‹ Catéchisme de persévéranceChapitre 12 sur 48 · VII · texte numérisé non relu

VII

35i CATÉCHISME

XXIP LEÇON.

LE CHRISTIANISME RE>nU SENSIBLE.

Cinquième partie de la Messe. — J'ntcr. — rrières et cérémonies qui le suivent. — Fraction de lliostic. — Le baiser de paix. — Âgnus Dei, — Prières avaut la communion. — Communion.

Le Prêtre, renfermé dans l6 secret du sanctuaire, vient, pendant le canon , de traiter tête à tôte avec Dieu des intérêts du peuple. En finissant cette suite de prières, il rend grâces par Jésus-Christ et élève la voix en disant : Bam tous les siècles des siècles; et le peuple s'empresse de souscrire à tout ce que le Prêtre vient de faire et de demander pour lui, et il dit: ime/i, qu'il en soit ainsi. Ce mot termine le canon et la quatrième partie de la Messe.

La cinquième est une préparation à la communion. Or, qu est-ce qu'un peuple qui communie? Yous êtesvous jamais adressé cette question? Un peuple qui communie, c'est une grande famille qui vient s'asseoir à une table dressée sur les confins du temps et de Téternité, où les habitants de la terre accomplissent Tacte le plus auguste, le plus délicieux, le plus social qui soit possible à de simples mortels, où ils se trouvent en rapport de sainteté et de présence avec les habitants de la Jérusalem d'en haut ; à la table même du Père commun des anges et des hommes, pour manger le pain et boire le vin que sa tendre sollicitude leur a préparé. Et (jucl pain, grand Dieu ! et quel vin vont être servis au banquet sacré I Pour rappeler cette touchante idée d'une famille qui s'assied à la même table, TÉglise veut que

-ses enfants saluent Dieu du doux nom de père, et aussitôt elle leur met sur les lèvres TOraison dominicale. Mais cette oraison est si sainte , elle nous élève à une dignité si haute en nous permettant d'appeler Dieu notre Père, que TÉglise a cru devoir, dans une courte préface, exposer que ce n'est que d'après Tordre de Jésus- Christ lui-même que ses enfants osent le réciter.

Pendant que le Prêtre la prononce , ayons grand soin d exciter dans notre cœur un vif sentiment d'humilité '^i de reconnaissance; car, instruits par des préceptes salutaireSj et formés par une institution divine, nous osons dire : Notre Père, Pater noster, etc. Oh! quelle consolation pour nous que l'Église nous fasse réciter TOraison dominicale dans un moment oii Jésus-Christ, qui on est Tauteur, est immolé sur Tautel pour nous obtenir de son Père toutes les demandes qu'elle contient! L'usage de léciter le Pater pour se préparer à la communion est de toute antiquité. Puisse-t-il passer sur nos lèvres comme il a passé depuis dix-huit siècles et sur les lèvres de l'Homme-Dieu, et sur celles des Apôtres, des Martyrs et de tant de Saints , nos pères et nos modèles !

Dans l'Église orientale , le Pater est dit par tout le peuple, et dans l'Église latine par le Prêtre seul'. L'Église latine veut que le Prêtre prononce seul , à voix intelligible, l'Oraison dominicale, alin que tout le monde Tenlende plus distinctement. Cependant, afin que le peuple y prenne part, on lui fait réciter la dernière demande, qu'il doit dire comme récapitulation de toutes les autres. Ainsi, en prononçant ces mots : Délivrez-nous du mal, les fidèles disent : Délivrez-nous du mal, alin ^jue vous soyez toujours glorifié en nous, que vous y

* Grcg. Serm. lviii, in Hatlh. vi, fie Oral. dom. c. 10.

'JoG CATÉCHISME

régniez seul; que nous fassions votre volonté, que nous obtenions de votre bonté les biens spirituels et temporels , que nous méritions le pardon de nos péchés pail'amour sincère de nos frères, et que notre faiblesse no soit point exposée aux tentations. Le Prêtre répond : Qu'il en soit ainsi, Amen : Que vous soyez délivrés du mal.

Et il explique cette demande du peuple en nommant les maux dont nous désirons la délivrance, et les intercesseurs par la médiation desquels nous Tattendons; il dit : (( Délivrez-nous, Seigneur, de tous les maux passés, présents et futurs; nous vous en supplions par Tintercession de la bienheureuse et glorieuse Marie, mère de Dieu, toujours vierge, de vos bienheureux Apôtres Pierre, Paul et André , et de tous les Saints; donneznous, par un effet de votre bonté , la paix durant nos jours, afin qu'étant soutenus par les secours de votre miséricorde, nous soyons délivrés de tout péché et exempts de toute sorte de troubles. Par le même Jésus- Christ notre Seigneur, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans Tunité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles, jdmen. »

Avant cette prière et vers la fin du Pater, le Diacre essuie la patène, afin qu'elle soit plus propre; le Prêtre la prend et la tient appuyée sur l'autel, afin d'être plus à même de s'en servir pour faire le signe de la croix. A ces mots : Donnez-nous la paix, il fait sur lui le signe de la croix avec la patène, et la baise par respect, comme l'instrument de la paix, le vase à jamais sacré dans lequel doit bientôt reposer le corps adorable de Jésus-Christ. Il s'en sert en même temps pour faire le signe de la croix, parce que c'est parla croix que le

Sauveur a détruit tout ce qui s'opposait à notre paix '. H met la patène sous l'hostie, afin de pouvoir prendre cette dernière plus facilement. Il découvre ensuite le calice, fait une génuflexion pour l'adorer; et, prenant l'hostie, il la rompt en trois au-dessus du précieux sang, afin que les parties qui pourraient s'en détacher tombent dans le calice môme.

Pourquoi cette fraction de Thostie? C'est pour rappeler l'un des plus vénérables souvenirs de la Religion. Avant de le distribuera ses Apôtres, le Sauveur prit le pain et le rompit en disant: Prenez et mangez. Il est donc vrai que dans la plus petite de nos cérémonies est un trésor de souvenirs et de piété. Cette division de l'hostie a lieu dans toutes les Églises d'Orient et d'Occident'. Une des parties est mise dans le calice; la seconde était autrefois distribuée au peuple, le Prêtre communiait avec la troisième. Dans Tantiquité, l'hostie consacrée par le Prêtre était plus large et plus épaisse, il était possible d'en donner une portion aux Fidèles ; aujourd'hui, étant plus petite, le Prêtre la consomme tout entière ; les petites hosties servent à la communion du peuple.

Le Prêtre, tenant entre le pouce et l'index de la main droite la particule de Thostie qu'il va mêler au précieux sang, fait trois signes de croix sur le calice d'un bord à l'autre, en disant : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous, et le peu[)le répond : Et avec votre esprit. Le Piètre fait le signe de la croix sur le sang du Sauveur, car c'est par ce sang divin que toutes choses

' De là vient que, dans plusieurs églises, on donne à baiser la patène dans les offrande», en disant : Vax lobis : Que la paix soit avec vous.

' Euchol. fîraec, p. 81, ad hom. Amalar. lib. m, p. 63j; Bona, lib. ii, c. \j.

ont été pacifiées* ; il le fait trois fois, en l'honneur de& trois personnes de la sainte Trinité.

Durant les six premiers siècles, ce soiihait du Prêtre, Que la paix du Seigneur soit toifjours avec vous, était le signal de la paiK que les Chrétiens devaient se donner en s'embrassant. Et vous auriez vu tous ces enfants de la même famille, appelés à la table du Père commun, le Dieu de charité, s'embrasser tendrement, pour marquer qu'il n'y avait dans leur cœur ni amertume, ni aversion, ni froideur, mais la charité la plus franche et la plus vive, et vous auriez entendu les Païens s'écrier : Voyez comme ils s'aiment, et comme ils sont prêts à mourii^ les uns pour les autres ! Et cette société naissante trouva dans sa charité le principe de sa victoire sur le Paganisme, car l'union fait la force. Les hommes donnaient aux hommes le saint baiser, les femmes aux femmes ; et tout ce peuple de frères s'approchait ensuite de la table de l'Agneau, à laquelle, suivant le langage des saints docteurs , les pacificjues ont seuls le droit de

s'asseoir^.

Si l'Église, dans sa profonde sagesse, a changé ce touchant usage, elle en a conservé les vestiges. Aux grand' Messes, nous voyons encore le Diacre donner au Sous- Diacre la paix qu'il vient de recevoir du Prêtre; car le Prêtre, avant de donner la paix, baise Tautel, figure de Jésus-Christ, et autrefois il baisait la sainte hostie, pour marquer que c'était dans le cœur même du Sauveur qu'il puisait la paix. Du Sous-Diacre, cette paix se communique ensuite à tous les ecclésiastiques qui sont présents. Ainsi l'esprit de l'Eglise n'a point changé, et

' r.oluss. 1 , 20.

3 tiicr. in Lpist. ml liœc verba : Salutale inviccm ia 05CuIo sanclo.

les fidèles qui assistent à la Messe doivent en ce moment demander à Dieu la paix, et faire un acte de charité envers le prochain , se rappelant ces paroles du divin Maître : Lorsque vous présenterez votre olfnuule à r autel, si vous vous rappelez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l autel, allez vous réconcilier j puis vous viendrez offrir votre présenta

Mais quelle est cette paix que le Prêtre souhaite aux fidèles, et que les fidèles doivent demander? La paix du Seigneur, Fax Domini; la paix, le seul héritage temporel que du haut de la croix l Homme-Dieu légua à ses enfants ; la paix intérieure de l'àme que le monde ne saurait donner , parce qu'elle est le fruit de la victoire remportée sur nos passions; la paix avec Dieu et avec nos frères : la paix du monde, parla soumission à 1 Évangile; et la paix de TEglise, par la cessation des persécutions. La première est la disposition à la communion, la seconde en est le fruit. Pour donner une vive image de cette paix divine, le Prêtre, pendant que le peuple répond : Et avec votre esprit, laisse tomber dans le calice la portion de l'hostie qu'il tient à la main droite, et il dit : (( Que ce mélange et cette consécration du corps et du sang de notre Seigneur Jésus-Christ soit fait pour la vie éternelle à nous qui le recevons. Amen. »

Autrefois on scellait les alliances par le sang dos victimes, ou par le sang des parties contractantes; chacun se tirait un peu de sang qu'on mêlait, et avec ce sang on signait le contrat. Et ici c'est dans le sang divin, dans le sang de Talliance éternelle, que le Prêtre scelle l'union, la paix des fidèles entre eux et avec Dieu. Ainsi, une [)aix perpétuelle et universelle, voilà ce que

Malih. V, 24.

3C0 CATÉCHISMK

l'Église demande par cette prière comme l'effet du sacrifice de Jésus-Christ, offert par la consécration et consommé par la communion.

Le mélange qui se fait dans le calice des espèces du pain et du vin marque : 1 " Tunion de Dieu et deThomme qui se fit dans fincarnation, appelée par saint Augustin inéhuuje de Dieu et de lliommc ' ; 2° le mélange de Dieu et de f homme qui se fait par la communion de la terre ; •Y celui qui se fera par la communion éternelle du Ciel, communion parfaite dans laquelle, tous les voiles étant ùtés, les Saints seront consommés dans la paix et dans l'unité de Dieu.

Mais comment parvenir à cette paix si désirable, à cette unité divine, si nous n'avons une victime qui nous réconcilie avec Dieu en se chargeant de nos péchés? Ilélas! tant que le mur de division élevé par le péché subsistera, toute union entre Dieu et fhomme demeure impossible. L'Église le sait, et voilà pourquoi, s'adressant à Jésus-Christ, elle Tinvoque en qualité d'Agneau et de victime de Dieu : Agneau de Dieu y lui dit-elle jusqu'à trois fois, qui effacez les péchés du monde, ayez plié de nous, donnez-nous la paix. Elle l'invoque trois fois, pour montrer par cette instante prière et par ce nombre mystérieux le besoin infini qu'elle a de sa grâce et de sa miséricorde pour être réconciliée avec Dieu dans ce monde, et parfaitement unie à lui dans la paix du ciel. En disant ces mots, le Prêtre se frappe la poitrine, et les fidèles doivent l'imiter, pour marquer que c'est là, dans notre cœur, que se trouve le seul obstacle à la paix, le péché , et pour conjurer l'Agneau divin de venir l'oter.

' Miilura Dci cl hominis.

Aux Messes de morts, on dit : Afjneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, donnez-leur le repos. Toui occupée de ses enfants défunts, lÉglisc sollicite pour eux le seul bien désirable, le repos du ciel, et le Prêtre ne se frappe pas la poitrine; car ce n'est pas pour lui, mais pour ses frères trépassés qu'il sollicite la paix.

Pour devenir par la communion un même corps et un même esprit avec Jésus-Cliri^t , il faut que nous ne soyons tous entre nous qu'un cœur et qu'une àme par la charité; il faut que nous ne soyons tous qu'un seul pain dans lequel tous les grains de blé sont tellement pétris et mêlés ensemble, que ce n'est plus qu'une seule chose : disposition essentiellement chrétienne et si nécessaire à la communion, que l'Ei^^lise la demande avec une nouvelle ferveur par la prière suivante. Le Prêtre s'étant incliné, les mains jointes sur Tautel, les yeux modestement fixés sur le Dieu de la paix qui repose devant lui, il dit : « Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, n'ayez pas égard à mes péchés, mais à la foi de votre Église, et daignez la pacifier et la réunir selon votre volonté^ vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. )>

Cette prière, qui remonte au neuvième ou au dixième >iècle' , et que le désir de la paix, si rare dans ces mauvais jours, a fait admettre, ne se récite pas aux Messes de morts, parce que la paix que nous demandons pour lEglise militante ne convient pas à 1 Église souillante ; mais combien elle nous est nécessaire, à nous (jui vivons au milieu des orages et des révolutions! Craignant que ses propres péchés n'y soient un obstacle, le Prêtre la

• Ordre romain. Mùrolog. Messe d'Uhjiic, etc.

demande par la foi de 1 Eglise. Eti ellet, c'est la foi qui prie, et TÉglise seule élant la maison de la foi, seule aussi elle est la maison de la prière; à lexclusion de toutes les sectes, TÉglise catholique seule a reçu l'esprit de la prière ; il n'y a que cette chaste colombe qui gémisse, et dont les gémissements inellables soient écoutés du Seigneur, parce que ceux-là seuls sont formés par son Esprit.

Dans les premiers siècles, l'Église n'avait placé ici aucune oraison, parce que toutes les prières qui ont précédé la communion peuvent être regardées comme une préparation suflTisante; mais plusieurs saints Prêtres n'ont pu apercevoir le moment de la réception du précieux corps de Jésus-Christ sans être saisis de respect et d'un saint tremblement, qui leur a fait demander avec plus d'instance la rémission de leurs péchés et la grâce de participer dignement à la sainte Eucharistie. Cette disposition avait fait introduire plusieurs prières pleines des sentiments les plus tendres; l'Eglise en a choisi deux que, depuis six ou sept cents ans, elle fait réciter tous les jours ^ Les fidèles qui doivent communier n'ont rien de mieux à faire que de s'unir au Prêtre, d'entrer dans l'esprit de ses prières et de les réciter avec lui.

Voici la première : «Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui, par la volonté du Père et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde, delivrez-moi par ce saint et sacré corps, et par votre sang, de toutes sortes de maux, et faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous, qui ,

« Lebrun, p. 597.

étant Dieu, vivez et régnez avec le Père et le Saint- Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Cette prière a cela d'admirable qu'elle nous rappelle que ce n'est que par la mort de Jésus-Christ que le monde a été vivifié. Or, nous participons à la mort et au sacrifice de Jésus-Christ par la communion, de même que les Juifs n'avaient part aux sacrifices de la Loi qu'en mangeant la chair des hosties, et en communiant ainsi avec Dieu par le moyen des hosties qui lui étaient offertes. La communion eucharistique, c'est-à-dire 5e;?.5/6/^, au corps de Jésus-Christ, n'a été instituée que comme un moyen pour communier intérieurement et invisihlement à la grâce et à l'esprit de tous les mystères de riIomme-Dieu '.

Dans la seconde prière, le Prêtre ranime ses sentiments d'humilité et de componction, et demande à notre Seigneur que son corps adorable lui soit un préservatif contre les péchés mortels , et un remède salutaire pour les péchés véniels; il dit : « Seigneur Jésus-Christ, faites

* «C'est la vole ordii)aire , conihuic le P. de Condrcii . iloiil nous venons de citer les paroles. Quouiue la (;ràce soit souvent reçue avant tt «ans la communion, mais non sans rapport à la communion, la ri-re|)iion même de la Rrike est une conimuni<.n lutérif ure aux nu'rites. à l'esprit et à la f.râce de Jésu*-(.hrist. (.'est pourquoi i>aint Angusliu a cru (pie cette communion est nécessaire même aux enfanis pour Otre samt's; non (lu'il ait cru (pie ks enfants l).')piis('\s qui mourraient sans recexoir par leur l)ouchc le corps df Ji'sus- CbriU sous le* apparences du pain fussent prixd-s du ialut, mais parce (pi'il y a une si Rrande liaison et une telle dépendance entre le HaptOme et l'I.uctiaii>tie, que la nécessite du preuiitr reifernie la nécissitr de l'antre, le %œu, pour aiubi dire, le droit, le dé^lr et la nécessité de l'iiuclijriaiie étant renfermés dans le Baptême romme la nécessité de la nour:iturc est inséparable de la \ie d'un enfant qtii \ient de naître, (pii ne p< ut conserver sa vie f.nn» nourriture, et qu'il en lémoijjne le be^olll et le désir par tout ce qui parait en lui. Ci si la raihon pour Ijquelle auirefois on ne séparait pa» ordiuairenient ces trois >arrements. le r.apK'me. la ( tnliin:aiiou et rLuibarislic. • L'idée du sacerdoce de Jc^vs-Chriit. p. 3«.1.

que la réception de votre corps, que je me propose de prendre, tout indigne ([ue j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que par votre bonté il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et de remède salutaire, vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Après ces oraisons, le Prêtre , sur le point de consommer le Sacrifice, fait une génuflexion pour adorer le Sauveur, se relève, prend en ses mains la sainte hostie, en disant : « Je prendrai le pain céleste, et j'invoquerai le nom du Seigneur. » Où trouver des paroles qui conviennent mieux à une âme pénétrée d'amour pour Jésus- (^lirist, et du désir de le recevoir? Le Prêtre voudrait s unir à son Dieu; dans son cœur est le même sentiment qui faisait dire au Sauveur , en parlant de sa Passion : J'ai désiré ardemment de manger celle Pâque avec vous ' ; mais ce sentiment d'amour n'y est pas seul , celui de son indignité l'accompagne. Et voilà que le Prêtre s'anéantit, sliumilie devant le Dieu trois fois saint ; et avec la même confiance que le centenier, dont il emprunte les paroles, il sollicite un miracle, un miracle qui, le purifiant de ses taches , le rende digne de recevoir son Dieu. H se frappe la poitrine en répétant trois fois : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; n;iais dites seulement à votre parole, et mon âme sera guérie. » Oui , dites à votre parole ; messagère de votre volonté toute-puissante, elle partira et viendra guérir mes blessures.

Cependant, du fond de son humilité, le Prêtre se STjuvient de ce commandement du Sauveur : En vérité ^

' Luc. \xii, 15.

en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du fils de l'Homme, et si vous ne buvez son sang , vo2(s n'aurez point la vie en voks \ C'en est fait, la confiance et l'amour l'emportent, et le Prêtre dit, en faisant le signe de la croix avec la sainte hostie : « Que le corp> de Jésus-Christ notre Seigneur garde mon àme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. »

Cette prière nous fait connaître que le corps de Jésus- Clirist nous est donné comme un gage de la gloire du Ciel , comme les arrhes de la vie bienheureuse, comme un viatique pour nous aider à passer de l'exil à la patrie. Le sang, la chair de Tllomme-Dieu devient en nous comme un sel qui préserve notre âme de la corruption du péché, qui consume ce qu'elle a de terrestre, qui la rend agréable à Dieu , et lui donne pour ainsi dire le goiU du Ciel; et le Prêtre, nourri de cette nourriture d'immortalité, peut regarder sans pâlir la tombe ontr'ouverle; il y descendra sans crainte : dans sa chair repose le gage de la résurrection future.

Après avoir pris la sainte hostie , le Prêtre emploie rinstant dont il a besoin pour l'avaler, à exprimer vivement au Sauveur son amour et sa reconnaissance. Aussitôt qu'il est en état de parler, il dit : « Que rondraije au Seigneur pour tous les biens qu'il m'a accordés? Je prendrai le calice du salut, et j'invoquerai le nom du Seigneur en chantant ses louanges , et je serai à couvert de mes ennemis. » Et, en effet , quel sentiment peut être dans un cœur où Jésus réside en personne, sinon un sentiment de reconnaissance et d'admiration? quelles paroles sur des lèvres qu'il vient de sanctifier, sinon ui» cantique de louanges.* Le IVélre découvre ensuite le ca-

' Joaj!. Vf, 5'|.

lice, l'adore en faisant la génuflexion, puis ramasse avec un soin respectueux les parcelles de la sainte hostie qui pourraient être restées sur le corporal pour les inellre dans le calice, et prenant la coupe sacrée, il dit: « Que le sang de notre Seigneur Jésus-Christ garde mon àme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. »

C'est en ce moment qu'a lieu la communion des Fidèles. Nous vous avons expliqué , dans la deuxième partie du Catéchisme, de quelle manière communiaient les premiers Chrétiens ^ ; il ne nous reste qu'un mot à dire sur les cérémonies et les prières qui accompagnent aujourd'hui la communion du peuple.

Par la bouche du clerc et du Diacre, les communiants , agenouillés sur les marches du sanctuaire ou sur les degrés de l'autel , font la confession générale de leurs péchés : Conflleor. Cet usage remonte au delà de cinq cents ans. J.e Prêtre se tourne vers eux et dit : « Que le Dieu toul-puissant ait pitié de vous , et qu'après vous avoir pardonné vos péchés, il vous conduise dans la vie éternelle. » Par la bouche du Ministre tous répondent : « Qu'il soit ainsi : Àmen! » Le Prêtre ajoute : « Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux vous accorde l'indulgence , le pardon et la rémission de tous vos péchés. » Leurs cœurs répondent : « Qu'il en soit ainsi : Amen. » Prenant alors la sainte hostie, qu'il tient élevée sur le ciboire, le Prêtre dit : « Voici l'Agneau de Dieu , voici celui qui efface les péchés du monde. » Et il ajoute trois fois : (( Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole, et mon àme sera guérie. » Le Prêtre s'approche , et donne

» Voyr^ encore là-dessus les inlcrcssanls dclails donnés par Duranli, lib. ir, c. 55.

la sainte communion en faisant le signe de la croix qu'il accompagne de ces mots : « Que le corps de notre Seigneur Jésus-Christ garde votre âme pour la vie éternelle. »

Dans plusieurs Églises les Fidèles répondent : « Qu'il en soit ainsi : Ameti. » Mais si partout ils ne l'expriment pas de bouche , ils doivent le dire du plus profond de leur cœur. Quel vœu plus beau, plus utile pourraientils former? En Allemagne et dans plusieurs parties de la chrétienté, on présente aux Fidèles qui viennent de communier du vin et de leau pour se purifier la bouche, ('et usage fort ancien a encore lieu dans les ordinations, et , dans beaucoup d'endroits , le jour de la première communion générale '.

Par respect pour le Sauveur, le Prêtre se purifie la bouche et les doigts, afin qu'il n'y reste rien des saintes espèces : pratique vénérable qui remonte jusqu'au douzième siècle. Auparavant on se contentait, après la communion, de se laver les mains et de jeter Teau dans la piscine ou lavoir, lieu décent et consacrée cet usage. Depuis cette époque, le Prêtre fait deux ablutions, une avec du vin pur, l'autre avec du vin et de Feau que le clerc et le Sous-Diacre lui versent sur les doigts. Mais pendant qu'il est occupé de ces soins extérieurs, son Ame, unie à son Dieu, entretient avec lui un saint commerce; elle lui demande, quoi? Ah! que peut, que doit demander une âme voyageuse, exilée, qui est unie à son Dieu, à son Père, à sa fin, sinon qu'il daigne immortaliser celte union ? Tel est le sens des deux prières suivantes :

(( Faites, Seigneur, que nous conservions dans un cœur pur le sacrement que notre bouche a reçu, et que

' Lebrun, p. C36.

ce don temporel devienne pour nous un remède éternel. » Et en se purifiant les doigts, il ajoute : « Qu'ils demeurent attachés à mes entrailles, ô Seigneur ! votre corps que j'ai reçu et votre sang que j'ai bu ; et faites qu'il ne reste en moi aucune tache de mes péchés, après avoir été nourri par des sacrements si saints et si purs, Vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Quelles plus belles prières des fidèles qui ont eu le bonheur de communier pourraient-ils réciter en actions de grâces? Mais qu'ils aient communié réellement ou spirituellement, les assistants doivent, pendant ces instants si précieux et si courts, s'entretenir avec Jésus- Christ, l'adorer, le remercier, et lui demander avec confiance tout ce qui peut leur être nécessaire pour le corps et pour l'àme. « Le moment qui suit la communion, dit sainte Thérèse, est le temps le plus précieux de la vie. »

Ici encore, suivant notre usage, disons les rapports qu'une ingénieuse et tendre piété aime à voir entre les cérémonies de la cinquième partie du Sacrifice de Tautel et les circonstances du Sacrifice de la croix : n'oublions pas que notre guide est toujours Taimable et saint Évoque de Genève. Le Prêtre dit le Pater composé de sept demandes, Jésus^ du haut de sa croix, prononce les sept mémorables paroles qui forment son testament ; le Prêtre divise l'hostie, Jésus expire; le Prêtre met une parcelle de Thostie dans le calice, iihne de Jésus descend aux enfers; le Prêtre communie, Jésus est enseveli.

Interrogeons maintenant notre foi ; elle nous dira quel sentiment doit dominer dans notre âme durant la cinquième partie de la Messe. Il est donc vrai, là, sur

l'autel, est le même Jésus qui nous a aimés jusqu'à donner son sang pour nous ; le même qui a dit et qui dit encore : Que voulez-vous que je fasse pour vous ? Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes. Venez à moi vous tous qui êtes dans la peine, et je vous soulagerai. Conûance, confiance illimitée, enfantine, voilà ce qui doit être dans notre cœur, par conséquent sur nos lèvres. Demandons pour nous, pour nos parents, pour nos amis, pour tous nos frères sans exception. Que peut nous refuser celui qui se donne lui-même? 0 mon Dieu! comment se fait-il que nous ne soyons pas tous riches de biens spirituels, nous à qui la source en est ouverte chaque jour avec une bonté si surprenante ? Ah! la faute ne vient que de nous; mais c'en est fait, nous n'aurons plus désormais ni défiance ni tiédeur à nous reprocher.

PRIÈRE

0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie de m'avoir permis d'assister si souvent à votre adorable Sacrifice; je vous demande pardon de toutes les irrévérences dont je me suis rendu coupable.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme moi-même pour Tamour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, /ecommunierai sacramrntellement ou spintuellcment toutes les fais que f entendrai la Messe.

VU. n

CATI^XHISME

XXIir LEÇON.

LE CHIUSTIAMSME RENDU SENSIBLE

dixième partie de la Messe. — Communion. — Postcomraunion. — Uc , M>s.ia f.vf. — Bénédiction. — Évangile de saint Jean. — Rapporls cnire celte i)artie de la Messe et la Passion. — Sentiment qui doit dominer dans notre âme» — ( omment il faut sortir de la Messe.

La sixième et dernière partie de la Messe, c'est Taction de grâces. Vous savez que parmi les hommes la reconnaissance est un devoir sacré : honte à celui qui ose s'en affranchir! il est flétri. La plus grande injuio qu'on puisse adresser à quelqu'un, c'est de lui dire : Vous êtes un ingrat! La reconnaissance est aussi un devoir commandé par la Religion ; Jésus-Christ ne condamne-t-il pas hautement ces lépreux qui, après leur guérison, ne vinrent pas le remercier? A la Messe, il a daigné nous accorder la plus grande de toutes les grâces. Oh! il n'était pas à craindre que 1 Église, cette épouse si tendre, manquait de lui en rendre de solennelles actions de grâces ; elle l'a fait dans tous les siècles. c( Après qu'on a participée ce grand sacrement, dit saint Augustin, tout se termine par l'action de giiV ces'. » Ce qui se prati(juait alors se pratique encore aujourd'hui, et puisse notre reconnaissance égaler celle de nos pères !

La dernière partie de la Messe contient VA7ilien?te ih la communion, l'oraisop appelée Poslcommunion , Vl(e

■ Epîil. cxux.

Missa est^ la Bénédiction et l'Évangile de saint Jean /// prinapio, etc.

Dans les beaux jours de la primitive Église, alors que tout le peuple communiait, on chantait pendant la distribution de lEucharistie des psaumes qui avaient rapport à celle action sainte. En Orient, celait le beau canlique commençant par ces mots : Comme le cerf altéré soupire après la source deau m*e, aiim mon âme soupire après vous, 6 mon Dieu^ ! En Occident, c'était le psaume trente-trois : Je bénirai le Seigneur en tout temps : sa louange sera toujours siir mes lèvres^. Nous imitons ce pieux usage lorsque dans nos grandes solennités on chante des psaumes ou des cantiques pendant la communion. Quoi de plus beau? Les festins des rois et des giands de la terre sont accompagnés de chants et de musique; ne fallait-il pas que des chants mélodieux retentissent pendant le festin sacré auquel Dieu luimême, hôte, nourriture et convive, invite ses enfants ? Et pendant que les voûtes de nos temples résonnent des (hauts de notre amour, les anges, présents au divin banquet, redisent sur leurs harpes d'or et la bonté de Dieu et le bonheur de Ihomme.

Lorsque la cQmmunion touchait à sa fin, TEv^iue faisait signe au chef du chœur, et on chantait le Gloria Patri pour terminer l'hymne du festin. La ferveur des fidèles ayant malheureusement dioîinué, on a réduit les psaumes à un verset qu'on nomme antienne, parce qu'il se clianlait alternativement par les deux chœurs : telle est la prière de la Messe que nous appelons communion.

Le Prêtre la récite du côté de l'Epître; car, pendant

' P«al. lu. — ' Psal. xxxinç Boiia, fib. if, c. 17.

lis CATÉCHISME

([u'il a recouvert le calice, le clerc a reporté le Missel de ce colé-là. C'est la place qui convient le mieux au livre, parce qu'elle est du côté du siège de TÉvêque et du Prêtre. On Ty laisserait toujours si une raison mystérieuse n'avait déterminé à lire l'Évangile du côté de Taquilon; et si, depuis TofTertoire, il ne fallait dégager le côté de l'autel où Ton apporte les ablutions, les bu- I ettes, où Ion prépare le calice, etc. : car la sacristie, d'où l'on porte tout ce qui est nécessaire, est ordinairement du même côté.

La communion récitée, le Prêtre vient au milieu de Tautel, le baise par amour et par respect; puis, se tournant vers le peuple, il Tinvite à la prière et à la reconnaissance par ces mots : Que le Seigneur soit avec vous, et le peuple répond : Et avec votre esprit. Le prêlre revient au Missel , et , au nom de tous , dit : Oremus : Prions; et il récite à haute voix la postcommunion, qui est une prière d'actions de grâces. Ah ! si nous connaissons le don de Dieu et la faveur qu'il vient de nous faire, avec quel profond sentiment d'amour ne dironsnous pas à la fin de cette prière : Ameny ainsi soit-il , amour, actions de grâces, reconnaissance éternelle î

Le nombre des postcommunions est le même que celui des collectes et des secrètes avant la préface. En effet, il est juste d'égaler le nombre de nos remercîmenls à celui de nos demandes. Aux postcommunions on ajoute en Carême une oraison qu'on appelle prière sur le peuple; elle est précédée de cette invitation faite par le Diacre : Uumiliate cajnta veslra Deo : « Humiliez vos têtes devant Dieu. » Quel que soit le motif qui ait fait instituer cette prière, qu'on Tait dite pour les fidèles qui n'avaient pas communié ou pour les pécheurs qui ac^

complissaient leur pénitence, les assistants, pendant qu'on la récite, doivent humilier leurs cœurs et demander à Dieu qu'il les change et les sanctifie.

Après la postcommunion, le Prêtre, revenu au milieu de l'autel qu'il baise avec amour, se retourne vers le peuple et lui adresse ses derniers vœux : Que le Seigneur soit avec vous. Oh ! oui, avec vous , pieux Chrétiens, qui êtes venus dès l'aurore , comme les fidèles Israélites , recueillir la manne tombée du ciel ; nourrissez-vous du pain sacré dans le cours de cette journée qui commence; voyageurs de l'éternité, vous y trouverez la force de continuer votre route vers la Patrie ; que le Seigneur soit avec vous pour vous éclairer, vous protéger, vous consoler, vous conserver le fruit du Sacrifice, et vous rappeler ce que vous avez vu ce matin et ce que vous avez fait. Pénétré d'une reconnaissance plus vive que jamais pour le Prêtre qui a été le ministre du grand Sacrifice, le peuple répond : Et avec votre esprit. \o'\\h donc les souhaits que le pasteur et le troupeau, le père et les enfants s'adressent au moment de se quitter. En connaissez-vous de plus heureux et de plus louchants?

Enfin le Prêtre donne le signal du départ, en disant : Ile, Missa est. Ces paroles signifient littéralement : « Allez, c est le renvoi ; » pour dire, il est permis de sortir, vous pouvez vous en aller. A la grand'Messe, c'est le Diacre qui chante ces paroles; il le fait au nom du Prêtre ou de l'Evêcjue, dont il est le principal ministre. Dans les premiers siècles, il avertissait les catéchumènes et les pécheurs de sortir do l'église avant Toffrande et l'action du Sacrifice; il lui appartenait donc à la fin de la Messe de renvover les fidèles.

Mi CATÉCHISME

Autrefois on disait : Ite^ Missa est, lorsqu'après la Messe il n'y avait pas d'autre oflice : alors le peuple pouvait se retirer ; mais si l'on devait réciter d'autres prières, ou faire quelque cérémonie, le Prêtre ou le Diacre, à la place de Vile, 3îissa est, disait : Bencdiraniii s Domino : « Bénissons le Seigneur; » et aux Messes de morts : Reqiiiescant in pace : « Qu'ils reposent en paix. » Ainsi, au lieu d'avertir les fidèles que la prière était finie, on les engageait à rester pour bénir le Sei- Lrneur ou pour demander à Dieu, en faveur des défauts, un repos et une paix éternelle.

Aujourd'hui, Ton dit Vlle^ Missa est toutes les fois ([u'on a récité à la blesse le Gloria in eœcelsis; on le regarde, par conséquent, comme une marque de joie et d'allégresse, et c'est sans doute ce qui l'a fait supprimer les jours de la férié, et surtout pendant tout le temps de l'Avent et du Carême. Ces jours-là on dit : Benedicamus Domino pour inviter les assistants à prier encore et à se sanctifier par l'oraison, le jeune et la pénitence. Aux Messes de morts, on dit : Requiescant in pace : « Qu'ils reposent en paix, » parce que TÉglise est tout occupée de procurer à ses enfants défunts le soulagement dont ils ont besoin. Les fidèles répondent à Vile, Missa est et au Benedicamus Domino : Deo gratins : « Rendons grâces à Dieu. » Oui, disent-ils, nous nous retirons avec joie, et nous bénissons, pleins de reconnaissance, le Dieu qui nous a comblés de bienfaits en nous faisant participer aux saints Mystères. lis imitent les Apôtres, qui, après avoir été bénis de Jésus- Christ montant au ciel, s'en retournèrent comblés de joie, glorifiant et remerciant le Seigneur. Après le Re* quiescant in parr, le peuple répond jUnen, c'est-à-dire,

qu il soit comme vous le désirez, que le Seigneur comble vos vœux et donne la paix éternelle aux âmes qui souffrent dans le purgatoire ^ !

La Messe est finie, mais il en coûte au Prctre de <juitter l'autel saint; il lui en coûte de se séparer de son peuple fidèle. Et voilà que depuis plus de sept cents ans la dévotion du Prêtre et celle du peuple ont fait deux additions autorisées ensuite par l'Église^.

La première est l'oraison suivante que le Prêtre dit pour lui-même et pour le peuple; il la récite à voix basse, les mains jointes sur Tautei, et les yeux baisses : <( Recevez favorablement, ù Trinité sainte, l'hommage de ma parfaite dépendance, et daignez accepter le Sacrifice que j'ai offert à votre divine majesté, quoique j'en fusse indigne. Faites, par votre miséricorde, qu'il me soit propitiatoire et à tous ceux pour qui je Tai offert. Par notre Seigneur Jésus-Clirist. Ainsi soit-il.»

Cette prière finie, le Prêtre baise l'autel, élève les mains et les yeux au ciel, puis, se tournant vers le peuple et étendant la main, il le bénit en formant le signe de la croix et disant : « ()ue le Dieu tout-puissant vous bénisse; au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Ksprit; » et le peuple répond par l'acclamation ordinaire : A)nen : Dieu veuille exaucer le vœu que vou> formez pour nous. Aux Messes de morts on omet la bénédiction : elle ne peut leur servir, car elle n'est que pour les assistants.

(Qu'elles sont belles, les cérémonies dont le Prêtre accompagne cette dernière bénédiction ! Il prend lui-même

' Lclirun, p. 6.'i2 et suiv.; Durandus , lil). vi, c. 55-57; Duraiilu», lib. ii, «. 56; llona, lih. ir, c. 20; Ksprit de» Ctrcm. p. 377, ' Mlcrolog. r. 2î.

la bénédiction de Jésus-Christ en baisant Tautel qui le représente ; il élève les yeux et les mains au ciel, pour montrer que c'est à ce Pontife éternel qui est assis à la droite du Très-Haut, comme le ministre du sanctuaire divin, et comme le véritable Melchisédech, de bénir le peuple fidèle et les enfants du véritable Abraham ; de les bénir pour le ciel et pour l'éternité, par les mérites de ses mystères et de sa croix.

Le Prêtre, nous venons de le dire, en forme le signe adorable en bénissant le peuple et en disant : Que le Dieu lout'puissant vous bénisse^ etc.; c'est-à-dire : Que le Père vous bénisse^ qui îwiis a comblés en Jésus-Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles pour le ciel, ainsi qu'il nous a élus en lui par son amour, afin que nous fussioîis saints et irrépréhensibles, nous ayant prédestinés par un pur effet de sa bonne volonté, pour nous faire ses enfants adoptifsy par Jésus-Christ, à la louange et à la gloire de sa grâce.

Que le Fils vous bénisse , en qui le Père nous a rendus agréables à ses yeux, et qui nous a rachetés par son sang, 710US donnant la rémission de nos péchés selon les richesses de sa grâce qu'il a versées sur nous , et en qui il a tout réuni comme dans le chef, tant ce qui est au ciel que ce qui est sur la terre.

Que le Saint-Esprit vous bénisse, qui est V esprit de sagesse et de révélation, pour connaître Dieu, le sceau dont nous avons été scellés pour croire en Jésus- Christ par la parole de vérité , l' Evangile de notre salut, le gage et les arrhes de notre héntage, jusqu'à la parfaite délivrance du peuplr que Jésus-Christ s'est acquis à la louange de sa gloire. Ainsi soit-il!

L'Évangile de saint Jean est la seconde addition faite

à la Messe par la dévotion réunie des Prêtres et des fidèles. Dès le commencement de TÉi^lise, les Chrétiens avaient pour les sublimes paroles du disciple bien-aimé la vénération la plus profonde. Saint Augustin ne désapprouvait pas l'usage déjà établi de son temps de placer ce saint Évangile sur la tète pour être guéri de quelque mal , et le pape Paul V ordonna qu'en allant visiter les malades , on mît les mains sur leur tête en récitant TÉvangile de saint Jean. Les Païens eux-mêmes , frappés de la profondeur et de la sublimité du même Évangile , disaient qu'on devrait récrire en lettres d'or dans tous les lieux d'assemblée , afin que tout le monde pût le lire.

Les fidèles ont désiré avec tant d'ardeur qu'on le récitât à la fin de la Messe , qu'ils le demandaient expressément dans les fondations qu'ils faisaient aux Églises ' . Bientôt cette demande devint inutile : tous les Prêtres récitèrent TÉvangile avant de quitter Tautel, et le pape saint Pie V en fit une loi. On le dit chaque jour, à moins qu'il n'y ait double ofiice à cause de quelque fête ; dans ce cas, on récite 1 Evangile de la Messe qu'on n'a pas pu dire : par exemple, lorsque l'Assomption de la sainte Vierge tombe le dimanche , on célèbre i'ofiice de celte fête solennelle; mais le dernier Evangile est celui de I'ofiice du dimanche dont l'office est supprimé.

La récitation de l'Evangile de saint Jean est accompagnée des mêmes cérémonies que celle de l'Evangile ordinaire. Au commencement , le Prêtre éveille l'attention des fidèles en leur disant : Que le Seigneur soit avec VOUS; et le peuple ré|)ond : Kl avec votre esprit. Le Prêtre fait avec le f)Ouce le signe de la croix sur le carton où l'Évangile e^t écrit, puis il le fait sur son front, sur

' Lebrun, p. ôlli.

ns CATÉCHISME

ses lèvres et sur son cœur, pour protester de son amour et de sa foi. 11 dit en même temps : Commencement de l Evangile selon saint Jean; à quoi le peuple répond :

iiloire soit à vous. Seigneur, Le Prêtre reprend :

(( Au commencement était le Verbe , et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu , etc. A ces mots : Et le

Verbe s est fait chair, le Prêtre fait une génuflexion pour honorer le profond abaissement du Verbe divin, qui , pour nous racheter, a bien voulu s'anéantir jusqu'à prendre la forme d'esclave, c'est-à-dire de Thomme esclave du démon et du péché.

La pensée de terminer les prières du saint Sacrifice par l'Évangile de saint Jean est pleine de sagesse et de piété. En effet , les paroles qu'il comprend résument tout ce que le Verbe a fait pour nous dans l'éternité et dans le temps ; elles le montrent dans le sein de son Père, Dieu comme lui , par qui tout a été fait, qui est la vie et la lumière du monde ; elles le montrent descendu sur la terre , véritable soleil de justice qui a lui dans les ténèbres , qui éclaire ceux qui étaient assis à l'ombre de la mort ; elles nous rappellent que c'est par lui que nous sommes enfants de Dieu , car il s'est fait chair, et il a habité parmi nous, afin de nous racheter de l'esclavage du péché et de nous délivrer de la damnation éternelle. Nous avons vu sa gloire dans la crèche, sur le Thabor, au Calvaire, au sépulcre; nous le voyons chacjue jour dans la sainte Eucharistie, et nous le louons et nous le bénissons parce qu'il est plein de grâce et de vérité'.

A la fin de l'Évangile de saint Jean , tout le peuple ,

' Esprit dc« COrém. p. 38i; Lebrun, p. 076; le P. de Condren, p. /ilO.

par l'organe du clerc, répond : Deo gratias : Nous rendons grâces à Dieu. Cette courte prière est si sainte, si parfaite et si digne de Dieu , qu on ne pouvait finir le plus grand des mystères par une parole plus mystérieuse et plus divine. « Que pourrions-nous penser, demande saint Augustin, que pourrions-nous dire, que pourrionsnous écrire de meilleur que cotte parole : Beo gratias : Grâces à Dieu ? Non, on ne peut rien dire de plus court, rien entendre de plus agréable, rien concevoir de plus izrand, rien faire de plus utile et d'un plus grand fruit que cette prière : Deo grattas : Grâces à Dieu ' . »

Oh ! oui , grâces à Dieu , le Ciel est réconcilié avec la terre : Tauguste victime, attendue pendant quarante siècles, vient de s'immoler; elle a été reçue de Dieu par le Sacrifice, et des hommes par la communion. Grâces au Père qui nous a donné son Fils; grâces au Fils qui s'est revêtu de notre nature; grâces au Saint-Esprit qui nous a sanctifiés en Jésus-Christ ; grâces à l'auguste Trinité pour tous ses dons, pour toutes ses infinies miséricordes dont le sacrifice catholique est Tabrégé.

Terminons cette dernière partie de la Messe, comme les précédentes, par quelques rapprochements pieux entre cette partie du sacrifice de l'autel et les circonstances du sacrifice de la croix. Le Prêtre prend des ablutions, Jésus est embaumé; le Prêtre, après la communion, vient du coté de 1 Fpîlre, Jésu^ ressuscite; le Prêtre se tourne vers les fidèles pour dire Dominus vobiseum, Jesvs apparaît à ses Disciples; le Prêtre dit la collecte, Jésns converse plusieurs fois avec ses Disciples; le Prêtre dit le dernier Dominus vobisnum, Jésus dit adieu à ses Apôtres et monte au ciel; le Prêtre bénit le peuple, Jésus

' Epi»t. LXXVII.

envoie le Saint-Esprit ; le Prêtre dit l'Évangile de saint Jean, Jésus couronné de gloire règne triomphant dans les cieux et veille sur son Eglise.

Il est inutile de dire que la reconnaissance est le sentiment qui doit dominer dans notre cœur durant la dernière partie de la Messe. Voulons-nous rendre ce sentiment plus vif? Ranimons notre foi sur les questions suivantes : Quel est celui qui vient de s'immoler? Pour qui s'est-il immolé? Pourquoi s'est-il immolé? En s' immolant, que m'a-t-il donné ! Méditons, et si nous pouvons, défendons-nous de dire avec saint Paul : Si quelqu'un 71 aime pas le Sauveur Jésus, qu'il soit anatheme '.

Et maintenant, comment devons-nous sortir de la Messe? comment en sortaient nos pères dans la foi? Quelle sainteté doit régner dans nos pensées, dans nos désirs, dans nos paroles, dans nos regards, dans tous nos rapports avec Dieu et avec le prochain! Ne Toublions pas ; le Ciel , la terre, Tenfer même ont les yeux fixés sur nous : le Ciel pour se réjouir de notre bonheur; la terre pour s'édifier de notre sainteté; 1 enfer pour nous enlever le fruit du Sacrifice. Quelle vigilance de notre part! Prenons garde de réjouir l'enfer, d'attrister le Ciel et de faire blasphémer le nom de Chrétien parmi les hommes. Vivons comme nous aurions vécu le jour du crucifiement de THomme-Dieu, si nous avions assisté à son immolation sur le Calvaire : en sortant de la Messe, nous descendons de la môme montagne, nous venons d'assister au même sacrifice: serons-nous comme les Juifs qui descendirent du Calvaire, plus endurcis et plus aveugles, ou comme le centenier qui publiait hautement la gloire du Fils de Dieu , ou comme Marie et

' I Cor. XM, 21'.

saint Jean, dont Tamour pour le Sauveur s'était accru à proportion de ses douleurs, dont ils venaient d'être les témoins? choisissons.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de vous être immolé pour moi sur le Calvaire et de renouveler chaque jour votre sacrifice sur nos autels. Je vous supplie de mettre dans mon cœur les dispositions du vôtre lorsque vous mourûtes sur la croix.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme moi-même powr l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je sortirai de la Messe avec un profond recueiUenient,

XXIV LEÇON

LE CHRISTIANISME RENDU SENSIBLE

Jours (le la semaine considérés sous le point de vue de la foi. — lis sont des jours de fête. — La \\c est la vip,ile de l'éternilé. — Commcp.t célébrer cette fêle continuelle. — Konis p^nens des jours de la semaine. — Noms chrétiens. — Profonde saj^cssc de rilglise. — Dévotions allacliées à chaque jour de !a semaine. — Calendrier callioliquc. sa beauté, son utilité.

I. Jours de la semaine au point de vue de la foi. — Le dimanche est la première fête du Christianisme. Nous venons d expliquer en détail roOice divin et Taugusle Sacrifice par lequel TÉglise veut qu'on le sanctifie. Dans un sens, les autres jours de la semaine sont aussi des fêtes. L^univers est un temple; l'homme est un Prêtre, sa vie doit être une fête continuelle : telle est la pensée des Pères de l'Église.

i< Dites-moi, demandait Origène aux Chrétiens de son temps, vous qui ne venez à l'église que les jouis solennels, les autres jours ne sont-ils pas aussi des jours de fête? ne sont-ils pas des jours du Seigneur, des dimanches ? C'est le propre des Juifs de distinguer les jours : aussi le Seigneur leur déclara qu'il avait en aversion et leurs calendes et leurs jours de repos. Les Chrétiens, au contraire, considèrent tous les jours comme les jours du Seigneur, et comme le jour même de Pâques, parce que tous les jours l'Agneau céleste s'immole pour eux et tous les jours ils le mangent. Que si le Sacrifice se faisait, suivant la loi de Moïse, vers le coucher du soleil, c'e.-t parce que la vie présente est comme un jour à son déclin, une nuit qui doit être suivie du jour du soleil de

DE PERSÉVÉRAxNCE. 333

justice, au lever duquel nous entrerons dans un océan de joie et dans une fête éternelle ^

Deux choses résultent de ces magniûques paroles : i° que la Religion complétée par Jésus-Christ a développé toute la loi ancienne, tellement que, si les Juifs avaient certains jours de fêle, c'était une ombre de ce qui devait avoir lieu sous l'Évangile, alors que tous les jours ne formeraient plus qu'une fête, où les hommes s'abstiendraient de tout ce qui peut offenser Dieu ; 2" que les fêtes de la vie elle-même tout entière ne sont qu'un apprentissage de la fête du ciel ; que le temps est la vigile de Téternité, puisque ce n'est qu'en vue de l'éternité que la vie est donnée à l'homme, le temps au genre humain, et que nous pouvons toujours nous y nourrir de la chair ou de la parole du Verbe incarné , dont on se nourrit aussi dans le ciel.

Insistant sur cette belle idée que la vie n'est qu'une longue fête où nous devons être saints et pieux comme dans les solennités particulières, Origène continue en ces termes : « Le Chrétien, dit-il, qui a 1 intelligence de sa Religion, est persuadé que chaque jour est pour lui un jour de dimanche, un jour du Seigneur auquel il attache uniquement son cœur et ses pensées; que chaque jour est pour lui un vendredi, et même un vendredi saint, parce qu'il dompte se<s passions et reçoit eu &a chair les impressions de la croix de Jésus-Christ; que chaque jour est pour lui un jour de Pâques, parce qu'il continue incessamment à se séparer de ce monde de corruption et à passer au monde invisible et incorruptible, en se nourrissant de la parole et de la chair du Verbe humanisé; enûn, que chaque jour est pour lui un joui^

* noinil. X in Ccti.

de Pentecôte, parce qu'il est ressuscité en esprit avec Jésus-Christ, il s'est élevé avec lui jusque dans le Ciel, jusqu'au trône du Père, oii il est assis avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ , par lequel il reçoit la plénitude de l'Esprit saint ^))

Tous les jours de Tannée sont donc des jours saints, des jours de fête. « Mais, ajoute le même Père, comme il est beaucoup de Chrétiens qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas se résoudre à passer toute leur vie comme un seul jour de fête, il a fallu, pour s'accommoder à leur faiblesse, déterminer des fêtes particulières. Dans sa maternelle sollicitude, l'Eglise les a établies afin que les plus dissipés et les plus languissants pussent y acquérir une nouvelle vigueur en se débarrassant, au moins pour un peu de temps, des affaires de ce monde. Toutefois ce ne sont là, suivant l'expression de saint Paul, que des parties d'un jour de fête, de cette fête continuelle (jue les justes célèbrent toute leur vie et que les bienheureux célébreront dans l'éternité ^ »

Telle est l'idée sublime que le Christianisme, par l'organe de ses docteurs, nous donne du monde et du temps. Le monde est un temple, la vie est une fête, mais une fête oii l'homme déchu cherche à se réhabiliter; et, pour caractériser la vie du Chrétien sous l'Évangile, ils ajoutent : « C'est une vérité également importante et incontestable que le culte religieux de la Divinité a eu plus d'étendue et de liberté, et s'est moins laissé borner à des temps, à des années, à des semaines, à des jours, à des lieux, à des temples et à des autels particuliers dans Tétât d'innocence et dans les siècles (jui l'ont suivi de près

' Contr. Ccifi. lib. viir.

' Id. lib. Yiii; llicron. in Bplst. ad Calai, c n.

que dans les suivants. On sait par combien de lois et de prescriptions il était gêné sous la loi mosaïque. L'Église tient le milieu entre la Synagogue et le ciel ou Tétat dinnocence.

((Sous l'Évangile nous sommes donc comme dans un état intermédiaire, où la première innocence se recouvre, mais où elle n'est pas entièrement recouvrée. Bien plus, nous espérons dans la vie future une liberté tout autre que celle du premier état, parce que Dieu y sera lui seul notre temple, nous y serons le sien ; nous entrerons dans sa joie et dans son repos, dont toutes les fêtes de Tétat d'innocence, de la Synagogue et de l'Eglise même n'auront été que des ombres. Dans les fêtes d'icibas. Dieu retrace en nous,. par la justification, l'image (le notre première pureté ainsi que de la liberté et du bonheur dans lequel il avait créé l'homme; par là il forme en nous quelques traits de la sainteté et de la liberté parfaite qu'il nous prépare dans le ciel. Les justes tiennent donc maintenant du premier et du dernier état de la liberté sainte des enfants de Dieu ' . »

Mais comment faire de notre vie terrestre une fête continuelle:^ comment la célébrer dignement? Il faut, suivant la pensée des Pères, nous rappeler que toute la durée des siècles n'est qu'un jour de fête dont tous les moments sont consacrés à Dieu; que, tout venant de lui, tout lui appartient et tout doit retourner à lui; que, rjuekiue part que nous soyons, nous sommes dans son temple, nous marchons en sa présence, et nous vivons ♦'U lui et de lui; que, soit (jue nous buvions, soit que nous mangions, soit que nous fassions une autre action, nous devons la lui rapporter et lui en faire le sacrifice;

• CItm. Alcxand. Sliom. lil). vu, n. 512.

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