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n'en plus commettre à l'avenir. De cette définition, nous apprenons que la contrition a deux vues : la première est sur le passé, afin de détester les péchés qüe l’on a commis: et l’autre sur l'avenir, afin de ne plus pécher.
Afin donc que la contrition soit parfaite, il faut avoir de la douleur des péchés que l’on a commis, et gémir comme faisait le Prophète, quand il disait à Dieu dans sa pénitence (Ps. 6. 7.) : « J'ai travaillé dans le gémissement de » mon cœur; j'ai trempé de mes larmes le lit où je devais » prendre mon repos pendant la nuit. Je penserai dans » l’amertume de mon âme aux péchés de toutes les années » de ma vie (Isaïe. 38. 15.). Pardonnez-moi, Seigneur, » selon l'étendue de votre grande miséricorde, et selon » l'abondance de votre bonté, effacez toutes les iniquités » de mon âme; de plus, lavez mes taches et nettoyez-moi » entièrement de l'impureté de mes péchés. »
Il ne suffit pas, pour rendre une contrition parfaite, de pleurer les péchés passés, il faut encore avoir une ferme résolution de n'en plus commettre à l'avenir; .à moins de cela la douleur ne serait ni sincère ni véritable. C'est ce que Notre-Seigneur exigea de la femme adultère, lorsqu'il lui donna l’absolution de sa faute : « Allez, dit-il, et ne » péchez plus à l'avenir (Joan. 8. 14.). » Il recommanda la même chose au paralytique qu'il avait guéri : « Voilà. » que vous êtes guéri, ne péchez plus à l'avenir (Joan. 5. » 14.), » Et même dans l’ancienne loi, Dieu demandait un cœur nouveau à ceux qui se convertissaient, c'est-à-dire un cœur purifié de ses péchés passés, et disposé à mener une vie nouvelle. C'est ainsi qu'il parle par le prophète Ezéchiel (18. 30.) : « Convertissez-vous et faites pénitence » de vos péchés, et vos péchés ne vous seront point impu- » tés à perdition. Eloignez de vous toutes les occasions qui » vous ont fait prévariquer et faites-vous un cœur nouveau » et un esprit nouveau, » C'est-à-dire un cœur qui: vive d'une vie nouvelle et qui ne pèche plus à l'avenir.
Le mot de contrition signifie brisement de cœur, et l'on s’en sert pour montrer que la douleur de la pénitence est si grande et que l'âme en est tellement pénétrée, qu'elle voudrait se briser et mettre en poudre le cœur qui a été si perfide que d’offenser la majesté de Dieu. Aussi, comme cette douleur est extrême, il ne se peut faire qu’elle ne soit agréable à Dieu, puisqu'elle répare l'outrage que le pécheur avait fait à sa gloire, comme témoigne le Prophète (Ps. 50. 49.), « Seigneur, vous ne rejetez point le » cœur brisé et humilié. » Dieu même a eu la bonté de nous enseigner ce moyen de lui satisfaire, quand il a dit par un autre prophète (Joel. 2. 12.) : « Convertissez-vous »* à moi de tout votre cœur, par les jeûnes, par les larmes, » par les soupirs, et surtout brisez vos cœurs. »
Il y a deux sortes de contrition : une parfaite, à qui l'on donne simplement le nom de contrition; l’autre imparfaite, et que l'on appelle ordinairement attrition.
La contrition parfaite, est une douleur que l’on conçoit dans le cœur en vue de la bonté de Dieu qui mérite infiniment d'être aimé. D'où il faut inférer, que la contrition parfaite enferme toujours un acte de charité, et c’est ce qui fait la force de la contrition : car, comme la charité est un amour de Dieu par-dessus toutes choses, il s'ensuit que la contrition, qui est un acte de charité, doit être une haine et une douleur du péché par-dessus toutes choses. Par la charité, nous aimons Dieu de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toutes nos forces (Deut. 6. 5.); et par la contrition, nous devons nous convertir à Dieu, comme dit un prophète (Joel. 2. 12.), de tout notre cœur et de toutes nos forces, en sorte que l'on soit disposé à perdre plutôt toutes choses et la vie même, que de commettre les péchés dont l'on ressent de la douleur.
L'attrition ou contrition imparfaite, est une douleur des péchés commis, en vue de la justice de Dieu, et fondée sur la laideur du péché, ou sur la crainte du châtiment, ou
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sur quelque autre motif semblable. Ainsi, la différence qu’il y a entre la contrition et l’attrition, est que le motif de la contrition, c'est la charité, et le motif de l’attrition, c'est la crainte; ce qui fait que la contrition est une douleur filiale pour un père qu'on a offensé et que l’on aime, et l’attrition est une douleur servile pour un juge irrité et qui peut punir. Aussi les effets de ces deux douleurs sont bien différents. La douleur de Ja contrition efface tous les péchés dès le moment qu'on la conçoit, pourvu que l'on ait la volonté de les confesser ; en sorte que si l’on mourait
‘ en cet état, l'on serait assurément sauvé; et la douleur de
l’attrition ne les efface que quand on les confesse actuellement, en sorte que si l’on mourait sans les confesser, il n'y aurait point de salut.
De la confession.
Éncore que les péchés soient remis, pour grands et énormes qu'ils soient, par un acte d'amour de Dieu et d'une . contrition parfaite, il est nécessaire néanmoins de les déclarer dans la confession; premièrement, parce que Notre-Seigneur a institué ce sacrement pour cet effet, en sorte que si quelqu'un pouvant se confesser ne le faisait pas, ses péchés ne lui seraient point pardonnés quelque acte de contrition ou d'amour de Dieu qu'il s’imaginât faire. Secondement, parce que les ressorts de notre intérieur nous sont si cachés et si incertains, que nous ne pouvons nous assurer que notre charité soit véritable et notre contrition parfaite : il nous faut donc joindre la
* déclaration sacramentale de nos péchés aux actes de notre
intérieur, afin de nous en rendre le pardon plus assuré. La confession est donc une accusation que nous faisons de nous-mêmes, en déclarant nos propres péchés à un prêtre à qui Dieu a donné le pouvoir de nous absoudre. Quand nous disons que la confession est une accusation,
312 je CATÉCHISME
c'est pour nous faire ressouvenir que nous ne devons pas déclarer nos péchés, comme nous ferions dans un entretien indifférent, et beaucoup moins comme ceux dont parle le Sage (Prov. 2. 14.), qui se réjouissent et qui se vantent des fautes qu'ils ont commises, mais comme des criminels qui avouent leurs crimes, afin d'en obtenir la rémission.
Tous les hommes sont obligés à ce sacrerhent dès qu'ils ont l’usage de la raison, puisque c’est en ce temps-là qu'ils commencent à pécher. On ne peut dire néanmoins préci-
sément à quel âge ils ont l'usage de la raison, parce que
les uns l'ont plus tôt et les autres plus tard, selon leurs différentes dispositions. L'on en peut en quelque façon juger quand les enfants commencent à faire la distinction du bien et du mal, et qu'ils usent de finesse, de fraude et de tromperie, d'autant que l'on ne peut tromper ni pratiquer la fraude sans quelque sorte de raisonnement.
1. 11 y a obligation de se confesser une fois l'année; . l'Eglise l’a ainsi ordonné et en a fait un commandement. Mais elle exhorte et conseille de se confesser souvent, tant pour éviter le péril qu’il y a de ne pas se ressouvenir de ses péchés quand l'on a été longtemps sans se confesser: que parce qu'il n’y a rien qui console davantage une âme que de se sentir déchargée du poids de ses péchés, surtout quand ils sont mortels, sans parler des dangers de mort où l’on peut être surpris et dans l'impuissance de se confesser. 2. Il y a obligation de se confesser, lorsque l'on se voit en danger de mort, comme quand l'on tombe dans une maladie mortelle où il y a sujet de craindre que l'on ne perde le jugement. 3. Lorsque l’on est obligé de toucher quelque chose sainte qui demande une pureté d'âme plus particulière, comme quand l'on administre ou que l'on reçoit quelque sacrement. 4. Lorsque l'expérience fait connaitre que l'on ouble facilement ses péchés, et qu’il y a un sujet raisonnable de croire que l'on oubliera
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de même ceux dont la conscience est chargée. Il ‘est de nécessité de confesser tous les péchés mortels et d'en déclarer le nombre, non-seulement de ceux qui se commettent extérieurement et par des actions sensibles, mais encore de ceux qui sont les plus secrets et les plus cachés dans l’intérieur, comme sont les mauvaises pensées volontaires et les désirs déréglés qui blessent quelquefois davantage l'âme que ceux qui paraissent au dehors.
Quant aux véniels, il n’y a pas d'obligation de les déclarer, parce qu'ils peuvent être effacés en beaucoup d'autres manières, comme par l'aumône, par la prière, par la charité et par d’autres semblables bonnes œuvres. On conseille néanmoins de les confesser, la voie du sacrement étant la plus sûre, et ayant été instituée pour remettre tous les péchés.
Il faut encore déclarer les circonstances des péchés quand elles sont aggravantes ou qu’elles changent l'espèce du péché : car il y en a de si considérables, qu'elles font ce qu’il y a de mortel dans le péché. Comme si l'on avait volé quelque meuble d'église, il ne suffit pas de dire que l'on a volé, il faut ajouter que le vol est d'une chose sacrée, parce qu'outre que c'est un vol, la circonstance fait que c'est encore un sacrilége.
Cette intégrité est tellement nécessaire dans la confession, que si l'on avait omis malicieusement quelque péché mortel ou quelque circonstance aggravante et mortelle, non-seulement on ne recevrait point l'absolution, mais encore on ajouterait un nouveau péché à tous les autres; savoir un sacrilége, pour l'abus que l'on ferait du sacrement. Et l'on serait obligé de confesser une autre fois avec ce sacrilége le péché omis, et tous les autres péchés dont on a déjà fait la déclaration.
Mais si l’on omet quelque péché par oubliance ou par mégarde, il suffira seulement de le confesser une autre fois sans parler de ceux dont la déclaration a été sincère.
CAT. Me INC. 27
De la satisfaction.
La satisfaction est le paiement entier d’une dette que l’on acquitte : car qnand nous payons à quelqu'un tout ce que nous lui devons, nous disons qu'il est satisfait, et ce paiement est une véritable satisfaction. Ainsi la satisfaction dont il s'agit, est uno compersation par laquelle nous satisfaisons à Dieu, po: !}:s injures que nous lui avons faites en péchant et é: 1: ‘issant à ses volontés.
Il y a trois soc: Ua satisfaction. La première, qui est aussi la plus parfaite, est celle que Notre-Seigneur a faite à son Père por les péch‘: de tous les hommes, lorsqu'il s’ast offert en sacrifice et qu'il :st mort sur le bois infâme de la croix. J'ai dit que cette satisfaction est la plus parfaite, parce qu'elle a payé à Dieu dans la plus grande rigueur, ce que les hommes devaient à sa justice par leurs péchés, à cause de la dignité infinie de la personne qui a satisfait par sa mort. D'où vient que saint Jean dit (L. Joan. 2. 2.), « qu’il est la propitiation pour nos péchés, » et non-seulement pour nos péchés, mais encore pour » ceux de tout le monde, » c'est-à-dire; de tous les hommes. Lui seul, à cause de sa dignité infinie, pouvait faire cette satisfaction rigoureuse, toute autre créature, pour sainte qu'elle pût être, ne pouvant jamais avoir assez de mérite pour réparer l'injure infinie qui avait été faite à Dieu par le péché.
La seconde sorte de satisfaction, est celle que nous faisons à Dieu pour nos péchés, lorsque nous faisons des pénitences et des mortifications volontaires, ou que nous
recevons avec humilité et résignation celles que Dieu.
nous envoie par l’ordre de sa providence.
C'est ainsi que tant de grands serviteurs de Dieu ont entrepris de mener une vie austère et pénitente, parce que leurs péchés leur venant devant les yeux, ils ont cru qu'il
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La troisième espèce de satisfaction, que l'on appelle canonique et sacramentale, est celle qui est jointe à l’absolution du prêtre, afin de satisfaire pour les péchés que l'on a confessés. On l'appelle canonique, parce que les canons de l'Eglise ont toujours ordonné que quand le prêtre donne l'absolution, il oblige en même temps celui qu'il absout de faire quelque chose de pénible pour compenser la peine que ses péchés méritent.
C'est cette dernière sorte de satisfaction à laquelle le prêtre oblige le pénitent, qui est une partie intégrante du sacrement de pénitence : car, comme il y a deux maux qui suivent le péché, savoir, la coulpe qui est une tache qui rend l’âme désagréable à Dieu, et la peine qu’elle mérite pour sa désobéissance; de même, il est nécessaire qu'il y ait deux choses opposées dans la pénitence pour remettre l'âme dans son bon état : la première, est la grâce qui efface la coulpe et qui rend l'âme agréable aux yeux de Dieu, elle se donne par la contrition qui est dans le pénitent et par l'absolution qui est prononcée par le prêtre; l’autre, est le pardon qui s'obtient par la satisfaction que l'on fait à Dieu en disant les prières, en faisant les aumô- Les, et en accomplissant les autres œuvres pénibles auxquelles le prêtre a condamné le pénitent.
Les peines qui sont remises par cette satisfaction, supposé la contrition parfaite, ou l'imparfaite jointe à la confession, sont les peines éternelles pour les péchés mortels ; et celles du purgatoire ou autres temporelles pour les péchés véniels : où nous devons admirer la bonté infinie de Dieu envers les pécheurs, d’avoir établi dans l'Eglise un moyen si facile de changer des peines éternelles et si insupportables, en d'autres si légères et si faciles à supporter.