‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 4)Chapitre 15 sur 30 · XLIII" LEÇON · texte numérisé non relu

XLIII" LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM , PAR LA COMMUNION

Définition de rExtrôme-Onction. — Secours qu'elle procure. — Histoire de ce Sacrement. ■ — Sa matière et sa forme. — Ses effets. — Dispositions pour le recevoir. — Avantages sociaux de l'Extrême- Onction.

L'Extrême-Onction est un Sacrement institué par Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le soulagement corporel et spirituel des malades. L'union que nous contractons avec le nouvel Adam par la Communion, peut être rompue ; mais le sacrement de Pénitence est là pour la rétablir. Ce Sacrement nous est nécessaire autant de fois que nous tombons dans le péché mortel pendant notre vie. C'est pourquoi le Sauveur est toujours assis en la personne de ses ministres sur le tribunal de sa miséricorde.

Mais aux approches du dernier moment , notre union avec lui , gage de notre salut éternel , est plus exposée que jamais. La terreur de la mort, le souvenir des péchés passés, la crainte des jugements de Dieu, tout contribue à jeter l'ame dans le trouble, l'impatience, le découragement, peut-être dans le dé-

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sespoir. Le démon profite de ces fâcheuses dispositions. Sentant qu'il n'a plus que quelques instants à nous faire la guerre, il redouble deiïorts, il multiplie ses artifices pour nous faire tomber dans le péché mortel et nous séparer éternellement de Jésus-Christ. Souvent on a vu ce lion rugissant apparaître au^ malades, rôder autour dé leur lit de douleur et mettre tout en œuvre pour les faire consentir à quelque tentation. Nous en avons une preuve authentique dans l'histoire de saint Martin, archevêque de Tours. Ce grand Saint étant au moment de mourir, le démon se fit voir à lui sous une forme hideuse, cherchant à l'effrayer. Que viens-tu faire ici, bêle cruelle^ lui dit le Saint? Tu ne trouveras rien en moi qui t'appartienne; le sein d'Abraham est ouvert pour me recevoir. Puissions-nous à nos derniers moments redire les paroles de ce grand Saint avec autant de vérité que lui !

Ce n'est pas seulement pour combattre le démon que nous avons besoin à l'approche de la mort de secours extraordinaires, c'est encore pour nous aider à surmonter les répugnances de la nature. Car tous les hommes ont horreur de la mort, comme le criminel a horreur du supplice. Son arrivée prochaine redouble nos frayeurs, les douleurs deviennent plus vives, notre faible courage nous abandonne : c'est le moment le plus pénible de notre pénible existence. Rassurons-nous cependant, le bon Pasteur n'a point oublié sa brebis. Père tendre, ami fidèle, le Sauveur a trouvé un moyen de nous adoucir les horreurs de la mort, de nous la faire accepter même

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avec joie, de nous rendre victorieux du démon et d'affermir pour l'éternité notre union avec lui . Ce moyen , c'est le sacrement de l'Extrôme-Onction.

11 est à croire que le Sauveur l'institua aussitôt après le sacrement de Pénitence dont il est le supplément, durant les quarante jours qui s'écoulèrent entre sa résurrection et son ascension ' . Son institution nous est manifestée par l'apôtre saint Jacques. Voici ses paroles : Quelqu'un est-il malade parmi vous ? Qu'il appelle les Prêtres de l'Église, qu'ils prient sur lui en l oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de foi sauvera le malade et le Seigneur le soulagera ; et s'il a des péchés, ils lui seront remis'' .

Ces paroles nous marquent expressément toutes les choses qui sont nécessaires pour former un Sacrement de la Loi nouvelle. L'huile, voilà la matière ; les prières du Prêtre, voilà la forme ; le Prêtre, voilà le ministre ; la rémission des péchés, voilà l'efTet; le malade, voilà le sujet sensible auquel il doit être appliqué. L'institution divine est aussi clairement exprimée, puisqu'il n'y a que Dieu qui puisse donner à un signe sensible telle que l'Onction jointe à la prière, le pouvoir de remettre les, péchés.

Aussi, l'usage de ce Sacrement a-t-il commencé dès la naissance de l'Eglise. Mais on demande 1° pourquoi

1 Non ergo ii (lies qui inter resuneclionem Domini ascensionem que fluxerunt otioso tiansierc decursù, scd magna in iis conlirmata sacrainenta , m;tgna Buut revelala raysteria. Si. Léo, Senu. i, de ascensione,

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les Pères des premiers siècles n'en parlent presque pas; 2° pourquoi on ne dit pas que les Saints, morts depuis les persécutions pendant le quatrième siècle, aient reçu ce Sacrement. Comme ces deux questions pourraient embarrasser ceux qui ne connaissent pas l'état des choses et les maximes de la primitive Eglise, nous allons les éclaircir.

1° Les anciens avaient pour maxime, nous l'avons déjà vu, de ne parler de nos mystères que lorsque la nécessité les y contraignait, et rien ne les obligeait à parler de celui-ci qui n'était point connu des Infidèles, et sur lequel ils ne formaient point d'accusation contre f Église, Si les Pères de ces premiers siècles ont parlé des autres Sacrements, c'était pour réfuter les calomnies des Payons', ou pour instruire les Catéchumènes. Or, dans ces deux cas, il n'était point nécessaire qu'ils parlassent de f Extrême-Onction que les Payens ne connaissaient pas, et dont on avait tout le temps d'instruire les Catéchumènes lors'qu ils seraient membres de l'Eglise. Mais il fallait leur parler nécessairement du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie; parce qu'ils devaient recevoir ces trois Sacrements en un même jour et à leur entrée dans lEglise.

2° Il est facile de comprendre que dans les trois premiers siècles de l'Eglise, on ne donnait que rarement l'Extrême-Onction aux malades; et cela pour deux raisons. La première est qu'il était presqu' impossible dans le temps que les Chrétiens étaient mêlés avec les Payens,

' Voyez les apologies de saint Justin et de TertuUien.

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d'administrer ce Sacrement sans l'exposer à la vue des Infidèles, ce que nos Pères regardaient comme un horrible sacrilège; car d'ordinaire, il s'en trouvait toujours dans la môme famille qui étaient Payens. ou au moins qui n'étaient pas encore initiés à nos mystères. Si le mari était Chrétien , la femme était Infidèle et réciproquement. Si fun et l'autre étaient Chrétiens, leurs enfants ou leurs esclaves, ou leurs domestiques, ou leurs voisins étaient encore Payens . Telle est la première raison qui empêchait de faire cette cérémonie, qui demande du temps et de l'aide pour mettre le malade en état de recevoir les Onctions. La seconde est, que les ministres de l'Église se seraient beaucoup exposés en allant ainsi de maisons en maisons, et c'est ce que ne permettait pas la prudence chrétienne. Cet inconvénient est tellement réel que, pour l'éviter, nous avons vu qu'on permettait aux Chrétiens d'emporter l'Eucharistie dans leurs demeures pour s'en communier eux-mêmes, soit en santé,' soit en maladie; mais ils ne pouvaient pas eux-mêmes s'administrer f Extrême- Onction.

Les choses étant sur ce pied durant les trois premiers siècles, il n'est pas surprenant que, dans le quatrième, plusieurs aient encore négligé de recevoir ce Sacrement, qui d'ailleurs n'est pas d'une nécessité absolue comme les autres. Mais bientôt une discipline régulière s'établit, et les Fidèles profitèrent de tous les avantages que lÉMise leur fournissait, en se munissant de ce Sacrement aux approches de la mort. Ajoutez que l'on n'a pas

DE PERSÉVÉRANCli. Zjl?

tout écrit ce qui s'est passé et que beaucoup de monuments anciens se sont perdus.

Toutefois i! nous en reste assez pour savoir que l'Onction des malades était une chose ordinaire et pratiquée dès les premiers siècles de l'Église. Origène parle de ce Sacrement, et le considérant comme une suite de la Pénitence, l'indique comme un moyen que Dieu nous a mis en main pour nous purifier de nos péchés ' . Le Pape Innocent I , contemporain de saint Jean Chrysostôme, fut consulté par un Evêque pour savoir si les Evoques pouvaient administrer T Extrême-Onction, attendu que l'apôtre saint Jacques ne désigne que les Prêtres comme ministres de ce Sacrement? Le saint Pape leva facilement ce doute en disant : Que l'Apôtre n'avait parlé que des Prêtres, parce que les Evoques étant occupés de quantité d'autres affaires, ne peuvent aller voir tous les malades; mais au reste, ojoute-t-il, si l'Evêque le peut, ou s'il juge à propos de le faire, il lui est permis de les bénir et de leur faire l'onction de l'huile sainte, lui à qui il appartient de la consacrer".

Au reste, nos pères dans la foi n'attendaient pas qu'ils fussent à l'extrémité pour recevoir l'Onctiondes malades. Ils savaient que ce Sacrement est institué non -seulement pour achever de purifier l" ame et la fortifier , mais encore pour rendre la santé au corps si elle est utile. Lors donc qu'ils étaient gravement malades, ils recouraient à ce remède divin et n'attendaient pas que tout fût désespéré :

• Homil. 2. in Levitlc.

' Ep. ad Décent.

liiS CATÉCHISME

ils ne tentaient pas Dieu en lui demandant un miracle, comme on le fait aujourd'hui. On attend si tard à le recevoir, qu'à moins d un prodige ce Sacrement ne peut plus opérer le soulagement corporel pour lequel il est cependant établi.

ïl était donc assez ordinaire autrefois de se faire porter à l'église ou d y aller soi-même pour recevoir l'Extrême-Onction '. Dans certaines églises, il y avait un lieu destiné à l'administration de ce Sacrement'. Nous voyons par là que les malades ne le recevaient pas toujours couchés dans leur lit, eomme cela se fait aujourd'hui. De plus, lors même qu'ils recevaient l'Extrème-Onction dans leurs maisons, ils la recevaient très-souvent à genoux \ A cette pratique si respectueuse et si conforme à l'esprit de l'Eglise, se joignaient d'autres cérémonies où respiraient tous les sentiments d'un cœur vraiment contrit et humilié : nos pères croyaient que la meilleure manière de se préparer à comparaître devant le redoutable tribunal de Jésus- Christ, était la Pénitence.

Après que le malade avait reçu les derniers Sacrements, on étendait par terre un cilice ou espèce de sac d'une étoffe rude et grossière , le Prêtre y répandait de la cendre bénite, en forme de croix, il y jetait de l'eau bénite; là on mettait le malade. Le Prêtre lui faisait le signe de la Croix sur la poi-

' St. Césairc d'Arles app. opcr. St. Aug. Serm. 279.

» Monaslic. Anglic. i. 2, p. 775.

2 D. Martènc, de antiq. eccl. rit. t. 2, c. 7. art. /».

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Irine, lui faisait l'aspersion de l'eau bénite et lui disait : Souvenez-vous, ô homme! que vous êtes poussière, et que vous retournerez en poussière. Telle était la pratique ordinaire des Chrétiens'. Déjà au cinquième siècle, saint Martin qui voulut mourir ainsi, disait à ses disciples : Il n'est pas permis à un Chrétien de mourir autrement. Les personnes de toutes les conditions, les rois eux-mêmes se conformaient h ce touchant usage. La vie de saint Louis, de Louis-le-Gros, de Henri III, roi d'Angleterre, ne laissent là-dessus aucun doute. Cette pratique a duré dans certaines églises jusqu'au seizième siècle *.

La matière de TExtrême-Onction, c'est l'huile bénite par l'Evoque le Jeudi-Saint^. On bénit l'huile pour faire voir qu'elle n'opère pas en ce Sacrement par sa ver tu naturelle, mais par la puissance de la Sainte-Trinité qui a été invoquée dans la bénédiction. La forme consiste dans les paroles que le Prêtre prononce à chaque onction qu'il fait sur le malade*'. Rien de plus convenable que la matière et la forme de ce Sacrement pour signifier ses admirables efTets. L'huile adoucit, guérit, fortifie,éclaire, et l'onction de l'huile exprime parfaitement l'onction intérieure du Saint-Esprit qui puritie, parce Sacrement, lame des restes du péché, qui éclaire sa foi. qui la fortifie contre les.attaques du démon, qui adoucit

' Delaunoy, de Sacrum, unctionis infirmorum.p, 554. ' Hist. deSacr. t. iv.

3 Con. Trid. sess. l/j. c. \. Eug. xv. ad Armev. < Id. xd.

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ses prières, et guérit quelquefois les maladies corporelles.

Tels sont les effets de l' Extrême-Onction :

1" Elle remet les péchés, principalement les péchés moins graves, car pour les péchés mortels ils sont remis par le sacrement de Pénitence. C'est pourquoi il précède l'Extrôme-OnctioR quand cela se peut; néanmoins c'est un effet propre de lExtrème-Onclion de remettre les péchés inconnus qui restent dans l'ame après la réception des autres Sacrements . Les paroles que lePrètre prononce en l'administrant, signifient très-clairement que T Extrême-Onction remet les péchés que le malade a commis par ses sens; car les Sacrements opèrent ce qu'ils signifient. Aussi, le concile de Trente prononce anathème contre ceux qui disent que l' Extrême-Onction ne confère pas la grâce et ne remet pas les péchés ' . C'est pour cela que les saints Pères appellent l'Extrême- Onction la perfection et la consommation de la Pénitence, dont le propre est de remettre les péchés.

Il peut arriver qu une personne, après avoir reçu l'absolution et la Communion, soit tombée dans un péché mortel qu'elle ne connaît pas, lequel par conséquent elle ne confessera point, ou qu'elle a mal reçu l'absolution et la Communion, ce qu'elle ne sait ni ne croit; dans ce cas, si elle reçoit l'Extrême-Onction avec douleur de ses péchés et qu'elle ne mette point d'obstacle à la grâce de ce Sacrement, elle obtient la rémission de ses fautes.

2° L' Extrême-Onction efface les restes du péché en

. Id. Caii. 2.

DE PERSÉVÉRANCE. /|2l

délivrant le malade de la peine temporelle due à ses péchés, mais seulement à proportion de ses dispositions'; en guérissant les faiblesses et les langueurs spirituelles qui restent, après que lame a été purifiée des péchés, et qui 1 empêchent de s'élever à Dieu; enfin, en apaisant les troubles et les frayeurs de la conscience par la confiance en la miséricorde de Dieu.

3" Elle soulage et fortifie l'ame du malade, en sorte qu il souffre plus patiemment les douleurs de la maladie , qu'il résiste plus facilement aux tentations du démon et qu'il ne craint ni les effets ni les suites de la mort.

4° Elle rétablit la santé du corps, lorsque cela est expédient pour le salut du malade. Tel est l'enseignement de la foi catholique.

Comment n'être pas attendris à la vue des soins paternels et des secours puissants que le nouvel Adam prodigue à ses bien-aimés dans leurs derniers moments ! C'est à l'heure où tout nous abandonne, môme nos proches, que cet ami fidèle s'approche plus près de nous, veille avec plus de sollicitude sur nos besoins. Pourquoi faut-il que la plupart ne répondent à tant de bontés que par une répugnance coupable, une frayeur anti-chrétienne, qui éloignent ce charitable médecin de leur lit de douleur, le plus long-temps possible?

Mais afin que l'Extrcme-Onction produise ces précieux effets, plusieurs dispositions sont nécessaires. Il y a des dispositions éloignées, il y en a de prochaines. Les éloignées sont 1° d'avoir été baptisé; 2" d'avoir eu

' St. Tbom. contra génies, t. k. c. 75,

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l'usage de la raison ; 3" d ôlre malade et que la maladie soil dangereuse; ■'*■" de nôtre point lié d'excommunication. Les dispositions prochaines sont ou extérieures ou intérieures. Les extérieures consistent dans la propreté du corps. Il faut que les parties sur lesquelles se font les onctions aient été lavées auparavant. Si ceux qui sont auprès du malade ont de la Religion, ils ne manqueront pas à ce soin.

Les dispositions intérieures sont 1° d'être exempt de tout péché mortel ; 2° de faire des actes fervents des vertus tliéologales, d'une foi vive en Dieu et en Notre Seigneur : semblable à celle des malades qui se présentaient aux Apôtres pour être guéris; d'espérance en la miséricorde de Dieu, attendant la résurrection; de charité, désirant ardemment de voir Dieu; de résignation entière à sa volonté, lui faisant de bon cœur le sacrifice de la santé et de la vie ; 3° d'accompagner en esprit de pénitence le Prêtre qui nous administre le Sacrement, faisant à chaque onction un acte de contrition des péchés que nous avons commis par chacun de nos sens.

Enfin, il est une disposition sans laquelle toutes les autres sont ordinairement impossibles, c'est de recevo» l'Extrême-Onction quand il est temps, c'est-à-dire avant d'être privé de connaissance et à moitié mort. Une pitié cruelle, une tendresse homicide, une crainte ridicule et coupable fait qu'on ne demande les secours de la Religion que lorsque le 'malade n'est plus en état d'en proliter. On le Halte même, on le berce de vaincs espérances, on l'endort, et il va se réveiller

dans l'Enfer. Quelle consolation peut-il rester à ces coupables parents qui laissent ainsi mourir sans réconciliation avec Dieu , une personne qui depuis de longues années peut-être a vécu dans la négligence de tous les devoirs de la Religion? Il est un excellent moyen de prévenir pour nous ce malheur : c'est de faire prendre à un de nos amis l'engagement solennel de nous prévenir lorsque nous serons en danger de mort et de ne pas attendre que nous ayons perdu l'usage de nos sens.

Allons voir un Chrétien mourant, assistons à un spectacle que nous donnerons nous-mêmes un jour. Contemplons, d'une part, cet exilé qui va quitter la vie, et de l'autre la Religion, cette douce mère, encourageant le Fils de sa tendresse à franchir le passage redoutable du temps à l'éternité.

La chambre du malade doit être propre ; son lit couvert de linges blancs par respect pour le Sacrement qu'il va recevoir. Une table doit être préparée dans un lieu convenable et recouverte d'une nappe blanche. On doit y mettre un crucifix, deux chandeliers garnis de cierges allumés, de l'eau bénite dans un vase avec un aspersoir, un plat contenant sept ou huit pelotons d'étoupe pour essuyer les onctions , et un peu de mie de pain pour frotter les doigts du Prêtre. Il faut aussi une aiguière ou vase plein d'eau avec une serviette blanche, et un plat ou bassin pour recevoir l'eau et les miettes lorsque le Prêtre se lavera les mains.

En arrivant dans la chambre du malade, le Prêtre dit : Paix à celle maison el à Ions ceux qui l'hahilent.

C'est par ces douces paroles que Notre Seigneur saluait ses Disciples lorsqu'il apparaissait au milieu d'eux. « Ne craiguez rien, pauvre malade, dit-il encore, c'est moi, votre ami, votre frère, votre Sauveur, votre médecin. » Connaissez-vous quelque chose de plus consolant et de plus affectueux? Le Pï-être dépose ensuite au milieu de la table les sairrtes huiles, et revêtu du surplis et de l'étole violette, il prend le Crucifix et le fait baiser au malade. Délicieux baiser! c'est le céleste ami qui le donne à son ami souffrant, et qui, pour le rassurer, lui montre les plaies qu'il endura pour son amour. De retour auprès de la table, le Prôlre jette de l'eau bénite sur le malade et sur les assistants en disant, au nom du malade, la prière du roi pénitent : Arrosez-moi^ Seigneur, avec l'hysope el je serai purifié; lavez moi et je deviendrai plus blanc que la neige. Alors, se tournant vers le malade, le Prêtre conjure le Seigneur d'éloigner de lui l'esprit de ténèbres et d'envoyer ses bons Anges à son aide. Il demande pour lui grâce et miséricorde, après que lo malade lui-même a fait l'aveu général de toutes ses fautes en récitant le Confitcor. Il ne s'en tient pas là, il recommando aux assistants de ne pas oublier leur frère; un grand combat est livré, le démon cherche à enlever cette ame, il faut la sauver à tout prix.

Après avoir purifié le malade par l'eau bénite et excité en son cœur les sentiments de contrition, le Prêtre commence les onctions sacrées. Il les fait successivement sur les yeux, les oreilles, les narrines, la bouche, les mains, les piods, en un mot sur tous les sens, organes de nos

actions, hélas ! et trop souvent de nos péchés. A chaque onction il répète ces paroles : Par cette sainte onction et sa très-douce miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tout le mal que vous avez commis par la vue , l'ouïe ou l'odorat, le goût ou le toucher. Tous les sens de l'homme viciés par le démon sont régénérés, purifiés, sanctifiés par la grâce de Jésus-Christ. Le signe de la Croix qu'il forme sur chacun d'eux, est comme le cachet dont il les ferme désormais à l'ennemi et dont il les marque au nom de Dieu. Qu'il est redoutable à l'Enfer le soldat chrétien qui porte ainsi sur tous ses membres le signe terrible qui a vaincu le démon et le monde et toutes ses puissances !

Les onctions achevées, le Prêtre se purifie les doigts avec de la mie de pain, lave ses mains et fait jeter l'eau dans le feu ainsi que les pelotons qui ont servi à essuyer l'huile sainte. Il n'est point permise des mains profanes de toucher ces objets, voilà pourquoi l'Eglise veut qu'on les brûle. Le Prêtre se tournant alors vers le malade, lui dit : Que le Seigneur soit avec vous! et il commence avec ferveur une prière louchante pour supplier le Dieu de bonté d'opérer dans son serviteur tous les merveilleux effets de ce Sacrement, soit pour l'ame, soit pour le corps. Après cela , de douces paroles, de tendres consolations, expressions d'immortelles espérances, découlent des lèvres du Prêtre, il ne se retire que lorsqu'il a prévenu les assistants devenir le chercher si la maladie augmentait. Ami fidèle, il ne veut quitter son ami que lorsqu'il l'aura placé dans le sein du y)onheur.

C'est alors, si c'est un pure ou une mère qui va mourir, qu'a lieu dans les familles chrétiennes une cérémonie vraiment patriarchale. Connaissant tout le prix de la bénédiction d'un père ou d'une mère, les enfants se pressent autour de son lit de douleur, et avec le plus profond respect et la plus tendre piété, ils reçoivent ses derniers avis et fe supplient de les bénir. Et voilà que le nouveau Jacob, faisant sur leur tête le signe de la Croix, prie pour eux et leur souhaite tout ce que la tendresse paternelle, éclairée par le flambeau de l'éternité, peut souhaiter à des êtres uniquement chéris. Pourquoi ce touchant usage n'a-t-il pas toujours lieu? l'Eglise le désire, c'est l'intérêt des familles : en offrant aux pères les enfants à bénir, on rend à l'autorité paternelle sa dignité et sa puissance.

Si Dieu veut rappeler à lui cet enfant exilé, si sa dernière heure est près de sonner, le Minisire de Jésus- Christ accourt aussitôt. Alors, prosterné devant le lit douloureux, environné d'une famille attendrie, il fait pour son frère les touchantes, les sublimes prières de la recommandation de lame. La langue humaine est impuissante à dire tout ce qu'elles renferment de divin, c'est au cœur à le sentir.

Le Prêtre, celui qui reçoit l'homme à son entrée dans la vie, qui le soutient pendant sa carrière, qui le relève de ses chutes, qui veille sur tous ses pas, le Prêtre ne l'abandonne point au moment suprême. Il voit que le monde va finir pour cet exilé du Ciel, et les portes de l'élcrnilé s'ouvrir devant lui. Alors il s'adresse à tous

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les habitants de ce nouveau monde , et il les conjure de venir à la rencontre de leur frère. Assuré de leur protection toute-puissante, il donne le signal du départ par ces paroles solennelles : Partez, ame chrétienne, sortez de ce monde au nom du Père Ïout-Puissant qui vous a créée, au nom de Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, qui a souffert pour vous, au nom du Saint-Esprit qui a été répandu en vous, au nom des Anges et des Archanges, au nom des Trônes et des Dominations, au nom des Principautés et des Puissances , au nom des Chérubins et des Séraphins, au nom des Patriarches et des Prophètes, au nom des saints xVpôtres et Evangélistes, au nom des saints Martyrs et Confesseurs, au nom des saints Moines et Ermites, au nom des saintes Vierges et de tous les Saints et Saintes de Dieu; qu'aujourd'hui même vous habitiez dans la paix de la sainte Sion, par le même Jésus-Christ Notre Seigneur. Qu'il soit ainsi!

Telle est la redoutable et magnifique escorte au milieu de laquelle le Chrétien va franchir le seuil de l'éternité. Que peut-il craindre? Alors des souhaits d'heureux voyage, des vœux tels qu'en peut faire une mère à son fils bien-aimé qui la quitte, sont adressés au voyageur. Tout ce qu'il y a de plus rassurant, on le dit au malade; tout ce qu'il y a de plus tendre, on le dit à Dieu pour le toucher et le supplier de recevoir cette créature ouvrage de ses mains, qui, malgré ses faiblesses et ses erreurs, le confesse et fadore.

Si lame se débat encore dans les liens du corps et les angoisses de l'agonie, on ouvre le livre des grandes dou-

leurs, et pour soutenir son courage par le souvenir d'un grand modèle, on lui lit la scène douloureuse du jardin de Gethzemani. C'en est fait, la lutte est finie, l'exilé est parti ; un corps inanimé, voilà tout ce qui reste de lui en ce monde. Il est mort ! Les hommes n'ont plus à donner que des regrets et des larmes impuissantes ; mais la Religion a des prières. Portées sur les ailes de la foi, ces puissantes auxiliatrices accompagneront le voyageur jusqu'au tribunal de son juge, elles ne cesseront de faire entendre leurs voix suppliantes qu'elles n'aient obtenu son entrée dans l'éternelle Jérusalem.

Que reste-t-il maintenant, sinon un vœu à former? celui de mourir ainsi au milieu des prières et des embrassements maternels de la Religion. La mort peut-elle être à craindre quand on la rcçoitdans les bras d'une mère dont le dernier baiser communique l'immortalité?

Si le Sacrement de l'Extrême-Onction est si avantageux à l'homme il ne l'est pas moins à la société.

1° Il relève aux yeux de tous la dignité de l'homme. L'Eglise avait dit au fils d'Adam, le jour de son Baptême : vous êtes le (ils d'un Dieu trois fois saint, soyez donc trois fois saint, dans votre esprit, dans votre cœur, dans votre corps. Et elle écrivit cette leçon sur tous ses sens, puis le revotant d'une robe dont la blancheur était le symbole de cette sainteté parfaite et obligée, elle ajouta : Recevez cette robe blanche et portez-la sans souillure jtisqu'au tribunal de Jésus-Christ. Lorsqu'il fut au moment d'entrer dans la carrière de la vie elle arrêta de nouveau le jeune Chrétien, ce fut pour

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lui révéler un grand mystère . La vie , lui dit cette tendre Mère, est une guerre continuelle, vous pouvez la soutenir avec honneur; et l'onction royale coula sur son front et ces paroles descendirent dans son cœur : Vous êtes roi ! c'est les armes à la main que vous devez défendre votre royauté ; une nuée de témoins vous contemplent, soyez digne de vos aïeux, digne des Anges, digne de votre Mère. Puis elle fit asseoir ce jeune roi à une table sainte, elle le nourrit du pain des forts et l'abreuva du vin qui fait germer les vierges. La lutte commença, s'il reçut des blessures elle le guérit en le plongeant dans un bain de sang réparateur et le renvoya au combat plus vigoureux et plus brave.

C'est ainsi que par ses Sacrements, l'Eglise environne son athlète de toutes les conditions de la victoire et l'entretient constamment à une grande hauteur de pensées. Ce sentiment profond de sa dignité ne lui fut jamais plus nécessaire qu'au moment où la lutte va finir ; mais finir en devenant plus acharnée et plus décisive. Et tandis que l'éternel ennemi de l'homme, celui qui, après avoir dégradé le père du genre humain, cherche continuellement à dégrader jusqu'au dernier rejeton de sa race, multiplie ses efforts et ses ruses, voici l'Eglise qui redouble de sollicitude pour fournir à son fils les moyens de se défendre et lie vaincre.

Remarquez que c'est au moment où la grandeur de l'homme semble disparaître ; au moment où, affaibli par la maladie, son être extérieur se décompose et va tomber en poussière , pour devenir dans la tombe ce je ne sais

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quoi qui n a plus de nom; au moment où les amis, les parents en pleurs confessent leur impuissance et déplorent une ruine prochaine, irréparable; au moment enfin où l'homme n'est plus qu'un objet d'effroi, de dégoût, de mépris et de pitié, que l'Eglise catholique, déployant toute la pompe de ses cérémonies et toute la richesse de ses grâces, vient relever à nos yeux la dignité de la nature humaine.

Oui , dans les rites sacramentaux de l'Extréme- Onction, tout relève la dignité de Ihomme et du Chrétien ; tout y dévoile d'une manière symbolique la haute destinée qui nous attend si nous mourons dans le Seigneur. C'est d'après ces rapports immortels qu'il faut considérer chacun de ses rites, si l'on veut en connaître la sublimité. La cérémonie des dernières onctions, nonseulement n'a rien de lugubre ni de déchirant, elle nous ofTre au contraire dans un sens mystérieux et caché l'emblème le plus touchant de l'immortalité bienheureuse.

Rappelons-nous ce que nous venons de dire , que la vie est une lutte continuelle, un perpétuel combat de passions et d'intérêts divers; que trop souvent, dans cette lice de la vertu, nous perdons courage et nous oublions que la paix et le repos ne sont qu'au terme de la carrière. Rappelons-nous encore que les anciens athlètes se préparaient au combat par de Iréquentes onctions; que la lice étant ouverte aux combattants , ils revenaient souvent à la charge, après une première chute, en versant de nouveau de 1" huile sur leurs membres fatigués, et plus d'une fois ils durent la victoire à leur persévérance.

DE PERgÉVÉRANCïï, Z|Sl

Voici donc l'explication de nos rites sacrés dans l'onction des malades. l'Eglise les regarde comme des athlètes abattus, mais non vaincus, qui ont pu faire des chutes, mais qui peuvent se relever soit en recouvrant leurs forces naturelles ou leurs forces morales, soit enfin en étant investis, par la grâce du Sacrement, de la vertu même' de Jésus-Christ qui peut seule leur assurer le triomphe. Telle est la profession de foi de l'Eglise catholique -■ son disciple malade ou mourant est à ses yeux l'athlète de l'immortalité; et si elle consacre son corps par diverses onctions, que veut-elle faire par ces signes mystérieux? Donner une grande instruction au malade s'il revient à la vie, ou lui inspirer une haute confiance en la miséricorde flivine s'il est arrivé au terme de sa carrière.

C'est alors que le Chrétien, changé en un nouvel homme, éprouve combien le Seigneur est bon à ceux qui l'aiment , combien il est consolant dans ses maux d'avoir le Ciel pour ami, de pouvoir appeler Dieu son Père, de confondre ses pleurs avec ceux de Jésus-Christ et de ses Saints, d'unir son sacrifice à leur sacrifice et son espérance à ses espérances.

Et vous croyez que ce grand spectacle est inutile à la société? Et n'est-ce pas une haute leçon qui nous apprend ce que c'est que la vie, ce que c'est que la mort, combien il faut être saint pour paraître devant le Dieu qui trouve des taches dans ses Anges ? Et puis n'est-ce rien de voir l'homme soutenant jusqu'au bout la dignité de son être, en conservant le calme de son cœur et la sérénité de son visage en face de la tombe entrouverte?

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Oui, ce spectacle est éminemment social ; social par les graves pensées qu'il éveille dans l'ame des spectateurs qui, eux aussi, seront jugés par celui qui juge les juslices môme; social par les remords salutaires qu'il leur inspire; social par cette parole qu'il place involontairement sur leurs lèvres : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur! social par l'avertissement qu'il donne et de la brièveté du temps , et de la fragilité de la vie, et de la vanité de tout ce qui passe, et de la réalité de tout ce qui nous attend : car l' Extrême-Onction est une proclamation solennelle du dogme de l'immortalité.

Qu'est-ce, en effet, que toutes ces prières, toutes ces cérémonies, toutes ces onctions? C'est une profession authentique de cette vérité, base de la conduite, principe de toute vertu, garantie suprême de toutes les sociétés, savoir que tout ne meurt pas avec le corps, A quoi bon toutes ces choses si l'homme n'était qu'un animal ou une machine, si la pierre qui va recouvrir sa dépouille devait recouvrir son être tout entier? Non, non, il n'en est pas ainsi, et sur tous les sens de l'homme mourant, l'Eglise grave le dogme de 1" immortalité. Quelle consolation pour cet être fragile qui va descendre dans la nuit du tombeau! quel salutaire avertissement pour ceux qui survivent ! Olez l'Extrème-Onction, plus rien de tout cela; et l'homme meurt sans dignité, sans consolation; vous le dégradez au moment où il a le plus grand besoin de conserver une haute idée de lui-même, et la mort n'est plus une école de vertus, et la vie se passe dans l'oubli de l'éternité et de son tribunal terrible, et de ses joies

et (le ses cliAtimenls. Or, voulez-vous savoir ce que devient le monde quand 1" homme ne pense plus à ses années éternelles ; regardez autour de vous! Que l'horreur du spectacle qui se présente à vos yeux vous fasse comprendre combien est sociale une cérémonie qui rappelle à tous, d'une manière si frappante, le dogme de l'éternité, et le jugement et le Ciel et lEnfer. Olez l'Extrême-Onclion et la mort n'est plus qu'un scandale ou une horreur. Un scandale , par l'insensibilité qui l'accompagne et le défaut dune réparation publique après une vie d'iniquités; ou une horreur, par les angoisses qui ajoutent à sa terreur et par l'elTroi et le dégoût qu'elle inspire.

D'où vient donc cette crainte ridicule, si elle n'était horriblement coupable , de voir mourir l' homme en Chrétien ? Vous craignez l' appareil de nos cérémonies saintes ? — Et vous ne craignez pas pour votre père, pour votre époux, pour votre enfant, les tourments de l'éternité! Et qui donc nos Sacrements ont-ils fait mourir? n'est-ce pas au contraire de la consolation que Dieu porte avec lui partout où il entre? et la bénédiction, la douceur et la paix ne sont-elles pas tellement inséparables de son culte que le ministre sacré n'est envoyé comme un ange tutélaire, auprès du malade , que pour soutenir son ame dans l'amour du bien et rouvrir son cœur aux consolations divines ?

Vous craignez que l'appareil de nos cérémonies ne

^orte la crainte dans lame du malade, et la tristesse

dans le cœur de ceux qui l'entourent. — La crainte dans

lame du malade ! mais je viens de vous le dire, ce n'est

hià CATÉCHISME

pas la crainte, c'est la consolation et la confiance que Dieu porte avec lui. La crainte ! et après tout, qui vous a dit qu'une crainte salutaire fût un mal, une crainte qui fait pensera l'éternité, qui fait réparer des injustices et des scandales, une crainte qui fait que l'homme se réconcilie avec Dieu et assure son bonheur? Non, non, une telle crainte n'est pas un mal.

La tristesse dansl'ame de ceux qui l'entourent! — Et la mort du malade sans Sacrements, sans réconciliation avec Dieu> ne vous attriste donc pas ! Grand Dieu ! quelle consolation peut-il rester? que dis-je, quels remords cruels, quelle tristesse irrémédiable quand on a laissé un père, une mère, un enfant, un homme quelconque, affronter le redoutable passage du temps à l'éternité et tomber entre les mains du Dieu vivant sans avoir fait la paix avec son juge! Au contraire, voyez quelle source de consolations dans une mort chrétienne.

Si quelque chose peut adoucir la peine de la séparation , n'est-ce pas de pouvoir se dire : Mon père, ma mère^ mon enfant, mon ami est mort, mais il est mort entre les bras de la Religion, après avoir reçu de son Dieu le doux baiser de réconciliation et de paix? 11 est mort, mais il ne s'est pas séparé de ceux qui l'aiment; il est mort à ce monde de misères et de souffrances, mais il vit dans un monde meilleur : nous le reverrons. Heureux donc ceux qui procurent à leurs parents et à leurs amis le bonheur de mourir dans le Seigneur ! Heureux aussi les morts qui meurent de la sorte! ils quittent <^ la vérité un jour plus tôt, les parents,

Dli PEUSliVÉRANCE, ii$Ô

les amis d'élite qu'ils avaient sur la terre; mais ils les quittent avec l'espérance de les revoir pour ne plus les perdre; ils les quittent avec l'espérance de se trouver toujours au milieu d'eux par l'esprit et le cœur, de s'intéresser plus efficacement à leurs besoins et de les prévenir même par leurs prières et leurs vœux; ils les quittent enfin, mais ils ne quittent pas la société des Justes dont ils font partie ; ils arrivent avant eux au terme du bonheur après lequel tous les Justes de la terre soupirent. Ils vont rejoindre la société triomphante des Saints, qui réside essentiellement dans le Ciel ; ils vont trouver de nouveaux frères et de nouveaux amis qui ne feront qu'accroître et épurer leur amour pour leurs frères d ici-bas ; ils vont se réunir au corps et au chef dont ils sont les membres, et combien le moment de l'entrevue doit être ravissant ' ?

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir institué le sacrement de 1" Extrême-Onction pour me purifier, me consoler et me fortifier à ma dt-rnièrc heure; faites-moi la grâce de le recevoir dignement.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je réciterai le dernier jour de chaque moia les prières des agomsanls.

• ^'oyet Jaiiffret, du Cuile public.

/l3(j CATÉCHISME

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM , PAR LA COMMUNION. — DE l'eXTRÊME- ONCTION .

Q. Qu'est-ce que l'Extrôme-Onction ?

11. L'Extrôme-Onclion est un Sacrement institué par Notre Seigneur pour le soulagement spirituel et corporel des malades. Lorsque l'union que nous avons contractée avec Notre Seigneur dans la Communion vient à être rompue par le péché, le sacrement de Pénitence la rétablit. Mais au moment de la mort, le démon fait de plus grands efforts pour la détruire et nous perdre; c'est pourquoi le nouvel Adam, dans son infinie bonté, a établi un Sacrement qui nous rend victorieux de ses attaques.

Q. Comment recevait-on autrefois ce Sacrement?

R. On recevait autrefois ce Sacrement dans l'Eglise ou à genoux dans la maison , ce qui montre qu'on n'attendait pas comme aujourd'hui au dernier moment. Ensuite on plaçait le malade sur la cendre et le cilice, afin qu'il imitât en quelque sorte Notre Seigneur mourant sur la Croix.

Q. Quelle est la matière de l' Extrême-Onction ?

R. La matière de l'Extrême-Onction c'est l'huile bénite par l'Evoque le Jeudi-Saint. On bénit l'huile pour montrer qu'elle n'opère pas dans ce Sacrement par sa propre vertu, mais par la puissance de Dieu.

DB PEUSÉVÉUANCE. 487

Q. Quelle est la l'orme de ce Sacrement?

R . La forme de ce Sacrement ce sont les paroles que 1-e Prôtre prononce en faisant les saintes onctions. Il fait les onctions sur les différents sens en disant : Par cette sainte onction et par sa très-douce miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tout le mal que vous avez commis par la vue, l'ouïe, l'odorat, etc.

Q. Pourquoi fait-on des onctions sur les différents sens?

R. On fait des onctions sur les différents sens pour les purifier et expier les péchés dont ils ont été les instruments.

Q. Quels sont les effets de l' Extrême-Onction ?

R. Les effets de l' Extrême-Onction sont : 1" d'effacer les péchés inconnus et oubliés, 2° d'ôter les suites du péché comme les langueurs de lame qui l'empêchent de s'élever à Dieu ; 3° de soulager et de fortitier le malade en sorte qu'il souffre plus patiemment les douleurs de sa maladie ; 4° de rendre la santé lorsqu'il est utile pour le salut.

Q. Quelles sont les dispositions pour recevoir ce Sacrement?

R. Les dispositions pour recevoir ce Sacrement sont : 1° d'être en état de grâce; 2° de faire en le recevant des actes de Foi, d'Espérance, de Charité et de Contrition ; 3° de le recevoir pendant qu'on conserve encore sa connaissance. Pour cela, il est très-bon de faire promettre à une personne chrétienne de nous avertir lorsque nous serons en danger.

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Q. Quelles sont les prières et les cérémonies qui accompagnent l'Extrême-Onction?

R. Les prières et les cérémonies qui accompagnent l'Extrême-Onction, ont pour objet de nous inspirer un grand respect pour ce Sacrement et de nous marquer les effets qu'il produit. Il faut que la chambre du malade soit propre, que son lit soit couvert d'un linge blanc, qu'il y ait une table recouverte d'une nappe blanche sur laquelle il faut placer un crucifix, deux cierges allumés, de l'eau bénite, un plat contenant sept ou huit pelotons d'étoupe et de la mie de pain pour essuyer les doigts du Prêtre et de i'eau pour les laver.

Q. Continuez.

R. Les prières que le Prêtre récite ont pour but d'attirer sur le malade la miséricorde de Dieu , de lui obtenir la guérison et d exciter dans son cœur la contrition et la conformité à la volonté de Dieu.

Q. Quel est le but des prières de la recommandation de lame ?

R. Le but des prières de la recommandation de lame est d aider le malade à bien mourir et d'obtenir, quand^il est mort, sa délivrance du Purgatoire.

PRIERE

O mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir institué le sacrement de l'Extrême-Onction pour me purifier, me consoler, me fortifier à ma dernière heure ; faites-moi la grâce de le recevoir dignement.

i)B P£«S£TÉRAi1CK.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je réciterai le dernier jour de chaque mois les prières des asonisanls.

AAO CATÉCHISME

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