VII
que Tamour de la vérité et de la justice, qui est Tamour de Dieu méuie, doit demeurer dans notre àme aussi bien dans la joie que dans la tristesse, dans la fortune que dans le dénùment ; et que cette divine flamme doit continuellement brûler dans notre cœur, comme sur un autel plus pur et plus précieux que les autels les plus saints et les plus magnifiques de la terre.
A la célébration de celte fête perpétuelle qui compose la vie des justes, et qui devrait composer celle de tous les hommes , ne sont opposés ni le travail des mains, ni les emplois les plus bas, ni les œuvres serviles; car le juste animé de la charité est libre, libre de la liberté des enfants de Dieu ; aucune de ses œuvres n'est servile. Soit qu'il taille sa vigne, soit qu'il cultive ses champs ou qu'il navigue sur la mer, il ne cesse pas de célébrer cette fête continuelle des justes, puisqu'il ne cesse point, parmi ces occupations, d'aimer son Père céleste et de chanter ses louanges \ Si toutes ces choses sont défendues dans les jours de fctes particulières, c'est afin que les soins temporels ne soient point un obstacle à la méditation des choses divines et à la prière. De là, saint Jérôme ne craint pas de tirer cette conclusion, que les jours de fête n'ont rien par eux-mêmes de plus grand que les autres; mais qu'il a été nécessaire de distinguer et d'ordonner ces jours d'assemblée dans les églises, afin de renouveler et d'enflammer davantage la charité des fidèles envers Dieu, en la présence ducjucl ils s'assemblent, et envers leurs frères avec lesquels ils s'assemblent^. On peut dire dans le même
' Clcm. Alcxand. Strom. lib. vu, n. 512.
■• Proplcrea dic« aliqiil constiditi siint, ut in unnm omncs parilcr convcnircmus. >on quo cekbrior sit Uic« ilU , qua coiivcniuiu», scU quo quacumquc
Tiens que les heures d'un jour de fêle n'ont rien en ellesmêmes de plus saint les unes que les autres, parce qu'elles composent toutes ensemble un jour de fête. Toutefois il a été nécessaire d'en affecter quelques-unes au service divin, afm que la ferveur de ces heures plus saintement employées se répandît sur les autres et parfumât en quelque sorte tout le reste de la journée. Les fêtes particulières de Tannée ont le même but et le même rapport avec cette fête continuelle que les justes tâchent de célébrer pendant toute leur vie, comme un prélude à la fête éternelle.
La vie de Ihomme ici-bas est donc une fête, mais une fête qu il doit célébrer comme le guerrier au milieu des combats, en remportant de continuelles victoires; comme Texilé, en marchant continuellement vers sa patrie; comme un roi tombé du trône, en cherchant par de continuels elforts à y remonter. Pour le Chrétien, c'est-à-dire pour Ihomme qui comprend sa destinée, la fête de la vie est donc, s'il est permis de le dire, une fête souffrante et laborieuse. Mais couraue, ô homme! guerrier, exilé, roi déchu, courage! pour toi viendront en leur temps les palmes, la patrie et la couronne.
II. Noms païens des jours de la semaine. — Quelle haute philosophie dans cette idée que la Religion nous donne de notre existence tem{)orelle! comme elle oriente nos pensées, nos affections , nos entreprises ! comme elle nous ennoblit! comme elle nous encourage à la vertu! Or, cette précieuse notion, 1 homme, hélas! l'avait oubliée, et il avait fait de sa vie la fêle des démons, et son existence temporelle n'était qu'un achemi-
dic convcniendum sit, ex conspeclu mutuo liillla major orialur. In Epist. ad Gai. c. lY.
nement à l'horrible fêle de Tenfer. Dans son aveuglement, il avait distingué chacun de ses jours par le nom d'une créature ou d'une divinité infâme au culte desquelles il Tavait consacré. Le premier des jours de la semaine, il l'avait dédié au soleil, le second à la lune, le troisième à Mars, le qualricme à Mercure, le cinquième h Jupiter, le sixième a Vénus, le septième à Saturne; et tous ces noms, chargés de honteux souvenirs et souillés par des sacrifices horribles ou des actions indignes, faisaient succéder les crimes aux crimes, et écartaient de plus en plus Ihonime coupable de sa fin dernière.
III. Noms chrétiens. — Réparatrice universelle, l'Église catholique s'empressa de détruire les dieux et de bannir leurs noms du langage. Elle désigna tous les jours de la semaine par un seul mot, celui de férié, mot plein d'un sens profond, car il veut dire fête ou repos: fête, nous savons pourquoi; repos, parce que tous les jours de la vie doivent être la cessation du travail de péché, du travail de ruine et de désordre, auquel le genre humain se livrait, comme un furieux, depuis sa chute sous l'esclavage de Satan. Dans la langue de l'Église, \e premier jour de la semaine fut appelé le jour du Seigneur ou première férié; le lundi, seconde îérie; le mardi, le mercredi, le jeudi et le vendredi, troisième, quatrième, cinquième et sixième fériés. Le septième pur retint le nom de samedi ou de sabbat, ((ui veut dire repos et qui rappelle les traditions judaïques, et le repos du Seigneur après la création.
Dès lors la vie et les jours qui la distinguent redirent à l'homme, par leur nouveau nom, le but du temps et l'emploi auquel il doit être consacré. L Eglise ne né-
gligea rien pour bannir du langage civil les noms profanes donnés aux jours, tant elle connaît la puissance des mois, tant elle avait à cœur de réhabiliter la société, en étant au Paganisme jusqu'au dernier moyen d exercer sa trop funeste influence. Le génie pénétrant de saint Augustin avait bien saisi la pensée de TÉglise catholique. « Plaise à Dieu, s'écriait-il, que les Chrétiens soient chrétiens dans leur langage, cl qu'on cesse de désigner les jours de la semaine par les noms païens 1 Parlons la langue qui nous est propre, ne profanons pas notre bouche par des noms qui sentent ridolàlrie; que par leurs noms mêmes nous soyons avertis que tous nos jours sont autant de jours de repos et de fôte, et que notre vie tout entière est une fêle consacrée au Dieu de toute sainteté '.
IV. Dévotions attachées à chaque jour de la semaine. • — Ce n'était pas assez pour 1 Eglise d'avoir banni le langage de ridolàlrie ; mère tendre et éclairée, elle connaît bien la faiblesse de ses enfants. Et voilà que, pour tenir leur ferveur constamment en haleine par de nouveaux motifs, de pieuses et antiques traditions altachèrent à chaque férié une dévotion particulière. Le Dimanche, ou la première férié , fut de tout temps consacré au Seigneur.
Au commencement du moyen âge, le lundi, ou la seconde férié, était consacré au culte spécial du Fils de Dieu, la Sagesse élernelle. Plus lard, on le dédia au Saint-Esprit, pour im[)lorer son assi>tance au commencement des travaux de la semaine. Enfin aujourd'hui on le consacre au soulagement des trépjissés; mais c'eet
' lu Psal. xciii.
une dévotion libre et volontaire que l'Église approuve
sans la prescrire.
Le mardi, ou la troisième férié, est généralement consacré au culte des saints Anges , et spécialement des anges gardiens. Voyez-vous comme la piété est ingénieuse à entretenir dans Thomme de touchants souvenirs, de nobles idées de lui-même et de vifs sentiments de reconnaissance? Or, croyez -moi, en rendant l'homme reconnaissant, on le rend bon *.
Le mercredi, ou la quatrième férié, est le jour choisi par la piété pour honorer saint Joseph et obtenir la grâce d'une bonne mort. Depuis les temps apostoliques le mercredi a été Tobjet d'une dévotion particuliore dansl'Église d'Orient et dans TÉglise d Occident^. C'était un jour de station, c'est-à-dire de jeûne et d'assemblée aux lieux de prières ou aux tombeaux des Martyrs. On s'y rendait de grand matin et Ton n'en sortait qu'après l'heure de nune, c'est-à-dire à trois heures après midi, où finissait la Messe et le petit jeûne qui se pratiquait ce jour-là. On 1 appelait petit jeûne, parce qu'il était de trois heures moins long que le jeûne du Carême, des Quatre-Temps, des veilles des grandes fêtes, et qu'il n'était point d'une obligation si étroite, du moins ei^ Occident \
Les mêmes exercices de piété et de pénitence avaient lieu le vendredi, ou la sixième férié. Voulez-vous savoir pourquoi IJ'^glise avait consacré ces deux jours à ranimer la piété de ses enfants par le jeûne et l'oraison? C'était en mémoire de ce qui était arrivé à notre Seigneur l'avant-veille et le jour de la F*assion. Le mercredi, elle
' Amalar. Divin. Offlc. \\b. iv, c. 13. — ^ Epipli. Jlœrcs. m. n. 22. "' Albasplii. Obscr. Iib. i, c. 16; TcrluU. de Orat.
rappelait à ses enfants le conseil des Juifs où s'était prise la résolution de faire mourir Jésus-Christ; le vendredi, elle leur montrait l'exécution du projet déicide. L'Église a donc cru , el qui peut la blâmer? que les crimes des hommes, véritable cause de la mort du Fils de Dieu, devaient être pour ses enfants un sujet de tristesse et de pénitence en ces deux jours de la semaine, comme sa résurrection était pour eux un sujet de consolation et de réjouissance au jour du Dimanche'.
LÉglise grecque, malgré toutes ses tribulations elles diverses révolutions qu'elle a subies, s'est maintenue jusqu'à présent dans l'usage de jeûner tous les mercredis et les vendredis de Tannée, à quelques exceptions près. Dans l'Église latine, le jeûne de ces deux jours, étant demeuré libre jusqu'au neuvième siècle, se changea depuis en simple abstinence. Celle du vendredi fut bientôt après regardée comme d'obligation, et passa en loi. L'abstinence du mercredi et du samedi demeura libre jusqu'au quatorzième siècle. Mais Tabstinence du mercredi s'étant peu à peu abolie, celle du samedi se fortifia de telle sorte, qu'elle devint aussi indispensable que celle du vendredi*.
Au jeudi, ou à la cinquième férié, se rattache, comme vous savez, un souvenir si consolant, (jue les fidèles ont honoré ce jour par une ferveur particulière. C'est le jeudi que le Fils de Dieu institua le sacrement de l'Eucharistie, dans lequel il lègue à perpétuité au genre humain sa chair à manger et son sang à boire : Sacrement auguste qui fait du Sauveur, lriomi>hant dans le Ciel, le compagnon de notre pèlerinage et le
« Aug. Kpist. \\\\i . ad Casul. n. 30; Baron, an. 3^, n. 168. ' TluimnM. da Jeûnes, part, n , c. 15, n. 3, 4 ci 5.
prisonnier de son amour dans nos tabernacles. Depuis rinstitution de la Fête-Dieu surtout, les jeudis de Tannée semblent avoir été destinés à renouveler cette fête, tant par des offices publics que par des dévotions particulières. De sorte qu'il en est à peu près de tous les jeudis de Tannée, par rapport à la Fête-Dieu, comme de tous les dimanches à Tégard de la fête de Pâques , c'est-àdire que ceux-là ne sont qu'une octave continuelle du mvslère de TEucharistie, comme ceux-ci de la résurrection.
Le vendredi, ou la sixième férié, est consacré à la Passion. Dans une partie de la chrétienté, on fermait le barreau ce jour-là ' ; car le jeune y fut observé tant en Orient qu'en Occident jusqu'au neuvième siècle. A celte époque il se changea en une simple abstinence, mais dont TÉglise fit une loi si rigoureuse, qu'elle n'en dispense plus qu'à la fête de Noël, lorsqu'elle tombe le vendredi^. A Tabstinence, les fidèles ont coutume de joindre, ce jour-là, vers les trois heures du soir, la récitation de cinq Pater et de cinq Ave Maria, en Thonueur des cinq plaies de notre Seigneur.
I^ samedi fut, pendant plusieurs siècles, fêté comme le Dimanche, et cela pour plusieurs raisons : d'abord, pour honorer le repos du Seigneur après la création , et rappeler à Thomine que lui aussi, image de Dieu, créait en quelque sorte durant cette vie, et qu'il entrerait un jour d;ms le sabbat^ ou le repos éternel , figuré par le septième jour. Ensuite, on se souvint que le Sauveur avait souvent choisi le jour du sabbat pour opérer des guérisoiis et des miracles, et pour aller prù-
• .Sozom. lib. 1, c. 8.
' TUomîM. dcjt Jei'iim, part, ii, c. 1/^ cl 15.
DE PERSÉVKRANCE. 393
cher dans les synagogues. Ce fut celte dernière considéralion qui détermina Tempcreur Constantin à porter sa loi pour faire honorer particulièrement le samedi *.
Dans lÉglise de Rome, ce jour était consacré au jeûne. Il en était de même à Alexandrie d'Egypte. Ces deux Églises, fondées l'une par saint Pierre, et l'autre par saint Marc son disciple, pratiquant un même usage, sont une nouvelle preuve du fait auquel on en rapporte Torigine. Les anciens Romains disaient que saint Pierre, lors de son premier voyage à Rome, où saint Marc l'avait accompagné, devant combattre Simon le Magicien un jour de dimanche, jeûna le samedi, et ordonna à tous les fidèles de l'imiter. En mémoire du triomphe que le saint Apôtre remporta sur le suppôt du démon , on retint l'usage de jeûner le samedi *; il s'est conservé pendant bien des siècles.
Mais si le jeûne était particulier à lÉglise de Rome, il n'en fut pas de môme de l'abstinence. Dès le onzième siècle, en 1078, le pape saint Grégoire VU, dans un concile de Rome, en fit une loi générale pour toute l'Église *. Cette loi néanmoins ne fut pas reçue partout. Plusieurs provinces de la chrétienté conservèrent 1 habitude de manger de la viande. Au quinzième siècle, Saint Antonin, archevêque de Florence , mort en 1 459, examinant l'obligation de celte abstinc^nce du samedi, fait cette réponse : « Il y a péché à manger de la chair en ce jour dans les pays où la coutume de n'en point manger est généralement établie; mais si l'on vit dans los lieux où règne la coutume contraire, comme en Ca-
' Eu»fb. t II. CoHSt. lib. IV, c. 18, p. 324.
* Cas.siaii. /nstit. lib. m, c. 9 et 10.
^ Grat. Dccr. deconsccral. lib. v, c. 31 ; Lnp. t. v, Comm. p. 1G7 et 168.
lalogne et dans beaucoup d'autres pays, on peut sans
scrupule se conformer aux usages de ces royaumes. '
Quelques années après la mort de saint Antonin , toute l'Église de France reçut la loi de l'abstinence du samedi; elle se contenta d'en excepter ceux d'entre Noël et la Purification : le Diocèse de Besançon ne les exempte môme pas. Cette loi ne s'est point établie eu Espagne; dans ce royaume, on n'a point apporté jusquici d'autres modifications à la liberté de manger de la chair que celle de se contenter des intestins et des issues ou extrémités des animaux les jours de samedi "*. Quoique moins générale que celle du vendredi, l'abstinence du samedi ne doit pas être moins religieusement observée ; l'autorité qui prescrit Tune et l'autre est la même : c'est Tautoiité de l Église notre mère, réponse de Jésus-Christ, dont le Sauveur lui-même dit, Si quelqu'un n'obéit pas à l'Eqlise, qu'il soit pour vous comme iin païen et un public ain^ ,
Comme vous le voyez , le samedi a été depuis le commencement de l'Église en grande vénération parmi les fidèles*. Vers la fin du onzième siècle, en 1095, le pape Urbain II , pour attirer sur les Croisades les bénédictions du Ciel par l'intercession de Marie, dédia le samedi à la sainte Vierge, et ordonna qu'on en ferait l'office ce jour-là^. Depuis cette époque, les fidèles se
' In Italia in sabbaio abslinrtur ah cmi carniiim , cl qui tali die sine cau8a ralionabili. jMita infirmilaiis, comcdtTct carnes, pcccarcl mortalitcr, quia facerel contra consueliidinem lalis patriae. Extra llaliam in mullis parlibu», ut In Caltiaionia non est lalis consucludo absiinendi in iila die a carnibus, undc comcdenUs ibi carnfs non pcccanl. Summ. TItcof. p. i, lit. Ui\ c. unie. $ i , t-dlt. Vend., 1582.
' Marian. Ilist. Uisp. lib, v, c. 6, cl lib. xt, c. li'i.
' Maith. XVIII, 17. — < Amalar. Divin, Ofpr. lib. iv, c. 17.
* Moreri , arl. n^ce.
font un devoir de consacrer le samedi en l'honneur de Marie, de témoigner à celte divine Mère leur tendresse et leur reconnaissance, soit par le jeune, soit par Tassistance au saint sacrifice de la Messe, ou par quelque autre exercice de piété : rien n'est plus touchant et plus utile*.
Ainsi , chaque jour de la semaine apporte au Ciirétien un nouveau motif de ferveur et de sainteté. Crovcz-vous que cette manière de distinguer les jours ne soit pas aussi morale que celle des gens du monde, qui ne distinguent les leui-s que par la variété de leurs affaires ou de leurs plaisirs?
V. Beauté et utilité du calendrier calJiolique . — Ce que l'Église a fait pour chaque jour de la semaine, elle Ta fait pour les mois et les années. Partez de ce principe, que I homme faible et inconstant a sans cesse besoin de nouveaux motifs pour s'exciter à la vertu ; que tous les états ayant leurs devoirs et leurs peines particuliers, il faut aux hommes de tous les états des modèles de sainteté; enfin, que la vie de l'homme est une alternative continuelle d'adversités et de prospérités, où se trouvent quelques joies et beaucoup de larmes ; et vous ne pourrez vous défendre d'admirer le calendrier catholi(/iie. Quel haut enseignement de vertu, quelle source intarissable de consolations , quelle variété de motifs et de modèles il présente aux hommes de tout Age, de tout état, dans toutes les positions de la vie !
L'impiété du dernier sicile en avait compris toute lin-
' A ce» picusf intentions, on peut encore anjourd'liui . afl:i d'tnlrcr plu5 avant dans rinlcntion de rKr,liM et seconder Tcruvre «i providentielle de la propaf^ation de la fol, consacrer le dimanche à prirr pour la conversion dr l'Eurof}r, le lundi pour \'(h*(inic. ]<• mardi pour V Afrique , le mercredi pour VAMie, le jeudi pour VAmjletnre ti la Itussir . le vendredi pour VAmmtpte , le •amedi pour la Iraucr.
fluence, lorsque dans sa haine aveugle du Chrislianisme"* elle proscrivit le calendrier, et voulut remplacer nos fêtes chrétiennes par des fêtes comme celles de la déesse Raison ; nos modèles catholiques, par des plantes ou des instruments aratoires et des créatures inanimées, et substituer aux noms de nos Saints des noms tels que celui de Marat*! Le temps, et un temps très-court, a fait justice de leur abjecte pensée. Ah! si vous aimez Thomme, si vous le comprenez, lui et sa destinée, et ses faiblesses, et ses combats, et ses douleurs, laissez , laissez-le chercher des exemples, des encouragements et des consolations là où il peut en trouver ; et convenez qu'après celui de l'Éternel, le culte des Saints est encore une des plus belles institutions dont la morale du citoyen soit redevable au catholicisme. Où trouverez- vous, en effet, une succession de vertus plus variée et plus féconde que dans la Fie des Sainls? Vertus simples et populaires , qui sont à la portée de tous, qui ont pour objet le bonheur de tous, qui conviennent également à toutes les conditions et à tous les âges, qui offrent aux pauvres comme aux riches, aux heureux et aux malheureux, des exemples à suivre, des œuvres à imiter, la même récompense à espérer, et qui portent avec elles un attrait assez divin pour exciter rame à le suivre, à le cultiver et à faire des elforts pour
> La preuve évidente que la haine de la Rcli|;ion avait fait substituer le colendricT républicain au calendrier calholi(|UC est rcrile en toutes lettres dan» les deux id/îccs suivantes : un arrêté du 13 germinal an VI (S avril 1798) dit exprecsémcnt que • l'observation du calendrier français est une des institutions le» plus propres à faire oublier le réi',ime sacerdotal. » In message du 18 iî< rmlnal au Ml (8 avril 1790) ajoute : " Que ce calendrier a pour objet de déraciner du cœur du pctiple la superstition en généralisant dans toutes les commune» les féirs décadaires. •
Nou» doiuiou» ici le calendrit r de la république une rt iiutivisiOlc. C'est un monument déjà fort rare cl on ne peut plus curieux de l'absurdité dei
en atteindre le but tout à la fois si social et si chrétien. Grâce au calendrier catholique, il n'y a point de jour dans Tannée où le pèlerin de Téternité, l'exilé du Ciel , l'antagoniste du mal , soit délaissé à lui-même; il n'y a point de jour où il ne reçoive , en quelque sorte , la visite d'un homme juste qui vient lui offrir comme en tribut tout le bien qu'il a fait. Ainsi , Tannée religieuse ne se
prclcndus réformateurs. Voici donc les modèles cl les sujets de méditation qu'ils pruposaicnt aux citoyens français. Je ne vous en impose pas, lisez :