‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 4)Chapitre 16 sur 30 · XLIV* LEÇON · texte numérisé non relu

XLIV* LEÇON

1)E NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM, PAR LA COMMUNION

Nécessité et définition du sacrement de l'Ordre. — Son objet et son Institution.— Grandeur cl blenfails du Prêtre — Trait liistorique. — Origine de la tonsure, sa signification. — Cérémonies et prières qui en accompagnent la réception. — Division et nombre des ordres. — A quoi ils se rapportent. — Effets du sacrement do l'Ordre.

Les Sacrements que nous venons d'expliquer préparent, consomment, réparent, affermissent notre union avec le nouvel Adam. Mais cette union divine doit être possible à toutes les générations qui viendront en ce monde jusquTi la fin des siècles, et voilà le Sauveur qui va en établir le moyen : car il est le Sauveur de tous les hommes qui ont été, qui sont et qui seront à jamais.

Après avoir consacré lui-môme son corps et son sang, après les avoir donnés en nourriture à ses Apôtres, prémices du Christianisme, il leur adressa ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi, paroles toutes puissantes et toujours efficaces qui donnent aux Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir sublime d'opérer le miracle que le Fils de Dieu venait lui-même d'opérer, c'est-à-dire de changer le pain et le vin en son corps cl en son sang

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et de le distribuer aux Fidèles, dans toutes les parties de lunivers et jusqu'à la consommation des temps. Le Sacrement qui consacra les Apôtres et qui consacre leurs successeurs dans r auguste ministère de perpétuer le nouvel Adam parmi les hommes, s'appelle le sacrement de l'Ordre.

En voici la définition : L'Ordre est un Sacrement institué par Notre Seigneur Jcsus-Christ, qui donne h •pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques et la grâce de les exercer saintement. On trouve dans l'action par laquelle on consacre les Ministres des autels, tout ce qui est requis pour un Sacrement de la Loi nouvelle : 1° l'institution de Notre Seigneur Jésus-Christ dont nous allons bientôt rapporter les paroles; 2° un signe extérieur et sensible, l'imposition des mains et l'attouchement des vases sacrés qui en sont comme la matière ; 3" les prières du Ministre qui en sont la forme, prières usitées depuis la naissance de l'Eglise jusqu'à nous : nous voyons que les Apôtres, en ordonnant les premiers Diacres, leur imposaient les mains en priant sur eux ; 4" la grâce sacramentelle attachée à ce signe : l'apôtre saint Paul nous l'apprend lorsqu'écrivant à Timothée, il le conjure de conserver soigneusement la grâce sacerdotale qui lui avait été donnée par l'imposition de ses mains et de celles des Prêtres.

Les fonctions ecclésiastiques n'ont pas seulement |)our but de consacrer l'Eucharistie; elles s'étendent encore à tout ce qui a rapport au salut des Fidèles. C'est pourquoi on dit que l'Ordre confère

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un double pouvoir : 1° sur le corps naturel de Jésus- Christ, et les Prêtres peuvent le consacrer et le donner aux Fidèles ; 2" sur le corps mystique de Jésus- Christ. On appelle corps mystique de Jésus-Christ, l'Église; et les Prêtres sont comme l'ame de ce corps. Successeurs de Jésus-Christ , ils ont le pouvoir d'enseigner, de baptiser, de gouverner, de remettre les péchés, en un mot de faire tout ce qui est nécessaire pour conserver ce corps toujours vivant et le conduire à son union éternelle dans le Ciel, avec le nouvel Adam qui en est le chef.

Tous ces pouvoirs viennent de Jésus-Christ luimême. Et d'abord le pouvoir de consacrer son corps et son sang, il le donna aux Apôtres et à leurs successeurs par ces paroles que nous avons citées plus haut : Faites ceci en mémoire de moi ' . Ensuite le pouvoir d'enseigner, de baptiser et de gouverner, par celles-ci : Toute puissance m'a été donnée au Ciel et sur la terre : allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit , et leur apprenant à garder tout ce que je vous ai confié". Enfin, le pouvoir de remettre tous les péchés et de lever tous les obstacles qui pourraient empêcher les Fidèles de parvenir au Ciel, par ces paroles : Comme mon Père ni a envoyé, je vous envoie aussi de même; recevez le Saini-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez; et ils seront retenus à

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ceux à qui vous les retiendrez . En vérité je vous le dis; tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le Ciel; et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le Ciel'.

Tels sont les pouvoirs redoutables aux Anges même que le nouvel Adam confie à ses ministres. Quelle langue humaine pourrait dire la dignité du sacerdoce et la grandeur du Prêtre ! Il était grand le premier homme qui, établi Roi de l'univers, commandait à tous les habitants de son vaste domaine et en était docilement obéi. Il était grand, Moïse, qui d'un mot séparait les eaux de la mer, et entre leurs masses suspendues faisait passer à pied sec un peuple tout entier. Il était grand, Josué, qui disait au soleil : Soleil arrête-toi, et le soleil s'arrêtait obéissant à la voix d'un mortel. Ils sont grands les rois de la terre qui commandent à des armées nombreuses et font trembler le monde au seul bruit de leur nom; eh bien, il est un homme plus grand encore; il est un homme qui tous les jours, quand il lui plaît, ouvre les portes du Ciel, et s' adressant au Fils de T Eternel, au Monarque des mondes, lui dit : Descendez de votre trône, venez ; et docile à la voix de cet homme , le Verbe de Dieu, celui par qui tout a été fait, quittée l'instant le séjour de la gloire et s'incarne entre les mains de cet homme plus puissant que les rois, que les Anges, que l'auguste Marie, et cet homme lui dit : Vous êtes mon Fils; aujourd'hui je vous ai engendré; vous êtes ma victime, et il se laisse immoler par cet homme, placer où

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il veut, donner à qui il veut : cet homme c'est le Prôtre!!!

Le Prêtre n'est pas seulement tout-puissant au Ciel et sur le corps naturel de l'Homme-Dieu, il est aussi tout-puissant sur la terre et sur le corps mystique de Jésus-Christ. Voyez; un homme est tombé dans les liens du démon , quelle puissance pourra le délivrer? Appelez au secours de ce malheureux, les Anges et les Archanges, saint Michel lui-même, chef de la milice céleste, vainqueur de Satan et de ses légions révoltées. Le saint Archange pourra bien chasser les démons qui assiègent cet infortuné, mais celui qui est dans son cœur, jamais ; jamais il ne pourra briser les chaînes de ce pécheur qui a mis en lui sa confiance . A qui donc vous adresserez-vous pour le délivrer? Appelez Marie la mère de Dieu, la reine des Anges et des hommes, la terreur de 1 Enfer, elle pourra bien prier pour cette ame, mais elle nesaurait l'absoudre d une faute si petite qu'elle soit •• le Prêtre le peut.

Bien plus, supposez que le Rédempteur en personne descende visiblement dans une église et s'établisse dans un confessionnal pour administrer le sacrement de la Pénitence, tandis qu'un Prêtre va s'asseoir dans un autre. Le Fils de Dieu dit -.Je vous absous; et le Prêtre de son côté dit : Je vous absous, et par l'un comme par l'autre le pénitent se trouve également absous. Ainsi, le Prêtre puissant comme Dieu, peut en un instant arracher le pécheur do l'Enfer, le rendre digne du Paradis , et d'esclave du démon en faire un enfant

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d'Abraham , et Dieu lui-mômc est obligé de s'en tenir au jugement du Prôtre, de refuser ou d'accorder son pardon , selon que le Prêtre refuse ou accorde l'absolution, pourvu que le pénitent en soit digne. ' La sentence du Prêtre précède, Dieu ne fait qu'y souscrire'. Se peut-il concevoir un pouvoir plus grand, une dignité plus haute ?

Je ne m'étonne plus d'entendre le Fils de Dieu adresser aux Prêtres cette sublime parole : Celui qui vous écoule, m'écoute; celui qui vous méprise, me méprise; et à toutes les nations de l'univers cet avertissement : Gardez-vous de toucher à mes Christs : celui qui les touche, me touche à la prunelle de l'œil.

Je ne m'étonne plus de voir au Concile de Nicée , le maître du monde , le Grand Constantin , ne vouloir occuper que la dernière place après tous les Prêtres, et refuser de s'asseoir avant d'avoir obtenu leur permission.

Je ne m'étonne plus d'entendre saint François d'Assise qui, par humilité, refusa toute sa vie l'honneur du Sacerdoce, dire : Si je rencontrais ensemble un Ange et un Prêtre, je fléchirais d'abord le genou devant le Prêtre et ensuite devant l'Ange.

Rien de tout cela ne m'étonne; ce qui m'étonne, c'est de voir des hommes, des enfants même qui méprisent le Prêtre \

Nous venons de dire sa puissance ; qui dira ses bien-

' St. Maxim, épis. Taurin, a St. Petr. Dam. Serm.

lilxO CATtcniSilE

faits? Le Prôlre est le bienfaiteur de l'humanité , par ses prières, par ses instructions, par sa charité.

Ses prières. Le monde est un vaste champ de bataille. Les hommes y sont aux prises avec les puissances de l'Enfer et avec leurs propres passions. La victoire serait perdue pour les tristes enfants d'Adam, si des Moïse tout puissants ne priaient pour eux sur la montagne : et ces Moïse ce sont les Prêtres. La terre coupable envoie jour et nuit vers le Ciel des millions de crimes qui vont solliciter les vengeances de Dieu : comme au jour de la tempête, la foudre éclaterait à chaque minute sur la tête des coupables, si les Prêtres par leurs prières et leur sacrifice, ne l'éteignaient dans les mains du Tout-Puissant.

Les hommes, indigents et coupables, manquent du pain nécessaire à leur vie ; pécheurs, comment solliciter la bonté du Père qu'ils ne cessent d'outrager? mais le Prêtre élève pour eux vers le Ciel ses mains pures, et la rosée bienfaisante vient féconder les campagnes , et l'abondance succède à la disette.

Leurs instructions. Le monde est un vaste désert ; une nuit profonde y règne éternellement; mille routes se croisent, égarent les voyageurs et conduisent à l'abîme; mille précipices sont ouverts, et au fond, des monstres dévorants attendent leur proie, la bouche béante, les yeux étincelants. L'homme qui naît est un voyageur, obligé de parcourir le dangereux pays de la vie. D'oii vient-il? Il n'en sait rien . Où va-t-il ? Il n" en sait rien . Quelle route doit-il prendre? Il n'en sait rien. Est-il donc infaillible-

I)K PEllSÉVURANCE /l/jV

ment perdu? Non ; le Prôlreest là ; guide fidèle, il vient prendre par la main le jeune voyageur; il lui montre la route; il la parcourt avec lui ; il ne le quitte qu'après l'avoir misen sûreté. Voilà ce que fait le Prêtre pour tout homme venant en ce monde. Voilà ce qu'il a fait pour Iç genre humain tout entier, ce grand aveugle qui s'était tellement égaré, qu'il ne savait plus, il y a dix-huit siècles, que marcher d'abîme en abîme; c'est le Prêtre qui l'a délivré des erreurs grossières, cruelles, avilissantes, dont il était la honteuse et triste victime. C'est le Prêtre qui a tiré le monde de la barbarie; c'est le Prêtre qui l'empêche d'y retomber; c'est le Prêtre qui, au prix de son sang et de sa vie, civilise encore tous les jours les nations sauvages, comme il a autrefois civilisé nos pères '.

Leur charité. Parcourez lesvilles et les campagnes; demandez quel fut le fondateur, le soutien de toutes les institutions vraiment utiles à l'humanité, à l'enfance qui vient d'entrer dans la vie , à la vieillesse qui va bientôt en sortir; on vous nommera un Prêtre. Descendez dans la chaumière du pauvre , demandez qui a donné le pain qu on mange : c'est un Prêtre ou une personne dont le zèle fut excité par un Prêtre. Passez au chevet du malade, du malade que tout le monde abandonne, dont tout le monde se lasse ; quel est cet ange consolateur qui verse sur son cœur le baume de la consolation et de l'espérance? c'est un Prêtre. Pénétrez jusque dans le

1 On peut citer ici les leUres toutes récentes des Missionnaires dans rOcéanie. JnnaUs de la Propag. de la Foi, n. lvi.

cachot du prisonnier, quel est celui qui allège le poids de ses fers? c'est un Prêtre. Montez sur l'échafaud du condamné, qui voyez- vous à côté de la victime? c'est encore un Prêtre, un Prêtre qui d'une main lui montre son Dieu mort sur la Croix , et de l'autre le Ciel .

Parcourez toutes les misères spirituelles et corporelles de la pauvre humanité, vous n'en trouverez pas une seule que le Prêtre ne soulage tous les jours, sans faste, sans ostentation , sans aucune espéra-nce ou dédommagement humain-

Nous sommes obligés d'aimer nos ennemis comme nous-mêmes, et aujourd'hui on n'aime pas le Prêtre ! Aujourd'hui on hait le Prêtre, il est le sujet de moqueries sacrilèges et de haines impies !

Le Prêtre ne s'en plaint pas : le Disciple n'est point au-dessus du Maître. Sa bouche ne s'ouvre que pour pardonner, comme ses bras pour bénir. A ceux qui s'affligent de le voir ainsi méconnu, outragé, persécuté, il se contente de répondre comme son Maître, portant sa Croix sur le Calvaire : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; c'est sur vous et sur vos enfants qu'il faut pleurer; le peuple qui outrage ses Prêtres, s'associe au crime des Juifs : il aura part à ses châtiments. En attendant, comme les premiers Chrétiens retardaient de toute la puissance de leurs prières la chute de l'empire romain, le Prêtre conjure, par ses supplications, les orales prêts à éclater sur le monde coupable. Imitateur du divin Modèle, il s'efforce de passer en faisant le bien. Ses plus cruels ennemis ont part à sa charité.

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Ecoutez : Un de ces grands scélérats qui, pendant les jours de nos malheurs, s'était souillé des crimes les plus atroces et baigné plusieurs fois dans le sang des Prêtres, tombe malade. Il avait juré que jamais Prêtre ne mettrait les pieds dans ses appartements, ou que si quelqu'un osait y pénétrer par surprise, il n'en sortirait plus. Cependant, la maladie devint sérieuse. Un Prêtre en est informé ainsi que des dispositions hostiles du malade. N" importe ; le bon Pasteur sait qu'il doit donner sa vie pour ses brebis. Sans hésiter, il se dévoue, il ose se présenter. A son aspect, le malade entre en fureur, et recueillant toutes ses forces : Quoi ! s'écrie-t-il dune voix terrible, un Prêtre chez moi ! qu'on me donne mes armes. Mon frère, lui demande le Prêtre, qu'en voulez-vous faire? j'en ai de plus puissantes à vous opposer, ma charité et ma constance. — Qu'on me donne mes ormes ! Un Prêtre à mes côtés ! On lui refuse ses armes. Alors, tirant de son lit un bras nerveux, il en menace le Prêtre en lui disant : Saches que ce bras a égorgé douze de tes pareils. — Vous vous trompez, mon frère, lui dit doucement le Prêtre, il y en a un de moins : le douzième n'est pas mort; ce douzième, c'est moi. Reconnaissez, ajoute-t-il en découvrant sa poitrine, les cicatrices des coups que vous m'avez portés. Dieu m'a conservé la vie pour vous sauver. A ces mots, il se jette au cou du malade, l'embrasse tendrement et laide à bien mourir. Si mille Prêtres n'ont pas donné cet exemple, c'est qu'un seul en a trouvé l'occasion. Voilà le Prêtre ! ! !

Avant de confier les pouvoirs et la dignité da Sacerdoce, le nouvel Adam et 1 Eglise, son épouse, exigent de longues épreuves et de grandes préparations. Le premier pas vers le Sanctuaire c'est la réception de la tonsure.

Dans les premiers siècles de l'Eglise, il n'y avait aucune distinction entre les Clercs et les La'iques, quant aux cheveux, à l'habit et à tout l'extérieur; c'eût été sans besoin s'exposer à la persécution qui était toujours plus cruelle contre les ministres de la Religion que contre les simples Fidèles : tous avaient d'ailleurs un extérieur si modeste, qu'il était digne des Clercs. Depuis que l'Eglise fut en liberté, ils gardèrent l'habit ordinaire des Romains, qui étaient vêtus d'habits longs, portaient les cheveux fort courts et la barbe rasée. Les Barbares qui ruinèrent l'empire Romain étaient d'une figure toute différente ; les habits courts et serrés, les cheveux fort longs, quelques-uns sans barbe, quelquesuns avec de grandes barbes. Les Romains en avaient horreur ; et comme dans le temps où ces Barbares s'établirent, tous les Clercs étaient Romains , ils conservèrent soigneusement 1 habit clérical ; en sorte que quand les Francs et les autres Barbares furent devenus Chrétiens, ceux qui entraient dans le Clergé faisaient couper leurs cheveux et prenaient des habits longs.

Vers le même temps, plusieurs d'entre les Evèques et les autres Clercs prirent l'habit que les Moines portaient alors, comme plus conformée la modestie chrétienne. De là vient, disent quelques-uns, lacouronne cléricale, car il

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y avait des Moines qui se rasaient le devant de la tête pour se rendre méprisables. Mais les Pères de l'Eglise les plus anciens et les plus respectables, disent qu'elle vient des Apôtres. On dit même que le premier qui l'établit fut saint Pierre , en mémoire de la couronne d' épines de Notre Seigneur'. Quoi qu'il en soit, la tonsure était déjà en usage et depuis long-temps au huitième siècle '. On a raison de dire qu'avoir la tête rasée était une chose ignominieuse et qui rendait méprisable, puisque c'était une marque d'esclavage chez les Grecs et chez les Romains^ Voilà pourquoi, suivant saint Cyprien, on tondait les cheveux et la barbe aux Chrétiens condamnés aux mines'*.

Ainsi, la couronne est une marque de modestie, de renoncement au monde et une profession d'amour pour la Croix et les humiliations de Jésus-Christ. Il a triomphé du monde par ces moyens : ses successeurs n'auront pas d'autres armes. Prendre les insignes de Jésus-Christ est donc le premier pas à faire pour ceux qui aspirent à l'honneur de continuer sa mission. Toutes ces significations de la couronne sont rendues sensibles par les prières et les cérémonies dont l'Eglise fait usage pour la donner.

L'Evêque, assis sur un fauteuil au milieu de l'autel,

• Dionys. de eccl. hicrar. c. G. part. 2; Aug. Scrm. il. ad -patres in eremo ; Hicroii. in cap. l\l\- Ezecli.; Raban Maur. lib. 'jlc instit. cleric; Be (1. lib. 5. hist. Angl. c. 22.

' Voyez Fleuri Institution au droit canonique, part. 1. c. 5.

3 Aristoph. in Acibus ; Philostr. lib. 7. Epit. 77.

comme le Sauveur lui-même au milieu de ses Disciples, appelle les tonsurés chacun par son nom, pour montrer que nul ne peut entrer de lui-môme dans la milice sainte, mais qu'il faut être appelé de Dieu comme Aaron'. Ils répondent qu'ils sont présents, et ils s'approchent de l'autel pour manifester leur empressement à correspondre à la grâce de leur vocation. Ils sont en soutane, c'est-à-dire revêtu d'un habit noir; c'est le vêtement que l'Eglise a adopté pour ses ministres. Sa couleur et sa forme rappellent qu'ils doivent être morts au monde, et renoncer, par la mortification, aux désirs de la vie présente. Ils portent sur le bras gauche un surplis blanc, symbole de leur innocence ; de la main droite ils tiennent un cierge allumé, image touchante de la charité qui embrase leurs cœurs, et qui les pousse à se consacrer à Dieu et à se consumer à son service'.

Ils se mettent à genoux autour de l'autel ; l'Evêque se lève et conjure le Seigneur de changer, de purifier d'embraser le cœur de ses nouveaux serviteurs. Tout le peuple, unissant ses prières à celle du Pontife, entonne le psaume qui commence ainsi : Conservez-moi, Seigneur t parce que j'ai espéré en vous. Pendant que le chœur continue, l'Evêque coupe avec des ciseaux et en forme de croix, les cheveux de ceux qu'il tonsure. Et le tonsuré dit en même temps ces paroles, qui expriment son désir de se séparer du monde et de ne s'attacher qu'à Jésus-Christ : Le Seigneur est mon partage et mon

1 Heb. V. h.

» Foyei M. 'l'hirat , Esprit des cérémonies de l'Eglise, p. l^l.

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calice; c'est vous, ô mon Dieu! qui me rendrez mon héritage.

L Évoque revêt ensuite les tonsurés du surplis, symbole de l'innocence dans laquelle ils doivent vivre toujours, en leur disant : Que le Seigneur vous revête de l'homme qui a été créé à l'image de Dieu, dans un état de justice et de sainteté parfaite. C'en est fait, le Clerc n'appartient plus au monde, il esta Dieu, dont il porte la livrée. Le nouvel Adam est désormais son modèle.

La tonsure n'est point un ordre, c'est une sainte cérémonie établie par l'Eglise pour séparer du monde ceux qu'elle appelle à l'état ecclésiastique. C'est une espèce de noviciat qui fait entrer dans la cléricature, soumet aux lois qui concernent les membres du Clergé , et devient une préparation pour recevoir les ordres.

Il ne suffit pas d'avoir séparé du siècle ceux qui doivent composer la tribu sainte, et qui sont destinés à devenir la lumière du monde, le sel de la terre et les auxiliaires de Jésus-Christ dans l'œuvre de la Rédemption. Pour vaincre, une armée doit être bien disciplinée; avoir ses chefs et ses soldais, chargés chacun d'un service particulier. C'est pour cela que Jésus-Christ a établi différents ordres de cléricature. Comme le Sacerdoce est une chose toute divine, dit le saint concile de Trente, afin qu'il fût exercé avec plus de dignité et de respect, il était convenable que pour le bon gouvernement de l'Eglise il y eût plusieurs et divers ordres de ministres qui, par le devoir de leurs charges, aidassent aux Prêtres à faire leurs fonctions, et qui, ayant pre-

àbà CATÉCHISME

mièrement été ornés delà tonsure cléricale, montassent par ces différents ordres comme par autant de degrés, au sommet du Sanctuaire'.

On distingue les ordres majeurs et les ordres mineurs. Cette distinction remonte au commencement de l'Eglise'. Les ordres majeurs sont : la Prêtrise , le Diaconat et le Sous- Diaconat. Les ordres mineurs sont ceux d'Acolytes , à Ejcorcistes , de Lecteurs et de Portiers. Ces ordres composent la hiérarchie ecclésiastique. Tous ces différents ministres, destinés par leur état à ce qui regarde le culte de Dieu et le service de l'Eglise , sont compris sous le nom de Clercs. Ce mot signifie qu'ils sont choisis par le Seigneur , qu' ils sont sa portion , etque le Seigneur est leur héritage ^

Saint Thomas rend raison de cette division de l'ordre en sept espèces. Il dit que tous les ordres se rapportent à l'Eucharistie, et que leur division et leur importance vient du rapport plus ou moins direct qu'ils ont avec cet adorable Sacrement. Le Prôtrc consacre le corps et le sang du Sauveur; le Diacre le distribue; le Sous- Diacre prépare dans les vases sacrés la matière qui doit être changée ; l'Acolyte la prépare et la présente dans des vases non consacrés. Les autres ordres sont institués pour préparer ceux qui doivent recevoir l'Eucharistie, s ils sont impurs ou immondes; or, ils le peuvent être en trois manières : les uns sont infidèles, indignes par

■ Sep. 23.

^ Lettres du pape St. Corneille, en 251. 4' concile deCarlhage en 398.

-^ St Jérôme à Nepot.

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conséquent d'assister à la célébration des saints Mystères et de se trouver dans l'assemblée des Fidèles, et c'est aux Portiers à les chasser. Les autres sont Catéchumènes; ils désirent d'être instruits, afin de se rendre dignes de participer au Sacrement de nos autels; les Lecteurs sont établis pour les y disposer par leurs instructions. Enfin, il y a des Energumènes qui ne peuvent être admise la sainte Communion. Les Exorcistes ont été établis pour les délivrer du malin esprit, afin qu'ils puissent être reçus à la Sainte-Table".

Quoiqu'il y ait plusieurs ordres de ministres, il n'y a cependant qu'un sacrement de l'Ordre. Ses effets sont 1<> de donner à celui qui le reçoit une grâce qui le sanctifie et qui le met en état de remplir ses fonctions pour l'avantage de l'Eglise ; 2" d'imprimer un caractère ineffaçable, en sorte qu'il ne peut jamais se perdre, ni par conséquent être rétabli par une nouvelle ordination; 3° de conférer une double jouissance, celle de consacrer le corps de Notre Seigneur, et celle de remettre et de retenir les péchés des hommes.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie d'avoir établi le sacrement de l'Ordre pour perpétuer votre présence réelle parmi Tes hommes et pour donner des ministres à votre Eglise; je vous demande un grand respect pour ce Sacrement et pour ceux qui le reçoivent.

' 3. p. Snppl. q. 37. a. 2.

/lôG CAILCIILS.ME

Je prends la résolution d'uiraer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je prierai soiH'etit pour les Prêtres.

de notre uxion avec notre seigneur le nouvel adam, par la communion. — du sacrement de l'ordre.

Q. Pourquoi Notre Seigneur a-t-il institué les cinq premiers Sacrements?

R. Notre Seigneur a institué les cinq premiers Sacrements pour préparer, consommer, réparer et affermir l'union que nous contractons avec lui par la sainte Communion.

Q. Pourquoi a-t-il institué le sacrement de l'Ordre?

R. Il a institué le sacrement de l'Ordre pour que tous les hommes pussent communier jusqu'à la fin du monde, et aussi pour conserver et diriger son Eglise en lui donnant des ministres.

Q. Qu'est-ce que l'Ordre?

R. L'Ordre est un Sacrement institué par Notre Seigneur Jésus-Christ, qui donne le pouvoir de l'aire les fonctions ecclésiastiques, et la grâce de les exercer saintement.

Q. Quelles sont ces fonctions ?

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R. Ces fonctions regardent le corps naturel de Notre Seigneur, les autres regardent son corps mystique, c'est-à-dire lEglise. L'Ordre donne aux Prêtres le pouvoir de consacrer le corps de Notre Seigneur, et de le distribuer aux Fidèles ; il leur donne aussi le pouvoir de baptiser, de prêcher et de remettre les péchés.

Q. La dignité des Prêtres est-elle bien grande ?

R. Oui, la dignité des Prêtres est bien grande; elle est au-dessus de toutes les autres ; ils sont les ambassadeurs de Jésus-Christ même ; leur puissance surpasse celle des hommes et des Anges. Les hommes ni les Anges ne peuvent faire descendre Jésus-Christ du Ciel en consacrant son corps et son sang; les Prêtres le peuvent ; les hommes ni les Anges ne peuvent absoudre du plus petit péché; les Prêtres le peuvent.

Q. Sommes-nous obligés de respecter les Prêtres?

R. Nous sommes obligés de respecter les Prêtres. Jésus-Christ a dit aux Prêtres : Celui qui vous écoute m'écoute; celui qui vous méprise me méprise. Ecouter les Prêtres, c'est écouter Jésus-Christ; mépriser les Prêtres, c'est mépriser Jésus-Christ lui-même et son Père qui la envoyé. Aussi, saint François-d' Assise disait : Si je rencontrais ensemble un Prêtre et un Ange, je fléchirais d'abord le genou devant le Prêtre, et ensuite devant 1 Ange.

Q . Devons-nous de la reconnaissance aux Prêtres ?

R. Oui, nous devons la plus grande reconnaissance aux Prêtres, parcequilssont lesbienfaiteurs des hommes . Ils prient pour nous et nous obtiennent la délivrance des

maux qui nous menacent , ou les grâces dont nous avons besoin ; ils nous instruisent et nous conduisent dans le chemin du Ciel. Ils ont tiré le monde de la barbarie, et l'empêchent d'y retomber; ils soulagent toutes les misères humaines, depuis celles de l'enfance jusqu'à celles de la vieillesse.

Q. Qu'est-ce que la cérémonie de la tonsure?

H. La cérémonie de la tonsure a été établie par l'Eglise pour séparer du monde ceux qui se préparent aux Ordres, et leur inspirer les vertus de leur état. Cette cérémonie remonte jusqu'aux premiers siècles. Les tonsurés se présentent à l'Autel avec un surplis sur le bras et un cierge à la main. Le surplis dont l'Eveque les revêt signifie qu ils se revêtent de Jésus-Christ , et le cierge marque la charité qui les porte à se consacrer à Dieu et à se consumer à son service.

Q. Combien y a-t-il d'ordres?

/î. Il y a sept ordres : la Prêtrise, le Diaconat et le Sous-Diaconat, qu'on appelle ordres majeurs; ceux d'Acolytes, de Lecteurs, d'Exorcistes et de Portiers, qu'on appelle ordres mineurs. Tous ces ordres se rapportent à l'Eucharistie.

Q. Quels sont les effets du sacrement de l'Ordre?

R. Les effets du sacrement de l'Ordre sont : la grâce qu'il communique, le caractère ineffaçable qu'il imprime, et la puissance qu'il confère.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie davoir institué le sacrement de l'Ordre pour perpétuer votre présence réelle parmi nous, et conserver votre Eglise.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je prierai souvent pour les Prêtres .

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XLY LEÇON.

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM, PAR LA COMMUNION

Ordres mineurs. — Portiers, leurs fonctions. — CérémouKS et prières qui accompagnent leur ordinalion. — Lecteurs, leurs fonctions. — Prières et cérémonies de leur ordination. — Exorcistes , leurs fonctions. — Prières et cérémonies de leur ordinalion. — Acolytes, leurs fonctions. — Prières et cérémonies de leur ordination. — Ordres majeurs. — Sous-Diaconat , fonctions des Sous-Diacres. — Prières et cérémonies de leur ordination. — Diaconat, fonctions des Diacres. — Prières et cérémonies de leur ordination. — Prêtrise, fonctions et pouvoir des Prêtres. — Cérémonies et prières de leur ordinalion. — Avantage social du sacrement de l'Ordre.

Le premier des ordres mineurs qu'on reçoit après la cérémonie de la tonsure, est celui de Portier. Si tous les emplois sont honorables dans le palais des rois, tous les ministères sont saints dans la maison de Dieu ; cest pour cela que l'Eglise a consacré tous ceux qui doivent les remplir. Celui des Portiers était indispensable dans les premiers siècles, alors que tout le monde n'était pas Chrétien. Ils étaient chargés d'empêcher les Infidèles d'entrer dans l'Eglise, de troubler les Fidèles et de profaner les saints Mystères. Ils avaient soin de faire tenir chacun en son rang , le peuple séparé du clergé, les hommes des femmes, et de faire observer le

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silence et la modestie. Ih devaient aussi annoncer les heures de la prière, garder fidèlement l'Église, la tenir propre et ornée, avoir soin que rien ne s'y perdît, l'ouvrir et la fermer aux heures convenables ainsi que la Sacristie ; enfin ouvrir le livre à celui qui prêchait. On voit qu'en réunissant toutes ces fonctions, ils avaient de quoi s'occuper. Cet ordre se donnait à des gens d'un âge mûr ' .

Toutes ces fonctions se trouvent rappelées dans les prières et les cérémonies de l'ordination. Après que l'Evèque les a expliquées aux Portiers, l'Archidiacre les conduit à la porte de l'Eglise, la leur fait ouvrir et fermer, leur présente la corde de la cloche afin qu'ils tintent quelques coups, et les ramène au pied de l'autel. Toutes ces choses qui paraissent étranges à ceux qui n'en comprennent ni le sens ni l'origine, sont infiniment respectables pour le Chrétien instruit et pieux. Elles lui rappelle la glorieuse antiquité de l'Eglise, ces beaux jours de foi et d'innocence, objet éternel de notre admiration et de nos regrets.

L'Evèque termine l'ordination des Portiers en demandant à Dieu qu'il les bénisse, qu'il leur donne la grâce de remplir saintement leurs fonctions, et qu'il les admette un jour avec ses élus dans la gloire éternelle.

L'ordre de Lecteur est plus élevé que celui de Portier parce qu'il se rapporte plus immédiatement à l'Eucharistie. Les Lecteurs, souvent plus jeunes que

' Fleury, Jnst. au Droit Can. l part c. 6 et 7.

Zl62 CATÉCHISME

les Portiers, servaient de secrétaires aux Évêques et aux Prêtres et s'instruisaient en lisant et en écrivant sous eux. On formait ainsi ceux qui étaient plus propres à l'étude et qui pouvaient devenir Prêtres. Leur fonction a toujours été nécessaire, puisqu'on a toujours lu dans l'Eglise les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament, soit à la Messe, soit aux autres offices , principalement de la nuit. On y lisait aussi, dans les premiers siècles, les lettres des autres Evêques, les actes des Martyrs , des homélies ou discours comme on le fait encore , seulement cette fonction est commune aujourd'hui à tous les Ministres qui sont au chœur. I| n'en était pas ainsi dans les premiers siècles; les leçons étaient toujours faites par les lecteurs.

Entre la nef qui contenait les Fidèles et le chœur où étaient les Ministres de l'autel, il y avait un lieu élevé de six ou huit degrés, environné de baluslres et capable de recevoir huit personnes. Cette espèce de tribune s'appelait ambon, parce qu'on y montait par deux escaliers et qu'elle regardait également les Prêtres et le peuple. On l'appelait aussi jubé, parce que, avant de lire, le lecteur disait pour demander la bénédiction à lEvêque : Juhe Domine benedicere, ce mot souvent répété a servi au peuple pour désigner le lieu où se trouvait le lecteur. On voit encore des jubés dans quelques anciennes Eglises. Cette tribune était destinée à la prédication et à la lecture des leçons '.

Les Lecteurs étaient chargés de la garde des livres

' Esprit des Cérémonies , p. l/i'J.

sacré?, ce qui les exposait fort pendant la persécution.

La formule de leur ordination , qui est tirée aussi bien que celle des autres ordres inférieurs du quatrième concile de Carthage en 398, porte qu'ils doivent lire pour celui qui prêche, chanter les leçons, bénir !e pain et les fruits nouveaux. Après avoir demandé pour eut la grâce de bien remplir leurs saintes fonctions, l'Evoque fait toucher aux Lecteurs le livre des leçons, et prononce en même temps ces paroles : Recevez ce livre et soyez Lecteurs de îaparoîe de Dieu, sivous remplissez fidèlement votre emploi vous aurez part avec ceux qui, dès le commencement, ont administré avec sagesse la parole de Dieu .

Le troisième ordre mineur est celui d'Exorciste. La fonction des Exorcistes est de chasser le démon . Dans les premiers siècles, les possessions étaient fréquentes surtout parmi les Payens ; nous en avons la preuve authentique dans l'Evangile, dans les actes des Apôtres et dans les Pères de l'Eglise. Pour témoigner un plus grand mépris de la puissance du démon, lEglise donnait la charge de le chasser à ses Ministres inférieurs. Dans les Baptêmes solennels, ils exorcisaient les Catéchumènes, ils faisaient sortir de l'Eglise ceux qui ne communiaient pas, c'est-à-dire les Catéchumènes et les Energumènes, avant l'oblation des dons sacrés. On leur recommandait aussi d'apprendre les exon-ismes par cœur. Aujourd'hui le pouvoir d'exorciser est réservé aux Prêtres, encore ne peuvent-ils en faire usage sans une commission expresse de l'Evêque. Les posssesionsdu

lidli CATÉCHISME

démon étant infiniment plus rares depuis que Jésus- Christ a réprimé sa puissance, il a fallu, pour éviter toute imposture, agir avec plus de discernement, de sagesse et d'autorité. Voilàpourquoi l'Eglise, conservant les usages de sa vénérable antiquité, restreint le pouvoir d'exorciser et ne permet de l'exercer qu'à des Prêtres spécialement autorisés, et après les examens les plus prudents et les plus circonstanciés'.

L'Evêque termine les prières de l'ordinationen faisant mettre aux Exorcistes la main sur le Missel tandis qu'il dit : Recevez et apprenez ce livre , et ayez h pouvoir d'imposer les mains aux Energumènes , soit baptisés, soit Catéchumènes. Puis il conjure le Seigneur par une prière fervente de les protéger, afin qu'ils remplissent saintement leurs fonctions et que, médecins irréprochables, ils guérissent les autres après s'être guéris eux-mêmes.

Le quatrième ordre mineur est celui à' Acolyte. Le mot Acolyte veut dire qui suit , qui accompagne . L'ordre des Acolytes est le plus élevé des quatre mineurs. Dans l'antiquité, les Acolytes étaient de jeunes hommes entre vingt et trente ans, destinés à suivre toujours r Evêque et à être sous sa main . Ils faisaient ses messages et portaient les eulogies et même l'Eucharistie dans les premiers temj)s ; ils servaient même à l'autel sous les Diacres. Aujourd'hui que les temps sont changés, le Pontifical ne leur donne point d'autres fonctions que de porter les chandeliers, allumer les cierges et préparer Icau et le vin pour le Sacrifice.

1 Id. p. 153.

Dr, rERSÉviiRANcr.. Zi65

Dans la cérémonie de leur ordination l'Evoque avertit les Acolytes de briller dans l'Eglise comme des enfants de lumière par l'éclat de toutes les vertus, afin d'édifier leurs frères; de mener une vie pure, afin d'être dignes de présenter l'eau et le vin à l'autel du Seigneur. Ensuite il leur fait toucher un chandelier portant un cierge et une burette vide, en leur disant : Recevez ce chandelier et ce cierge, et noithliez pas qu'au nom du Seigv.eur vous êtes établis pour allumer les flambeaux dans ï Eglise. Recevez cette burette, elle vous servira pour présenter Veau et le vin au Sacrifice du sang de Jésus- Christ.

Tels sont les quatre ordres mineurs"; telles étaient autrefois leurs fonctions. Or, il ne faut pas croire que les Saints qui ont gouverné l'Eglise dans les premiers temps, se fussent amusés à de petites choses en réglant avec tant de soin son extérieur et en établissant des ordres particuliers pour en soigner tous les détails. Ils avaient compris l'importance de tout ce qui frappe nos sens, comme la beauté des lieux, l'ordre des assemblées, le silence, le chant, la majesté des cérémonies. Tout cela aide, même les plus spirituels, à s'élever à Dieu et est absolument nécessaire aux gens grossiers pour leur donner une grande idée de la Religion et leur en faire aimer l'exercice.

Quand nous voyons que le temple de Jérusalem

était servi tour h tour par tant de milliers de Lévites,

et que le service s'y faisait avec tant de pompe et de

majesté, nous devons avoir une extrême confusion de

h66 OATÉCHiSyE

voir les églises où repose le corps de Jésus-Chrisl, si mal servies en comparaison de ce temple où n'était que l'Arche d'alliance, et même du second temple où elle n'était plus ' . Cependant, à cause du malheur des temps, il est rare aujourd'hui que ceux qui sont revêtus des ordres mineurs en fassent les fonctions. Chaque Eglise autrefois avait ses Clercs ; à présent les Lévites sont réunis dans les séminaires où ils se préparent à la prêtrise . Aussi, dans les paroisses, les Prêtres, les Diacres, les Sous- Diacres, de simples Clercs, des Laïques même se partagent leurs ministères. Le Concile de Trente aurait bien voulu qu'on revînt aux anciens usages pour l'édification des Fidèles ; on n'a pu le faire encore . Quoi qu'il en soit, en attendant des jours plus heureux, l'Eglise a conservé les saints ordres mineurs comme un monument précieux de l'ancienne discipline et comme des degrés que doivent parcourir, en s'y sanctifiant, les Lévites qui aspirent aux ordres sacrés \

Or, le premier des ordres majeurs ou sacrés est le sous-diaconat . On lui a donné ce rang depuis que l' Eglise a attaché à cet ordre l'obligation de garder la chasteté, ce qui eut lieu vers le commencement du treizième siècle ^ Auparavant, le sous-diaconat comptait parmi les

' Fleury, Instit. au Droit Canon. 1 part.

' Esprit des Gércnwnies, p. 146.

î Le plus célèbre et le plus accrédité des historiens protestants de l'Allemagne moderne , Henri I.uden , surnommé le Père de l'histoire allemande, ne craint pas d'affirmer ce qui suit au vol. 8 de son histoire du peuple allemand, publiée en 1833 : u En tout et pour tout, c'est le célibat ecclésiastique qui nous a valu ce que nous avons, ce que nous

I)L l'IiKSÉVÉRANCE. ^67

ordres mineurs : les Sous-Diacrcs étaient les secrétaires des Evoques qui les ennployaient dans les voyages et les négociations ecclésiastiques. Ils étaient chargés des aumônes et de l'administration du temporel , et hors de lEglisa, ils faisaient les mômes fonctions que les Diacres. C était d'ordinaire aux Sous-Diacres que l'Eglise romaine confiait l'administration des patrimoines de saint Pierre ' dans les diverses parties de la chrétienté où ils étaient situés. Ils régissaient ces biens sous l'autorité des Papes. Ils exécutaient leurs ordres par rapport à des affaires ecclésiastiques trèsimportantes, telles que la correction des abus dans les provinces où étaient ces biens, l'assemblée des conciles, les avertissements qu'ils étaient chargés de donner aux Evoques touchant leur conduite et les avis qu'ils donnaient au Pape sur ce qui se passait dans les pays où ils se trouvaient '.

Aujourd'hui, le ministèredes Sous-Diacres est réduit au service de l'autel, et à l'assistance de l'Evoque ou du Prêtre dans les grandes solennités. Ils préparent les ornements, les vases sacrés, le pam, le vin, l'eau pour le Sacrifice; ils chantent lEpître à la Messe solennelle, portent et soutiennent le livre des Evangiles au Diacre', servent le Diacre en tout ce qui concerne le Saint Sacrifice, et c'est pour cela qu'ils sont appelés 5ou5-Z>iacm;

sommes,nnlelligence,Iaculturederesi,rit,lesprogrèsdugenrehurnain., ^oyez aussi Cobbesl. Histoire de laréfonne en Anolcierre;Vm,,

Jager, du CcUbut ecclésiastique; Mémoires de Modéne, u. 47 et 48. "ss ■ On appelait ainsi les biens donnés à l'église de Rome. ' y^orjez les lettres de saint Gréffoire.

(\G8 CATÉCEllSMK

ils font baiser le livre des Evangiles au célébrant et aux Fidèles, présentent à l'autel le calice, et la patène au Diacre, versent l'eau dans le calice où le Diacre a mis le vin, donnent à laver aux Prêtres, purifient les pâlies, les corporaux et les purificatoires.

Rien n'est plus imposant que les cérémonies de l'ordination des Sous-Diacres. Ils vont pour toujours renoncer au monde et à ses espérances : ce sont des victimes volontaires qui se présentent pour faire à Dieu un sacrifice héroïque : tout en eux annonce le dévouement et la nature de ce sacrifice. Ils sont debout, dans l'attitude d'hommes prêts à partir ; un linge blanc appelé amict, couvre leur tête, comme le casque celle du guerrier ; une aube blanche les revêt entièrement ; c'est le symbole d'une vertu parfaite; un cordon ceint leurs reins, c'est le signe de la chasteté; sur leur bras gauche, est une tunique, expression de la joie de leur cœur; d'une main ils tiennent le manipule, emblème du travail qui les attend, et de l'autre ils portent un cierge allumé, expression touchante de leur charité. Ainsi armées, ainsi disposées, toutes ces jeunes victimes attendent en silence le moment du sacrifice.

Tout à coup le représentant de Jésus-Christ, le Pontife, leur fait entendre sa voix : k Mes chers enfants, leur » dit-il, vous vous présentez pour recevoir le Sous- » Diaconat. Pensez sérieusement plusieurs fois et avec » attention au lourd fardeau que vous désirez. Vous )) êtes encore libres, il vous est permis de passer à une » vie séculière ; mais si vous recevez cet Ordre, vous ne

DE PKUSÉVÉUAKCE. liG9

» pourrez plus désormais revenir sur votre délermi- » nation . Il vous faudra pour jamais appartenir à Dieu , » le servir,- et le servir c'est régner; garder la chasteté » et être toujours prêts pour le ministère de l'Eglise. Il » en est encore temps, réiléchissez ; ... mais si vous » persévérez dans votre résolution, approchez »

Après ces paroles, s'ils se sentent le courage et la lorce de s'engager pour toujours, ils font un pas en avant. Pas immense! qui met entre eux et le monde un espace à jamais infranchissable! Alors, pour montrer qu ils sont pour toujours morts au monde et à ses espérances, ils se prosternent tous, étendus la face contre terre, disant un éternel adieu à cette terre qu'ils embrassent, à leurs parents, à leurs amis, et protestant qu'ils sont désormais comme Melchisedech, l'antique figure du sacerdoce chrétien, sans père, sans mère, sans généalogie.

Mais qui leur donnera la force surhumaine dont ils ont besoin pour soutenir toute leur vie cet héroïque sacrifice? Le môme Dieu qui leur en a inspiré la volonté. C'est pourquoi l'Evêque et tout le peuple attendris, effrayés en quelque sorte de la grandeur de leurs engagements, se mettent à genoux et implorent sur les prosternés la bénédiction du Ciel. On s'adresse aux trois personnes de l'auguste Trinité, à la puissante Marie, aux Anges, aux Patriarches, aux Prophètes, aux Apôtres, aux Martyrs et Confesseurs, à toute la cour céleste. Puis l'Evêque se levant, bénit et consacre toutes ces victimes , en formant trois fois sur elles le signe de la Croix .

/j70 nATÉCniSME

C'en est fait maintenant, les victimes sont immolées; elles se relèvent; car elles doivent vivre et continuer tous les jours de leur vie l'immolation qu'elles viennent de consommer. L'Evoque conjure tous les assistants de prier pour ces nouveaux ministres qui se consacrent h leur service. Ensuite il indique aux Sous-Diacres les fonctions de leur Ordre. Puis il leur en donne les attributs en leur faisant toucher le calice et la patène'.

' Il semble que l'alfouchement ou tradition du calice et de la patène, fait toute la matiCrc de l'ordre du Sous-Diaconat dans l'Église latine. Eugène IV l'enseigne ainsi dans le décret aux Arméniens : Subdiaconatus confertur pev calicis vacuicum patcna vacua supcrposita traditionem. Dans l'Église grecque, la matière du Sous-Diaconat est l'imposition des mains que l'Évêque fait sur la tête de l'ordinand, et la forme et la prière qu'il récite en môme temps : on ne voit rien autre chose dans leurs Eucologcs tant ancicus que modernes, à quoi l'on puisse donner le nom de matière et de forme.

t Cela ne doit pas faire une difficulté, dit le conférencier d'Angers, n t. XI, p. 229. Puisquec'est l'Église quia institué cet Ordre, 11 n'a dé- I) pendu que d'elle de lui assigner la matière et la forme qu'elle a cru con- T> venables au ministère auquel elle deslinait les Sous-Diacres: il a même » été en son pouvoir de les changer pour en substituer d'autres, ou d'y » en ajouter de nouvelles si elle lejugeait à propos.»

Cependant d'où peut venir cette différence entre l'Orient et l'Occident? Le Père Chardon, Bénédictin, dans sa savante histoire des Sacrements, en donne la raison suivante, t. v. p. 35 : a II y atonie apparence, dit-il , » que les Orientaux ayant appris des Apôtres que les ordinations des n Évêques, des Prêtres et des Diacres se faisaient par l'imposition des j) mains, ils auront étendu aux autres ordres que le besoin a fait établir » depuis, ce qu'ils savaient avoir été pratiqué par les premiers fondan tcurs de la religion qui ont en cela imité les Juifs qui établissaient « ainsi les chefs de Synagogues; tandis que les Occidentaux, à la réserve ■n peut-être de quelques Églises, aurontsuivi dans leur manière d'ordonner n les Ministres inférieurs de l'Église, ce qu'ils voyaient se pratiquer tous » les jours dans la créatijn des masislrats que les empereurs envoyaient » dans les provinces pour Its gouverner. Cela se faisait en leur donnant

DE PERSÉVl'R.WC.C. [\1\

En arrangeant l'amictsur leur tôle : Recevez cet amict, leur dit-il, il désigne la mortification de h Croix. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. Vigilance sur ses paroles et sur tous ses sens : tel sera désormais le devoir et la vertu du Sous-Diacre.

Le Pontife lui met au bras gauche le manipule, en disant : Recevez lemanipide, il rappelle le fruit des bonnes œuvres. Au nom du Père, etc. Il le revêt ensuite de la tunique, en disant : Que le Seigneur vous donne la tunique du bonheur et le vêlement de la foi. Au nom du

» les marques extérieures de la dignité dont ils étaient revêtus. C'est » ainsi que Trajan , au rapport de Dion, établissant un préfet du pré- » toire, lui disait : Recevez celte épée dont vous vous servirez pour moi » si je commande comme je dois; ou Lien que vous tournerez contre moi n si j'abuse de mon autorité. Quand ceux à qui les empereurs confiaient » les magistratures étaient absents, et qu'ils ne pouvaient leur mettre en » main les marques et les symboles de l'autorité dont ils les revêtaient, i> ils leur adressaient pour suppléer ù cette formalité, des codiciles qui » outre les paroles par lesquelles ils instituaient, et les avertissements a touchant la manière dont il s devaient se conduire dans leurs emplois , I) contenaient encore l'image des marques et des symboles de la puissance n et de la dignité qu'ils recevaient , et qu'ils avaient coutume de porter » sur eux ou de faire porter devant eux par des licteurs, comme les » haches et les faisceaux de verges dont les Consuls, les Préteurs et les » autres officiers étaient précédés quand ils paraissaient en public. Les n marques de la puissance des magistrats étaient peintes sur ces codiciles » par lesquels le prince créait les magistrats , comme on le voit par les 0 novelles de Justinien.D Novell. 24, 25, 26. La Notice de l'empire, donnée au public par le savant Pancyrole, représente encore quels étaient les divers symboles qui distinguaient les magistrats les uns des autres. C'est donc à l'imitation de ce qui se passait à cet égard, que l'on créait dans presque toutes les églises d'Occident , les moindres oCiciers destinés au service de l'Église , en leur mellanl en main pour marques des ministères qu'on leur conférait, les choses dont ils devaient prendre soin , et les averiiisant de quelle manière ils devaient s'acquitter de leurs emploi».

Père, etc. Enfin, il lui [trésenle le Missel en lui adressant ces paroles : Ikcerez le (ivre des Epîtres et le pouvoir de h lire dans V église, tant pour vous que pour les défunts. Au nom du Père, etc. Telle est l' ordination des Sous-Diacres. Nous le demandons, y a-t-il quelque chose de plus propre à pénétrer les peuples de respect pour l'auguste Eucharistie et pour ses ministres, et en même temps de plus puissant pour enseigner à ceux-ci les vertus nécessaires à leur sainte et sublime vocation? Cet utile enseignement va continuer dans l'ordination du Diacre; rendons-nous attentifs.

Le mot Diacre veut dire serviteur. Les Apôtres ordonmirent les premiers Diacres, à l'occasion des murmures qui s'élevèrent parmi les Fidèles de Jérusalem au sujet de la distribution des aumônes. Ils leur confièrent le soin des tables où les veuves et les pauvres prenaient leur nourriture corporelle; car dès le commencement, les pauvres furent l'objet de la tendre sollicitude de l'Eglise. Remplacés auprès d'eux par les Diacres, les Apôtres purent se donner entièrement à la prédication de l'Evangile et à la prière. Mais si ce fut là l'occasion pour laquelle les Apôtres établirent des Diacres, ce ne fut pas l'unique ni môme la principale fin de leur institution» Ils furent aussitôt appelés à des fonctions beaucoup plus saintes et plus relevées.

On leur confia le ministère de la table sacrée, où l'on distribuait aux Fidèles l'Eucharistie pour la nourriture de leur ame. La prédication de la parole de Dieu et l'administration du Baptême étaient aussi au nombre de

DE PEKSÉVÉllANCt;. ^73

leurs fondions. Ainsi, nous voyons que sainl Etienne et saint Philippe se livraient avec beaucoup de zèle h ces emplois qu'ils partageaient avec les Apôtres. Tout cela n'empêchait pas que les Diacres ne prissent soin des tables où les veuves et les pauvres prenaient leurs rer pas ordinaires.

Ministres de l'Eglise et des Apôtres, chargés de fonctions sacrées, les Diacres, dans les temps primitifs, étaient toujours à la suite des Evoques ; ils veillaient à leur défense quand ils prêchaient, ils les accompagnaient dans les conciles , ils les assistaient dans les ordinations et dans l'administration des autres Sacrements ' . Les Evoques n'offraient point le Sacrifice sans être assistés parles Diacres, comme saint Laurent en fil souvenir le Pape Sixte qu'on conduisait au martyr? Prêtre saint, lui dit-il, où allez-vous sans votre Diacre? Jamais vous n'offriez le Sacrifice sans lui^ C'étaient les Diacres qui lisaient l'Evangile à la Messe comme ils le font encore aujourd'hui; ils présentaient au Prêtre le pain et le vin qui devaient être changés au corps et au sang du Sauveur\ Ils remplissaient aussi d'autres fonctions trèsimportantes. Non-seulement ils administraient le Baptême, dispensaient les aumônes et veillaient à la nourriture des veuves et des pauvres; ils étaient encore chargés de soigner les Confesseurs et les Martyrs qui étaient en prison, et de leur faire des exhortations, afin

• St. Isid. de Séville. de Off. Eccl. 1. 2. c. 8.

' St. Ambr. de Off. !. 1. c. 42.

3 St. Jeiom. ep. 48 ad Sabimen.; St. Justin, Jpol. 2; St. Cyp. delnpsis.

l\ll\ CATÉCHISME

(le les animer à souffrir pour la foi'. A présent, les Diacres n'ont ordinairement d'autres fonctions que celles de servir à l'autel l'Iilvêque ou le Prêtre, et d'y chanter I Evangile.

Voici comment furent ordonnés les premiers Diacres. Les Fidèles de Jérusalem choisirent sept hommes d'une probité reconnue et pleins de l'esprit de Dieu; ils les présentèrent aux Apôtres qui, après avoir fait des prières, leur imposèrent les mains". Ce furent les sept premiers Diacres de l'Eglise catholique. Comme on le voit, les cérémonies de leur ordination étaient alors, de même qu'aujourd'hui, des prières et l'imposition des mains. Lorsque l'Evêque s'est placé sur son fauteuil, au milieu de l'autel, l'Archidiacre lui dit : « Mon révérend Père, notre mère la sainte Eglise catholique, demande que vous donniez à ces Sous-Diacres la charge du diaconat. — Savez- votis s'ils en sont dignes, répond le Pontife? — Je le sais, répond l'Archidiacre, et je le témoigne autant que la faiblesse humaine permet de le reconnaître. — Grâces en soient à Dieu, dit l'Evêque. Puis s' adressant au clergé et au peuple, il dit : Avec l'aide de Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, nous choisissons ces Sous-Diacres pour les élever au diaconat. Si quelqu'un a quelque chose contre eux, qu'il s'avance hardiment pour l'amour de Dieu et qu'il le dise ; mais qu'il se souvienne de sa condition. Il s'arrêteun moment pour donner aux Fidèles le temps de répondre.

' st. Cjp, ep 12.

' Act. >i. 6

OK rl•:usÉvl•.UA^^.F,. /i75

Cet avertissement rappelle l'ancienne discipline de l'Eglise; alors on consultait le clergé et le peuple pour les ordinations; aujourd'hui, les supérieurs seuls sont chargés d'examiner les sujets et leur vocation. Cependant, pour conserver autant que possible l'ancien usage,. et pour s'assurer que l'élu est irréprochable, l'Eglise a établi les publications qui se font au prône de la paroisse , et cette cérémonie dont nous parlons, qui précède l'ordination des Diacres et des Prêtres.

Si les Fidèles n'ont fait aucune réclamation, l'Evèquc s'adresse aux ordinaiids et leur rappelle la dignité de l'Ordre qu'ils vont recevoir, les fonctions qui y sont attachées et les vertus qu'il exige. Il commence ensuite une préface qui est comme une introduction à la grande action qu'il va faire. Tout à coup s' arrêtant au milieu de la préface, l'Evêque impose la main droite sur la tête de chaque ordinand et il lui dit : Recevez le Saini- Esprit pour avoir la force de résister au démon et à ses tentations. Il ne leur impose pas les deux mains pour montrer que les Diacres ne reçoivent pas le Saint- Esprit avec la même plénitude que les Prêtres.

Cette cérémonieet la préface étant achevées, l'Evêque donne à chaque Diacre l'étole, symbole de la puissance qui leur est confiée : Recevez de la main de Dieu , leur dit-il, cette étale blanche : remplissez votre ministère ; Dieu est tout-puissant, il augmentera en vous sa grâce. L'étole duDiacre n'est pasplacée comme celle du Prêtre, pourmontrerqu ils n'ont pas la même dignité. L'Evêque le revêt ensuite de la dalmatique en prononçant ces pa-

Z|76 CA'l-ÉCHlSMt

rôles : Que Dieu vous donne l'habit du salât et le vêtement de la joie, et que par sa puissance il vous environne à jamais de la dalmatique de la justice. Ainsi soit-il. Enfin, TEvèque présente au Diacre le livre des Evangiles, en disant : Ileeevez le pouvoir de lire l'Evangile dans l'église, pour ^'ous et pour les défunts. Au nom du Père, etc. L ordination ko termine par la prière de lEveque et du peuple, unissant leurs voix et leurs cœurs pour appeler sur les nouveaux élus la protection du Seigneur.

A l'ordination des Diacres succède celle des Prêtres.

Offrir le saint Sacrifice; bénir le peuple à la Messe, dans les assemblées et dans l'administration des Sacrements, afin d'attirer sur lui les grâces du Ciel ; présider aux assemblées qui se tiennent dans l'Eglise pour rendre h Dieu le culte qui lui est àù. ; prêcher la parole de Dieu dont ils sont les ambassadeurs ; baptiser et administrer les autres Sacrements, particulièrement ceux qui sont établis pour la rémission des péchés, telles ont été depuis le commencement de l'Eglise et telles sont encore aujourd'hui les fonctions des Prêtres. Seulement, dans les premiers siècles, la prédication était réservée aux Evêques jusqu'au temps de saint Chrysostôme et de saint Augustin qui firent cette fonction par l'ordre de leurs Evéques, lorsqu'ils n'étaient encore que Prêtres. Ainsi, les fonctions des Prêtres sont de deux sortes : les unes regardent le corps naturel de Noire Seigneur, les autres regardent son corps mystique qui est l'Eglise. Point de fonctions plus augustes, point de pouvoir plus redoutable

ÀYant de les leur confier, l'Evoque, assis sur son fauteuil, au milieu de l'autel, veut s'assurer s'ils en sont dignes : «Mon révérend Père, lui dit l'Archidiacre, notre mère, la sainte Eglise catholique, demande que vous consacriez Prêtres ces Diacres que je vous présente. — ; Savez-vous s'ils en sont dignes, répond le Pontife? Et sur la réponse favorable de l'Archidiacre, l'Evèque dit : Dieu soit loué ! » Puis s'adressant au peuple et lui rappelant qu'il est de son intérêt de n'avoir que de saints Prêtres, il l'interpelle pour se conformer k l'ancien usage de l'Eglise, de dire ce qu'il pense des nouveaux Diacres .

L'élection de saint Basile est un exemple illustre qui nous montre jusqu'où allait, dans les premiers siècles de l'Eglise, la déférence que les Evêques avaient pour le choix et le suffrage du peuple dans les ordinations, et comment ils s' y opposaient quand ils s'apercevaient qu'ils étaient déterminés par les passions ou l'intrigue plutôt que par les règles et l'attachement au bien des Fidèles.

Eusèbe, évoque de Césarée, étant mort, le clergé, selon la coutume, écrivit aux Evêques de la province et ils vinrent pour procéder à l'élection. Grégoire, le père du théologien, y étant appelé comme les autres, craignit de ne pouvoir y assister, tant pour son extrême vieillesse que pour une maladie qui lui était survenue. Il écrivit donc au clergé et au peuple de Césarée en ces termes :

« Je suis un petit Pasteur d'un petit troupeau, mais la grâce n'est pas resserrée par la petitesse des lieux. Qu'il soit donc permis même aux petits de parler librement,

Zl78 CATltCHISUK

il s'agit de l'Eglise pour laquelle Jésus-Christ est mort; lœilest le flambeau du corps, lEvôque est le flambeau de l'Eglise. Vous m'avez appelé, suivant les canons, mais je suis retenu par la vieillesse et la maladie. Si cependant le Saint-Esprit me donne la force d'assister à l'élection , car il n'y a rien d'incroyable aux Fidèles , ce sera le meilleur et le plus agréable pour moi ; si l'infirmité me relient, je concours autant que le peut un absent. Je ne doute pas que dans une si grande ville qui a toujours eu de si grands Prélats, il n'y ait d'autres personnes dignes de la première place ; mais je ne puis en préférer aucun autre à notre cher fils le prêtre Basile- C'est un homme, je le dis devant Dieu, dont la vie et la doctrine est pure, et le seul ou du moins le plus propre de tous à s'opposer aux hérétiques... J'écris ceci au Clergé, aux Moines, aux Dignités, au Sénat et à tout le peuple ; si mon suffrage est approuvé comme juste et venant de Dieu, je suis présent spirituellement ou plutôt j ai déjà imposé les mains ; si l'on est d'un autre avis, si l'on juge par cabale et par intérêt de famille, si le tumulte l'emporte sur les règles, faites entre vous ce qu'il vous plaira, je me retire. »

Le pieux vieillard écrivit à saint Eusèbede Samosate, pour implorer son nom en cette circonstance. Saint Eusèbe vint en effet et sa présence fut très-efficace pour consoler et soutenir les Catholiques; car encore que saint Basile fut manifestement le plus digne de remplir le siège de Césarée, les premières personnesdu pays s'y opposaient. Ils soutenaient leur fonction par les plus méchants d'entre

DU heusévéuance. l\ld

1« peuple et avaient gagné une partie des Evùques . Ainsi , quand ils furent assemblés, ils écrivirent à l'Evéque de Nazianze pour l'inviter h venir, mais d'une manière qui lui fit entendre qu" ils ne le désiraient pas . Il leur marqua par sa réponse qu'il l'avait bien compris et leur déclara, comme il avait fait au clergé et au peuple de Césarée, qu'il donnait son suffrage au prêtre Basile comme au plus digne, et protesta contre l'élection que l'on pourrait faire par cabale. Il ne se contenta pas d'écrire. Sachant qu il manquait une voix pour rendre l'élection canonique, nonobstant son grand âge et sa maladie qui le réduisait à l'extrémité, il sortit de son lit et se fit porter à Césarée, s' estimant heureux s il achevait sa vie pour une bonne œuvre. Saint Basile fut donc élu et ordonné canoniquement Evêque de Césarée, et l'Eglise fait mémoire de cette ordination le 14*" de juin.

Ce récit renferme bien des particularités intéressantes et propres à faire connaître la discipline de ce temps-là, touchant les élections. On y voit entre autres que les Evêques y avaient la principale autorité; qu'ils y concouraient quoique absents; que la pluralité des voix l'emportait; qu'ils étaient en droit de former opposition quand on voulait conduire une affaire de cette importance par intrigues et par cabales ; que les Evêques même de différentes provinces s'y trouvaient quelquefois par procuration pour conserver la paix et r unanimité ' . Revenons à notre sujet .

Si personne ne fait de réclamation , le Pontife

' Histoire des Sacrements, t. t, p. 119 etsuiv.

ZlSO CATi'CniSME

s'adresse aux Diacres et leur rappelle la nature, l'origine, les sublimes fonctions du Sacerdoce. Il leur dit que les Prêtres sont les successeurs des soixante et douze vieillards que, d après Tordre de Dieu, Moïse avait choisis pour l'aider dans son ministère, rendre la justice et veiller à l'observation des dix Commandements. Ces vieillards n'étaient que la figure des soixante et douze Disciples que Jésus-Christ envoya deux à deux prêcher par leurs paroles et par leurs exemples. Soyez dignes, mes chers fils, ajoute le Pontife, détre les aides de Moïse et des douze Apôtres, c'est-à-dire des Evoques catholiques figurés par Moïse et les Apôtres, établis pour gouverner l'Eglise de Dieu.

Après ce discours, a lieu l'imposante cérémonie de la prostration. Avant d'être admis au Baptême, trois fois l'homme dut renoncer h Satan ; avant d'être admis au Sacerdoce, trois fois le Chrétien doit renoncer à la terre, à la chair et au sang. Ce n'est qu'après ce triple renoncement que l'accès à l'autel saint lui est ouvert. A cette cérémonie succède T imposition des mains. L'Evoque impose en silence les deux mains sur la tête de chaque Diacre. Tous les Prêtres présents à la cérémonie et revêtus dune étole, font la même chose. L'Evôq-.ie remonte h l'autel, i)uis se tournant vers les ordinands, il étend ses mains sur eux, tous les Prêtres l'imitent, et il récite en môme temps une prière par laquelle il conjure le Seigneur de leur donner son Saint-Esprit et la grâce du Sacerdoce.

Le pouvoir de conférer les saints ordres n'appartient

UE PEnSÉVÉKANtlE. 481

qu'à lEvôquc, lui seul peut imposer les muins comme consécrateur ; et si les Prôtrcs, dans cette circonstance les imposent avec lui, c'est pour se conformer à l'usage de l'Eglise primitive. Usage vénérable qui rappelle que l'Episcopat et la Préirise ne forment qu'un seul Sacerdoce. L'Evoque place ensuite, sur la poitrine des ordinands, en forme de croix , l'étole que comme Diacres ils avaient sur l'épaule gauche, et il lui dit : Rece\>ez le joug du Seigneur; son joug estdoux et son fardeau léger. nies revêt de la chasuble en leur adressant ces paroles : Recevez V habit sacerdotal , il désigne la charité. Et le Prêtre sera un homme de charité, la charité personnifiée. La chasuble que l'Evêque vient de donner aux Prêtres n'est pas déliée par derrière. Ils n'ont pas reçu toute la grâce du Sacerdoce , ce n'est qu'après leur avoir confié le pouvoir de remettre les péchés que l'Evêque la détachera.

Après une belle préface qui annonce une action sublime, l'Evêque entonne le Vent Creator pour appeler sur les ordinands l'Esprit sanctificateur avec tous ses dons. Pendant que le chœur chante, le Pontife consacre les mains des nouveaux Prêtres par une large onction de l'huile des catéchumènes. Il dit : Seigneur, daignez consacrer et sanctifier ces mains par cette onction et votre bénédiction. Il fait le signe de la Croix et continue : Qu'au nom de Jésus -Christ Notre Seigneur, tout ce quils béniront soit béni y tout ce quils consacreront soit consacré et sanctifié. Chaque ordinand répond : Ainsi i oit-il.

T. IV. c>i

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Les mains du Prêtre élarit liées avec un ruban , et les doigts consacrés séparés par un peu de pain qui servira à les purifier, l'Evoque leur fait toucher le calice où il y a du vin et de l'eau et la patène qui porte une hostie, il leur dit en môme temps : Recevez le pouvoir d'offrir à Dieu le sacrifice et de célébrer la Messe, tant pour les vivants que pour les morts. Les voilà Prêtres pour jamais selon l'ordre de Melchisédech ! La première fonction du Prêtre est d'offrir le Sacrifice, et sur-lechamp ils l'offrent avec l' Evoque. La Messe ainsi célébrée rappelle ce qui se faisait dans les premiers siècles, alors il n'y avait qu'un office dans chaque Eglise, l'Evêque était à l'autel et tous les Prêtres offraient avec lui.

La Communion finie , l'Evêque récite cette belle antienne composée des paroles de Jésus-Christ, que le Sauveur adressait à ses Apôtres dans l'épanchement de son cœur, après les avoir rendus participants de son corps et de son sang : Je ne vous appellerai plus serviteurs, mais amis, car vous savez tout ce que j'ai fait au milieu de vous. Vous êtes )ncs amis , faites ce que je \>ous ai commandé. L'Evêque s'assure de la foi des nouveaux Prêtres en leur faisant réciter /<? Symbole des Apôtres. Ils sont envoyés pour prêcher, ils doivent prêcher la foi dans toute sa pureté. Ils viennent ensuite se prosterner à ses pieds, alors il leur impose les mains en disant : Recevez le Saint-Esprit , les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous lesretiend'^ez; et pour montrer la plénitude

I)K l'KRSHVKKANC.E. /iS")

de leur puissance, il délie la chasuble en leur adressant ces paroles : Que Dieu vous revêle de la robe d'innocence , cesl-à-dire soyez purs el saints afin de rendre saints les autres.

Il demande à chacun deux respect et obéissance, car l'Eglise est belle et redoutable comme une armée rangée en bataille. Cette beauté ne peut subsister sans l'ordre, Tordre ne peut subsister sans subordination ; mais cette subordination est douce dans l'Eglise, elle tend à ne faire de tous ses membres et de tous ses Ministres qu'un cœur et qu'une ame, car elle est fondée sur la charité. C est pourquoi, l'Evêque finit toutes ces belles et touchantes cérémonies en donnant le baiser de paix à tous les nouveaux Prêtres.

Encore un coup, suivez l'ensemble de toutes ces magnifiques prières, de toutes ces cérémonies imposantes, et dites si le culte catholique ne satisfait pas tout ensemble la raison , le cœur et les sens? Que dirons-nous maintenant de l'importance du sacrement de l'Ordre. Un mot suffit pour prouver sa nécessité sociale : point de société sans Religion, point de Religion sans Prêtres, point de Prêtres sans le sacrement de l'Ordre; donc sans le sacrement de l'Ordre point de société. Je dis de société véritable, c'est-à-dire d'union des hommes entre eux pour la conservation et le perfectionnement de leur être physique, intellectuel et moral. Les sociétés antiques, la juive exceptée, étaient plutôt des agrégations d'mdividus, retenus par la force et sans autre but que l'existence et le développement matériel.

(x8li CATÉCHISME

Les sociétés prolestantes, si elles méritent ce nom, ne doivent leur perfectionnement, s'il existe, qu'aux traditions catholiques qu'elles ont retenues : car les peuples ne peuvent vivre que de la vérité, et il n'y a pas de vérité hors de l'Eglise; et il n'y a pas d'Eglise sans Sacerdoce. C'est donc encore au Sacerdoce catholique que nos frères séparés sont redevables de leur vie sociale, c'est-à-dire de ce qui! leur reste de croyances et de mœurs ' .

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir établi difTérents ordres de Ministres dans votre Eglise. C'est pour votre gloire et pour mon salut ; accordez-moi la grâce d'être un enfant docile et respectueux de cette Eglise si sainte, si belle et si tendre pour nous.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, /aurai k plus grand respect pour les personnes consacrées à Dieu.

' f^oyez RubichoD, Action du Clergé dans les sociétés modernes.

Dli l'EHSÉVÉKAX.i:. /,85

de notre union avec notre seigneur le nouvel adam, par la communion. — du sacrement de l'ordre.

Q. Quel est le premier des ordres mineurs?

Il . Le premier des ordres mineurs qui se donne après la cérémonie de la tonsure , c'est l'ordre de Portier. Tous les ministères de l'Eglise sont saints, c'est pourquoi on consacre ceux qui doivent les exercer. Dans les premiers siècles , les Portiers avaient soin d'ouvrir les Eglises, de les fermer aux Infidèles, d'y faire observer le recueillement et le silence, de les tenir propres et ornées et d'annoncer les heures de la prière et des offices. C'est ce que rappellent encore toutes les cérémonies de leur ordination.

Q. Quel est le second des ordres mineurs?

It. Le second des ordres mineurs est celui de Lecteur. Les Lecteurs furent établis pour lire au peuple dans l'église l'Ecriture Sainte, les actes des Martyrs, les lettres des Evêques et les homélies des Pères. C'est pour rappeler toutes ces fonctions que fEvèque , en les ordonnant, leur fait toucher le livre des Leçons.

Q. Quel est le troisième?

R. Le troisième des ordres mineurs est celui d'Exorciste. Autrefois les possessions du démon étaient très-fréquentes, surtout parmi les Payens, comme l'apprennent l'Evangile, les Actes des Apôlreset les Pèresdc l'Eglise.

/|86 CAir.cmsMF.

Pour délivrer les possédés, on établit les Exorcistes. Ils faisaient aussi les exorcismes sur les Catéchumènes lorsque l'Evêque administrait le Baptême solennelle- Hîent. Ils reçoivent encore ce pouvoir dans leur ordination . C'est pourquoi lEvôque leur fait toucher le Missel, car c'est par la parole de Dieu qu'ils peuvent chasser le démon.

Q. Quel est le quatrième?

II. Le quatrième des ordres mineurs est celui d'Acolyte. Acolyte veut dire qui suit, qui accompagne . Les Acolytes accompagnaient toujours les Evèques, portaient leurs lettres, les eulogies et même quelquefois l'Eucharistie, ils servaient même à l'autel. Les cérémonies de leur ordination rappellent encore ces fonctions, c'est pour cela que l'Evoque leur fait loucher une burette vide et porter un chandelier avec un cierge allumé.

Q. Quel est le premier des ordres majeurs?

H. Le premier des ordres majeurs c'est le sous-diaconat . Les Sous-Diacres étaient autrefois les secrétaires des Evoques qui les employaient à des négociations, à la distribution des aumônes et au soin de leur temporel. Aujourd liui leurs fonctions se réduisent à servir le Diacre à l'autel. Avant leur ordination, les Sous-Diacres se prosternent dans l'Eglise le visage contre terre, pour montrer qu'ils renoncent pour toujours au monde et se consacrent au service de Dieu et de l'Eglise.

Q. Quel est le second des ordres majeurs?

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