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l'orne de la grâce de Dieu, et la revêt une seconde fois de ‘ Jésus-Christ; douloureux, parce que, outre l’absolution que donne le prêtre, il faut gémir dans le cœur, et satisfaire à Dieu par quelque œuvre pénible.
La nécessité de la pénitence.
Notre-Seigneur nous montre efficacement la nécessité de la pénitence, quand il dit (Luc. 43. 3.) : « Je vous * en assure et vous le déclare, que si vous ne faites péni- » tence, vous périrez tous. » Et il le répète, disant : « Croyez- » vous que ces dix-huit hommes sur lesquels la tour de » Siloë est tombée, et qu'elle a tués, fussent plus coupables » devant Dieu, que tous les habitants de Jérusalem? Non, .* je vous en assure et je le déclare, que si vous ne faites » pénitence, vous périrez tous de la même sorte. » La rai- son de cette nécessité est manifeste, parce que tous les hommes étant pécheurs, il est nécessaire, quand ils pècheut,
qu'ils recourent au remède qui les peut guérir.
Que tous les péchés sont remis par la pénitence.
La vertu de ce sacrement est admirable, d'autant qu'il a la force d'effacer et de remettre toutes sortes de péchés, -pour grands et énormes qu'ils soient, et pour grand qu'en soit le nombre. Dieu l’a ainsi déclaré par un Prophète (Ezech. 18. 21.) : « Si le pécheur fait pénitence de tous ses » péchés, et de tous les maux qu'il a commis, pourvu qu'il » garde mes commandements, vivant selon les règles de » la justice, il vivra et ne mourra point; et je mettrai en » oubli toutes ses iniquités. » Saint Jean dit de même dans sa première épître (1. 9.) : « Si nous confessons nos péchés, » Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner. » Etil ajoute un peu après : « Si quelqu'un vient à pècher, nous » avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ qui est
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» juste et sans tache; et il est la propitiation pour nos » péchés, et non-seulement pour les nôtres, mais encore » pour ceux de tout le monde. »
Que si nous lisons dans l'Ecriture, que quelques pécheurs n'ont pas obtenu le pardon de leurs péchés, quoiqu'ils le demandassent avec beaucoup d'instance, comme nous le voyons dans l'exemple du roi Antiochus (II. Maccab, 9. 13.), il faut dire que quelques marques de pénitence qu'ils donnassent extérieurement, ils n'avaient pas une véritable douleur de leurs péchés dans le cœur, ni une volonté sin-
cère de s'en corriger, et par conséquent que leur pénitence
n'était pas véritable. Et si nous voyons en d’autresendroits, qu'il y a certains péchés qui ne se pardonnent point, cela se doit entendre qu'ils ne se pardonnent que difficilement, parce qu'ils sont plus directement opposés à la grâce et à la charité que les autres, et cette difficulté passe pour une impossibilité morale. Mais dans le fond, il n’y a point de péché, de quelque nature qu’il soit, qui ne soit pardonné par la pénitence quand elle est véritable. En quoi les pécheurs ont un grand sujet de consolation et d'espérance, quand ils pensent qu'il n’y a point de maladie incurable, et que la pénitence peut guérir les plus désespérées.
Ce qui doit les consoler encore davantage est que, quand ils ont fait pénitence de leurs péchés et qu'ils en ont reçu le pardon, la miséricorde de Dieu n'est pas bornée à cette grâce, mais s'ils retombent, le même remède est toujours prêt. C’est la différence qu’il y a entre les sacrements qui impriment le caractère, et ceux qui ne l'impriment pas, que ceux-là ne se peuvent réitérer, mais ceux-ci se peuvent conférer autant de fois qu’il est nécessaire. C'est pourquoi la pénitence étant du nombre de ceux qui ne l'impriment point, on peut et on doit la réitérer autant de fois que l'on pèche. Notre-Seigneur nous a enseigné cette vérité, lorsque saint Pierre (Matth. 18. 24.) lui ayant demandé combien de fois il fallait pardonner les péchés, et s’il suffisait de les
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pardonner sept fois, ce maître du ciel lui répondit, « qu'il * ne fallait pas seulement les pardonner sept fois, mais » septante fois sept fois, c'est-à-dire sans aucun nombre » déterminé et autant de fois qu'il est nécessaire et que les * pécheurs feront pénitence. »
Des fruits de ce sacrement.
Le premier et le plus essentiel, est celui dont je viens de parler, savoir, la rémission des péchés par laquelle nous rentrons dans les bonnes grâces de Dieu que nous avions perdues en péchant, en sorte que Dieu, toujours bon et toujours miséricordieux, oublie notre péché et nous aime comme auparavant.
Il faut joï üre à cela la tranquillité de l’âme, la paix de la conscience, la confiance en Dieu, les consolations spirituelles, qui font ressentir à l'âme des douceurs en comparaison desquelles tous les plaisirs du monde ne sont que des amertumes : parce que les voluptés de la terre sont extérieures et ne font que passer; et celles de la bonne conscience sont dans le fond de l'âme, et rien ne les peut faire perdre que le péché.
Quelle est la matière du-sacrement de pénitence.
Les sacrements dont nous avons parlé jusquà présent, ont pour leur matière quelque symbole, ou élément sensible et naturel : le baptême a l'eau pour sa matière, et la confirmation le baume sacré. Mais la matière de la pénitence est quelque chose de moral à qui néanmoins on donne le nom de matière, parce qu'elle est à l'égard des paroles sacrées, ce qu'une matière naturelle est à l'égard de sa forme. On peut dire néanmoins que la matière de ce sacrement est sensible comme celle des autres, parce qu'elle devient extérieure par la déclaration qu'on en fait, ainsj que je vais dire : :
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La matiére donc du sacrement de pénitence sont les péchés du pénitent déclarés par la confession, et disposés par la contrition à être remis : car comme le bois qui est la matière du feu, ne peut recevoir sa forme qu'il ne soit convenablement disposé, ainsi les péchés ne peuvent recevoir la forme du sacrement qui les doit effacer, qu'ils n'aient les dispositions que je viens de dire. Il y a deux sortes de péchés, savoir, des péchés mortels et des péchés véniels. Les mortels sont une matière nécessaire, c'est-àdire, qu’il faut absolument et nécessairement les soumettre au sacrement, sans lequel ils ne peuvent être pardonnés. Les véniels sont une matière suffisante, c'est-à-dire, qu'ils sont tellement sujets au sacrement, et tellement capables de recevoir la forme qui les efface, qu'on peut ne pas les lui soumettre, et qu'ils peuvent être pardonnés en d'autres manières.
Quelle est la forme de ce sacrement.
La forme de la pénitence est dans ces paroles : Æyo te absolvo, je vous absous, lesquelles sont tirées de la puissance que Notre-Seigneur donna aux Apôtres de remettre les péchés (Matth. 18. 18.) : « Co que vous aurez délié »* et absous sur la terre, sera délié et absous dans le ciel. » Le pronom Ægo marque le ministre qui ne peut être que le prêtre légitimement ordonné et approuvé par l'évêque pour ce ministère. L'autre pronom te indique le pénitent qui aspire à la grâce du sacrement. Et le mot absolvo, montre la vertu de la forme sacramentelle, qui est de faire ce qu'elle dit, non-seulement en ce sacrement, mais encore en tous les autres. Ce mot signifie je vous délie, parce que les péchés sont des espèces de liens qui empêchent l’âme d'aller à Dieu, et qui la retiennent captive sous la puissance
du démon et de ses propres cupidités.
Quant aux autres paroles que le prêtre ajoute : A pec-
catis tuis, in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen. Elles ne sont point de la nécessité de la forme ni de l'essence du sacrement. Le prêtre néanmoins les doit dire, et il les dit toujours, pour ôter toute équivoque. Car il peut absoudre de plusieurs choses, savoir, des péchés, de l’excommunication, et des censures de l'Eglise; c'est pourquoi en disant : Je vous absous, il ajoute : De vos péchés, pour marquer à quoi se termine son absolution, et l'intention qu'il doit avoir de délier son pénitent.