voyez nous, de e Dieu, et
» que nous le soyons en effet. » Et il dit dans son Evangile (Joan. 1. 12.) : « Il a donné à tous ceux qui l'ont » reçu, le pouvoir d'être les enfants de Dieu. » Le Sauveur même, qui est le Fils naturel nous enseignant comme il faut prier, veut que nous appelions Dieu notre Père, et il nous défend d'en reconnaître un autre que le sien : “ Quand vous priez, dit-il, dites : Notre Père qui êtes dans » les cieux. N'appelez personne sur la terre votre père, car n vous n'avez qu'un Père qui est dans le ciel (Matth. 6. 9. n — 23. 9.). » Et ce qui est remarquable, quand il parle de Dieu dans l'Evangile, il l'appelle presque toujours son Père ou le nôtre.
Il y a autant à dire entre cette filiation et celle des anciens Israélites, qu'il y a de différence entre le serviteur et le fils d'un père de famille. C'est ainsi qu'en parle saint Paul (Rom. 8. 15.) : « Vous n'avez pas reçu une seconde » fois l'esprit de servitude qui est dans la crainte; mais » vous avez reçu l'esprit des enfants d'adoption par laquelle » nous crions à Dieu : Abba, Père. »
Quand nous disons que le Père éternel est notre Père, ce n'est pas que le Fils et le Saint-Esprit ne le soient aussi, parce que tout ce que Dieu fait au dehors est commun aux trois personnes. Nous lui attribuons néanmoins plus particulièrement la qualité de Père des enfants d'adoption, parce qu'il est Père éternellement et par la condition de
. sa persônne, ce qui ne convient pas au Fils, ni au Saint-
Esprit.
Tout-puissant.
Ce Père est tout-puissant, car il dit lui-même (Gen. 17. 1.) : « Je suis le Seigneur tout-puissant, » Quand le patriarche Jacob envoya ses enfants en Egypte, il leur dit (Gen. 43. 14.) : « Allez trouver Joseph, et que mon » Dieu qui est tout-puissant vous le rende favorable. » Et il est écrit dans l’Apocalypse (1. 8.) : « Dieu le Seigneur
Let
» qui est, qui a été, et qui sera à l'avenir, est le tout- » puissant. » « Il n’y a point de Dieu, dit Tobie (13. 4.), » qui soit tout-puissant comme le nôtre. » En un mot cette toute-puissance est tellement propre à Dieu, qu'il n’y a point de titre qui lui soit plus souvent donné dans l’Ecriture que celui-là. |
Quand nous disons que Dieu est tout-puissant : nous entendons qu'il n’y a rien, et que l'esprit ne se peut rien imaginer que Dieu ne puisse faire ou détruire quand il lui plaît. Et il le peut faire ou détruire avec tant de faci- __ lité, que la seule inclination de sa volonté produit son {| - effet. « Il a dit (Psal. 148. 6.), Fiat, et toutes choses ont ( mété faites. Il a commandé, et elles ont été créées. » Encore que Dieu puisse tout, nous ne voulons pas dire | qu’il puisse mentir, ou tromper, ou pécher, ou ignorer IN quelque chose, ou cesser d’être, parce que ce sont là des { effets de faiblesse et non pas de puissance, et si Dieu pou- |
RE qu
À | vait faire quelqu’une de ces choses-là, il ne serait ni Dieu, | ni tout-puissant. | | Il n’y a rien qui confirme tant notre foi et qui assure davantage notre espérance, que la persuasion de la toutepuissance de Dieu. Car comme la foi nous propose des mystères que l'esprit humain ne peut naturellement comprendre, et que la raison naturelle estime même impossibles, il n'est point d'homme, pour peu qu'il soit raisonnable, qui ne s’y soumette, quand il se ressouviendra que Dieu est tout-puissant, Cette foi de la toute-puissance de Dieu, rend même le fidèle tout-puissant, et mérite que Dieu lui accorde tout ce qu'il lui demande. « Si vous avez de la foi, comme un » grain de moutarde (ce sont les paroles de Notre-Seigneur n Matth. 17. 19.), vous direz à cette montagne : Passe de » ce lieu à un autre; et elle vous obéira, et rien ne vous »* Sera impossible. » Il dit encore ailleurs (Marc. 9. 22.) : « que tout est possible à celui qui a la foi. »
it ni Dieu,
mières paroles de l'Ecriture sainte prouvent cette vérité
le tout- Et quand nous disons que le Père est tout-puissant, il (13. 4.), ne faut PRE #'mAgINEr que le Fils et le Saint-Esprit ne le not'vetté soient aussi; car l'Ecriture dit, parlant du Fils (Sap. 18. ïrya ! 15.) : “ Lorsque toutes choses étaient dans le silence et ke l'Ecri- ; » au milieu de la nuit, votre parole toute-puissante, Sei- 4 » gneur, c'est-à-dire votre Verbe et votre Fils est descendu À | » du ciel de votre trône royal. » Le Père est donc toutk Ps k puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est toutpee il 1 puissant; ce ne sont pas néanmoins trois tout-puissants. do faët- Car comme il n’y a en Dieu qu'une seule divinité, il n'y sduit son a aussi qu'une seule toute-puissance commune aux trois hoses ont (R P°rfonner. .
créées. » Créateur du ciel et de la terre.
A 5e Supposé que Dieu soit tout-puissant, comme la foi nous k \RAAUEr 1 l'enseigne, nous n’aurons pas de peine à croire qu'il est oi, à Créateur du ciel et de la terre et de tout le reste. Les pre-
qui assure
(Gen. 1. 1.) : « Dieu'a créé au commencement le ciel et » la terre; et il dit : Que la lumière soit faite, et la lumière
M a été faite. » Et nous lisons au livre d'Esther (13. 9) : pla touIe 4 « Nul ne peut résister à votre volonté, car vous avez fait opose des ” le ciel, la terre, et tout ce qui est compris dans l'enceinte
"2 COL , du ciel, vous êtes le maitre de toutes choses. » PNEUS". à Ces dernières paroles nous enseignent que Dieu n'est DR TAISOn D pas seulement le Créateur du ciel et de la terre, mais qu'il endra que l'est encore de tout le reste. Car outre les cieux que le
Ps prophète (Psal. 8. 4.) appelle l'ouvrage des doigts de Dieu, même le l'Ecriture dit qu'il y ajouta le soleil, la lune, et les étoiles NA | pour partager le temps, et faire les saisons, les jours et
Ke Le | les années. Et outre la terre qui est appelée l'escabeau de | is de 8es pieds, parce qu'elle est le plus bas de tous ses ouvrages,
(0 il a encore fait les arbres, les simples, les oiseaux, les
pet ” D animaux, les reptiles tant de la terre que des eaux. Et
4 enfin le texte conclut, en disant : Toutes choses ont donc
été achevées, le ciel, la terre, et tous leurs ornements (Gen. 2. 1).
Ce grand Dieu n'a pas seulement créé le ciel, la terre et tout ce qu'ils contiennent; il a encore créé les anges qui sont au-dessus du ciel, et qui sont souvent auprès de nous pour nous défendre de nos ennemis, et nous consoler dans nos afflictions. Et quoique nous ne les voyions pas, parce qu'ils sont des créatures spirituelles, nous ne devons pas néanmoins douter qu'il n’y ait de ces nobles et sublimes c’éatures. Une femme prudente disait à David (II. Reg. 44.17.) : « Vous êtes, Ô roi mon seigneur, semblable à un » ange de Dieu qui n'est pas plus ému des malédictions » qu’on lui dit, que des bénédictions qu'on lui donne. » Et plus bas : « Vous êtes sage comme un ange de Dieu, pour » découvrir ce qui se passe sur la terre. » C’est pourquoi ces esprits sublimes sont toujours auprès de Dieu, ils voient sans cesse la face du Père (Matth. 18. 10.); et à cause de leur nombre innombrable, l'Ecriture les appelle souvent les armées de Dieu. Et saint Pierre voulant défendre Notre-Seigneur à force d'armes, et repousser ceux qui le voulaient prendre au jardin des Oliviers, il
lui commanda de se retenir, disant (Ib. 26. 53.) « que s’il ;
voulait, son Père lui enverrait en ce moment plus de douze légions d'anges. » Enfin ce divin Sauveur nous assure (Matth. 22. 30.) que ceux qui mériteront par leurs bonnes
œuvres de parvenir au royaume de la gloire, seront sem- «
blables aux anges de Dieu.
Quand Dieu a fait toutes ses créatures, il ne les a pas formées de quelque matière, comme font les hommes qui se servent de terre, de pierre, de bois, de cire ou de quelque matière semblable pour faire leurs ouvrages, mais il les a toutes tirées du néant, comme nous lisons au
second livre des Machabées (7. 28.). « Je vous prie, mon » fils, de regarder le ciel, la terre, et tout ce qui y est … » compris, et de considérer que Dieu a fait tout cela de #
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» rien. » Et il est dit dans la Sagesse (2. 2.) : « Nous » sommes tous faits de rien, et en peu de temps nous » serons comme si nous n'avions point été. » C'est ce que signifie le mot, créer; et celui de Créateur signifie un ouvrier qui fait quelque chose de rien, ce qui n'appartient qu’à Dieu.
Et ce divin Ouvrier faisant tant de choses différentes et admirables, n'avait point devant les yeux de modèle comme en ont les architectes et les artisans ; mais il était lui-même l'idée et l'exemplaire de tout ce qu'il faisait, de sorte qu'en se regardant soi-même, il a fait le corps universel de tout le monde. ZI a créé, dit le prophète (Psal. 135. 5.), les cieux dans son entendement, c'est-à-dire, qu'en faisant les cieux il en avait l’exemplaire en son entendement en lui-même. |
Il a encore été lui-même la fin de tout ce qu’il a fait, comme il est écrit dans les Proverbes (16. 4.) : « Le Sei-. » gneur a fait toutes choses pour lui-même. » Il est vrai qu'il a fait toutes choses pour l'homme; mais il a fait l'homme pour lui, l'ayant fait capable de le connaître, de l'aimer, d'admirer ses grandeurs, et enfin de le posséder dans la gloire; et de la sorte tout se termine à Dieu comme à la dernière fin.
Enfin rien ne l’a porté à faire le monde et toutes les créatures que nous y voyons, que sa pure bonté, qui voulant se communiquer au dehors, ne l’a pu faire qu’en produisant des sujets capables d'en recevoir les effets. Car du côté de la créature il n’y avait point de motif qui le püût obliger à cela, étant en soi infiniment heureux, et ayant
{ la plénitude de tous les biens, en sorte qu'il n'avait besoin
de rien, comme témoigne le prophète (Ps. 45. 2.) : « J’ai » dit au Seigneur : vous êtes mon Dieu, et vous n'avez » que faire de mes biens. » Dieu en effet n'avait que faire des biens de David ni de qui que ce fût, parce que David n'avait rien qu'il ne l’eût reçu de sa bonté,
CAT, M, INC. 2
Ainsi Dieu Créateur du ciel et de la terre, est tout ensemble la cause efficiente, la cause exemplaire, la cause finale, et la cause mouvante de toutes choses.
Dans cet article comme dans tous les autres du symbole, il y a plusieurs points que nous sommes obligés de croire. 1. Qu'il y a un Dieu. 2. Que ce Dieu est seul et unique, et qu’il ne peut y avoir plusieurs Dieux. 3. Que ce Dieu est tout-puissant, infini et incompréhensible. 4. Que c'est lui qui a créé, c'est-à-dire, fait de rien le ciel, la terre et toutes choses. 5. Qu'encore qu'il soit seulement fait mention de la personne du Père, le Fils néanmoins et le Saint- Esprit ont créé le monde indivisiblement avec lui, en sorte que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit ne sont qu'un seul créateur.
EXPLICATION DU DEUXIÈME ARTICLE. Le
« Vo
Et en Jésus-Christ son fils unique Notre-Seigneur. »* con