‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 33 sur 48 · XLVIII^ LEÇON · texte numérisé non relu

XLVIII^ LEÇON

LE MESSIE PREPARE

Histoire d'Esther. — Son élévation. — Mardochée découvre une couspiiation. — Aman , favori d'Assuérus , veut se faire rendre les honneurs divins. — Mardocliée s'y refuse. — Aman jure de le faire périr et tous les Juifs avec lui. — Mardochée en donne avis à Eslher, — Elle va trouver le roi. — Triomphe de Mardochée, — Humiliation d'Aman. — Sa mort. — Salut des Juifs,

La seconde des quatre grandes monarchie^ prédites par Daniel, est celle des Perses. La mission de ce nouvel empire est toute de protection et de bienveillance pour les Juifs . Corrigés pour toujours de leur penchant à l'idolâtrie par la grande captivité de Babylone, ils devaient retourner dans la Judée, y rebâtir leur ville et le temple, y subsister avec la distinction des tribus et des familles, jusqu'à l'arrivée du Messie. La monarchie des Perses est appelée de Dieu pour accomplir tous ces desseins de la Providence. Il faut le dire à leur louange, les rois perses s'acquittèrent fidèlement de leur commission. Il se trouva néanmoins des hommes ambitieux et aveugles, comme il s'en trouve dans toutes les cours, qui ne négligèrent rien pour engager leurs maîtres dans une fausse route, et hâter ainsi la chute de leur empire en les met-

tant en opposition avec les desseins de la Providence, De protecteurs des Juifs que devaient être ces puissants monarques, des hommes méchants s'efforçaient d'en faire les tyrans injustes et même les exterminateurs : de ce nombre fut Aman.

Mais la Providence qui tient en ses mains les rênes de tous les empires, et qui fait servir à l'accomplissement de ses vues les volontés et les passions des hommes, fit tourner à l'avancement de son grand dessein, les machinations de ce ministre orgueilleux. Dieu avait employé le ministère d'une fcùble femme pour briser la puissance du superbe Holopherne. C'est par le même moyen qu'il renversera celle d'Aman. Comme celle de udith, l'histoire d Esther se rattache donc admirablement au plan général de la Fiédemption du genre humain : ces deux héroïnes sauvent le peuple juif, dépositaire de la grande promesse du Libérateur.

Parmi les Juifs captifs à Babylone, était Mardochée, de la tribu de Benjamin. Il avait une nièce nommée Esther, elle avait perdu son père et sa mère dès sa plus tendre enfance. Adoptée par son oncle, la jeune orpheline était élevée dans l'innocence et la pratique fidèle de la Loi du Seigneur. Assuérus, qui régnait alors à Babylone, ayant remporté de grandes victoires, voulut à son retour dans la capitale, donner des fêtes dignes du plus puissant monarque de tout l'Orient. Il y invita tous les officiers de l'armée, tous les satrapes ou gouverneurs des cent vingt-sept provinces dont se composait son vaste empire.

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Le septième jour de ces iêtes, Assuérus voulut faire paraître aux yeux de toute sa cour la reine Yasthi, son épouse, afin que tout le monde rendît hommage à sa rare beauté. Vaslhi refusa de se montrer, et Assuérus, outré de dépit, la répudia. Il ordonna aussitôt qu'on lui amenât les jeunes vierges les plus accomplies de son royaume, afm qu'il pût se choisir une épouse. Esther fut du nombre. Elle ne demanda rien pour sa parure, elle se contenta de ce qu'on jugea à propos de lui donner. Elle parut devant le roi avec cet air de modestie et de simplicité qui ne l'abandonnait jamais. Le roi la préféra à toutes les autres, lui plaça le diadème sur la tête et la fit régner à la place de Vasthi .

Devenue reine et reine toute-puissante , Esther ne changea rien à la simplicité de sa conduite et à l'innocence de ses mœurs : telle dans ses palais, au milieu d'une cour superbe et empressée, qu'elle avait été dans la maison de son oncle et parmi les jeunes Israélites de son âge , elle ne s'occupait que de la prière et de la méditation de la Loi sainte. Aussi docile que jamais aux instructions de Mardochée qu'elle honora toujours comme son père, elle observait avec soumission tout ce qu'il avait soin de lui faire dire dans les différentes conjonctures où elle se trouvait. Il la faisait souvenir que ce n'était pas pour elle, mais pour son peuple qu'elle était montée sur le trône.

Tout ce qui se passait à la cour du roi de Perse entrait dans les arrangements de la Providence. Il n'y eut pas jusqu'à l'assiduité de Mardochée aux portes du pa-

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lais, quoiqu'elle n çût d'autre motif que sa tendresse pour Esther, qui n'eût quelque chose de décisif pour le salut de la nation sainte , par conséquent pour la conservation de la grande promesse du Libérateur : événement immense , dont le puissant Assuérus n'était qu'un acteur subalterne.

Un jour qu'il s'y trouvait seul, selon sa coutume, Mardochéo, entendit les deux commandants de la porte qui parlaient tout bas d'assassiner le roi . Ayant prêté une oreille plus attentive, il surprit tout le fil de la conspiration. Dès qu'il fut pleinement convaincu, il trouva le moyen de donner secrètement avis de tout è Esther, et la reine, sans différer , informa le roi, son époux, du danger qui le menaçait, en ajoutant que c'était par Mardochée qu'elle était instruite. Les officiers furent saisis, ils avouèrent leur crime et furent condamnés à mort.

Suivant la coutume des rois ses prédécesseurs, Assuérus fit écrire cet événement dans les archives du palais; mais Dieu permit qu'il oubliât son libérateur. Assuérus se contenta d'envoyer quelques minces présents à Mardochée, en lui faisant dire néanmoins de demeurer toujours dans l'enceinte du palais.

Mais tandis qu Assuérus traitait avec tant d'indifTérence un fidèle serviteur à qui il devait la vie, le même prince, par une seconde permission de la Providence, mettait ses états, sa couronne et sa vie à la discrétion d'un homme qu'il reconnut trop tard pour le plus dangereux de ses ennemis

Ce traître se nommait Aman. Grâce à ses artifices, il devint peu à peu le favori, le tout-puissant, le maître à la cour. Assuérus lui fit élever un trône peu inférieur au sien. Dés qu'Aman paraissait aux portes du palais, il fallait, par ordre exprès du roi, se courber devant lui, lléchir le genoux en terre, se prosterner profondément. C'était l'idole du maître, on était contraint de l'adorer.

Aman prétendait que ces honneurs lui fussent rendus comme à un Dieu. Les courtisans et le peuple en passèrent par où il voulut ; mais cette prévarication ne convenait point à Mardochée. Aman avait beau passer devant cet intrépide adorateur du vrai Dieu, il ne recevait plus de lui la moindre marque de respect, depuis qu'il en exigeait de semblables à celles que les Juifs ne donnaient qu'à Dieu. Les ofiiciers et les gardes du palais, surpris de la hardiesse de Mardochée, lui demandèrent souvent s'il ne craignait pas de s'attirer l'indignation d'Aman. Il leur dit qu'il était Juif et que sa religion lui défendait de rendre à un homme les honneurs qui ne sont dus qu'à Dieu.

Ils en avertirent l'orgueilleux ministre qui ne tarda pas à reconnaître, par sa propre expérience, la vérité de leur rapport. Il remarqua plus d'une fois qu'effectivement ce Juif se tenait debout et ne fléchissait point les genoux quand il passait. Piqué jusqu'au vif, il résolut de se venger. Mardochée était coupable aux yeux du traître, et de lui refuser les honneurs divins, et d'avoir découvert la dernière conspiration formée contre la vie d'Assuérus. C'était trop peu de sa mort pour expier ce

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double crime , il résolut d'anéantir toute la nation juive.

Aman va trouver le roi et lui représente les Juifs dispersés dans son royaume , comme une nation turbulente , ennemie des dieux et des coutumes nationales, et rebelle aux ordres du souverain : il ajoute que la paix publique exige qu'on se défasse au plus tôt de ce peuple odieux. Il sollicite et obtient Tordre de l'exterminer dans un même jour. Assuérus, jaloux de son autorité, signe l'arrêt de mort. Des courriers le portent aux gouverneurs de toutes les provinces. Il est affiché publiquement dans la capitale.

A cette nouvelle, les Juifs consternés versent des torrents de larmes. Ils font mieux, ils recourent à la prière, au jeûne, à la plus sincère pénitence. Cependant, le jour de l'exécution approchait.

Mardochée ayant vu l'édit de ses yeux, déchira ses vêtements, se revêtit d'un sac, se couvrit la tête de poussière. Dans ce lugubre équipage, il courut aux portes du palais où il fut obligé de s'arrêter, car c'était un crime d'entrer vêtu de deuil dans la maison du prince. Il prétendait bien par ces démonstrations, faire savoir quelque chose à Esther de ce qui se passait : Dieu ne permit pas qu'il fiit trompé. Les dames de la reine, instruites, à la vérité, qu'elle prenait quelque intérêt à Mardochée , mais qui n'avaient pas le moindre soupçon qu'elle fût juive et nièce de cet étranger, vinrent lui dire l'état où il était.

Esther appela sur-le-champ un de ses officiers et lui ordonna d'aller demander à Mardochée quel était le sujet

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de sa douleur. Mardochée donna à l" officier un exemplaire de ledit de proscription et lui dit de le remettre à la reine, en la conjurant de sa part d'aller trouver le roi afin d'en obtenir la révocation. L'officier retourne auprès d'Eslher, lui remet l'éditet lui répète fidèlement ce que Mardochée Ta chargé de lui dire. Mardochée ne sait donc pas , s'écrie Esther , que nul ne peut se présenter dans l'appartement du roi à moins d'y être nommément appelé, sans être aussitôt puni de mort. Pietournez, dit-elle à l'officier, et apprenez à Mardochée la loi qu'il ne connaît pas. Allez vous-même, répondit Mardochée à l'officier, dire à la reine, de ma part, qu'elle se présente au roi; qui sait si ce n'est pas pour être l'instrument de sa miséricorde que le Seigneur l'a couronnée?

Esther ayant reçu celte réponse, envoya dire à Mardochée : Faites assembler tous les Juifs qui sont dans la capitale, et priez pour moi. De son côté, elle se mit en prière,* jeûna pendant trois jours, et s'élant recommandée à Dieu avec larmes, elle se dévoua pour le salut de son peuple.

Trois jours après, elle se revêt de ses plus magnifiques parures, elle appelle deux de ses femmes; l'une la suit et porte sa longue robe, elle s'appuie sur le bras de l'autre. Elle s'arrête dans la salle la plus voisine des appartements du roi. Tout à coup la porte s'ouvre, Assuérus paraît sur son trône, revêtu de ses habits royaux, tout .éclatant d'or et de pierreries. A l'approche d'Esther qu'il voit paraître sans son ordre, ses yeux étince-

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îants révèlent toute la colère de soname. Esther tombe évanouie ; la couleur vive de son visage se change en une pâleur mortelle, et sa tôte, sans mouvement, demeure appuyée sur la femme qui la soutient.

Dieu permettait cet accident pour en tirer sa gloire . Maître du cœur des rois, il changea celui d'Assuérus. Ce prince, tremblant de peur à la vue du pitoyable état de la reine, se lève brusquement de son trône, il court vers Esther, il la soutient dans ses bras, il n'épargne rien pour la faire revenir de sa faiblesse. Quavez-vous Esther, lui dit-il, je suis votre frère, ne craignez rien? Non, vous ne mourrez point, la loi portée pour les autres ne vous regarde pas, approchez et touchez mon sceptre. Esther ne revenait point, le roi lui met son sceptre d'or sur le cou et lui dit : Parlez-moi? La reine, à ces mots, reprend un peu ses sens, elle s'approche et baise l'extrémité du sceptre d'or, puis levant les yeux sur Assuérus, elle lui dit avec peine : Seigneur, vous m'avez paru comme l'Ange de Dieu, je n'ai pu soutenir vos regards. A ces mots, elle tombe de nouveau évanouie sur les bras àe sa suivante.

Le roi était dans un trouble inexprimable, il n'oubliait rien pour la soulager. On fit tant qu'elle revint parfaitement à elle-même, Assuérus, au comble de ses vttîux, lui dit : Esther, que souhaitez- vous de moi? quand ce serait la moitié de mon royaume , je vous la donnerai. Elle se contenta de répondre : S'il plaît au roi, je le supplie de venir aujourd'hui avec Aman, prendre part à un festin que j'ai préparc. L'invitation

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fut acceptée avec empressement. Le repas fut magnifique, le roi s'y trouva avec son ministre. Le roi lui demanda de nouveau si elle avait quelque chose à désirer. Esther lui répondit : Je supplie le roi de venir encore demain avec Aman , prendre part à mon festin et je lui dirai ce que je souhaite .

Enivré de l'honneur qu'il venait de recevoir, Aman rentra chez lui; et en passant aux portes du palais, il vit encore Mardochée qui demeura assis q la même place, sans faire le moindre mouvement. Il s'empressa de raconter à sa femme et a ses amis ce qui venait de lui arriver : La reine, dit-il, m'a invité à son festin, seul avec le roi, et demain encore je dois manger avec eux ; mais tout cela ne m'est rien, tant que je verrai le juif Mardochée ne pas daigner se lever quand je passe. Sa femme et ses amis lui dirent : Faites préparer une potence, haute de cinquante coudées, et faites l'y pendre. L'avis plut à Aman, et la potence fut élevée. Le lendemain môme, Mardochée devait y être attaché.

Cependant Assuérus, n'ayant pu fermer l'œil de toute la nuit, s'était misa lire les annales des dernières années de son règne. Il en vint à l'endroit où le juif Mardochée avait découvert le complot formé contre la vie du roi . Assuérus demanda quelle récompense ce fidèle étranger avait reçue pour un service si important . Seigneur , lui répondirent ses officiers , vous lui fîtes donner quelques petits présents dans le moment de l'alarme publique; mais ce fut si peu de chose qu'on na pas cru devoir l'écrire.

Les officiers finissaient à peine de parler, que le roi entendant du bruit, demanda : N'y a-t-il pas quelqu'un dans r antichambre? Il y avait quelqu'un , et c'était Aman qui venait solliciter la permission de faire pendre Mardochée. C'est Aman, répondirent les officiers. Faites-le entrer, dit le roi. Etant entré, Assuérus lui dit : Que faut-il faire pour un homme que le roi veut honorer d'une manière toute particulière? Aman, croyant que c'était sans doute lui que le roi voulait honorer, répondit : Cet homme que le roi veut honorer, il faut, Seigneur, qu'il soit revêtu de vos habits royaux, qu'il monte le cheval dont le roi se sert dans les jours de cérémonie, qu'il ait la couronne sur la tête, et que le premier des princes et des seigneurs, tenant la bride du cheval conduise votre favori par la ville, en criant à haute voix : Ainsi sera honoré celui que le roi voudra honorer. Eh bien ! lui dit Assuérus, hâtez- vous ; prenez mes vêtements royaux et mon cheval , et faites cela pour Mardochée , ce juif qui se tient aux portes du palais. N'omettez rien de ce que vous m'avez conseillé.

La mort eût fait moins de peine qu'un pareil ordre. Il fallut cependant l'approuver, renfermer son dépit au fond de soname, et obéir sans réplique. Aman prit la robe royale, il en revêtit Mardochée au milieu de la place publique, il le fit monter sur le cheval du roi, il lui mit le diadème sur la tête, et, tenant le cheval par la bride, il criait à haute voix, dans les rues : Ainsi sera honoré celui que le roi voudra honorer. Lorsque Mardochée fut revenu à la porte du palais, Aman se hâta de regagner sa maison les

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larmes aux yeux et la tête couverte . Il raconta à sa femme et à ses amis tout ce qui venait d'arriver. Il parlait encore lorsque les officiers du roi vinrent le prier de se rendre sur-le-champ au festin que la reine avait préparé. Il arriva auprès du roi et entra avec lui chez la reine.

La fête fut magnifique ; sur la fin du repas , le roi s' adressant à Esther, lui dit : Que désirez-vous de moi , Esther ? quand ce serait la moitié de mon royaume, vous l'obtiendrez. Esther répondit : Si j'ai trouvé grâce devant vous, ô roi ! je ne vous demande que ma propre vie et celle de mon peuple. Car nous sommes, moi et mon peuple, désignés à la mort, déjà proscrits et condamnés. Plût à Dieu qu'où se fût contenté de nous vendre, hommes et femmes, comme des esclaves! le mal serait supportable, et je me contenterais de gémir en silence ; mais tant de cruauté de la part de notre ennemi retombe sur le roi. Quel est-il? répondit Assuérus, frappé d'étonnement, et quelle est sa puissance pour oser faire de pareilles choses ?

Esther répondit : Cet ennemi si barbare, c'est cet Aman. A ces mots, Aman fut stupéfait. Assuérus ne se possédant plus, sortit un instant. Aman se jeta, aux pieds de la reine, en la suppliant de lui obtenir la vie. Le roi rentra. Ses officiers jetèrent un voile sur le visage d'Aman, pour dérober cet objet odieux aux regards de leur maître. L'un d'entre eux dit au roi : Il y a dans la maison d'Aman une potence, haute de cinquante coudées, qu'il avait fait préparer pour Mardochée qui a

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sauve la vie du roi. Allez l'y pendre, dit Assuérus. L'ordre fut exécuté , et la colère du roi s'apaisa .

Digne sort d'un impie, enivré de sa grandeur jusqu'à se croire une divinité ; terrible exemple de la justice de Dieu sur les persécuteurs de l'innocence, et surtout monument illustre de sa bonté envers ses adorateurs, quand, au milieu des dangers, ils se souviennent qu'il est leur Père, et qu'ils comptent sur sa protection.

Ce n'était encore là que le commencement de ses faveurs. La reconnaissance de son peuple, qui chantait publiquement ses louanges au milieu d'une ville toute idolâtre, jointe à la vertu d'Esther qui, sans rien se réserver, lui rapportait la gloire de tant de merveilles, l'obligea d'y mettre le comble par des bienfaits plus signalés . Assuérus donna à la reine tous les biens d'Aman . Il fit de Mardochée son premier ministre et son favori . Esther, de son côté, donna à son oncle l'intendance de sa maison. Elle ne s'en tint pas là ; se jetant aux pieds du roi, elle le supplia avec larmes de révoquer l'édit de proscription porté contre les Juifs . Cette faveur lui fut accordée sur-le-champ. Un nouvel édit fut aussitôt publié dans toutes les provinces . Non-seulement les Juifs furent mis hors d'insulte, mais encore redoutés et respectés dans toute l'étendue de l'empire, à cause d'Esther et de Mardochée.

C'est ainsi que la Providence veillait sur son peuple ; c'est ainsi qu'elle ramenait la monarchie des Perses à sa véritable mission qui était de protéger la nation juive. Tout cela se faisait en vue du Messie qui en devait

naître. Combien deviennent grands les événements en apparence les plus petits, quand on les envisage ainsi dans leurs rapports avec le plan général du Très-Haut pour la Rédemption du genre humain !

Pénétrés de reconnaissance pour tant de bienfaits, les Juifs consacrèrent, par une fête perpétuelle, le souvenir de leur délivrance. La veille était un jour déjeune général, en mémoire de la décolation dont on avait été menacé. Le jour de la fête se passait dans le chant des psaumes, dans d'honnêtes festins, d'où l'on s'envoyait les uns aux autres les mets qu'on avait préparés. Surtout on avait grand soin de faire aux pauvres de la nation de petits présents, afin qu'ils pussent avoir part à la fête. Touchant exemple de charité que les Chrétiens devraient toujours imiter !

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir miraculeusement conservé votre peuple, et par là préparé le règne du Messie ; accordez-nous la grâce d'être comme Esther et Mardochée, pleins de confiance en vous dans nos dangers, et de reconnaissance pour vos bienfaits.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je répéterai souvent celte prière : Jésus , doux et humble de cœur, ayez pitié de moi.

PETIT CATÉCFnSME.

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