‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 17 sur 46 · I.VTRODrr.TIOX . clxT · texte numérisé non relu

I.VTRODrr.TIOX . clxT

près, on comprendra facilement qu'il en 8oit ainsi. Le dix-huitième siècle , devenu impie et libertin quand il fut adulte , avait pourtant reçu, dès son berceau et pendant sa jeunesse, une éducation religieuse. C'est le contraire pour le dix -neuvième ; nul ne lui a parlé de Religion aux jours de son enfance. La république qui le berça ne répétait à son oreille que les noms de la Grèce et de Rome. Dans les lycées et aux bivouacs de l'empire, il n'apprit à adorer que la gloire. » Plus tard , il est vrai , la Religion fut appelée dans les collèges de la Restauration; mais , reléguée au fond de son sanctuaire , sur un autel abandonné, que pouvait-elle si ce n'est prier, et comme Rachel , verser des larmes intarissables sur le sort de ses enfants que trop souvent le vice et l'impiété disputaient à sa tendresse maternelle et dévoraient sous ses yeux ? Notre siècle ignore donc la Religion , alors même qu'il en comprend les besoins et qu'il se sent porté vers elle. Cette tendance lui vient surtout de cet instinct de vie qui se réveille plus vif dans le cœur des peuples, comme dans celui dei

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individus , à mesure que le danger est plus» grand. Mais ce noble sentiment pourrait encore facilement l'égarer , si on ne prenait soin de faire luire à ses yeux dans toute sa pureté, le flambeau de la véritable doctrine. »

Ce malheur, nous avons essayé de le prévenir.

Une autre calamité que nous devons , • comme l'indifférence , aux raisonnements impertinents du dernier siècle, c'est de croire que la Religion est une chose accessoire dans le monde, et Jésus-Christ une espèce de monarque détrôné qui ne mérite plus d'être consulté, ni respecté, ni obéi; et notre siècle, qui ne se doute de rien , prend ce grossier mensonge pour un oracle, il en fait la règle de sa conduite. De là, les châtiments multipliés et les i^volutions sanglantes dont la terre est la victime. Or, de notre enseignement :

Il résulte i" que loin d'être une chose accessoire dans le monde, le Christianisme est au contraire l'amc de tout, le centre auquel tout se rapporte, le pivot autour duquel

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roule tout le gouvernement de Tuniyei's. Comme le soleil attire à lui tous les astres et les entraîne dans son immense orbite ; de même la Religion, vrai soleil de la création, emporte dans son mouvement et les empires , et les rois, et les peuples, et cette infinie variété de causes éloignées ou prochaines qui contribuent à la formation ou à la dissolution des monarchies, les arts, les sciences, la littérature, la paix , la guerre, les défeites et les victoires; en un mot, les hommes et leurs passions, et leurs vertus, et leur vie toute entière : de telle sorte que le Christianisme est le dernier mot de toutes choses.

Il résulte a' que loin d'être un monarque détrôné qui ne mérite plus ni égards , ni respect, ni obéissance, Jésus-Christ est le roi immortel des siècles ; que c'est lui qui élève les empires et qui les abaisse ; qui les glorifie et les conserve s'ils sont dociles à ses lois ; ou qui les brise comçie des vases d'argile s'ils osent lui dire comme les Juifs : Nous ne voulons pas que tu règnes sur nous.

En effet, pour le lecteur attentif de ce Catéchisme, le monde se partage en deux grandes

Clxrilj INTROPirCTIOX.

époques. D'abord les temps antérieurs au Messie ; et cette longue période de quarante siècles, y compris la grande semaine de la création, se résume en quatre mots : Tout pour Jésus-Clirlst\ c'est-à-dire pour l'établissement de son empire , Jésus-Christ pour l'homme, l'homme pour Dieu. Devant ses veux passent tous les événements particuliers ou étrangers au peuple juif, et tous ces événements roulent à Jésus-Christ , comme les grands fleuves roulent à l'Océan. Ensuite les temps postérieurs au Messie; et quatre paroles semblables résument les dix-huit siècles écoulés' depuis la naissance de l'enfant de Bethléem: Tout pour Jésus-Christ; c'est-àdire pour la conservation et la propagation de son empire , Jésus- Christ pour r homme, l'homme pour Dieu; en sorte que toute la création descendue de Dieu y remonte sans cesse, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, à moins qu'elle ne soit dégradée.

Vous croyez peut-être que cette partie de la création qui se dégrade, c'est-à-dire qui se révolte contre Jésus-Christ, se soustrait à son empire et cesse de contribuer à sa gloire;.

iXTRODurTiox. rlxix

détrompez-vous. Créateur de toutes choses, Dieu dit à chaque roi, à chaque peuple en le tirant du néant, comme il le dit à l'univers , comme il le dit à l'enfant nouveau-né : Tu es créé et mis au monde pour connaître , aimer et servir Jésus-Christ mon Fils , Roi des rois, Seigneur des seigneurs, à qui j'ai donné toutes les nations en héritage ; voilà ta loi. Pour toi bonheur et gloire si tu l'observes ; honte et malheur si tu la violes ; mais , quel que tu sois, observateur ou violateur de cette loi immuable , tu n'en contribueras pas moins à la gloire de mon Fils , tu n'en . seras pas moins sous sa main puissante. Et voilà que l'histoire à la main, nous montrons cette loi s'accomplissant avec une précision rigoureuse. Depuis le peuple juif jusqu'à l'empire français, nous voyons, à point nommé , les nations heureuses tant qu'elles reconnaissent Jésus-Christ pour leur roi , et malheureuses du moment où elles se révoltent contre lui.

Cet imposant tableau , nous le terminons par l'histoire contemporaine de cet homme puissant, qui fit naguère trembler

cIïX liNTRODUCTION .

le monde au seul bruit de son nom. Appelé de Dieu pour rendre un peu de vie au peuple français agonisant, cet homme rassemble dans sa main de fer les éléments dispersés de l'antique monarchie , il rebâtit le sanctuaire , il triomphe , il grandit tant qu'il se montre le serviteur fidèle du Grand-Maître qui l'a fait venir. Mais à peine a-t-il heurté contre la Pierre , que son étoile pâlit, sa puissance l'abandonne; d'immenses désastres flétrissent ses lauriers ; et dépouillé de tout, et devenu moins qu'un homme, il s'en va expier au milieu de l'Océan le crime de sa rébellion contre l'Agneau dominateur. Du haut du rocher solitaire où il expire , il crie aux rois et aux peuples : Que mon exemple vous serve de leçon ; nul n'est fort contre Dieu ; soyez les instruments dociles du Seigneur et de son Christ , où comme moi vous serez brisés.

C'est ainsi que se montre dans tous les siècles la royale puissance de Jésus-Christ; c'est ainsi que Icsempires et leurs monarques, qu'ils le veuillent ou qu'ils ne le veuillent

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pas, sont tributaires de 6a couronne. S'ilssont dociles à ses lois, s'ils le servent avec fidélité, il les conserve et les glorifie, et leur bonheur affermit son empire en apprenant aux autres à l'aimer; s'ils osent se révolter contre lui, il les brise , et le retentissement de leur ruine , et le spectacle des maux qui les accablent, affermit son empire en apprenant aux autres à trembler devant lui.

Telle est la philosophie qui ressort avec éclat de renseignement complet delà Religion. Philosophie admirable ! parce qu'elle est vraie , et vraie parce qu'elle est toute chrétienne; philosophie bien propre à guérir notre siècle! car aujourd'hui plus que jamais ellepeut confirmer sesleçonspar desexemples authentiques; philosophie vraiment divine! qui remplit l'ame de religion en nous montrant le souverain Modérateur des mondes , assis sur son trône immuable , tenant entre ses mains les rênes de tous les empires, et faisant servir les rois et les peuples, et les projets et les passions des hommes, à l'accomplissement de cet unique dessein : la Rédentplion du genre humain par Jésus-Christ.

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Il y a , ne le croyez-vous pas ? dans ce simple aperçu , de quoi renverser par la base toutes les théories si peu philosophiques dont notre époque est inondée, et dont nous sommes les tristes victimes. Il y a aussi, ce nous semble, de quoi agrandir sans mesure Thorizon de l'intelligence, et élever le génie jusqu'aux plus hautes régions de la vérité.

Enfin , notre siècle est travaillé d'un autre mal produit comme le précédent, par sa déplorable ignorance. C'est la manie de réformer la Religion , de l'arranger suivant les opinions mobiles du moment, d'y prendre et d'y laisser; en un mot, de faire un Christianisme à toute main. Quel remède à ce mal ? Le meilleur, sans contredit, 'c'est encore l'exposition complète de la Religion.

De cet enseignement universel , comme le veut saint Augustin, il résulte que le Christianisme n'est pas l'ouvrage de Thomme, mais de Dieu j qu'il n'est pas sorti imparfait des mains de son auteur, mais parfait ; que s'il a demandé des développements, ce n'est pas à l'homme, mais à Dieu, et à Dieu seul

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t|ui[ appartient de les donner; enfin, que le Christianisme immuable comme Dieu, est , dans sa manifestation , aussi ancien que les temps, et aussi durable que l'éternité; parce que Jésus-Christ, qui en est le fondement et la vie, était hier, qu'il est aujourd'hui , et qu'il sera aux siècles des siècles. Delà, cette conséquence nécessaire, qu'il n'y a jamais eu, qu'il ne peut y avoir, et qu'il n'y aura jamais qu'une seule vraie Religion , comme il n'y a et ne peut y avoir qu'un seul Médiateur entre Dieu et les hommes.

Ainsi est tranchée d'un seul coup la racine des différentes sectes qui, toutes, sont fondées sur la possibilité d'un culte nouveau; c'est-à-dire sur la prétendue insuffisance ou altération du culte véritable; en définitive , sur l'existence possible d'une religion autre que le Christianisme actuel ; supposition aussi dangereuse qu'absurde, renouvelée de nos jours par certains esprits, dignes de défendre une meilleure cause.

C'est ainsi que la Religion , présentée telle qu'elle doit l'être, suffit pour dissiper toutes

Chxiv INTRODUCTION.

les erreurs que les passions de Thomme ou sa faiblesse peuvent lui opposer dans la suite des siècles : de même, qu'il suffît au soleil de se montrer sur l'horizon, brillant de tous ses feux, pour dissiper et les ombres de la nuit, et les nuages que les vents déchaînés amoncèlent sur son passage.

4° Cet enseignement a le précieux avantage de mettre la Religion, dans tout ce qu'elle a de plus merveilleux > de plus convaincant et de plus aimable, à la portée des plus faibles intelligences* La Religion est fondée sur des faits; je dis mal, la Religion toute entière n'est qu'une longue suite de faits, tour à tour simples ou sublimes, gracieux ou terribles, mais toujours éclatants comme le soleil ; donc , son enseignement doit être tout historique : tel esj: le nôtre.

Si quelquefois l'explication nécessaire d'un dogme ou d'un précepte emporte la plus grande partie de la leçon, nous avons soin d y joindre comme éclaircissement ou confirmation pratique un ou plusieurs traits d'histoire , analogues au sujet traité. De cet enseignement tout historique, nous n'obte-

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hons pas seulement l'avantage d'être comprfe des jeunes Chrétiens; mais encore celui de former leur cœur à la vertu, en leur faisant faire connaissance avec leurs modèles et leurs pères dans la Foi , les Patriarches , les Prophètes , les Martyrs et les principaux Saints de tous les âges. Est-il un meilleur moyen de nourrir leur tendre imagination d'images plus gracieuses et plus pures, leur mémoire de souvenirs plus salutaires et de leur tracer plus sûrement la route de la vie ; enfin, de leur facihter l'intelligence des livres de piété et des instructions pastorales, où Ton parle si souvent des grands personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament à des gens qui les connaissent moins que les héros de l'antiquité profane, ou les divinités de la fable ?

De là encore un autre avantage , remède nouveau à l'indifférence de notre • siècle ; c'est de montrer la place importante qu'occupent dans* le plan de la Rédemption , c'est-à-dire du bonheur même temporel de l'univers, le Sacerdoce aujourd'hui si dédaigné, les Saints qu'on ose accuser de

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folie , et surtout ces Ordres religieux dont Futilité si incontestable est néanmoins si souvent et si ridiculement contestée depuis un demi-siècle par les hommes d'argent, qui ne connaissent d'autres lois que celles de la mécanique, d'autre yie que celle du comptoir; par les démagogues , ennemis jurés de tout ce qui conserve l'image de l'ordre ; enfin , par les ambitieux dont la cupidité convoite bassement leurs demeures et leurs biens.

5° Enfin , cet enseignement offre le plus efficace de tous les remèdes à la double indifférence de notre siècle. Non-seulement il fait connaître le Christianisme dans son magnifique ensemble , mais encore il le fait aimer.

Notre siècle ne sait plus aimer, car il n'aime pas ou il aime mal. La violation de cette loi primordiale est la cause des bouleversements inouïs dont la terre est la victime : le désordre est toujours en proportion avec la violation de la loi. Il serait bientôt guéri, ce siècle infortuné, s'il voulait ouvrir son cœur à l'amour ; mais l'amour c'est Dieu , Dcus charitas est.

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Pour l'aider à accomplir cet acte salutaire, notre enseignement lui fait apprécier et comme toucher au doigt les bienfaits de Dieu ou de la Religion à l'égard de chacun de nous et de chaque partie de notre être, dans toutes les positions et dans tous les âges , en sorte .qu'il demeure démontré que, attaquer le Christianisme, le mépriser, l'abandonner, rester indifférent à ses prescriptions salutaires, ce n'est pas seulement une ingratitude , mais un suicide.

C'est ainsi que l'enseignement de saint Augustin, faisant connaître le véritable esprit de la Religion qui est l'amour, développe dans lame de l'enfant ce sentiment divin , bieh plus que la crainte. Nous ne sommes plus les esclaves du Sinaï , mais les fils du Calvaire. Pour les bien-aimés du Verbe fait chair et devenu notre frère, nous voulons que Dieu soit bien moins un juge irrité, un maître sévère, qu'un père tendre et un ami. De là, le soin continuel que nous prenons de présenter la Religion, ce qui est vrai , comme un immense bienfait. Rien de plus important surtout que de faire envisa-

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ger, sous ce point de Yue, les commandements de Dieu et de FEglise. IN'est-ce pas peut-être pour avoir été habitués dès leur enfance à les regarder comme un joug pénible , qu'un si grand nombre les foulent aux pieds? De là encore le même soin à faire ressortir de chaque fait, de chaque

explication, cette grande vérité : Dieu aimant

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