DE LA COMMUNION
L'on peut considérer le mystère ineffable de l’eucharistie en trois manières : comme sacrement, comme sacrifice, et comme un lien qui nous unit à Jésus-Christ et qui fait qu'il est appeié communion. Nous l'avons considéré comme sacrement et comme sacrifice dans l'instruction précédente, il nous le faut regarder en celle-ci, comme le lien de notre union avec Notre-Seigneur.
Quelle est la fin de la sainte communion.
Nous ne regardons pas ici la communion par rapport à Dieu, car il est certain que la gloire de Dieu en est la dernière fin comme elle l’est de toutes choses. Mais nous la considérons par rapport à celui qui la reçoit, et dans cette vue la fin de la communion est de nous unir et incorporer à Jésus-Christ, afin de nous faire vivre de sa vie sainte et
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divine, de même qu'un membre vit de la vie du corps tandis qu’il lui est uni. Notre-Seigneur même nous enseigne cette vérité, quand il dit (Joan. 6. 57.) : « Celui qui mange » ma chair, et qui boit mon sang, demeure en moi, et moi # en lui : et celui qui me mange vivra par moi, de même » que je vis par mon Père. » C'est pourquoi Notre-Seigneur a institué ce divin sacrement sous les symboles de pain et de vin, pour nous apprendre que comme le pain que nous mangeons devient une même chose avec nous, et commence à vivre de notre vie; de même, par la manducation de ce divin sacrement, nous devenons une même chose avec Jésus-Christ et vivons de sa vie divine. Il y a pourtant cette différence que nous convertissons en notre substance le pain que nous mangeons, mais quand nous mangeons Jésus-Christ, c’est lui qui nous convertit en lui, selon ce passage que l'on rapporte de saint Augustin (Aug. 1. 7. Confes. c. 10.) : « Je suis le pain des forts; croissez, et » VOUS me mangerez : Vous ne me changerez pas en vous, » mais je vous changerai en moi. » Il y a pourtant une autre raison pourquoi Notre-Seigneur nous a donné 5a chair et son sang sous les symboles du pain et du vin; savoir, pour nous ôter l'horreur et le dégoût que nous aurions naturellement, s’il nous fallait manger sa chair et boire son sang dans leurs propres espèces. En quoi nous voyons reluire sa bonté et sa sagesse tout ensemble; sa bonté en se donnant à nous, et sa sagesse en se donnant d'une manière si douce et si conforme à notre condition,
Des effets que cette divine viande produit en l'âme.
Il serait difficile et même impossible de rapporter les effets que cette viande céleste opère dans les âmes bien disposées. En voici néanmoins quelques-uns que nous devons savoir pour notre consolation.