‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 21 sur 83 · EXPLICATION DU ONZIÈME ARTICLE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU ONZIÈME ARTICLE

La résurrection de la chair.

Il s'est trouvé des esprits téméraires qui ont douté de cet article, et d'autres qui l'ont nié tout à fait. C'était détruire le fondement de notre espérance et nous priver de la consolation que nous avons dans les peines que nous souffrons en notre corps : car, comme dit saint Paul (I. Cor. 15. 14.), « si les morts ne doivent point ressusciter, » il faut dire que Jésus-Christ n’est pas ressuscité, et par » conséquent que notre prédication est vaine et que votre » foi sera sans récompense. Mais il n'en est pas ainsi, » Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts, comme les » prémices de ceux qui dorment en Notre-Seigneur; car, » comme Ja mort est entrée dans le monde par un homme, » de même la résurrection des morts se fera par un autre » homme ; et comme tous les hommes sont morts dans » Adam, de même ils seront tous vivifiés en Jésus-Christ. »

La résurrection.

Outre le passage de saint Paul que je viens de rapporter, il y en a un grand nombre d’autres dans l'Ecriture qui prouvent la vérité de cet article, Le saint homme Job, pour se consoler dans ses extrêmes douleurs, disait (19. 25.) : « Je crois que mon Rédempteur vivra, c'est-à-dire + ressuscitera, et que je verrai mon Dieu dans ma chair ; » je le verrai, dis-je, moi-même; et non un autre, et je le

outé de C'était iver de 16 nous >aul (I.

usciter, , et par Le votre ainsi,

* considérerai de mes propres yeux. » Ces paroles nous

apprennent que non-seulement nous ressusciterons, mais

que nous ressusciterons avec la même chair que nous avons à présent et non avec une autre : car c'est encore là un point qu'il faut croire en cet article.

Le prophète Daniel (12. 2.) a prédit la vérité de la résurrection : « Plusieurs, dit-il, de ceux qui se reposent dans » la poussière de la terre, se relèveront, les uns pour la » vie éternelle, et les autres pour se voir à jamais dans » l'opprobre. » Ce sont quasi les mêmes paroles de Notre- Seigneur rapportées par saint Jean (Joan. 5.) : « Ceux qui * auront bien vécu sortiront de leurs tombeaux pour res- » susciter à la vie; et ceux qui auront mal vécu en sortiront * pour ressusciter aux supplices où ils seront condamnés. »

Quand le prophète Daniel dit que plusieurs ressusciteront, par ce mot plusieurs, il faut entendre tous : car comme dit saint Paul (Hæbr. 9. 27.) : « C'est un arrêt donné que » tous les hommes mourront une fois. » S'ils doivent tous mourir, ils doivent tous par conséquent ressusciter. Et le même le dit en termes clairs (I. Cor. 15. 22.) : « Tous » meurent dans Adam, et tous vivront en Jésus-Christ. » Par ces paroles, l'apôtre nous apprend que comme nul ne sera exempt de la mort, nul aussi ne sera exclus de la résurrection.

Saint Paul prouve encore au même lieu (I. Cor. 15. 35.) ce grand mystère en disant : « Quelqu'un me deman- » dera : En quelle manière les morts ressusciteront-ils, et » quel sera le corps avec lequel ils ressusciteront ? 6 insen- » 8és que vous êtes | ce que vous semez en terre reprend- » il la vie s'il ne meurt auparavant? Et quand vous semez, » ce n'est pas le corps de la piante que vous jetez en terre, » mais seulement la graine, comme du blé ou de quelque » autre chose. Mais Dieu lui donne un corps tel qu'il lui * plaît. Il en sera de même dans la résurrection des morts. » Le corps comme une semence est maintenant mis en

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» terre pour être corrompu, et il ressuscitera incorrup- » tible; il est mis en terre tout défiguré, et il ressuscitéra » tout glorieux; il est mis en terre privé de mouvement, » et il ressuscitera plein de force et de vigueur; il est mis » en terre comme le corps d’un animal, et il ressuscitera » spirituel. »

Le même apôtre dit, écrivant aux Thessaloniciens (I. Thess. 4. 12.) : « Nous ne voulons pas, mes frères, que * vous ignoriez ce qui doit arriver à ceux qui meurent, afin » que voüs ne vous en attristiez point comme font tous ceux » qui n'ont point d'espérance; car si nous croyons que » Jésus est mort et ressuscité, nous devons croire aussi » que Dieu amenera avec Jésus ceux qui seront morts en » lui, c'est-à-dire, dans sa grâce. Car aussitôt que le signal * aura été donné par la voix de l’archange, et par le son » de la trompette de Dieu, le Seigneur descendra lui-même + du ciel, et ceux qui seront morts en Jésus-Christ ressus- * citeront les premiers. »

De la chair.

Par cet article, nous ne disons pas que nous croyons la résurrection de l’homme, mais la résurrection de la chair, parce que l’homme est composé de deux parties; savoir, d'un corps qui est sujet à la mort, et d'une âme qui est immortelle. Comme le corps doit mourir, il doit aussi ressusciter ; c'est pourquoi nous croyons la résurrection de la chair; mais l'âme étant immortelle, elle ne peut mourir ni par conséquent ressusciter, mais seulement se rejoindre au corps quand il sera disposé à la recevoir. Au reste, l'Ecriture nous apprend en plusieurs endroits que l’âme est immortelle, mais surtout nous en avons une autorité bien claire dans la Sagesse, où nous lisons (2. 23.) que « Dieu a tellement bien fait l'homme, qu'il ne peut « périr ni être exterminé. »

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Encore que la résurrection des corps soit admirable, elle est néanmoins très-conforme à la raison. Parce que, comme nous venons de dire, l'homme est composé de deux parties, savoir d'un corps et d’une âme qui ont naturellement du rapport l'un à l’autre; dans ce rapport, l’âme étant séparée du corps, a toujours une propension et une inclination naturelle à se réunir à lui. Si donc elle ne devait jamais s’y réunir, elle serait toujours dans un état violent, et cette séparation serait si contraire à sa nature, qu'en quelque état qu'elle fût, elle ne serait jamais parfaitement heureuse. Il est dono convenable qu'elle soit un jour réunie au corps pour avoir son repos ; c'est ce qui se fera au jour de la résurrection.

En second lieu, l'homme pour être parfait doit être composé de chair et d'esprit; il est donc nécessaire que ces deux parties soient réunies un jour, car si, l’âme subsistant toujours, le corps demeurait dans la poussière, l'homme ne serait homme qu'à demi, ou pour mieux dire il ne serait plus un homme véritable.

En troisième lieu, l'âme et le corps ayant concouru au bien et au mal que l'homme a fait durant sa vie, il est de la justice de Dieu de leur donner la récompense, ou de leur imposer le châtiment qui leur est convenable. Il est vrai que l'on peut dire que les méchants sont suffisamment punis en leur corps par leur anéantissement; mais ce serait une injustice au regard des bons, s'ils n'étaient récompensés dans leurs corps, et s'ils étaient traités de la même manière que les méchants. C’est la doctrine de saint Paul, qui, sans parler de l'âme, nous apprend (II Cor. 5. 10.), que « nous devons tous ressusciter, afin que chacun » reçoive en son corps selon le bien, ou selon le mal qu'il

» aura fait en cette vie. »

CONTINUATION DU MÊME ARTICLE

Les morts doivent donc ressusciter un jour, non de la manière que sont ressuscités ceux à qui Elie, Elisée, les apôtres et Jésus-Christ même ont rendu la vie. Ceux-ci sont ressuscités pour mourir une seconde fois; et en effet, ils sont morts, mais à la fin des siècles, les morts ressusciteront pour ne plus mourir, à l'exemple de Notre- Seigneur, de qui il est écrit (Rom. 6. 9.) : « Jésus-Christ » ressuscitant d'entre les morts, c'est pour ne plus mourir; » et la mort n'aura plus de pouvoir sur lui. » Quand saint Paul parle de la destruction que Notre-Seigneur doit faire de ses ennemis, il n’a pas oublié de parler de la mort, et il dit (I Cor. 15. 26.) que quand toutes choses seront détruites à la fin des siècles, la mort sera la uernière qui sera détruite. Saint Jean dit dé même dans son Apocalypse (21. 4.) : « Il n’y aura désormais plus de mort. » Et dans l'Ancien Testament le prophète Isaïe (25. 8.) a dit : « Il précipitera la mort pour toujours. » C'est encore dans ce sentiment qu'Ozée (13. 14.) fait dire ces paroles à Notre-Seigneur : « O mort, js serai ta mort. » Tous ces témoignages nous apprennent qu'à la fin des siècles il n’y aura plus de mort, et que les morts ressusciteront immortels.

Les corps étant ainsi ressuscités pour ne plus mourir, ils se trouveront dans l'intégrité et dans la perfection convenable à la nature humaine. Ceux qui auront eu quelque difformité ou quelque disgrâce en cette vie seront sans : défaut, les boiteux seront redressés, les manchots auront

n de la Elisée, Ceux-ci en effet, } T'ESSUS- Notres- Christ mourir; nd saint loit faire mort, et >s seront hière qui ) Apocaort. » Et ) a dit:

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l'usage de leurs bras, les muets parleront sans peine, les aveugles verront clair. Ceux qui par une intempérie de nature auront été trop gresles ou trop gros, trop grands ou trop petits, auront une juste proportion. La raison est que comme Dieu a fait toutes choses parfaites dans leur création, il est bien convenable qu'elles le soient dans la résurrection, qui est un état bien plus parfait que le premier, De là vient encore que les martyrs, quelque mutilés qu'ils aient été, ressusciteront avec tous leurs membres. Ceux à qui on aura coupé la tête, les bras et les autres parties du corps, seront rétablis dans une parfaite intégrité. Ils conserveront seulement les cicatrices de leur martyre qui brilleront éternellement plus que l'or et les pierres précieuses. Il en sera de même des pécheurs : ceux qui auront perdu leurs membres en cette vie, les retrouveront dans leur résurrection pour y être tourmentés comme ils le seront en tous les autres. Il y aura pourtant cette différence que les parties du corps qui auront le plus servi au péché, ressentiront davantage les peines de leurs supplices, et elles auront des tourments particuliers, conformes aux crimes dont elles auront été les instruments.

Les corps des bienheureux, outre l'immortalité et l’intégrité dont nous venons de parler, auront encore de certaines marques de gloire qui les rendront quasi semblables aux esprits. Les saints Pères en ont principalement remarqué quatre, qui sont : l'impassibilité, la clarté, la subtilité et l'agilité. .

L'impassibilité est un don de grâce qui fera qu'ils ne pourront jamais souffrir aucune peine ni douleur de quelque nature qu'elle soit. « Il n’y aura plus de faim ni de » soif, dit saint Jean (Apoc. 7. 16.), et le soleil ni les vents » brûlants ne les incommoderont plus. Dieu essuiera toutes » les larmes de leurs yeux, et il n’y aura plus de mort. » Les pleurs, les cris, et les travaux cesseront, parce que

; toutes ces choses seront passées, et ne reviendront plus » (Ib. 21. 4.). » Saint Paul dit le même, quoiqu'en d'autres termes (I. Cor. 15. 42.) : « Le corps est comme une » semence ; il est mië en terre, sujet à la corruption, et » il en sortira incorruptible.

La clarté est un don par lequel les corps glorieux brilleront comme le soleil, ainsi que Notre-Seigneur l'a déclaré en saint Matthieu (15. 43.) par ces paroles : « Les » justes éclateront comme le soleil dans le royaume de » leur Père. » Et afin que nous puissions mieux comprendre l'excellence de ce don divin, il nous en a donné l’idée dans l'exemple de sa transfiguration. Nous en avions déjà une figure dans la personne de Moïse, dont la tête devint si ‘éclatante par l'entretien qu'il avait eu avec Dieu, que les Israélites en étaient éblouis et ne le pouvaient envisager (Exod. 34. 30.). Saint Paul donne quelquefois à ce don le nom de clarté, et quelquefois celui de gloire. Voici comme il parle (Philip. 3. 21.) : « Jésus-Christ transfor- » mera notre corps, tout vil et abject qu'il est, afin de le * rendre conforme à son corps glorieux. » Et ailleurs il dit (I Cor. 45. 48.) : « Le corps est mis en terre avec » déshonneur, et il ressuscitera avec gloire. »

Cette clarté ne sera autre chose qu'une certaine splendeur qui s'écoulera de l'âme glorifiée dans le corps pour le faire participer à sa gloire. D'où l'on peut inférer l’excellence de la félicité de l’âme, puisqu'un petit écoulement de sa lumière sera capable de rendre le corps si lumineux.

Tous les corps néàänmoins ne jouiront pas également da don de clarté, car, comme témoigne saint Paul (I. Cor. 15. 41.) : « La lumière du soleil est différente de celle de la » lune, celle de la lune est différente de celles des étoiles, » et entre les étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre. Il » en sera de même dans la résurrection des corps. »

Le troisième don des corps glorieux est l'agilité, par le moyen de laquelle le corps sera délivré de sa pesanteur, et

clarté

nt plus se trouvera sans peine au lieu où l’âme le voudra porter,

l'autres avec autant de vitesse et de promptitude que l'âme même.

ne uns C'est pourquoi saint Paul dit (I. Cor. 15. 44.) : « qu’il

tion, et » ressuscitera spirituel, c’est-à-dire qu’il sera aussi prompt » et aussi libre qu'un esprit. Le corps est enfermé dans le

ux bril- » tombeau privé de mouvement, et il en sortira plein de

eur l'a » vigueur. »

: « Les Le dernier des dons d'un corps glorieux est la subtilité

ume de qui fera que le corps sera entièrement assujetti à l'âme,

prendre pour la suivre et la servir à son gré. Rien ne ‘s’opposera

lée dans au mouvement de son obéissance, en sorte qu'en quelque

éjà une lieu que l'âme se trouve, le corps la suivra, et il n’y aura

levint si mur si épais qu'il soit, qui le puisse empêcher de l’accom-

que les pagner. C'est ce que dit saint Paul, ensuite des paroles que

nvisager je viens de rapporter. « Le corps est mis en terre comme

à ce don » animal ét matériel, et il ressuscitera spirituel. »

6. Voici li faut croire en cet article de la résurrection de la

transfor- chair : 1. Que les morts ressusciteront. 2. Qu'ils ressusci-

fin de le ront avec les mêmes corps qu’ils auront eus en cette vie. bé

leurs il 8. Qu'ils ressusciteront tous sans qu'il y en ait un seul ie

re avec excepté. 4. Que l’âme ne ressuscitera point, étant spirituelle ti et immortelle. 5. Que les corps étant ressuscités ne mour- is

he splen- ront plus. 6. Que l’immortalité du corps sera accompagnée si

ment de

s pour le dé dons et de grâces célestes qui sont : l'impassibilité, la 1 l’excel- clarté, l'agilité, la subtilité.

mineux.

ment du Cor. 15.

lle de la

étoiles, autre. Il D, par le teur, et

CAT. M, INC.

INSTRUCTION XXIII. ni

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