‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 78 sur 83 · PR EE · texte numérisé non relu

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l'épouse d'un homme, et elle perd son intégrité qui est la plus belle chose du monde; et par la virginité, elle devient l'épouse de Jésus-Christ et elle conserve cette riche et précieuse perle.

Saint Paul montre assez la prééminence de la virginité, au-dessus du mariage, non-seulement par scn exemple, quand il dit qu’il souhaite que tous les hommes soient comme lui dans un état de continence et de pureté (I. Cor. 7.7.); mais encore par sa doctrine toute céleste : « Quant » aux vierges, dit-il (I. Cor: 7. 25.), je n'ai reçu aucun » commandement du Seigneur qui oblige à la virginité; » mais voici le conseil que je vous donne, comme étant » fidèle ministre du Seigneur par la miséricorde qu'il m'en » à faite. Je crois donc qu'il est avantageux, à cause des » fâcheuses nécessités de la vie présente ; qu'il est, dis-je, » avantageux à l'homme de ne se point marier. Etes-vous » lié avec une femme? ne cherchez point à vous délier. » N'êtes-vous point lié avec une femme? ne cherchez point » de femme. Que si vous épousez une femme, vous ne »* péchez pas; et si une fille se marie, elle ne pèche pas » aussi. Mais ces sortes de personnes ressentiront dans la » chair des contradictions et des peines, et je voudrais » bien vous les épargner. Voici donc, mes frères, ce que » j'ai à vous dire : le temps est court; et ainsi que ceux » mêmes qui ont des femmes, soient comme n'en ayant » point. Et pour moi, je désire de vous voir dégagés de »* soin et d'inquiétudes, Car, celui qui n'est point marié » s'occupe des soins et des choses du Seigneur, et de ce »* qu'il doit faire pour lui plaire : mais celui qui est marié »* s'occupe du soin des choses du monde, et de ce qu'il doit » faire pour plaire à sa femme, et ainsi il se trouve partagé » et divisé. De même, une femme qui n’est point mariée,

» et une vierge s'occupe du soin des choses du Seigneur, | »« afin d'être sainte de corps et d'esprit; mais celle qui est * mariée, s'occupe du soin des choses du monde et de ce

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» qu'elle doit faire pour plaire à son mari. Or, je vous dis * ceci pour votre bien : ce n'est pas pour vous dresser un » piége, mais pour vous porter seulement à ce qui est » plus saint, et qui vous peut donner un moyen plus facile » de vous attacher à Dieu sans distraction, Ainsi celui qui » marie sa fille fait bien, mais celui qui ne la marie point » fait encore mieux. La femme est liée à la loi du mariage » tant que son mari est vivant; mais si son mari meurt, » il lui est libre de se marier à qui elle voudra, pourvu » que ce soit selon le Seigneur. Mais elle sera bien plus » heurouse si elle demeure veuve, selon le conseil que je

, » lui donne. Et je crois que j'ai aussi en moi l'esprit de

» Dieu. »

De la virginité dans le mariage.

La virginité est une chose si sublime, et elle est d'un si grand prix et d'un si haut mérite devant Dieu, que, encore qu'il ait institué le mariage, il a bien voulu qu'elle se püût garder dans le mariage même. Nous en avons une infinité d'exemples dans l'Ecriture Sainte ot dans l’histoire ecclésiastique, où nous apprenons que les partis ont préfére cette vertu qui les faisait grands devant Dieu, à une longue postérité qui les eût pu faire grands selon le monde. Adam et Eve ont vécu vierges dans le mariage, tout le temps qu’ils ont demeuré dans l'état d'innocence. La sainte Vierge et saint Joseph ont gardé une perpétuelle virginité, laquelle, comme témoignent les saints Pères, n’a point empêché que leur alliance ne fût un véritable et parfait mariage. L’'empereur Marcien et sa femme Pulchérie ont gardé cette pureté virginale toute leur vie, cette impératrice n'ayant voulu se marier qu’à cette condition. Nous lisons de même de l’empereur Henri et de l’impératrice Cunégonde, ce qui leur a mérité à l'un et à l'autre la qualité de saints. Je ne passerai pas sous silence saint Edouard, roi d'Angleterre, et la roine sainte Edite, qui vivaient devant le monde

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comme le mari et la femme, et entre eux comme le frère et la sœur. J’ajouterai ici le comte saint Elzéard et la comtesse sainte Delphine, sa femme, qui vivaient dans leur mariage avec une pureté angélique, et tous deux sont demeurés vierges jusqu'à la mort. Je pourrais rapporter beaucoup d'exemples de cette nature, mais je me contente de ceux-ci qui me paraissent les plus illustres à cause de la qualité des personnes. Et je ne doute point qu'il n’y ait encore aujourd'hui un grand nombre de personnes inconnues, qui vivent comme des anges dans le mariage, et qui s'élèvent au-dessus de la corruption humaine, pour garder une virginité perpétuelle d'autant plus sainte et agréable à Dieu, qu'elle est cachée aux yeux des hommes. Toute sorte de virginité est admirable, mais celle-ci est extraordinairement héroïque, à cause des occasions continuelles où l'on se trouve de la perdre, et de la perdre innocemment et sans offenser Dieu. C'est garder parfaitement le conseil que Dieu sous donne par saint Paul quand il dit (I. Cor. 7. 29.) : « Mes frères, le témps est court. Ce qui reste à » fuire, est que ceux qui ont des femmes, vivent avec elles * comme s'ils n’en avaient point. »

A Dieu seul l'honneur et la gloire.

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Avertissement pour cette troisième édition . . . . + +. 1v

Iostruction préambulaire : Explication du signe de la croix. — Ce que c'est que Dieu. — Du mystère de la Trinité. — De l'Incarnation du Verbe . . . . . . . . . . 1

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