliconsiste e Trinité bstance, re est la autre la
» personne du Saint-Esprit. Et néanmoins le Père, le Fils » et le Saint-Esprit ont une même Divinité, une égale » gloire, une coéternelle Majesté. Tel qu'est le Père, tel » est le Fils, tel est le Saint-Esprit. Le Père est Dieu, le » Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu; et néanmoins » ce ne sont point trois Dieux, mais un seul Dieu. Le » Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit » est Seigneur ; et néanmoins ce ne sont point trois Sei- » gneurs, mais un seul Seigneur. »
Il en est de même des attributs et perfections de Dieu ; car comme elles sont une même chose avec la naturé, elles ne se peuvent pas plus multiplier que la nature même. « C'est pourquoi, dit le même saint Athanase, le Père est » immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est im- » mense; et néanmoins ce ne sont point trois immenses, » mais un seul immense. Le Père est éternel, le Fils est » éternel, le Saint-Esprit est éternel; et néanmoins ce ne » sont point trois éternels, mais un seul éternel. Le Père ñ est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé ; * et néanmoins ce ne sont point trois incréés, mais un seul
- » incréé. Le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puis-
» sant, le Saint-Esprit est tout-puissant; et néanmoins èe
"ne sont point trois tout-puissants, mais un seul tout-
» puissant.
» Le Père n'est ni fait, ni créé, ni engendré de per- »* sonne : le Fils n’est ni fait ni créé, mais il est engendré » du Père : Le Saint-Esprit n'est ni fait, ni créé, ni engen- » dré, mais il procède du Père et du Fils. Il n’y a donc » qu'un Père, et non trois Pères; il n’y a qu'un Fils, et » non trois Fils; il n’y a qu'un Saint-Esprit, et non:trois » Saints-Esprits. » Car encore que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit soient un même Dieu; on ne peut dire néanmoins que le Père soit Fils, ni que le Fils soit Saint- Esprit, ni que le Saint-Esprit soit Père ou Fils.
« Et il n’y a point dans cette Trinité d'avant ni d'après,
E: 1, me DE r £ £ ñ + PETER
» et le Fils après le Père; que le Père et le Fils sont » avant le Saint-Esprit, et le Saint-Esprit après le Père | * et le Fils. Mais toutes les trois personnes sont à l'égard » les unes des autres coégales et coéternelles. »
| . » en sorte qu'on puisse dire, que le Père est avant le Fils, |
De l'Incarnation du Verbe.
| La seconde personne divine que nous avons dite être le Fils, outre son être divin, qu'elle avait de toute éternité et | avant que le monde fût, comme dit saint Jean (c. 4, v. 4.) : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec » Dieu, et Dieu était le Verbe ; » ce même Verbe qui était | avec Dieu au commencement, c’est-à-dire éternellement, a voulu, par l'amour qu'il porte aux hommes, pren-
e e. L # no dre dans le temps une chair humaine, c'est-à-dire, toute } Fe notre nature, dans le sein d'ne très-pure Vierge, ainsi
de ces deux générations : « Il est Dieu engendré de la ; de
| que l'explique saint Athanase dans son symbole, parlant | » substance de son Père avant tous les siècles, et il est |
| | » homme né de la substance de sa Mère dans le temps. 1 20 | » Dieu parfait et Homme parfait : égal à son Père selon la be | » divinité, et moindre que son Père selon l'humanité. » | 1 |
Ainsi celui qui était seulement Dieu, a commencé d’être ! | « ; + de Dieu et homme tout ensemble.
; # Q 4 i Cet Homme-Dieu après avoir conversé trente-trois ans à pre parmi les hommes, leur enseignant la voie du salut, et ! Ç faisant plusieurs miracles pour confirmer sa doctrine et.sa | frot
mission, se laissa attacher à la croix, et y voulut mourir 4 4ù pour satisfaire à la justice de son Père pour les péchés de 4
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tout le monde, car il n’y avait point de pure créature qui # À “ fût capable de nous décharger d'une si grosse dette, comme # Ke (
témoigne saint Jean (I. Joan. 2. 2.), quand il dit : « C'est M » lui qui est la propitiation pour nos péchés, et non-seule- »* ment pour les nôtres, mais encore pour ceux de tout le |!
t le Fils, r'ils sont le Père à l'égard
ite être le sternité et 4,v.41.):
était avec [:) qui était nellement, les, prendire, toute erge, ainsi le, parlant
ndré de la É s, et il est É
le temps. À
ire selon la 4 manité. »
encé d'être 3
e-trois ans À u salut, et !
trine et.sa
alut mourir À à péchés de réature qui
tte, comme #
it : « C'est :
non-seule- # de tout le
» monde. » Ainsi l'Incarnation du Verbe comprend tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a dit, et tout ce qu'il a souffert en notre chair depuis le moment de sa conception jusqu’au dernier soupir de sa vie, et même jusqu’à sa glorieuse Résurrection, dans laquelle sa chair a reçu une seconde naissance pour ne plus mourir ; car il est écrit (Rom. 20. 9.) : « Si vous confessez de bouche le Seigneur Jésus- » Christ, et que vous croyiez en votre cœur, que Dieu l’a » ressuscité des morts, vous serez sauvé : l'on croit de » cœur pour être justifié, et l’on confesse de bouche pour » mériter le salut. » Ces dernières paroles nous apprennent que sans la foi du mystère de l’Incarnation, l'on ne peut être sauvé, non plus que sans la foi du mystère de la Trinité.
Ces deux mystères ainsi expliqués, il est évident que nous en faisons mémoire quand nous faisons le signe de la croix. Nous faisons mention du premier, en disant : Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, parce qu'en disant au nom, et non pas aux noms, nous faisons mémoire de la nature divine, qui est une et non multiple; et en ajoutant : Du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, nous exprimons les trois personnes, à qui cette nature est commune.
Nous faisons mention de l'autre mystère par la figure de la croix que nous formons sur nous, la seule personne incarnée, et non les deux autres, ayant été attachée à la croix.
Quand nous faisons ce signe, nous mettons la main au front, qui est la plus haute partie du visage, en disant : Au nom du Pere, pour nous apprendre que le Père est la première personne de Ja Trinité et le principe des deux autres. Nous l’abaissons ensuite au dessous de la poitrine, en disant : ££ du Fils, pour nous apprendre qu’encore que le Fils soit égal au Père en toutes choses, il s'est néanmoins abaissé dans son incarnation. Enfin nous por-
tons la main de l'épaule gauche à la droite, en disant : | Et du Saint-Esprit, ce qui signifie que le Saint-Esprit tient comme le milieu entre le Père et le Fils, et qu'il est | le lien, c'est-à-dire, l'amour de tous les deux. Nous portons
la main de la gauche à la droite, et non de la droite à la gauche, d'autant que le Verbe incarné nous a transportés | par la vertu du Saint-Esprit qu'il nous a méritée, du péché | à la grâce, de la mort à la vie. 4
lisant :
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